LA STRATÉGIE DE NICOLAS SARKOZY.

Vendredi 13 juillet 2007, par Paul Vaurs // La France

Alors qu’une bonne partie des Français, sur la route des vacances, prend quelque recul vis-à-vis de l’effervescence Présidentielle et législative des derniers mois, l’expérimenté François Fillon affirme sa personnalité par sa déclaration de politique générale et le jeune Laurent Wauquiez affermit la communication gouvernementale en se positionnant entre celle de l’Élysée et celle de chacun des ministres. Cela n’empêche pas de s’interroger sur la direction imprimée à une équipe dont chacun sait qu’elle a été avant tout composée par le Président de la République ; même s’il n’y a eu aucune divergence avec le chef du gouvernement.

On sent bien que, au moins dans une partie de l’opinion, on s’interroge. À force de vouloir, tel de Gaulle réorganisant la France à sa prise de pouvoir, intervenir dans tous les domaines, Nicolas Sarkozy contrôle-t-il véritablement la situation ? À force de vouloir pratiquer l’ouverture, ne mélange-t-il pas le feu et l’eau ? À force de multiplier les consultations et de tenir compte des remarques des uns et des autres, ne risque-t-il pas de vider de leur contenu les réformes pour la réalisation desquelles il a été élu ? Bref, à force de courir la France et le monde, peut-il vraiment s’occuper sérieusement des problèmes des Français ?

L’erreur consisterait à oublier que le président de la République s’est depuis longtemps préparé à assumer cette fonction. Pas simplement pour assouvir une boulimie de pouvoir qu’il n’a jamais cachée, mais aussi pour réaliser un certain nombre d’actions qu’il veut claires et efficaces. La rupture qu’il a mise en avant relève non seulement de la forme mais aussi du fond. Il considère que les gouvernements précédents ont trop tergiversé et perdu de temps. Admirateur d’un Tony Blair qui, à la suite de Margaret Thatcher, a remis le Royaume-Uni sur les rails de la prospérité et de la fierté nationale, il ne s’encombre pas d’idéologie et avance pragmatiquement, mais de façon résolue. Homme de droite décomplexé et ouvert, il ne rejette personne.

Ainsi, en captant ses électeurs, non seulement le nouveau chef de l’Etat a réussi à réduire le Front national à ce que François Mitterrand avait fait du Parti communiste, c’est-à-dire à peu de chose, mais il n’a même pas eu besoin de s’allier à lui pour y parvenir. En outre, il s’est fait élire grâce à une nouvelle combinaison des valeurs de la droite. Libéralisme économique et nation, n’hésitant pas, lui le fils d’immigré, à mettre en valeur le passé chrétien de la France —sachant bien que les Hongrois sont devenus européens en l’an 1000 en adoptant la foi au Christ.

Voilà comment, avec lui, tout est devenu possible. Voilà comment il a rallié des esprits libres de gauche, qui en avaient assez du rabâchage et de l’autosatisfaction des bonnes consciences. Voilà comment il a rassemblé la droite, de Roselyne Bachelot à Christine Boutin, et l’a élargie, par exemple en donnant à cette dernière Fadela Amara comme secrétaire d’Etat ; Des conceptions parfois différentes, mais pas forcément opposées. C’est plus qu’une stratégie.

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