La Démocratie, c’est quoi ?

La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité.

Mardi 28 juin 2005, par Paul Vaurs // La France

Tout comme « Être en République » n’est pas synonyme de Démocratie, « Être en Monarchie n’est pas synonyme d’Autocratie. C’est bien souvent le contraire qui s’actualise.

Introduction

La devise de la démocratie Française, est la quintessence, de la quasi-perfection. En ce début du troisième millénaire nombres de responsables politiques, démocratiquement élus seraient en droit de demander au électeurs de leurs confier le pouvoir, mais rares sont ceux, qui ont les compétences requises pour exercer le pouvoir. Un homme émerge de cet océan de prétendants. Il s’agit de Monsieur Nicolas Sarkozy. En quelques lignes je voudrai vous d’écrire quel est cet homme que certains osent faire passer pour un tribun qui n’agirait que dans un but mercantile.

Certains de ces Messieurs qui se prétendent journalistes, »déversent des flots d’immondices le samedi matin sur Monsieur Sarkozy », (voir I Télévision à 8 heures30.) Ces pamphlétaires n’oseraient même pas affronter du regard celui qui défend nos valeurs de « liberté, d’égalité et de fraternité  » .

Que resterait-il de ces valeurs si l’ordre et la sécurité des personnes et des biens, (ne faisaient certes, l’objet d’une prise en compte des problèmes sociaux qui sont trop souvent l’apanage des quartiers dits sensibles) si la loi était constamment bafoué. Cela exige qu’il y ait de façon quasi concomitante une répression qui mette un terme à ces fripouilles, à ces bon à rien qui bien souvent sont des récidivistes.

Mais, qui est véritablement Nicolas Sarkozy ?

C’est le meilleur. Nul, à droite, aujourd’hui, ne peut se mesurer à lui en termes de dynamisme, d’énergie, de charisme, de qualités tribunitiennes. Quand les autres lisent les textes qu’on leur écrit, lui improvise des bafouilles sans bafouiller. Sa force de travail, sa capacité de syn­thèse, son intelligence des situations impressionnent même ses adversaires. Volontier féroce, il n’ignore rien, cependant, de l’art de la séduction, au point d’avoir réussi à mettre presque tous les médias dans sa poche. A côté de ce Mozart, Chirac ce n’est même pas Salieri. Et Hollande même pas Vasseur face à ce cycliste qui est à la fois Armstrong et Anquetil.

Les médias audiovisuels se l’arrachent. Sincérité, toujours. L’homme se projette tout entier, presque physiquement, dans chacun de ses propos, le pied sûr, même quand il change de pied. Plaisir du corps à corps avec son public. Désir d’affronter pour convaincre. Sarkozy, ose, par rapport à ses contempteurs et à ses concurrents, c est ce qui fait la différence. Pas le genre à pécher dans les Rubicon, mais plutôt à franchir, flambard, les ponts d’Arcole. Toujours à côtoyer les précipices en empruntant les lignes de crête. Son « parler vrai », à lui, consiste à dire les « non-dits », sans jamais, pour autant, fran­chir la frontière qui sépare ses audaces du « politi­quement incorrect ».

Remettre de l’ordre dans notre pays, rétablir une sécurité, élément essentiel de toute Démocratie. Il fut la tête de Balladur, il a le jeu de jambe de Giscard et la hargne rentrée de Pompidou. Parce qu’il est ambi­tieux, il ouvre les bras très larges. Parce qu’il connut des infortunes, il se lit lui-même comme un roman dont il ne se lasse pas. Parce qu’il représente Neuilly, mais que sa famille vient « d’ailleurs », il est capable d’ajouter du harissa à son tournedos Rossini. Fré­quente les stars, conquiert et s’attache les riches, mais travaille le peuple. Pour la droite orpheline, une aubaine ! Elle le berce, il la chouchoute. Elle est son encens, il est son EPO. Il s’en dope, elle s’en drogue.

A gauche même, il n’est pas certain qu’on ait l’équi­valent. Il faudrait marier la stupide Martine Aubry, la compétence aristo élitiste de Fabius, la fougue de Jack Lang, la séduc­tion libéral médiatique de DSK, le phrasé de Chevènement, et investir le tout dans la corpu­lence de feu Michel Jobert.

De la gauche, Sarkozy n’a pas une vision très positive, mais jamais, il n’éprouve du mépris pour ses adversaires, il les affronte démocratiquement, ce qui n’est pas le cas de ses ennemis irréductibles. Nicolas Sarkozy est on ne peut plus indulgent avec sa famille politique. Certes il admire des personnalités politique qui à ses yeux on le talent requis pour diriger leur Pays. Tony Blair, et José Maria Aznar le fascinent. Ces deux Chefs de Gouvernement ont pour Chef de l’Etat, une REINE et un ROI !!!pas si mal !!

