La Culture.

« La culture, c’est ce qui reste lorsqu’on a tout oublié ».

Vendredi 23 janvier 2009, par André Malraux // La France

La culture, c’est ce qui rassemble lorsqu’on a trop divisé. Dans une France qui n’en finit pas d’afficher ses différences la culture, dans toutes ses formes, doit rester le dénominateur commun aux valeurs de la démocratie et vertus de la Patrie. La raison de l’homme, c’est de perpétuer la culture, la chance de l’homme, c’est de pouvoir puiser dans la culture ses références à toutes les heures de sa vie. La réussite de l’homme, c’est d’apporter sa contribution culturelle.

« La véritable école du commandement est la culture » écrivait le Général de Gaulle.

C’est parce que nous avons privilégié la culture du pouvoir au détriment du pouvoir de la culture, que notre société ne retrouve plus ses marques, qu’elle devient aussi perméable que permissive. En négligeant notre culture, nous avons abdiqué notre identité. C’est pourtant dans cette culture que se trouvent les réponses qui répondent aux interpellations du présent, et du futur, en France comme en Europe et dans le monde, en politique comme en économie et dans les problèmes de société.

La culture est la clef de voûte d’un édifice complexe ancien. Elle est adaptée à notre architecture intellectuelle, à notre civilisation judéo-chrétienne, à nos traditions trop longtemps condamnées à la portion congrue. Elle reste malgré tout, le plus sûr relais entre l’homme et son environnement, fût-il politique. Il est impératif de restaurer cette culture dans ses états, dans sa pluralité, comme dans ses particularismes, mettant à profit tous les moyens, et toutes les techniques de communication.

La culture ne doit plus se faire au rabais, elle mérite l’attention de tous, y compris celle des « Princes » qui nous gouverne et qui aujourd’hui sont pris au dépourvu pour avoir oublié que même la politique a sa culture ; Le bon sens commande de considérer la culture comme priorité et de doter ceux qui sont appelés à la servir du pouvoir de le faire. Son champ d’intervention doit être étendu, son enseignement favorisé, et pas simplement dans les disciplines artistiques ou dans la gestion du patrimoine ; son implication dans la vie de la société doit faire l’objet de volontarisme, tant dans le domaine de l’information que dans l’enseignement, de l’environnement, de l’urbanisme, de la famille ou de la jeunesse et du sport.

Partant, il devient nécessaire d’élever la culture au rang d’un grand ministère et de lui confier un budget à la hauteur de ses ambitions. Des ambitions, dont les premières doivent être tournées vers une vaste action de réconciliation entre les Français et leur culture. L’Europe doit s’étendre culturellement de l’Atlantique à Vladivostok, et par de là au fleuve amour « Heilang Jiang »

Pour nous, européens, c’est de pouvoir communiquer en Français, en Espagnol, en Portugais, en Allemand, en Russe sans pour cela occulter l’Anglais qui ne doit cependant pas être privilégié comme c’est le cas aujourd’hui. C’est avoir aussi la possibilité d’apprendre à nouveau le Grec et le Latin. La culture, c’est la connaissance des langues provinciales, qu’elles soient corses, basques, bretonnes, occitanes, antillaises, réunionnaises, etc.

La culture, c’est la possibilité pour tous d’avoir accès aux salles de spectacle, c’est remettre au goût du jour toutes les attractions existantes avant ce que l’on appelle « Le Progrès ».

Tous les jeunes qui le souhaitent doivent avoir la possibilité de bénéficier d’une formation de comédien ou de saltimbanque, pourquoi ne pas imaginer que notre jeunesse, jusqu’à l’âge de 21 ans, et ayant des revenus modestes, puisse bénéficier de la gratuité des spectacles ? pourquoi ne pas imaginer qu’il en soit de même pour nos retraités et l’ensemble de la population que le destin aurait frappé d’un handicap moteur et cérébral ?

Sortir, se dégager du petit écran, cette télévision qui est certes positive, mais qui perturbe trop la vie de famille, cette télévision où tout est bon pourvu que l’audimat permette de remporter des parts de marché publicitaires. Les plus hauts responsables politiques ont dû abdiquer de leur personnalité et de leurs idées, au profit d’une image ou d’une marionnette. S’ils se prêtent volontiers â ce jeu, ils n’en sortent jamais grandis. La liberté d’expression sur le petit écran à ses limites.

Dès lors, pourquoi soutenir financièrement les supports, l’inculture et à l’asociabilité ?

Il faut adapter la programmation des chaînes publiques à une politique culturelle pluridisciplinaire et orientée vers la création française tandis que dans le cadre des chaînes privées, l’État achètera des heures de grande écoute afin d’impulser un retour à la culture, au regard de programmes étrangers trop souvent d’un niveau intellectuel et culturel inexistant. Seules les chaînes publiques bénéficieraient des subventions venant de la redevance mais seraient privé de toutes recettes publicitaires. La redevance télévisuelle doit être augmentée, c’est une nécessité absolue.

Le CSA en charge de veiller sur l’impartialité de nos médias audio-visuel, devrait exiger que l’on respecte la Noble langue de Molière. Il devrait interdire tant aux présentateurs qu’aux personnes qui interviennent sur nos ondes d’employer la langue de Shakespeare.

La France est méconnue des Français. C’est une des raisons qui poussent nos compatriotes à découvrir en priorité les Riviéras africaines ou américaines, ainsi que les exotismes asiatiques. Dans ce domaine de la connaissance de la nation, la télévision à un rôle éminemment important à jouer Prenons exemple sur le siècle des Lumières. Le royaume de France était à son apogée dans le domaine culturel.

La culture peut, et doit, précéder l’implantation de notre économie, de nos parts de marché à travers le monde. Exportons notre culture et nous exporterons notre savoir. La culture est un moyen idéal de communication, ne soyons pas frileux ! Encourageons notre jeunesse à quitter le territoire national elle trouvera du travail dans l’ensemble des pays de notre planète, pour peu qu’elle reçoive la formation nécessaire lui permettant d’entrevoir les plus grands espoirs pour elle et pour la France.

« La culture ne nous enseigne pas l’homme, elle nous enseigne tout modestement l’homme cultivé dans la mesure où il est cultivé. Comme l’introspection ne nous enseigne pas l’homme, mais tout modestement l’homme qui a l’habitude de se regarder !! »

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