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L’islamisme en échec.

Mercredi 8 avril 2009 // Le Monde

L’islamisme politique n’est mis en échec ni par les islamophobes ni par les ennemis de l’islamisme mais par ses propres contradictions.
La révolution Iranienne en est pétrie.

La révolution, Iranienne a trente ans. Puisant loin dans l’histoire, directe­ment provoquée par (le coup d’État de 1953 contre Mossadegh, l’alignement sur les Etats-Unis de l’Empereur) la dictature reli­gieuse a survécu à la mort de l’ayatollah Khomeiny sans doute à cause du système de répression et de terreur qu’il avait institué, plus certaine­ment parce que le peuple ira­nien s’était soudé pendant les huit ans de la guerre contre l’Irak mais aussi pour d’autres raisons la démagogie de Ma­hmoud Ahmadinejad et les faiblesses des opposants ( « réformateurs ») qui conti­nuaient de se réclamer de la révolution Islamiste.

Mais c’est trop peu dire et trop brutalement. Pour comprendre la société iranienne, dans la complexité des appa­reils militants qui prétendent l’organiser et la contrôler, pour découvrir la formidable résistance qu’oppose une large fraction du peuple iranien aux entreprises du pouvoir religieux ; il faut lire les fortes analyses politiques de Sepideh Farkhondeh et la suivre pas à pas dans les enquêtes qu’elle a menées en Iran auprès de représentants très divers d’une société civile que les médias européens rédui­sent à une série de clichés.

Sepideh Farkhondeh montre de manière très précise comment la nouvelle élite cléricale a islamisé le pouvoir politique dans les premiers temps de la révolution et par quels moyens elle a entrepris de prendre le contrôle total de la société ira­nienne endoctrinement scolaire surveillance stricte des universités, des entreprises et de la conduite vertueuse des Iraniens dans les lieux publics, noyautage des corps de métiers et des associations. Bien entendu, le système éco­nomique et financier a été is­lamisé (interdiction du prêt à intérêt) et des fondations ont été créées pour prendre en charge les victimes de guerre et les plus démunis.

Contre l’idéologie et la prati­que de la caste des religieux, certains révolutionnaires déçus ont forgé le concept de société civile religieuse, distincte de la théocratie. Sepideh Farkhondeh montre au fil d’une analyse minutieuse qu’il y avait là une impasse théori­que et une construction étrangère à la société Iranienne. Celle-ci n’est pas, n’a jamais été totalement sou­mise au Guide suprême, à ses héritiers et à ses milices. Des étudiants et les intellectuels se rebellent, le menu peuple s’aperçoit que les organisa­tions caritatives sont au ser­vice des agents électoraux du pouvoir la dictature de la vertu est niée par beaucoup en leur privé, moquée dans la rue et défiée de mille savoureuses manières, l’incroyance progresse. D’ailleurs, les puis­sants ne respectent pas la loi islamique dans le domaine financier, la corruption sévit, les purs Gardiens de la révolu­tion sont devenus des entre­preneurs et des banquiers cupides, toutes sortes d’activi­tés illégales prospèrent, les luttes de clans et de classes font rage dans un contexte bouleversé par la révolution de 1979 comme disent les Iraniens, les épiciers sont de­venus fonctionnaires, les fonc­tionnaires sont devenus épiciers - et le menu peuple souf­fre du désordre économique.

Somme toute, la société iranienne vit dans l’anomie (l’absence de lois), autrement dit dans un chaos qu’on ob­serve sous la rigidité appa­rente des entreprises d’inten­tion totalitaire. En Iran, les promesses de la cléricature n’ont pas été tenues et le désir de liberté, avivé par les contrôles et les contraintes, annonce à plus ou moins court terme la délivrance indivi­duelle et collective.

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