Ce qui apparaît, à l’évidence, c’est que lorsqu’il va à l’étranger, Nicolas ne lésine pas sur les déclarations d’admiration que lui ins­pirent le modèle « Anglais, celui des Etats-unis d’Amérique, voire le modèle Espagnol » qu’il assimile purement et simplement à la modernité.

Nicolas Sarkozy a, un seul objectif : Servir la France et les Français. Nicolas, a un talent fou, un talent qu’il veut mettre au service de sa Patrie et de l’Europe. C’est la force de Nicolas Sarkozy, une force qu’il avait déjà acquise dans les années 70 lorsque Jacques Chirac le nomma responsable de l’UJP. Nicolas Sarkozy, avait à peine 17 ans.

La France, n’est plus une Démocratie, elle est régie par une institution autocratique, qui a pour chef, un certain Jacques Chirac.

Si notre Pays souhaite retrouver un régime véritablement Démocratique il doit accepter : « Une Sixième république » , où le Chef de l’Etat, sera élu par les représentants du peuple, eux même élus, tel que le sont les Maires de nos 36 000 communes. Le pouvoir sera « L’Hôtel de Matignon » pour une période de quatre ans, durée légale de l’Assemblée Nationale.

A titre personnel, je souhaite que soit établi en France une « Monarchie Parlementaire » comme cela est le cas dans DIX Nations de la Communauté Européenne.

Pour rétablir une démocratie crédible je suis persuadé qu’à gauche de l’échiquier politique, les hommes et les femmes qui travaillent avec Monsieur François Hollande sont les plus à même de rétablir la confiance dans notre Patrie.

Le mot démocratie souffre d’un excès de signification. Mais cette surcharge sémantique qui, aux yeux du philologue, constitue un phénomène pathologique, apparaît à la science politique comme inhérente à la notion même de démocratie. C’est qu’en effet la démocratie n’est pas seulement une manière d’être des institutions, elle est plus encore peut-être une exigence morale. Or cette exigence n’est pas définissable dans l’abstrait, car son contenu est déterminé à la fois par l’insatisfaction que procure une situation présente et par l’image de ce que serait un ordre politico social meilleur.

Il en résulte que le sens du mot démocratie varie selon le milieu et le moment dans lequel il est employé et selon le contexte doctrinal où il se trouve situé. Mais, à exclure l’ambiguïté pour élaborer une définition scientifique sans bavure, on risquerait de ne pas rendre compte du dynamisme qui est inclus dans l’idée démocratique et fait d’elle l’un des facteurs les plus puissants d’évolution des sociétés. Toute l’histoire prouve que la démocratie réalisée n’est jamais qu’un moment du mouvement démocratique. Un mouvement qui jamais ne s’arrête car, pour les hommes qui le suscitent, la démocratie c’est le Bien. Ainsi, elle n’est pas seulement une formule d’organisation politique ou une modalité d’aménagement des rapports sociaux ; elle est une valeur. Et c’est cette valeur, l’inaliénable vocation des hommes à prendre en charge leur destin, tant individuel que collectif, qui constitue l’unité profonde de ce que, pour la clarté de l’analyse, on appelle les différentes conceptions de la démocratie.

C’est pourquoi il n’apparaît pas que ce serait une bonne méthode que de les isoler pour les décrire en les opposant. En réalité, elles s’enchaînent les unes aux autres comme autant d’incarnations de l’idée démocratique qui se fait de plus en plus exigeante au fur et à mesure que ses impératifs sont satisfaits. Certes, cet enrichissement du concept ne va pas sans altération du principe initial ; la démocratie marxiste par exemple semble de prime abord difficilement conciliable avec la démocratie libérale.

Mais, en fait, ce qui diffère c’est la méthode utilisée par les gouvernants pour réaliser la démocratie, ce n’est pas l’attente des hommes qui placent en elle l’espoir d’une vie meilleure.

Dans l’évolution de l’idée démocratique à l’époque moderne, on peut schématiquement distinguer trois phases. La démocratie a d’abord été considérée comme un moyen de la liberté. C’est à ce titre qu’elle s’est introduite dans les institutions sous sa forme exclusivement politique. Elle fut ensuite tenue pour un instrument de la justice, ce qui, outre les changements que cette interprétation entraînait dans l’organisation politique, provoqua son extension aux rapports économiques et sociaux. Enfin, et c’est l’étape dans laquelle sont engagées les sociétés hautement développées, la démocratie tend à assurer le contrôle de la collectivité sur la croissance économique et, à la limite, sur le bon usage de la prospérité.

