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LE TEMPS DES BANQUIERS.

Mardi 6 décembre 2011 // L’Europe

Berlusconi tombe pour la troisième (et dernière) fois ; les banquiers ont réussi ce que ni les juges, ni ses alliés politiques, ni sa femme, ni l’Eglise n’ont pu mener à bien : son exclusion de la vie politique.

L’insubmersible Cavaliere a accepté de se retirer après près de dix années de pouvoir en trois mandats de Premier ministre étalés sur vingt ans au cours desquels il aura dominé la vie politique, sociale, médiatique, sportive, de l’Italie.

Sa chute ne s’explique pas par ses frasques personnelles, ni par ses démêlés judiciaires, ses conflits d’intérêt répétés entre l’Etat et ses entreprises. Elle n’est pas le résultat d’une fronde parlementaire, comme lorsque son allié Gianfranco Fini, président de l’Assemblée, avait tenté et manqué de prendre le contrôle du parti majoritaire. Son autre allié de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, souhaitait aussi son départ mais ne pouvait guère le gêner. Tout cela n’a pas suffi. Berlusconi a résisté à toutes les attaques. On ne peut même pas dire que c’est l’accumulation de tous ces problèmes qui a eu raison de lui. L’âge, 75 ans, ne semblait avoir aucune prise sur lui.

Rien de tout cela, mais une légère augmentation d’un demi pour cent du taux d’intérêt des bons du Trésor italien, lui faisant passer la barre fatidique des 7%. L’homme le plus riche d’Italie part sur un signe infime dans l’univers, un battement d’ailes d’un papillon, qu’on ne peut identifier, nommer, attribuer à tel ou tel, anonyme, ou plutôt une batterie d’anonymes sur écran, la « main invisible », pas la Mafia, mais une autre pieuvre autrement plus mortifère, le marché (qu’on emploie maintenant communément au pluriel : les marchés).

Un homme pourtant aura donné le coup de grâce : le président de la République, Giorgio Napolitano, 86 ans, ex-communiste, élu pour sept ans en 2006 en même temps que Berlusconi subissait une défaite - toute provisoire, puisqu’il rebondissait en 2008. Fonction symbolique, comme celle des présidents français sous la Quatrième République, elle ne sert qu’en cas d’extrême nécessité, de crise insoluble, d’impasse totale. Qu’il manque ou non trois ou quatre voix au Premier ministre ne ressort pas normalement de ce registre. Le Cavaliere aurait pu attendre avant de déclarer ses intentions ; il était à la manoeuvre et ne se donnait pas pour battu. Or, très curieusement, le président de la République l’a précédé, créant le fait accompli. Impossible de revenir en arrière, de se contredire : Napolitano a pris Berlusconi au mot. Le Premier ministre ne peut déjuger le Président, il est piégé. C’est l’assassinat de César joué à l’envers : il meurt de la main du père et non de celle du fils. Ni Fini, ni Bossi, mais Napolitano. Celui-ci peut savourer sa revanche, à l’heure ultime, et pour une seule fois, c’est lui, la potiche, le cérémoniaire, le doyen, qui sacrifie : le pouce en bas de l’empereur dans le cirque.

Après la folle semaine d’Athènes, ces journées romaines sont la manifestation à nouveau d’un théâtre politique de première grandeur. De grands politiques se révèlent dans l’épreuve, mais cela n’est que pour I’honneur, le panache. Du bel art, tragédie grecque, opéra italien, mais rien que de l’apparence. La réalité c’est la liquidation. Et pour liquider, on n’a besoin que de liquidateurs : Papadémos en Grèce, Monti en Italie, successeurs respectivement de Papandreou et de Berlusconi, ce ne sont rien d’autre que des banquiers.

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