La France à la croisée des chemins.

Alors que nous sommes à la veille d’échéances électorales majeures,force est de constater que le tableau de notre économie n’est guère enchanteur.

Mercredi 7 mars 2007, par Christian Wagner // La France

La France est certes toujours la cinquième économie mondiale, la quatrième pour l’accueil des investissements étrangers et le cinquième exportateur mondial. Le hic c’est que ces positions reflètent davantage les acquis du passé qu’elles ne sont le gage de points d’ancrage pour une croissance a venir.

Quelles réalités.?

L’OCDE se faisait d’ailleurs récemment l’écho, de cette affaiblissement de la compétitivité de notre pays face à la mondialisation. Si cette dernière génère davantage de croissance, c’est qu’elle entraîne une nouvelle répartition internationale du travail. D’où pour notre pays comme pour tous les autres, des remises en cause, des problèmes dont on parle beaucoup mais aussi des opportunités qui ne font pas la une. Il en résulte que certaines de nos activités sont menacées ce qui implique une adaptation de notre appareil productif et des problèmes sociaux auxquels on doit faire face en facilitant la mobilité, les actions de formation et d’aide sociale mais également par une audacieuse politique d’investissement et d’aménagement du territoire.

Des esprits simplistes ou tout simplement d’habiles démagogues imputent nos difficultés à la parité euro-dollar, voire à la politique monétaire européenne. Mais, comment expliquer que l’Allemagne, soumise aux mêmes conditions, n’en semble aucunement affectée ? Alors même que c’est précisément avec la zone euro que nos déficits sont les plus criants.

Au demeurant, tous les pays européens sont confrontés au double choc du vieillissement démographique et de la forte concurrence des pays émergents à faibles coûts salariaux.

Alors, peut-on prétendre qu’il ne faut rien faire et conserver en l’état ce « modèle français » si mirifique qu’aucun de nos grands partenaires ne souhaite l’imiter.

Au risque de nous répéter, il faut bien comprendre qu’il ne saurait y avoir dans ce pays de croissance forte sans réformes de fond. Ce qui implique de Libéraliser le marché du travail, d’accroître la production des actifs d’augmenter nos gains de productivité, d’allonger la durée du travail. Mais aussi de soutenir la recherche et l’innovation, l’université et les entreprises d’avenir.
Ne serait-ce que pour disposer de produits exportables vers les zones en forte croissance.

La balance commerciale.

Or, à cet égard, il apparaît que la France a perdu, au cours des trois dernières années, l’équivalent de 10 % de pans de marché à l’exportation ce qui représente presque un point de croissance de PIB par an. En fait, notre problème en la matière se situe sur le double plan de la qualité
(insuffisante) de nos produits et d’une spécialisation géographique moins favorable que celle de l’Allemagne. Ce que l’on peut résumer en disant que nos entreprises ne sont ni sur les bons produits ni sur les bons marchés.

À telle enseigne que la balance commerciale française est passée d’un surplus de 23 milliards d’euros en 1997 à un déficit voisin de 30 milliards au titre de 2006.

Faut-il ajouter que l’industrie Française est et panne depuis deux ans et que notre pays, longtemps bon élève de l’Europe - sa croissance économique a été supérieure à celle de la zone euro pendant trois ans - a subitement perdu son statut de locomotive début 2m5. Par contraste le réveil outre-Rhin est spectaculaire. Les industriels y investissent beaucoup plus et exportent massivement, deux facteurs très positifs pour la croissance.

Bref, l’industrie française fait grise mine ce qui devrait entraîner, on peut toujours rêver, un sérieux réaménagement de notre fiscalité. À l’image de ce que font nos amis allemands moins d’impôts et de charges sur les entreprises et un peu plus de TVA. Il faut bien voir en effet que si les cotisations sociales représentaient 30% du montant de la rémunération d’un salarié en 1970, il s’agissait déjà de 40% en 1994. Alors même qu’aujourd’hui le taux de prélèvement social et fiscal au niveau du salaire moyen s’établit à plus de 710/o du salaire brut, le partage salaire-profit étant resté stable de 1993 à 2005.

La rupture s’impose.

Une réduction massive des prélèvements sur les entreprises, et les personnes, s’impose. Mais également une réforme drastique de l’État. À l’instar de ce qui a été réalisé, par exemple au Canada, avec la baisse des dépenses et des coupes dans les effectifs de fonctionnaires.

Il y a en effet de quoi s’inquiéter face à la dérive des finances publiques dont le total tourne autour de 2 500 milliards d’euros.

Un endettement colossal qui n’a aucunement été mis au service de la
croissance et des activités porteuses d’avenir, mais du renforcement stérile
d’un secteur public largement improductif et dont les effectifs
fonctionnaires sont passés depuis 1990 de 4 à plus de 5 millions pour des
performances moindres. Ce qui représente tout de même 54% de la dépense
publique.

Faut-il conserver en l’état ce « modèle Français » si mirifique qu’aucun de
nos grands partenaires ne souhaite l’imiter.?

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