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La Chine en débat.

Mercredi 25 mai 2011 // La France

Enfin un débat instructif : celui qui a opposé Emmanuel Todd et Jean-Luc Mélenchon sur la Chine et sur quelques autres sujets d’importance. Hélas, ce n’était pas sur une chaîne nationale de télévision.

Tout occupés à passer en boucle les déclarations de Jean-Louis Borloo ou Nicolas Hulot, les grands médias manquent les débats essentiels. Pas le moindre examen de l’aggravation de la crise de la dette en Grèce et au Portugal dans la deuxième quinzaine d’avril et, bien sûr, toujours pas de grand débat télévisé sur la question du protectionnisme - dénoncé comme thème propre à l’extrême droite alors qu’il n’a été que récemment récupéré par les scribes de Marine Le Pen.

C’est donc sur la Toile, grâce à Arrêt sur images, que les abonnés du site ont eu la possibilité d’assister à une excellente émission de télévision qui a permis, sous l’égide de Daniel Schneidermann, de mieux connaître les thèses respectives de Jean-Luc Mélenchon et d’Emmanuel Todd. Pour le candidat à la présidence, « le vrai atelier du monde, c’est la Chine », point de vue banal mais qui s’inscrit dans une vision géopolitique beaucoup plus large : pour « reconstruire un monde organisé et structuré », il faudrait mettre en place « une coopération privilégiée avec les Chinois » qui serait d’autant plus harmonieuse que les Français seraient plus proches de la culture chinoise que de celle de l’Amérique du Nord.

En réponse à une question de Daniel Schneidermann sur les barrières douanières, Jean-Luc Mélenchon répond que la France et l’Europe doivent aussi être protégées contre les importations de produits chinois mais que les dirigeants de la Chine « sont capables de comprendre qu’une zone peut être organisée et protégée, et qu’on négocie entre deux zones ».

La réponse d’Emmanuel Todd est d’une grande netteté. En démographe et en anthropologue, il dit que la parenté entre la Chine et la France est « un pur non-sens » alors que le cousinage entre la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis est un fait avéré qui explique que ces trois pays ont été à l’origine de la démocratie. Et de s’étonner de la mélenchonienne « tendresse pour la Chine » qui est « la plus grande non-démocratie du monde » : voilà qui dénote chez le président du Parti de Gauche, « une certaine indifférence aux valeurs démocratiques » et « une indifférence au sort du prolétariat » en raison de l’exploitation des ouvriers sur laquelle tourne le fameux « atelier du monde ». Puis Emmanuel Todd souligne que la politique chinoise se caractérise par une « volonté d’extermination des industries européennes » dans une totale indifférence au sort du prolétariat français.

Jean-Luc Mélenchon fait la moue et réplique qu’il a toujours lutté contre les régimes totalitaires, dans sa jeunesse trotskyste puis comme militantsocialiste. Mais il ne veut pas cotiser aux formules des bien-pensants et il maintient que la question du capitalisme financier est primordiale - alors qu’Emmanuel Todd privilégie la question du contrôle des échanges marchands tout en notant que Jean-Luc Mélenchon a évolué de manière positive sur la question du protectionnisme car le mot ne se trouvait pas dans le livre qu’il a récemment publié.

Mis en difficulté sur ce point, le futur candidat reconnaît qu’il n’est pas sûr que le mot ne se trouve pas dans son livre mais insiste sur son opposition ancienne et résolue au libre-échange « qui est fondamentalement une doctrine mortifère qui ne peut créer que de la destruction ». Accord avec Emmanuel Todd ? Pas tout à fait car Jean-Luc Mélenchon paraît trop dirigiste à l’anthropologue alors qu’un système de protection permet des échanges libres à l’intérieur de la zone protégée - ce qui ne signifie pas le retrait de l’État. Le débat est complexe sur ce point : on en retient que Jean-Luc Mélenchon réaffirme la nécessité du protectionnisme mais aussi des objectifs de développement à inscrire dans une planification écologique que récuse Emmanuel Todd.

C’est là un autre aspect du débat. Il reste que Jean-Luc Mélenchon n’explique pas comment on protège l’économie européenne tout en établissant une coopération privilégiée avec la Chine.

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