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La Coalition en quête d’une stratégie politique.

Mardi 19 avril 2011 // Le Monde

Les Occidentaux sont désormais obligés d’aller jusqu’au bout de leur intervention et de veiller à la mise en place d’un nouveau gouvernement.

Maintenant que l’Occident a enfin décidé d’agir, le problème consiste à imaginer la suite. Un responsable du Foreign Office m’a déclaré que l’objectif du gouvernement Britannique, en s’opposant à Kadhafi, était de garantir l’existence d’une Libye dotée d’un gouvernement central plus ouvert et plus démocratique, qui ne représente pas de menace extérieure pour la région ou le reste du monde. C’est un changement notable par rapport aux déclarations précédentes de David Cameron, pour ne rien dire du mandat des Nations unies, qui n’évoque pas un changement de régime. Le gouvernement ressemble de plus en plus à celui de l’ancien Premier ministre Tony Blair, avec ses déclarations toujours changeantes sur ses objectifs en Irak. Le représentant du ministère des Affaires étrangères n’est pas allé jusqu’à expliquer comment Kadhafi pourrait être renversé, mais la politique britannique, tout comme celle du président Nicolas Sarkozy et de Barack Obama, repose apparemment sur trois variables.

Premièrement, l’espoir que les frappes aériennes de la coalition contre la machine militaire libyenne - frappes qui sont parvenues à paralyser l’aviation de Tripoli et ont détruit ses défenses antiaériennes - vont pousser les forces armées à abandonner le régime. Deuxièmement, l’espoir que les bombardements suffiront à soutenir les rebelles de l’Est dans leur contre-offensive contre les forces de Kadhafi. Troisièmement, ce que les politiques définissent comme la décapitation du régime, autrement dit l’élimination physique du colonel.

Mais on ne sait pas clairement qui succéderait à Kadhafi s’il venait à être renversé ou tué. Quiconque a lu les câbles diplomatiques américains rendus publics par WikiLeaks sait qu’au sein du gouvernement de Washington d’aucuns redoutent que l’est de la Libye ne soit un foyer d’extrémisme islamiste. Depuis le décollage du premier avion de la coalition vers le ciel libyen, Washington cherche une porte de sortie, ce qui n’arrange guère les choses. L’intérêt de Barack Obama pour les affaires étrangères semble se limiter à trouver des destinations de visites officielles avec son épouse photogénique. Cela poseun problème à Sarkozy et à Cameron. Si la France a été le premier pays à entamer les opérations aériennes, environ la moitié des missions actuelles au-dessus de la Libye sont effec- tuées .par des pilotes américains.

A terme, il semble inévitable que la coalition prenne pied en Libye. La résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU promet implicitement qu’il n’y aura pas de "force d’occupation’ ; mais cela n’exclut pas nécessairement un déploiement de troupes temporaire. Reste à savoir si cela passera par l’envoi de soldats arabes. Mais, dans la mesure où le Qatar est le seul Etat arabe à apporter un soutien militaire à l’opération (quatre avions), il est fort probable que l’Occident va devoir agir seul, ce qui ranime le spectre de la sanglante occupation de l’Irak.

Croire qu’une intervention légère, limitée à l’imposition d’une zone d’exclusion aérienne, pourra protéger efficacement les civils libyens, c’est ne tenir compte ni de l’histoire récente, ni de la résolution 1973 elle-même. Obama, Cameron et Sarkozy ont encouragé les Libyens à se soulever contre la répression de Kadhafi. Il serait donc immoral qu’on le laisse au pouvoir et qu’il continue à martyriser son peuple, comme l’Occident a abandonné en 1991 les rebelles chiites à leur triste sort en Irak. Ne pas obtenir au moins le départ de Kadhafi, c’est prolonger les souffrances de ceux que la coalition dit protéger. Les pays occidentaux ont rarement autant prêté le flanc aux accusations d’hypocrisie que ces dernières années, par leur complaisance envers Kadhafi. Aujourd’hui, ils n’ont pas d’autre solution qu’aller jusqu’au bout de leur logique et terminer ce qu’ils ont entrepris.

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