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LE JUGEMENT CHIRAC

Jeudi 5 janvier 2012 // La France

Vingt ans après les faits incriminés, Jacques Chirac est condamné pour « abus de confiance », « détournements de fonds publics » et « prise illégale d’intérêt », bref pour avoir « manqué à l’obligation de probité qui pèse sur les personnes publiques au mépris de l’intérêt général », à deux ans de prison.., avec sursis ! La condamnation reste de l’ordre du symbolique, mais quel symbole !

Soulignons pour commencer que la lecture de ce jugement du 15 décembre est un grand moment littéraire. Du Balzac ! Avec bien entendu une infinité de personnages. Une demi-douzaine de premiers rôles, dont certains portent des noms célèbres (De Gaulle, Debré). Ils ont mis en place le système qui permettait de faire payer par des entreprises de travaux public ou par la mairie de Paris, grâce à des contrats de complaisance, plusieurs centaines âge permanents au service du RPR et alliés utiles à la conquête du pouvoir suprême.

La culpabilité de Jacques Chirac dans l’invention et la pérennité du système apparaît complètement établie au terme des 173 pages du jugement. De la même manière qu’avait été établie celle d’Alain Juppé dans la même affaire, ce qui lui avait valu, en 2004,14 mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité.

Les personnages secondaires de cette histoire sont les salariés dont, sauf quelques exceptions bien repérables, le travail n’avait rien de « fictif », que ce soit le garde du corps et chauffeur du syndicaliste Marc Blondel ou tel crypto-attaché parlementaire affecté au bureau du maire de Paris... en Corrèze !

Et puis il y a, pour égayer-la lecture, quelques personnages de fantaisie notamment parmi ceux qui ont voulu se porter partie civile : un Jacques Bidalou, qui réclamait 6,16 euros de dommages-intérêts, ou ce Djaka 1er agissant pour le compte du « Royaume Gondi ». Car pour arriver au but, le juge ne doit négliger aucune étape, fut-elle totalement formelle, comme lorsqu’il s’agit d’écarter du dossier des gens qui n’ont rien à y faire. Il lui a fallu surtout limiter le jugement à ce qui pouvait encore être jugé, après tant de possibilités de recours divers, d’échappatoires et de prescriptions. Il s’en est fallu de bien peu une dénonciation anonyme, les aveux d’un ancien complice à un journaliste, l’acharnement d’un contribuable parisien... pour que l’affaire ne sorte jamais ou ne conduise à un acquittement général. Apparaissent d’ailleurs dans la rédaction de ce jugement quelques délits dont les auteurs sont relaxés. Mais ces derniers n’en sortent pas grandis à la lecture du détail des attendus.

Dominique Pauthe, président de la Xle chambre du tribunal correctionnel de Paris, a fait ciseler chaque paragraphe. Il partait d’une documentation qui, rien que pour son volet purement parisien, comporte 29 tomes ! On doit reconnaître aux rédacteurs un véritable génie de la synthèse et de la litote. Il s’agit d’en dire le minimum pour tout faire comprendre, sans contestation possible. Les condamnés ne feront pas appel. Ils ont raison.

D’autant plus que l’affaire est ancienne : l’UMP et Jacques Chirac ont indemnisé la mairie de Paris à hauteur de quelque deux millions d’euros grâce à l’obligeance avisée de Bertrand Delanoé. L’ancien Président a retrouvé sa popularité auprès des Français à la faveur de l’âge (79 ans) et de la maladie. Quant aux autres condamnés, on les oubliera.

La justice est passée. François Bayrou, qui connaît ses classiques, a dit « Dura lex, sed lex ». En fait la justice a été plutôt bonne fille. Si seulement on pouvait espérer que c’en est désormais fini, dans la politique, des magouilles, de l’argent sale et du mépris des lois que l’on a soi-même votées...

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