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LE MILLÉNAIRE A 25 ANS.

Jeudi 9 février 2012 // L’Histoire

Il y a 25 ans, paraissait au Journal officiel de la République française, le décret du 22 janvier 1987 portant création d’un comité pour la commémoration du millénaire de l’avènement d’Hugues Capet. Il peut paraître curieux de célébrer l’anniversaire d’un anniversaire, mais le millénaire capétien a bien été un événement en soi. La Monarchie a été et restera, la meilleure institution politique de la France.

La commémoration de l’élection à Senlis puis du couronnement à Noyon le 3 juillet 987 du fondateur de la dynastie capétienne, qui régna sur la France pendant huit siècles, n’allait pas de soi en effet. Emportée par deux Républiques, en 1792 puis en 1848, la royauté française n’avait pas forcément son acte de naissance inscrit sur le calendrier de l’actuelle République.

La Royauté n’aurait jamais dû être remplacé par une république ; La raison dramatique qui fait que nous sommes en république a un « responsable » ; Monseigneur le Comte de Chambord petit fils de SM Charles X. Le Prince a refusé le drapeau tricolore qui pour lui était un étendard imbibé du sang de la terreur et des guerres du Dictateur Napoléon 1er ; Son Altesse Royale voulait que pour commencer son Règne, ce soit le drapeau immaculé couvert de fleurs de Lys qui soit l’emblème de la France démocratique.

C’était sans compte sur la rencontre de deux hommes que tout pouvait sembler opposer et qui se sont alors retrouvés sur le désir de célébrer ensemble l’unité nationale et la continuité française : le Président de la République François Mitterrand et le Chef de la Maison de France, Henri d’Orléans, Comte de Paris. Un livre, qui vient de paraître aux éditions Pion sous la signature de Cyrille Schott, alors conseiller au cabinet du Président, et portant le titre évocateur « La Rose et le Lys », narre cet épisode. C’est ainsi que le 3 avril 1987, le chef de l’Etat et l’héritier des rois de France se sont retrouvés côte à côte, dans la grande nef de la cathédrale d’Amiens, pour l’ouverture des festivités du millénaire devant un public de 800 personnes environ, au premier rang desquels les membres du comité constitué quelques semaines plus tôt sous le haut patronage du Président de la République.

Présidé par Jean Favier, médiéviste et directeur général des Archives de France et co-présidé par le professeur Emmanuel Leroy-Ladurie et le recteur Robert Mallet, le comité comprenait effectivement, en toute logique, événement historique oblige, de nombreux historiens comme Régine Pernoux, Georges Duby, Alain Decaux ou André Castelot. Evénement culturel aussi, le millénaire justifiait également la présence d’hommes du spectacle comme Robert Hossein et de conservateurs du patrimoine tels Hubert Landais, directeur des musées de France, Alain Erlande-Brandenbourg, conservateur des musées de Cluny et d’Ecouen ou Pierre Lemoine, ancien conservateur du château de Versailles. Evénement médiatique encore, on retrouvait ainsi André Fontaine, directeur du journal Le Monde et Pierre Sabbagh,-membre de ce qui s’appelait alors la Commission nationale de la communication et des -libertés. Événement politique enfin, cette dimension, bien présente, était assurée par la nomination d’un grand nombre de personnalités politiques de tous bords (le décret avait aussi été signé de Jacques Chirac, Premier ministre et François Léotard, ministre de la Culture car nous étions alors en pleine période de cohabitation) dont les maires de quelques grandes villes royales (Paris, Senlis, Noyon, Reims). Le Comte de Paris ne figurait pas parmi les membres mais était représenté, même si cela était officieux, par Maurice Schumann, de l’Académie française, que des liens anciens unissaient au Prince.

Le monde associatif n’avait pas non plus été oublié avec la participation de Patrice Vermeulen, président de l’Association du millénaire capétien, qui n’avait pas ménagé ses efforts pour’ populariser cet anniversaire et qui allait publier quelques semaines plus tard le Guide du Millénaire. Celui-ci recensait, sur toute l’année, plus d’une centaine d’initiatives et de manifestations de toutes sortes à travers la France. Les numismates se souviennent en particulier de la pièce de 10 F à l’effigie d’Hugues Capet qui fut la coupure thématique la plus importante de l’histoire du franc et les philatélistes du timbre d’1,90 F représentant la cathédrale de Noyon et le monogramme d’Hugues Capet.

Deux belles expositions furent organisées sur les sacres royaux, l’une sur l’évolution du rite à l’Hôtel de Soubise et l’autre sur les instruments au Musée du Louvre à Paris sans oublier l’exposition itinérante sur la dynastie capétienne réalisée par la Délégation aux célébrations nationales qui fut commandée par de nombreuses collectivités, y compris Mayotte. Un colloque du CNRS, tenu en plusieurs endroits, dont Barcelone en Espagne pour rappeler la fidélité de la Catalogne à la nouvelle dynastie, apporta l’indispensable contribution scientifique. Mais ce qui restera comme le plus marquant, ce sont ces très nombreuses manifestations populaires, telles les fêtes médiévales souvent reliées à un souvenir ou un monument local ou bien encore le tournoi international de chevalerie à La Villette. Si le Président Mitterrand s’en tint a Amiens, le Comte de Paris fut très présent tout au long de l’année, donnant même un éclat particulier à la titulature de ses deux petits-fils, Jean et Eudes, nommés respectivement Duc de Vendôme « aujourd’hui héritier du Trône de France » et Duc d’Angoulême le 27 septembre à Amboise.

Une jolie page de notre longue histoire nationale dont il eût été dommage d’attendre encore 1975 ans pour pouvoir en reparler.

Vive la Démocratie, et VIVE LE ROI.

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