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L’union méditerranéenne.

Un projet mort-né.

Dimanche 11 novembre 2007, par Paul Tedga. // L’Afrique

Le dernier discours de Nicolas Sarkozy, pendant sa visite officielle de trois jours au Maroc, a été consacré à son projet d’union méditerranéenne, censé, selon lui, effacer les ratés des conférences euro-méditerranéennes, lancées en novembre 1995, à Barcelone. Confondant vitesse et précipitation, plus rapide que Lucky Luke qui tire plus vite que son ombre, il a d’ores et déjà annoncé sa volonté de réunir, en juin 2008, en France, tous les chefs d’Etat et de gouvernement du Bassin méditerranéen afin de fixer - sur le principe d’une « égalité stricte » - les bases de cette union.

Sans s’embarrasser des formules diplomatiques, le projet du président français est tout simplement chimérique. Il est comparable aux « éléphants blancs » ou « industries industrialisantes » que les Occidentaux proposaient aux Etats africains dans les années 70-80 parce que leurs économies étaient surliquides. Ils ont été à l’origine de l’alourdissement de la dette africaine. Toutes proportions gardées, le projet d’union méditerranéenne risque d’être une sorte d’ « éléphant blanc » de la diplomatie, si jamais il voyait le jour.

Sans s’être concerté avec personne, le président français a décidé, du haut de son Palais de l’Elysée, que l’union méditerranéenne devait être un espace commun de développement, de sécurité, d’échange et de dialogue des cultures. Pendant sa campagne électorale, il en avait fait un thème majeur de stabilisation de l’immigration arabo-berbère en France. Aujourd’hui qu’il veut passer à l’acte, il se rend compte que ce fameux projet ne soulève que scepticisme sur les rivages du Maghreb déchiré par les rivalités qu’on connaît. L’UMA (Union du Maghreb arabe) n’a jamais marché à trois avec l’Algérie, la Tunisie et le Maroc. A six, avec la Mauritanie, la Libye et l’Egypte, elle ne s’en est guère mieux portée. Au contraire. Par quel miracle Sarkozy pourrait-il arriver à mobiliser ces pays qui n’ont jamais voulu travailler ensemble pour des raisons qu’on ignore ?

Mais obstiné, le président français n’écoute personne. Il n’en fait qu’à sa tête alors qu’il s’il sait pertinemment que son union méditerranéenne n’est qu’une coquille vide, un concept abstrait. C’est en juin 2008, en France, pendant cette conférence qu’il compte organiser, que le projet devrait - théoriquement - prendre forme. Il faut être optimiste pour y croire.

L’Union méditerranéenne
a été lancée pour contrer
l’entrée de la Turquie dans
L’Union européenne.

Sarkozy aurait été plus honnête s’il avait fait clairement comprendre aux pays intéressés qu’il a lancé ce « machin » pour définitivement contrer l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Au moins, C’aurait été plus clair car tout le monde sait que c’est la raison principale qui motive son activisme dans ce domaine.

Ni le Maroc, ni l’Algérie et encore moins la Libye, ne sont intéressés par son projet, encore moins, la Turquie qui semble la plus concernée. D’autre part, la France n’a plus les moyens d’une politique aussi ambitieuse que ne se permettraient même plus les Etats-Unis. En réalité, le président français est hanté par la question de l’immigration. Il a initié ce projet non pas pour booster la coopération (qui se fait déjà) entre les Etats des deux rives, mais pour maîtriser voire freiner les flux migratoires dont l’essentiel vient des pays concernés. Il ne faut pas être Aristote pour le deviner.
Les relations euro-africaines ou euro-méditerranéennes, ne datent pas de mai 2007, quand les Français lui ont donné leur suffrage pour les diriger pendant cinq ans. Elles sont centenaires. Elles existaient avant qu’il ne soit né. Elles se poursuivront après son départ de l’Elysée, avec des hauts et des bas, comme aujourd’hui.

Le roi du Maroc l’a subtilement invité à épouser le train déjà en marche, à savoir, le processus de Barcelone qui peine à prendre une vitesse de croisière, en l’enrichissant de son dynamisme et de son volontarisme. Bruxelles de son côté lui a demandé de clarifier les tenants et aboutissants de son projet. Les Algériens qui l’accusent déjà d’avoir un parti pris en faveur du Maroc dans le très difficile dossier du Sahara occidental rejettent son idée en bloc. Quant au colonel libyen Mu’ammar al Kadhafi, les choses sont très simples : il est contre son projet aussi bien sur la forme que sur le fond. On verra bien comment Bernard Kouchner, son ministre des Affaires étrangères, arrivera à inverser cette tendance du refus qui a gagné ce projet alors qu’il est encore en gestation.

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