Toutefois, si net qu’apparaisse le dessin de cette évolution, elle appelle deux observations qui sont nécessaires pour en préciser le sens. On doit remarquer tout d’abord qu’elle n’est pas l’effet de la spéculation intellectuelle qui se serait attachée à approfondir le concept de démocratie. Ce sont les transformations de la société qui ont provoqué l’enrichissement de l’idée démocratique. Tel type de société s’accommode d’une forme de démocratie qui sera considérée comme insuffisante dans un autre milieu et à une autre époque. D’où il suit que la démocratie n’est pas un schéma abstrait apte à fournir des recettes d’organisation politique et sociale universellement valables. Elle ne peut vivre qu’en fonction du milieu où elle s’enracine et dont elle enregistre les aspirations.

La seconde observation vise à souligner le fait que l’évolution qui a affecté l’idée démocratique a moins procédé par substitution que par sédimentation. Il faut entendre par là que le service de la justice n’a pas totalement supplanté le service de la liberté et que ni l’un ni l’autre, n’ont été effacés par la gestion de la prospérité. Sans doute, à chaque étape de l’évolution, les données sociales ont marqué de leurs exigences l’idée démocratique, mais la conscience des gouvernés n’en a pas moins conservé la mémoire des services qu’elle avait antérieurement rendus. Si bien qu’aujourd’hui la démocratie est lourde de toute la substance dont, à chaque moment de son histoire, l’a enrichie l’attente des hommes. Les événements de Tchécoslovaquie, durant l’été de 1968, portèrent témoignage de cette survivance : la volontéd’instaurer une société « juste » n’a pas éliminéle souci de maintenir une cité libre. Et, de la même façon, l’agitation étudiante et l’inquiétude des intellectuels aux États-Unis, culminant dans les années soixante-dix, prouvèrent que la gestion d’une société prospère ne saurait être pleinement démocratique, en dépit des apparences institutionnelles, si elle néglige les impératifs de la justice.

Que l’idée démocratique doive sa densité à cette pluralité de significations déposées en elle par l’histoire, cela n’est guère contestable. Mais on doit reconnaître aussi qu’une telle richesse associe des éléments contradictoires. La liberté ne répond pas toujours à l’attente de la justice ; la justice ne va pas sans que soient sacrifiées des libertés ; le contrôle démocratique de la croissance contredit parfois les lois économiques du développement. Ces contradictions ne justifient cependant pas les critiques que certains formulent à l’encontre de l’idée démocratique. Elles prouvent seulement que la démocratie est à la mesure de l’homme dont elle reflète les déchirements. Faite de ses exigences, elle n’a de chance de les concilier que dans la mesure où il est parvenu à les maîtriser en lui-même. C’est pourquoi à toutes les conditions historiques, économiques, politiques ou sociales qui déterminent l’accomplissement de la démocratie s’en ajoute une autre, primordiale, à savoir l’existence de démocrates.

 

La démocratie ne s’impose pas par la vertu de mécanismes qui lui seraient propres : elle a besoin des hommes qui, en la vivant en eux, la font vivre pour tous. 

La démocratie est indissolublement liée à l’idée de liberté . Sa définition la plus simple, » le gouvernement du peuple par le peuple », n’acquiert son plein sens qu’en considération de ce qu’elle exclut, à savoir, le pouvoir d’une autorité qui ne procéderait pas du peuple. Il apparaît ainsi que la démocratie est d’abord un système de gouvernement qui tend à inclure la liberté dans les relations de commandement à obéissance inséparables de toute société politiquement organisée. L’autorité y subsiste sans doute, mais elle est aménagée de telle sorte que, fondée sur l’adhésion de ceux qui lui sont soumis, elle demeure compatible avec leur liberté.

Seulement, il existe bien des interprétations de la liberté. Celle dont s’est initialement inspirée la démocratie, c’est la liberté considérée comme une prérogative inhérente à tout être humain et grâce à laquelle il doit être en mesure d’assumer son destin. Cette liberté qui se traduit par l’absence de contrainte, par le sentiment d’une indépendance tant physique que spirituelle, c’est celle que l’on pourrait qualifier de liberté autonomie. Or comme cette autonomie est vulnérable, les hommes ont songé à la protéger, sinon contre tous les dangers qui la menacent, du moins contre le plus redoutable d’entre eux : celui que constitue l’arbitraire du pouvoir politique.

Ainsi est née une autre conception de la liberté que l’on peut appeler la liberté participation car elle consiste à associer les gouvernés à l’exercice du pouvoir pour empêcher celui-ci de leur imposer une autorité discrétionnaire.

Cette participation à la fonction gouvernementale, l’individu l’assure par l’entremise de ses droits politiques, par l’élection bien sûr, mais aussi par la jouissance des prérogatives qui garantissent la liberté de ses choix : liberté d’opinion, liberté de la presse, liberté d’association, liberté de réunion, etc. Dans cette perspective, la démocratie apparaît bien comme le régime de la liberté politique, parce que l’autorité y est fondée sur la volonté de ceux qu’elle oblige. Toutefois, pour comprendre le sens de cette liberté politique, et par là même rendre intelligible l’évolution de l’idée démocratique, il est essentiel d’observer que, dans son interprétation première, la liberté politique n’est pas une fin en soi. Elle n’est légitime que pour garantir l’autonomie des gouvernés.

