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LA ROUTE DE DAMAS.

Vendredi 22 avril 2011 // Le Monde

Il y a une exception syrienne qui explique la résistance du pouvoir face aux revendications populaires : elle se trouve dans le conflit israélo-arabe dont Damas est la figure emblématique.

Le président Bachar-el-Assad, qui a succédé à son père Hafez-el-Assad en 2000, après que celui-ci avait gouverné la Syrie pendant trente ans. Il doit faire face à une opposition analogue à celle de la plupart des Etats arabes, mais il joue prudemment et n’a rien dévoilé dans sa première intervention publique le 30 mars. Il sait en effet qu’il ne manque pas d’atouts. Il compte sans doute plus de partisans qu’aucun autre dirigeant arabe, du fait de l’exception géopolitique syrienne dont son père avait su parfaitement jouer.

La Syrie en effet, c’est toujours quelque part, dans toutes les représentations, pas seulement officielles, « la grande Syrie », incluantla Palestine, la Jordanie et le Liban. Damas est le point de passage obligé entre le désert et la côte, le Levant et la Mésopotamie ; Aujourd’hui l’Iran, chiite et le monde arabe sunnite. Couper la route de Damas, c’est gêner voire empêcher le ravitaillement en armements du Hamas et du Hezbollah. C’est figer la faille multiséculaire du monde musulman entre chiisme et sunnisme. Au contraire de l’Irak, majoritairement chiite avec un gouvernement qui était sunnite, la Syrie est un pays majoritairement sunnite avec un gouvernement qui est de facto chiite, en réalité alaouite, d’une secte très minoritaire. Dans ce type de situation, la force de Sad dam Hussein et celle d’Hafez-el-Assad repesaient sur le mythe de la Nation Arabe ; base du mouvement Baath, créé au début du XXe siècle par le Chrétien syrien Michel Aflak, auquel les deux dictateurs se référaient, quoique s’étant excommuniés l’un l’autre.

La popularité du père Assad dont ce fils n’est qu’un pâle rejeton, le vrai successeur formé et désigné, un autre fils, étant décédé avant de pouvoir prendre la suite - continue de bénéficier au fils et au système entier qui verrouille le pays. Parce que ce pouvoir est le seul qui ait jamais refusé de signer de paix avec Israël, qui continue de considérer la restitution du massif du Golan comme une « cause sacrée », qui symbolise l’intransigeance face à « l’entité sioniste ». La question est alors de savoir si l’on peut renverser un tel régime sans affaiblir la « cause » face à Israël, question qui ne se pose ni à l’égard de l’Egypte ni de la Jordanie ni même du Liban qui ont tous signé des accords avec Israël.

Un régime démocratique ne serait-il pas plus laxiste dans sa relation avec le voisin ? Ou au contraire ne bénéficierait-il pas d’une autre capacité d’appel parmi les Palestiniens et les Jordaniens ? Netanyahu ne profiterait- il pas de l’occasion pour abaisser Damas ? le roi Abdallah Il de Jordanie peut trembler si Assad sautait.

Cette considération est importante. Il n’est pas sûr qu’elle soit décisive. Le risque de guerre civile en est une autre. Le nationalisme grand syrien était une réponse aux querelles religieuses. Le Baath, avec sa com- posante laïque et multireligieuse - des Chrétiens y sont encore actifs transcende les considérations sectaires. Mais c’est aussi là sa faiblesse. L’unité réduite à la petite Syrie n’est pas donnée. La France en avait joué à l’époque mandataire (1920-1941). Les communautés peuvent à nouveau se replier sur elles-mêmes, après quelques beaux massacres, tant de haines recuites s’étant accumulées sur quarante années et plus.

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