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LES DESSOUS D’UN NON REMANIEMENT.

Lundi 21 avril 2008, par Jean de La Faverie // La France

Les élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars derniers ont en partie renouvelé la classe politique française en faisant émerger plusieurs dizaines de milliers de nouveaux conseillers. Elles ont également renvoyé dos-à-dos la gauche et la droite qui conservent, à quelques exceptions près leurs principaux bastions. Conséquence, le grand chambardement ministériel n’a pas eu lieu. Du moins en apparence.

Le chef de l’État, Nicolas Sarkozy, a parlé « de réajustement » en évoquant le remaniement ministériel qui suit traditionnellement chaque élection majeure perdue par le pouvoir en place. En l’espèce, si la gauche a pu grignoter ici et là quelques places fortes à la droite, cette dernière a su limiter les dégâts, en réalisant un score plutôt honorable. Les statisticiens du ministère de l’Intérieur ont accordé 49% des suffrages à la gauche contre 47,5% à la droite. Tant l’Élysée qu’au gouvernement, les proches conseillers estiment que la dimension nationale du scrutin (dans lequel Nicolas Sarkozy s’était pourtant engagé en janvier dernier) a cédé le pas aux enjeux purement locaux, comme si les électeurs avaient décidé de se prononcer en faveur de la compétence plutôt que d’accorder leurs suffrages aux inconditionnels de la connivence.

Si vote sanction il y a eu, il a surtout concerné l’attitude d’un chef de l’État omniprésent et moins l’action gouvernementale dont les réformes sont, à l’aune des sondages positifs recueillis par le Premier ministre, assez bien acceptées par la population.

« Besoins fonctionnels »

À vrai dire, le remaniement ministériel d’après scrutin s’affiche d’une manière plus fonctionnelle et conjoncturelle que structurelle. En règle générale, les remaniements de grande ampleur interviennent après une réélection du chef de l’État et aux deux tiers d’une législature. Dans un échange avec nos confrères du Parisien, le secrétaire général de la présidence de la République, Claude Guéant, a rejeté une telle hypothèse. Il a, en revanche, assuré que ce remaniement n’avait pas de lien avec les élections et qu’il correspondait à des « besoins fonctionnel » Autrement dit, il ne fallait pas s’attendre à un grand chambardement au sein de l’organigramme gouvernemental et les ministres qui sont en place le sont restés. Élu à la mairie de Nice, Christian Estrosi affectueusement surnommé Motodidacte par ses détracteurs) a tenu parole en laissant son poste de secrétaire d’État à l’Outremer à Yves Jégo. Main Marleix qui briguait le poste s’est consolé en travaillant désormais avec Michèle Alliot-Marie en qualité de secrétaire d’État aux collectivités territoriales. Il aura ainsi la haute main sur le tedécoupage des circonscriptions électorales en vue des prochaines élections. Les sénatoriales de 2008 puis les législatives dc 2012.

Promotions et déroutes.

Des ministres comme Luc Châtel, qui a ravi la mairie de Chaumont aux mains de la gauche depuis juin 1995, et Laurent Wauquiez, devenu premier magistrat du Puy-en-Velay à la place d’Annette Arnaud-Landau (PS) ont été, très logiquement promus. L’ancien ministre, Anne-Marie Idrac, récemment débarqué de la tête de la SNCF par Guillaume Pépy, est parvenu à trouver un parachute doré en tant que secrétaire d’État au Commerce extérieur.

Pour d’autres en revanche, les défaites et les déroutes ont sonné le glas des maroquins. En particulier, Jean-Marie Cavada sévèrement battu Paris a vu s’éloigner le portefeuille de la Culture. Plus étonnantes sont les nominations de Nadine Morano, laminé à Toul, qui a, malgré tout, obtenu le secrétariat d’État à la Famille, et celle de Christian Blanc, transfuge rocardien, devenu chantre du libéralisme. Ce dernier recueille le poste fumeux de secrétaire d’État à la Région Capitale. Autrement dit, il devra, par la création d’un Grand Paris, mettre en place un contre-pouvoir à l’emprise de la gauche sur la capitale et sa grande couronne. Un véritable défi qui devra recueillir l’assentiment des édiles locaux...