La liberté de la presse contribueà l’exercice de la démocratie. Elle a été promulguée le 22 août 1795 par la Convention et s’inscrit au sein même des Droits de l’Homme.

Ainsi est établie entre liberté autonomie et liberté participation une hiérarchie dont toute l’histoire du lent avènement de l’idée démocratique porte témoignage. La démocratie comme système de gouvernement a été précédée d’un long effort d’affranchissement spirituel au cours duquel, depuis la Réforme jusqu’aux philosophes du XVIII° siècle, s’est dégagée la reconnaissance de la liberté foncière de la personne humaine. C’est ce mouvement qui trouve son aboutissement dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789-1791 qui enracine les droits qu’elle proclame dans une liberté inhérente à la nature humaine. L’homme est libre, et c’est pour qu’il le demeure que l’exercice de la fonction politique est aménagé de telle sorte qu’il puisse le contrôler.

La conception libérale de la démocratie est un pari sur la liberté. On considère non pas, certes, que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais que si nulle entrave n’est apportée par le Pouvoir à l’exercice des libertés individuelles, particulièrement dans le domaine économique, la condition humaine ne pourra qu’être améliorée. Le droit au bonheur figure au nombre des droits de l’homme, mais ce bonheur c’est à chacun qu’il appartient de le réaliser par son effort personnel et par un usage judicieux de sa liberté.

Fondé sur cet optimisme, le pari devait être perdu dès lors que les premiers effets de la révolution industrielle firent apparaître que, si la liberté appartient peut-être à tous, il n’est en tout cas pas donné à chacun de pouvoir en user. Ce qui importe alors c’est d’établir l’égalité dans la possibilité de cet usage, c’est-à-dire d’introduire dans la société une justice quiempêchera la liberté d’être le privilège de quelques-uns. Et, de fait, à partir du moment où les gouvernés, prenant conscience de la puissance incluse dans le bulletin de vote, se furent rendus maîtres de l’appareil gouvernemental, un mouvement se dessina qui tendit, non plus à subordonner le pouvoir à une liberté préexistante, mais à en faire l’instrument de création d’un pouvoir au service des peuples. Qu’importe que l’homme soit libre de penser, si l’expression de son opinion l’expose à un ostracisme social, qu’il soit libre de discuter les conditions de son travail, si sa situation économique l’oblige à se plier à la loi de l’employeur, qu’il soit libre de déposer dans l’urne son bulletin de vote, si les moyens de propagande, la presse et les candidats eux-mêmes sont inféodés aux détenteurs du capital. Le vrai c’est que la liberté n’est pas une donnée préexistante qu’il s’agirait de protéger. C’est une faculté qu’il faut conquérir. À la notion de liberté se substitue l’attente d’une libération.

Et comme cette libération est inséparable de la justice sociale, l’idée d’une démocratie sociale vient enrichir l’exigence démocratique en lui assignant un objectif nouveau. La démocratie sociale vise l’affranchissement de l’individu à l’égard de toutes les contraintes qui l’oppriment, et sa participation à l’établissement des règles que, dans tous les domaines, il est tenu d’observer. Or, si l’on considère que c’est sa situation économique qui est à l’origine de toutes les formes d’oppression qu’il subit, c’est sur la transformation des structures économiques que la démocratie sociale fera porter son effort. Elle veut améliorer les conditions du travail et les modes de rémunération, la garantie de l’emploi et toutes les institutions qui, sous le titre général de sécurité sociale, ne protègent pas, l’individu contre les risques de la vie ou les aléas de la chance. On pourra donc parler de démocratie dans l’entreprise, dans l’université, dans l’accès aux loisirs... voire dans l’Église, sans pour cela, accepter l’anarchie. Nous devons bannir pour maintenir la démocratie, des hommes ou des femmes tels que les Trotskistes ou les bolcheviks.

Droits sociaux .

La démocratie sociale, comme la démocratie classique strictement politique, repose elle aussi sur les droits de l’homme. Seulement elle les conçoit différemment. Tels que les énonce la Déclaration de 1789, les droits sont des facultés inhérentes à l’individu et dont il appartient à lui seul d’exploiter les possibilités. À l’égard de l’État, ils n’ont d’autre vertu que d’être inviolables. Ils l’incitent davantage à l’abstention qu’à l’action. Pour une démocratie sociale, où les droits sont des exigences. Leur contenu est fixé en fonction d’un besoin dont ils sont la consécration juridique. Ils sont la mesure d’une nécessité. De cette nécessité même qui, si elle n’est pas satisfaite, interdit à l’homme d’atteindre à la plénitude de son être.

