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LES RISQUES DE L’EFFONDREMENT.

Lundi 5 décembre 2011 // L’Europe

La France a rappelé à Paris le 16 novembre son ambassadeur à Damas pour « consultations ». Ce n’est pas une rupture des relations diplomatiques, mais une sorte de suspension qui peut durer de quelques jours à quelques mois. L’ambassade n’est donc pas fermée mais gérée par un chargé d’affaires. En revanche, la chancellerie d’Alep, le consulat de Lattaquié, ainsi que les centres culturels ont été fermés après avoir été la cible d’attaques des partisans du régime. Un diplomate croit toujours pouvoir servir en demeurant présent sur le terrain. Il arrive un moment cependant où cette présence devient caution ou compromission. L’ambiguïté devait être levée. Elle l’a été par Alain Juppé. Il était temps.

Le ministre des Affaires étrangères a pris les choses en mains, contrairement à la Libye dont le président Sarkozy avait fait son affaire. A côté de la Syrie, la Libye était une affaire facile, se résumant à la personne du colonel Kadhafi. La Syrie c’est tout autre chose : un enjeu stratégique au milieu des crises du Proche et du Moyen-Orient. Cela demande un pilotage complexe qui ne saurait relever que d’une diplomatie cohérente, concentrée et entièrement mobilisée. Le moindre dérapage, et c’est Israël, le Liban, l’Irak, les minorités de tous genres, chrétiennes, kurdes, druzes, qui vont au fossé.

Qu’attendait-on pour agir ? Un changement d’attitude du clan Assad ? Improbable. Un vote unanime à l’ONU ? Impossible. La constitution d’une alternative politique crédible ? C’est à peu près chose faite avec le Conseil national syrien dont les têtes sont en France, mais cela ne suffit pas. Une mutinerie dans l’armée et les forces de sécurité ? Les défections ne manquent pas mais le système répressif est encore trop parfait.

Ce qui était attendu, c’était, comme dans les autres cas du même genre, le feu vert de I’organisation régionale, en l’occurrence la Ligue arabe, qui poursuivait des médiations sans trop y croire. La surprise est venue de 1a conférence des ministres à Rabat qui a. décidé la suspension de la Syrie et, le 16 novembre, de sanctions sous 72 heures. Du jamais vu dans I’organisation depuis sa fondation en 1945.

Sur 21 membres, hors la Syrie, seuls deux « le Liban et le Yémen » ont voté contre l’Irak s’est abstenu. Pourquoi cette soudaine résolution ? Non par un sursaut d’idéalisme mais par un constat d’échec : Bachar al Assad a échoué à juguler le mouvement de révolte. S’il avait réussi, même dans le sang, personne n’aurait bronché sinon pour la forme. Mais voilà huit mois que le mouvement ne faiblit pas. Il n’est pas écrasé, donc il a gagné. Au Yémen, cela dure depuis plus longtemps, mais les forces populaires de chaque côté semblent s’équilibrer, il y a eu nettement moins de victimes, et le voisin saoudien veille au grain. La négociation est permanente au niveau des clans et des tribus. On l’a longtemps espéré de la Syrie. 3.500 morts plus tard, on en est toujours au même point.

Le risque pour la Ligue arabe, c’est que tout le monde s’en mêle, à commencer par la Turquie avec un projet de zone-tampon humanitaire à la frontière. L’Iran, vieil allié de Damas, prend ses distances : d’où la simple abstention irakienne.

Il devient urgent pour les Arabes de veiller à ce que la Turquie n’agisse pas contre les Kurdes, ni que l’Iran et l’Irak ne décident de protéger les chiites. Et qui s’occupera des Chrétiens, majoritairement orthodoxes ? Moscou, qui a envoyé le patriarche Kiril chez Assad le 13 novembre, ou Paris qui a compris que la course contre la montre était lancée ? En tout cas, pas les Etats-Unis, qui ont un autre agenda.

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