Fin du style « Maison Blanche »

En fait, les premiers à faire les frais de ces deux élections sont les conseillers. Certains ont anticipé à tort, une éviction de leur ministre et ont rejoint : qui une entreprise du secteur privé, qui leur corps de rattachement (quand ils sont fonctionnaires). À tout seigneur tout honneur. Le porte-parole de l’Élysée, David Martinon, a cédé sa place. Diplomate de formation, il est promu consul général aux États-Unis. Il paie ainsi sa proximité avec l’ancienne première dame de France, Cecilia Ciganer-Albéniz et son parachutage aussi médiatique que malheureux à la mairie de Neuilly. La fonction même de « porte-parole » qui avait pris une forme très « Maison Blanche » a disparu et Les attributions de David Martinon sont redistribuées. À Franck Louvrier, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy et Pierre-Jérome Hénin, porte-parole adjoint de la présidence, revienne la charge de répondre aux médias en « off ». Quant à Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée et Jean-David Lévitte, sherpa du Président, ils sont chargés de répandre la communication officielle. Toujours à l’Élysée, la directrice de cabinet de Nicolas Sarkozy, Emmanuelle Mignon, serait sur le départ.

 Elle a, à de nombreuses reprises, en particulier après son interview à VSD sur les sectes, présenté sa démission, qui a toujours été refusée. Si beaucoup louent son intelligence, sa disponibilité, son entregent, d’autres en revanche s’inquiètent de son manque de sens politique. Les cabinets ministériels connaissent aussi de nombreux ajustements voire des défections « surprises ». Ainsi Gaëlle Tchakaloff qui avait rejoint le cabinet du garde des
Sceaux Rachida Dati au début de l’année, n’est-elle, finalement restée que quelques semaines. Ce départ plombe un peu plus l’atmosphère de la Chancellerie qui avait dû faire face à de nombreuses défections au cours du second semestre 2007. Une arrivée de nouveaux secrétaires d’État et le changement d’attribution pour d’autres devraient chambouler les cabinets. Ces derniers vont immanquablement s’étoffer,..

Rien de consistant.

Finalement le remaniement n’apporte pour l’heure rien de consistant sur le fond. Il ne touche que l’écume du pouvoir, la volonté affichée de Nicolas Sarkozy étant de poursuivre les réformes pour lesquelles il a été élu. En matière d’affichage politique, le président de la République, souhaite donner plus de place aux femmes et faire respecter la parité, même si près de 80% des têtes de liste aux élections municipales ont été des hommes... La nomination de Marion Guillou à la tête de l’École polytechnique participe cette démarche. Plus étonnante est la rumeur selon laquelle Bernadette Malgorn deviendrait dans les prochaines semaines la nouvelle directrice générale de la DGSE, en remplacement de Pierre Brochand en poste depuis Juillet 2002.

Maintenir le cap.

Le lien entre le résultat des élections et ces nominations ? Il peut paraître très lointain, diffus, ténu. Il n’est certes qu’un écran de fumée pour éviter de parler des sujets de fond ; Des thèmes qui fâchent (pouvoir d’achat, inflation galopante....). Cependant, en promouvant des femmes à des postes clefs, l’Élysée tente de faire oublier sa défaite et faire passer le message suivant contre vents et marées, « je maintiens le cap ». Le premier enseignement de ces deux scrutins devrait sans doute être un retour plus conforme aux habitudes protocolaires de la V° République, tant il est évident, sinon acquis, que les dérives « bling-bling » du chef de l’État ont pesé sur la campagne.

Victime collatérale.

Enfin, l’une des victimes collatérales de ces élections qui ont marqué un recul de la droite, pourrait être, à plus ou moins long terme, Patrick Devedjian. Le secrétaire général de l’UMP a été vertement tancé par Nicolas Sarkozy lors d’un déplacement à Toulon entre les deux tours « Il appartiendra à chaque responsable politique de tirer les leçons » du scrutin, a-t-il déclaré sans préciser comment, mais en visant bien le « chef » de L’UMP. Pendant cette campagne, Patrick Devedjian a été attaqué sur deux fronts : Sa gestion de la campagne municipale à la tête du parti et celle du Conseil général. Et bien que celui-ci indique avec justesse que la stratégie de L’UMP sur ces élections « n’a pas pu être élaborée indépendamment du président de la République », l’homme reste sur un siège éjectable. Nicolas Sarkozy a beau lui, avoir renouvelé sa confiance le soir des élections, la base militante de l’UMP ne l’entend pas de cette manière. Elle pourrait faire entendre sa voix. Le troisième tour des élections est toujours consacré à l’élection des maires et des présidents de Conseil général. Le quatrième est toujours celui des militants qui règlent leurs comptes. Aucun parti n’est à l’abri.

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