Le droit arrive ainsi à coïncider avec l’exigence d’un minimum vital, en entendant l’expression non sur le plan restreint de la rémunération du travail, mais dans le sens le plus large que lui confère son application à tous les besoins matériels et spirituels de l’être humain. Dans la terminologie traditionnelle, on dira que le droit ne peut être satisfait que dans une société juste. Mais peu importe l’optique selon laquelle on les considère : les droits sont dits sociaux, d’une part parce qu’ils sont reconnus non pas à un être abstrait, mais à l’homme situé dans un milieu qui le fait ce qu’il est, d’autre part parce qu’ils sont des créances de l’individu sur la société.

Ce double caractère du droit donne à la démocratie un dynamisme auquel elle ne pouvait prétendre lorsque son objectif était exclusivement politique. Elle érige le gouvernement en créateur de monde puisque, de toute évidence, les droits sociaux ne peuvent être effectifs que dans une société dont toutes les structures, spécialement les structures économiques, auront été fondamentalement rénovées. Un tel programme qui est essentiellement révolutionnaire avait déjà reçu une timide consécration dans les constitutions élaborées après la Première Guerre mondiale, particulièrement dans la Constitution de Weimar. Mais c’est surtout après le second conflit mondial que l’entreprise de rénovation sociale s’est inscrite en premier rang parmi les tâches du pouvoir dont les préambules constitutionnels et les Déclarations fixent les obligations. Elles sont formulées par le Préambule de la Constitution française de 1946 (qui sera réaffirmé par la Constitution de 1958) sous le titre de « Principes politiques économiques et sociaux particulièrement nécessaires à notre temps », par la Constitution italienne de 1948, par les constitutions des Länder de la république fédérale d’Allemagne, par les constitutions des démocraties populaires et par toutes celles que se sont données, au fur et à mesure de leur accession à l’indépendance, les pays naguère colonisés. Là même où, comme en Angleterre, aucune modification constitutionnelle n’a accompagné l’évolution des idées, les gouvernants ont considéré que la démocratie ne pouvait s’accomplir sans que fussent satisfaites les exigences impliquées par les droits sociaux. La révolution entreprise par le parti travailliste après son avènement en 1946, prouve que la démocratie britannique elle-même entendait s’adapter à la poursuite des objectifs sociaux. Ces mêmes objectifs avaient d’ailleurs été énoncés aux États-Unis par le programme du New Deal, confirmé par le message sur les quatre libertés par lequel, le 6 janvier 1941, le président F. D. Roosevelt entendait fixer l’idéal du monde libre.

L’alternative entre démocratie par la prospérité et démocratie par l’action du pouvoir n’est pas aussi tranchée qu’elle le paraît sur le plan théorique. L’exemple des États-Unis prouve en effet que, même là où sont spontanément réunies les conditions de la prospérité, le pouvoir, ne peut plus s’en tenir à une attitude d’abstention. Depuis la crise des années trente, les Américains ont pris conscience des ressources dont disposent les gouvernants pour rectifier les défaillances de la société. Ils en admettent les interventions en fonction de la conjoncture économique et sociale pour leur conserver les bienfaits de la prospérité. Si le pouvoir n’en est pas encore l’instrument, du moins en est-il le garant. La libre entreprise, l’initiative individuelle, la concurrence demeure à leurs yeux des facteurs de la démocratie, tout en mettant, un contrôle des pouvoirs publics, pour s’assurer que les salariés soient respectés, et que les lois qui sont garantes de leurs droits soient respectés par les employeurs.

Dans les quelques années du milieu du XX° siècle, une nouvelle vision du monde s’est généralisée qui, en même temps qu’elle démentait le pessimisme antérieur, provoquait un nouvel avatar de l’idée démocratique. Pourquoi la pénurie serait-elle inéluctable puisque les hommes sont désormais intellectuellement et techniquement équipés pour obtenir de la nature qu’elle pourvoie aux besoins de tous ? Étayée par le spectacle de l’essor des sociétés industrielles qui, des ruines de la guerre, firent surgir le « miracle » de leur redressement, encouragée par les assurances de la science économique, vérifiée chez beaucoup de gens par l’élévation du niveau de vie, cette conviction a atteint la dimension et la résonance des grands mythes qui orientent la marche de l’humanité.

