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LA FRANCE PLEURE AIMÉ CÉSAIRE.

Une sincérité bien tardive.

Samedi 17 mai 2008 // La France

La France avait-elle jamais considéré Aimé Césaire ? Après l’avoir royalement ignoré pendant les 94 années de sa longue vie sur cette terre, elle a décidé, subitement, le 17 avril 2008, (la nouvelle de sa mort ayant été annoncée), de lui rendre un vibrant hommage en lui organisant des obsèques nationales. Pour le conduire à sa dernière demeure, le président de la République française, Nicolas Sarkozy, accompagné du président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et des ministres de l’outre-Mer, Yves Jégo, de la Culture, Christine Albanel, et de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, s’est personnellement rendu à Fort-de-France, s’incliner devant son cercueil. Cet hommage mérité est inversement proportionnel à l’ostracisme dont il fut l’objet, pendant les 50 ans de sa carrière d’homme politique et d’écrivain.

Le brusque changement d’attitude des autorités françaises a de quoi étonner. En effet, c’est cette République française, dirigée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy, qui lui avait refusé l’agrégation qu’il méritait amplement, distinction qui fut au contraire décernée à son frère total « Léopold Sédar Senghor ». C’est cette République française, avec à sa tète, un président de gauche, François Mitterrand, pour ne pas le nommer, qui préféra sponsoriser l’entrée du Franco-Sénégalais Léopold Sédar Senghor à Académie française, ignorant l’existence d’Aimé Césaire. C’est l’incontournable Jack Lang qui fit les démarches en ce sens. Une telle mesquinerie venant de la Droite fut mieux comprise. Mais étant le fait du Parti socialiste (PS) auquel le parti Progressiste martiniquais fondé par Césaire était apparenté au Palais-Bourbon, il y a lieu de se poser des questions je précise que le premier secrétaire du PS, François Hollande, a participé aux obsèques de Césaire autour d’une très forte délégation du parti ; Composée entre autres de trois anciens Premiers ministres ( Lionel Jospin, Laurent Fabius et Pierre Mauroy) et de la candidate à la présidentielle de 2007 du parti, Ségolène Royal. Pourquoi la Gauche au pouvoir avait-elle refusé à Césaire ce qu’elle a offert à Senghor sur un plateau d’argent.?

Ce n’est pas tout, la République française a refusé de soutenir Aimé CésaIre en vue de l’obtention du Prix Nobel de littérature. Le Nobel ne lui aurait sans doute pas ajouté grand-chose à la notoriété qu’il avait déjà acquise, avec une oeuvre traduite dans plus d’une dizaine de langues, et enseignée dans presque tous les lycées en Afrique noire francophone. Mais un tel appui aurait tordu le cou à ceux qui pensent que l’Etat français est raciste.

Plus grave, le ministre de l’Education du gouvernement Juppé entre mai 1995 et juin 1997, François Bayrou, avait rejeté la demande des enseignants qui souhaitaient que l’oeuvre d’Aimé Césaire soit inscrite dans les programmes d’enseignement français. Aujourd’hui président du MODEM, François Bayrou, aux côtés d’autres personnalités françaises venues de Paris, a bien pris part aux obsèques d’Aimé Césaire à Fort-de-France. Une telle présence relève-t-elle de la politique politicienne ou y a-t-il réellement eu évolution dans sa pensée d’homme. ?

Toute cette haine simplement parce que ce grand poète, chantre de la négritude, à la peau noire, anti-colonialiste primaire, anti-esclavagiste de premier ordre, anti-raciste tel qu’on n’en trouve plus en France de nos jours, prônait l’autonomie pour la nation martiniquaise. Une attitude qu’on ne tolérait pas à Paris pas plus hier qu’aujourd’hui, et qui lui a valu une marginalisation dans son propre pays où il fut, comme il l’affirmait lui-même, interdit de radio et de télévision. Mais son exclusion des médias, ses obsèques nationales n’ont été retransmises que sur France O, une chaîne câblée tout à fait anonyme, n’a pas empêché les Martiniquais de le reconduire régulièrement à la mairie de Fort-de-France et comme leur député pendant près de cinq décennies.

A l’heure de sa mort comme il fallait s’y attendre, ce sont ses adversaires d’autrefois à qui la parole est donnée pour parler de son génie littéraire, de son apport à l’identité martiniquaise, du caractère universel de sa pensée.

« Aimé Césaire fut l’honneur de la Martinique, de la France, et de tous ceux qui ont partagé ses combats, ses idées. C’est un sage qui nous a quittés » à ainsi par exemple déclaré Nicolas Sarkozy. Une sincérité bien tardive pour ce co inspirateur de la loi très controversée du rôle positif de la colonisation française. ! À peine est-il mort que ce colonialisme qu’il a tant honni tente une ultime ruse pour le récupérer et le mettre dans leur grand Panthéon où il sera côte à côte avec des esclavagistes comme Victor Hugo et tous ceux qui le marginalisaient parce qu’il osait simplement réclamer un peu de respect et de dignité pour son peuple. Voilà maintenant que certain pseudo bourgeois le revendiquent même comme père spirituel. On aura tout vu. Le peuple martiniquais doit s’élever contre cette imposture et exiger que les restes d’Aimé Césaire reposent en terre martiniquaise et qu’un monument soit érigé en son honneur.

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