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LE CENTRE PERDU ?

Mardi 10 mai 2011 // La France

En vue de l’élection présidentielle, ils sont nombreux à vouloir se placer au « centre ». Choix raisonnable, inspiré par une volonté d’apaisement ? Ou position impossible à tenir ?

La « famille centriste » est à nouveau en ébullition. Parce que I’UMP se place nettement à droite pour rivaliser avec le Front national, parce que la gauche reste fermée à des alliances hors de son camp, il semble qu’il y ait un espace au centre qu’il faudrait occuper pour rallier les Français qui recherchent une troisième voie.

C’est là un vieux rêve, auquel François Bayrou avait donné une traduction concrète aux présidentielles de 2002 et de 2007. ll croit toujours en ses chances de l’emporter, mais il doit aujourd’hui faire face à Jean-Louis Borloo, Hervé Morin (ancien ministre de la Défense) et Dominique de Villepin. C’est le premier nommé, très apprécié par les médias, qui a ces temps-ci le vent en poupe : il est crédité de 22% des intentions de vote. Jean-Louis Borloo ne s’est pas encore déclaré mais il prépare le départ de l’UMP du Parti radical (dont il est le président) avec le soutien d’une Rama Yade en délicatesse avec Nicolas Sarkozy.

Jean-Louis Borloo aura cependant du mal à réunir tous les centristes de l’UMP car Nicolas Sarkozy conserve sa force de persuasion. Même si Hervé Morin et Dominique de Villepin ne sont pas de dangereux rivaux, François Bayrou ne s’effacera pas devant l’ancien ministre radical à supposer que ce dernier aille jusqu’au bout de son projet. Il reste que tous les candidats centristes auraient avantage à s’interroger sur la réalité de ce Centre qu’ils voudraient représenter. En théorie, le projet est pertinent : rassembler les modérés de droite et de gauche autour d’un homme capable de gouverner au centre, selon le voeu prêté à la majorité des citoyens. Le « parti des Politiques » avait atteint ce but au XVIe siècle, les monarchistes constitutionnels. Pis avaient tenté de trouver l’équilibre entre Te pouvoir royal et la Révolution avant d’être broyés par les événements, les Radicaux avaient joué le rôle de groupe charnière dans les assemblées de la Ille République. Mais nous sommes dans un autre régime politique fortement marqué par la logique de l’élection présidentielle.

S’il est vrai que la plupart des gouvernements, après le départ du général de Gaulle ont tenté de gouverner au centre ou de se recentrer (par exemple le « tournant de la rigueur » de 1983), on aurait tort de co ifondre deux phénomènes politiques différents : la logique gouvernementale, plutôt modératrice, et la dynamique de l’élection présidentielle qui est celle de l’affrontement entre droite et gauche. François Fillon est un Premier ministre modéré qui aurait pu être remplacé par le centriste Jean-Louis Borloo. Mais le combat électoral est en général défavorable aux cen- tristes : Jean Lecanuet, Alain Poher, Raymond Barre, François Bayrou ont été successivement battus. La conjoncture est encore moins favorable que par le passé : le Centre-gauche est occupé par les Verts et se ralliera aux socialistes pour le deuxième tour puisque ce parti présentera un candidat appartenant à son aile modérée qu’il s’agisse de Dominique Strauss-Kahn ou de Martine Aubry.

Quant au Centre-droit, son problème c’est que Nicolas Sarkozy peut à tout moment venir sur son terrain en changeant de discours, comme il l’a fait plusieurs fois pendant sa campagne de 2007 puis dans son exercice du pouvoir. Certains discours présidentiels très durs pour le capitalisme financier ou la « prime de mille euros » qu’il veut imposer aux firmes versant des dividendes montrent bien qu’il peut s’emparer des thèmes que pourraient cultiver François Bayrou et Jean-Louis Borloo. Si Nicolas Sarkozy change ainsi sans cesse de position, selon sa tactique habituelle, le Centre restera introuvable.

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