Le rôle du pouvoir est transformé : on n’attend plus de lui qu’il réglemente la pénurie, mais qu’il garantisse la prospérité en gérant la croissance. Puisque l’on admet que le « gâteau » n’est pas irrémédiablement trop petit, mais qu’il peut être porté à la mesure de l’appétit de tous, ce qui compte ce n’est plus de partager, mais de produire. « Dans cette perspective la lutte pour la conquête du pouvoir apparaît à la fois périmée et stérile ». Périmée car, dans une société industrielle, les gouvernants, quels qu’ils soient, sont subordonnés à la rationalité des calculs économiques. Par conséquent, s’il n’y a pas de politique de rechange, à quoi bon se battre pour installer dans l’appareil gouvernemental une équipe que les impératifs de la prospective contraindront à faire ce que faisait celle qu’elle remplace ? Stérile, car l’agitation née de la compétition politique crée une incertitude et un désordre préjudiciable au rendement de la machine économique ». La société Française a des élus qui une fois au pouvoir appliquent des lois contraires à l’intérêt des masses laborieuses. La république Française accordent à ses élus des privilèges qui n’ont rien à envier à ceux des classes dirigeantes de la Royauté. ; Elles sont même sont communes mesures. Si mes amis internautes lisent l’hebdomadaire « Le Point « du 16 juin 2005, il seront surpris des avantages dont bénéficient la « noblesse » de Marianne cinquième du nom.

Si la démocratie directe est irréalisable dans toute sa pureté, il est parfaitement possible d’associer les institutions qui s’en inspirent au fonctionnement d’un régime représentatif. L’initiative populaire, le veto et le référendum permettent alors au peuple de faire directement connaître sa volonté, fût-ce en l’opposant à celle qu’ont formulée ses représentants. Cette démocratie semi-directe susceptible de modalités d’application très diverses (caractère obligatoire ou facultatif du référendum, matières sur lesquelles il peut porter, conditions et conséquences de l’initiative populaire, etc.), est extrêmement répandue. Outre la Suisse qui lui fait une si large place, au niveau de la commune, du canton et de la confédération, que l’on a pu dire que les votations appelaient les citoyens helvétiques à l’exercice d’une seconde profession, les institutions de la démocratie semi-directe sont prévues par les constitutions des États membres aux États-Unis, par la Constitution australienne, par celles des Länder de l’Allemagne fédérale, par la Constitution italienne... En France, le référendum constituant a été fréquemment utilisé, mais en matière de lois ordinaires, encore qu’il ait été établi dès 1793 par la Constitution (non appliquée) du 24 juin, le référendum n’est pratiqué que depuis l’établissement de la Ve République. Le dernier référendum en France remonte au 29 Mai 2005. Il s’agissait de demander au peuple de ratifier ou non le traité de la constitution européenne. La réponse au soir de la consultation, fut négatif, 55% de Non contre 45% de Oui.

Ainsi, initialement, le rôle des représentants ne fut pas d’exprimer une volonté qui serait préexistante dans la collectivité. Il fut, selon les termes qui reviennent sans cesse dans les œuvres des théoriciens français de la démocratie, de vouloir pour la nation. Ce qui revient à dire que la volonté nationale n’existe qu’à partir du moment où un acte des représentants en a fait connaître la substance. On comprend aisément que cette conception ait la faveur des assemblées. Identifiant la nation à ses représentants, elle a valu aux décisions de ceux-ci l’autorité et le prestige qui s’attachent à la volonté nationale. Ce que l’on a appelé, pour en dénoncer la malfaisance, l’hégémonie parlementaire n’a pas d’autre origine. Mais on s’explique moins, de prime abord, que le peuple lui-même ait accepté une interprétation de son pouvoir qui aboutissait à lui en enlever l’exercice.

On ne peut comprendre le raisonnement qui a conduit à un tel résultat qu’en le rattachant au principe sur lequel a été fondée la démocratie classique : le principe de la souveraineté nationale. Dans la conception première de la démocratie qui fait de la liberté-participation le complément de la liberté-autonomie, la source du pouvoir, c’est la nation. C’est en elle que réside originairement la souveraineté. Car la nation ce n’est pas la collectivité indifférenciée. C’est une entité qui n’a d’autre raison d’être que d’être le support de la souveraineté. Par conséquent ce ne sont pas toutes les volontés de l’individu qui sont admises à peser sur l’orientation de la vie politique, mais celles-là seulement où, par son abnégation, il s’élèvera au rang de membre du souverain pour se prononcer en citoyen.

La démocratie gouvernée, forme première du régime démocratique, est un régime où le peuple est incontestablement souverain puisque les gouvernants procèdent de lui. Seulement, la manière dont le peuple est appelé à se constituer par le suffrage, la faible emprise qu’exercent sur lui les partis, le caractère exclusivement politique de leurs programmes, la complexité des mécanismes constitutionnels font que sa volonté est soumise à un filtrage tel, que dans ce régime toute loi est bien volonté du peuple mais toute volonté du peuple n’est pas loi.

