Cher(e)s ami(e)s internautes.

Merci pour votre fidélité ; les écrits quotidiens seront absents tout le mois de septembre. Vous pouvez cependant parcourir tous les dossiers créés depuis plus de 10 ans et qui figurent sur le site.

Dés le mois d’octobre il vous sera proposé un mensuel auquel vous pourrez participer en me faisant parvenir votre perception des affaires politiques, familiales, sportives ou autres.

Rien ne sera censuré, hormis des articles injurieux et calomnieux.

Je suis attaché aux valeurs chrétiennes, aux valeurs dites républicaines et à une monarchie parlementaire.

Vous pouvez nous contacter en cliquant sur ce lien >>

La C F D T, est-elle encore un syndicat ?

Mercredi 21 juillet 2010 // La France

D’un syndicat contestataire, la C F D T, au fil des ans, et au gré des changements de stratégie, n’est devenu qu’un groupe de pression du Medef.

La scène se passe le 4 juin dernier à la sortie d’une table ronde sur l’avenir du syndicalisme. François Chérèque pique une violente colère contre le projet de loi sur le dialogue social dans les très petites entreprises (TPE) qui vise à doter leurs salariés de représentants. Objet de ce courroux : La demande de retrait formulée par les députés UMP, suite aux intenses pressions du Medef et de la CGPME, d’un article qui pourrait avoir pour conséquences de faire entrer les syndicats dans des entreprises qui en étaient jusqu’à présent préservées. En guise de représailles, le numéro Un cédétiste réclame l’ouverture d’une négociation sur la réforme de la représentativité patronale. Interrogé sur la philippique de François Chérèque, son homologue d’une confédération syndicale rivale lâche : « c’est du cinéma » ! De toute façon, l’ouverture de ce type de négociation ne dépend pas de lui ».

Cinéma, c’est aussi le terme qui définit le mieux le 47° congrès de la CFDT qui s’est tenue à Tours du sept aux 11 juin dernier. À l’ordre du jour de cet événement quadriennal figurait le vote du projet cédétiste de réforme des retraites. Rarement dans un congrès syndical, une décision tout à fait banale aura été à ce point mise en scène et dramatisée.

Premier acte : le lundi 7, en déclarant durant son discours d’ouverture, à propos de l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans que sa confédération n’est pas « dans une posture de négociation de contreparties à une réforme » qu’elle combat, François Chérèque paraît vouloir rompre avec la stratégie réformiste de la CFDT.

Deuxième acte : mardi 8, les délégués apportent leur soutien à leur secrétaire général qui obtient un quitus de 86,8 %, pendant qu’en coulisse, Edmond Maire, l’homme de tous les revirements et de tous les renoncements, fustige son successeur en annonçant que le rôle d’un dirigeant syndical est de faire évoluer son organisation.

Troisième acte : mercredi, la pression monte d’un cran : le congrès rejette deux propositions de la direction contenues dans le projet de résolution. La première consistait à soutenir la baisse des effectifs de la fonction publique ; La seconde prônait un alignement « des droits des salariés les plus stables » sur « ceux des salariés les plus précaires ».

Au matin du quatrième jour, la tension est à son comble : dans les couloirs, certains délégués n’hésitent pas à accuser la direction de vouloir radicaliser le congrès et craignent même que le projet de réforme des retraites de la CFDT, présenté comme la seule alternative sérieuse à celui du gouvernement, ne soit pas entériné. Enfin, le verdict tombe : le congrès vote à une large majorité pour ce projet qui, s’il se prononce pour le maintien de la retraite à 60 ans, entérine l’allongement de la durée de cotisation en l’assortissant de deux conditions floues : « Partage des gains d’espérance de vie » et « possibilité de choix renforcée ».

Derrière cette mise en scène, il faut bien voir que, quoiqu’en dise son secrétaire général, la CFDT a déjà capitulé en rase campagne. Compte tenu d’une entrée sur le marché du travail de plus en plus tardif, et d’une carrière entrecoupée de périodes de chômage, quasiment plus personne ne peut partir à la retraite à 60 ans tout en ayant un nombre de trimestres de cotisation suffisants (162 en 2010, 164 en 2012).

Il n’en fallait pourtant pas plus pour que la presse, tous supports confondus, voit dans cette succession de non-événements une radicalisation de la CFDT. Une approche qui arrange tout le monde. La CFDT bien sûr qui, à la veille d’une réforme des retraites ressentie comme un recul social sans précédent, se refait une virginité a bon compte en nous faisant croire qu’elle s’oppose au projet du gouvernement alors qu’elle soutient l’allongement de la durée de cotisation ; le gouvernement qui conserve un allié potentiel blanchi de toute compromission aux yeux de l’opinion publique ; la CGT qui peut continuer à défendre les mérites de l’unité syndicale.

Les grands perdants sont les travailleurs. Mais il y a longtemps qu’ils ne croient plus à la CFDT dont les dirigeants se font huer à chaque manifestation, et qui a de plus en plus de mal à faire croire qu’elle demeure une organisation syndicale. Les colères de François Chérèque ne sont pas tant causées par les reculs sociaux que par le fait que son organisation ne parvienne pas à se faire entendre.

Répondre à cet article