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L’imprévisible Raymond Barre.

Lundi 17 septembre 2007, par Paul Vaurs // Homme d’honneur

Le décès de Raymond Barre a provoqué les habituelles louanges auxquelles ont droit les disparus, devenus subitement des modèles unanimement regrettés et des génies dont on aurait dû suivre les conseils, voire même approuver l’action. Pourtant, dans le cas de l’ancien Premier ministre, on a perçu une sorte de nostalgie, teintée d’envie, devant cet homme qui n’avait jamais pratiqué la langue de bois et qui avait toujours placé ses vérités plus haut que sa destinée politique.

La résidait en effet la principale caractéristique de celui auquel on ne peut refuser une stature d’homme d’Etat. N’appartenant pas au sérail de ceux qui veulent arriver envers et contre tout, il n’avait jamais cajolé ses semblables ou ménagé l’opinion publique. Repéré pour d’authentiques qualités, il avait rempli les tâches qui lui étaient confiées avec un mélange d’assurance et d’abnégation, ne se lançant ensuite dans des entreprises de conquête politique qu’avec une réticence qui ne pouvait être vaincue que s’il y avait consensus derrière lui ce que ses adversaires, et même certains de ses amis, interprétaient souvent comme la fatuité du professeur sûr d’avoir raison.

Agrégé de droit et de sciences économiques, diplômé de l’Institut d’études politiques ; ce natif de la Réunion avait enseigné à Tunis, à Caen et à Sciences Po. Il restait aussi l’auteur d’un manuel d’économie politique utilisé par des générations d’étudiants et qu’il avait encore entièrement remanié il y a dix ans.

Remarqué en 1959 par Jean-Michel Jeanneney qui en fit son directeur de cabinet au ministère de l’Industrie, envoyé en 1967 par le Général de Gaulle à Bruxelles comme vice président de la Commission européenne, appelé par Valérie Giscard d’Estaing comme ministre du Commerce extérieur au début de 1976, il était bombardé Premier ministre quelques mois plus tard à la place d’un Jacques Chirac décidé à creuser son sillon personnel. Il allait rester presque cinq ans à la tête du gouvernement, partageant l’impopularité du président tout en ne mâchant pas ses mots en raison de la « rigueur » qu’il devait imposer au pays.

En 1988, la famille libérale et centriste en faisait son candidat à la présidence de la République. Confronté à la rude machine du RPR et ne se donnant pas tous les moyens de l’emporter malgré la fougue de ses partisans menés par Charles Million ; il était éliminé dès le premier tour Après avoir refusé, la même année, de prendre la tète de la région RhôneAlpes, il devint le recours de la droite lyonnaise pour occuper la mairie de 1995 à 2001, faisant bénéficier celle-ci de ses contacts internationaux, mais n’hésitant pas à mettre en selle son successeur, le socialiste Gérard Collomb qui lui a justement rendu hommage. Bref il était authentiquement imprévisible, au nom d’une liberté d’esprit qu’il traduisait à sa façon dans la politique.

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