Et il en est ainsi parce que la représentation intervient comme un correctif de la démocratie. L’indépendance de l’élu, le fait que, juridiquement, il ne représente pas une catégorie sociale particulière mais la totalité indivisible du groupe national, le libéralisme qui délimite le cadre de ses interventions font de lui l’interprète des volontés citoyennes et non l’agent des revendications du peuple réel. Dans ce type de démocratie la discussion est reine. D’abord parce que l’on attend de son issue, non pas la victoire d’une caste ou d’une classe, mais une décision à laquelle majorité et minorité ont collaboré de telle sorte qu’elle peut être imputée à la nation entière. Ensuite parce que, dans la délibération, on ne doute pas que ce soient l’expérience et la raison qui finiront par l’emporter, assurant du même coup l’autorité des meilleurs.

À ce gouvernement des meilleurs, l’évolution de la démocratie a substitué le gouvernement des plus nombreux. C’est alors la démocratie gouvernante où la masse se passe des intercesseurs que lui ménageait la démocratie gouvernée. La volonté du peuple se forme au niveau des hommes situés ; elle se nourrit de leurs aspirations réelles. Liée à l’avènement politique des couches populaires, solidaires de l’interprétation socialiste ou interventionniste de la fonction du pouvoir, la démocratie gouvernante, s’est progressivement introduite dans le cadre constitutionnel de la démocratie classique dans les années qui précédèrent immédiatement la Première Guerre mondiale.

Dans l’atmosphère de l’État libéral où la tolérance s’est d’abord imposée, cette générosité était sans risque car la politique, limitée à la gestion de quelques services communs, ne mettait pas en cause le destin des individus. Mais à partir du moment où les exigences des hommes situés ont imposé une démocratie gouvernante, ce qui était jeu de club, devint affrontement. C’est alors qu’au régime parlementaire fondé sur l’alternance des équipes gouvernementales s’est substitué un régime d’assemblée où le parti ou la coalition de partis qui a triomphé aux élections prétend réduire le gouvernement à l’exécution de ses directives.

Mais l’intransigeance de la majorité pousse l’opposition à chercher ailleurs que dans le jeu des mécanismes constitutionnels les moyens d’arriver à ses fins. Puisque la volonté authentique du peuple est celle des hommes à l’atelier, dans les champs, dans les bureaux ou dans la rue, c’est là qu’on vise à la mobiliser pour l’imposer ensuite aux pouvoirs publics. Dans l’activité de ceux-ci l’exercice du pouvoir passe dès lors après le souci de sa conservation. Au lieu d’être consacrée à l’accomplissement des tâches étatiques, la vie politique est absorbée par la rivalité des forces concurrentes. Les gouvernants ne gouvernent plus ; ils se défendent. D’autre part, dans la démocratie gouvernante, l’ampleur de ce que veut faire le peuple le condamne à ne pouvoir le faire lui-même. L’établissement d’un ordre social nouveau suppose une discipline rigoureuse, donc un pouvoir fort. Or la division de la collectivité ne lui permet pas de trouver en elle l’énergie qui assurerait son autorité.

La démocratie de pouvoir ouvert apparaît ainsi comme un nœud de contradictions. Elle utilise les institutions constitutionnelles des régimes de discussion, mais l’enjeu des débats est trop élevé pour que la solution s’impose par les seules vertus de la délibération. Elle admet le pluralisme social, mais les partis font preuve d’un impérialisme tel qu’il entretient dans la collectivité une tension pathologique impropre à la dialectique de l’ordre et du mouvement. Elle prétend maintenir les gouvernants dans une subordination constante à la volonté du peuple, mais la réalisation de ses objectifs implique des tâches dont les incidences et la technicité, dépassent les facultés d’initiative, et même les possibilités de contrôle de la masse populaire. Elle exige enfin une autorité énergique, mais la rivalité des partis ne lui procure que le soutien de coalitions méfiantes et provisoires, si bien que le grand dessein qui galvaniserait un peuple se gouvernant lui-même s’effrite en des velléités où s’épuise le programme de gouvernements instables, bureaucratiques et paralysés.

Il arrive que le peuple se lasse de telles inconséquences. Trop de maîtres qui lui obéissent ne font pas une autorité qui commande. Un désordre s’introduit dans la vie du pays. À la collectivité qui a besoin d’être rassurée et conduite, une personnalité se propose pour rétablir la cohésion du groupe et assurer la gestion des affaires. Si par goût, par prudence ou par conviction, elle accepte d’assumer un intérim, il n’y aura qu’une parenthèse dans le jeu de la démocratie gouvernante. Les institutions ne seront pas modifiées ; leur fonctionnement sera seulement suspendu avec le consentement de ceux qui, normalement, les animent ; le Parlement déléguera son pouvoir à un gouvernement chargé de résoudre la crise. On parlera d’un renforcement de l’exécutif et le peuple, momentanément docile, acceptera du décret ce qu’il refusait dans la loi. Une fois la crise surmontée, le gouvernement sera renversé, le sauveteur rentrera dans le rang et la démocratie gouvernante reprendra sa route cahotante.

On s’explique, dans ces conditions, que la grande masse des gouvernés en arrive à préférer l’assurance d’une sécurité, même médiocre, à l’aventure où l’engagerait l’usage d’une liberté responsable. À quoi conduirait d’ailleurs la poursuite de la compétition qui était le moteur de la démocratie classique puisque, dans la société technicienne, il n’y a pas de politique de rechange ? Le changement des équipes dirigeantes amènerait au pouvoir des personnalités contraintes à faire la même politique que celle des gouvernants qu’elles remplacent.

Puisqu’ils ne sont tous, au fond, que les agents d’une société qui, par leur entremise, assure sa propre régulation selon une finalité qui est liée à sa nature, la seule attitude valable du côté des opposants est celle qui consisterait à mettre en cause la société elle-même.

Contre pareille menace, l’établissement d’un régime dictatorial paraît être la parade naturelle. C’est toutefois une formule à laquelle répugnent les sociétés développées. Aussi bien, point n’est besoin d’imposer silence à la liberté, il suffit d’en orienter opportunément l’usage. C’est ce que réussit la démocratie consentante. Au lieu d’exploiter dans le groupe la conscience partisane, elle s’enracine à un niveau plus profond de la conscience politique, là où l’acceptation de l’ordre existant, à raison de la sécurité qu’il procure, ressoude l’unité collective. Un homme symbolise alors cette entente tacite qui ne survivrait pas à une formulation explicite des vœux de chacun.

Certes il apparaît contradictoire de prendre acte de l’incapacité des citoyens à s’entendre sur les fins de l’activité politique, incapacité d’où procède l’impuissance de la démocratie gouvernante, pour leur demander d’être unanimes à désigner et à soutenir l’homme en qui s’incarne l’autorité. Pour s’étonner de semblable paradoxe il faudrait oublier que l’univers politique n’est pas un univers rationnel. Toujours est-il que le plébiscite quelles que soient les formes officielles qui le déguisent : référendum ou élections, résout le problème en demandant au peuple non pas ce qu’il veut, mais qui il veut.

Ainsi s’établit ce que certains ont appelé une démocratie d’adhésion où le pouvoir du peuple se ramène à choisir ceux qui décideront en son nom. Sa liberté se limite à la faculté qu’il conserve de désigner et de renvoyer son maître ; elle n’implique plus la responsabilité d’infléchir selon les exigences d’une éthique humaine le style de la vie collective. Aussi bien, dans l’inquiétude que provoque le progrès des sciences et de la technologie qui en extériorise les conquêtes, face à la complexité d’un univers économique qui réduit la culture de l’honnête homme à ne plus être qu’un tissu d’erreurs et de préjugés, un désarroi s’installe dans les esprits, les livrant à ce qu’un illustre médecin et biologiste n’a pas craint d’appeler une schizophrénie (Jacques Monod, Leçon inaugurale au Collège de France). Politiquement, cette psychose se traduit par la méfiance des individus à l’endroit d’un monde dont le contrôle leur échappe. Pour le dominer ils tiennent pour nécessaire de disposer de compétence, dont ils se croient dépourvus. Leur pessimisme les incite au renoncement. Il leur suffit d’être gouvernés selon les formes extérieures de la démocratie.

Toute la question est alors de savoir si la démocratie est une technique ou une valeur. Dans la première hypothèse, façonnés par une société technicienne qui enrobe ses contraintes dans les jouissances qu’elle procure, les individus pourront se dire en démocratie dès lors que, par l’élection et l’exercice des libertés publiques, ils auront le sentiment d’être gouvernés comme ils le souhaitent. Si, au contraire, on considère que la démocratie est une valeur, il apparaîtra qu’il ne suffit pas, pour qu’elle soit accomplie, que l’autorité politique soit acceptée par le groupe. Il faut encore que les fins qu’elle poursuit soient conçues de telle sorte que les hommes accèdent à la maîtrise de leur destin. Dans cette perspective on ne saurait établir le caractère démocratique d’un régime sur le seul fait de sa conformité aux vœux de la majorité. Il arrive, en effet, et c’est le cas dans les sociétés avancées, que, par de multiples et insidieuses pressions, le milieu déclenche un flux de représentations, de croyances et de désirs où se dissout ce qui est le propre de l’homme : une conscience personnelle inquiète et qui suscite, par cette anxiété même, les audaces de la liberté.

Lorsque la société dévalue l’homme, le pouvoir démocratique n’est plus celui qui lui est docile, mais celui qui, au nom d’une certaine idée de l’homme, lui résiste et le subjugue. La démocratie n’est pas un narcotique ; c’est une pédagogie.

 

On voit bien où sont ceux qui ont besoin de réapprendre ; mais où sont les autres ?

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