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MARTINIQUE ET GUYANE

L’idéologie indépendantiste au tapis

Mercredi 17 mars 2010 // La France

Un an après les émeutes en Martinique et en Guadeloupe, les Martiniquais et les Guyanais ont refusé le statut d’autonomie accrue qui leur était proposé. Avant d’approuver une réforme administrative qui devrait renforcer l’efficacité politique de ces départements d’outre-mer.

AFFIRMATION d’appartenance à la communauté nationale ou peur de perdre les avantages que celle-ci procure ? Après que les habitants de la Martinique et de la Guyane eurent refusé l’autonomie accrue qui leur était proposée lors de référendums organisés à la demande des élus locaux, la question a été posée en ces termes. Frédéric Lefebvre, le porte-parole de l’UMP, y a vu « un cri d’amour à la France » quand la députée radicale de gauche de la Guyane, Christine Taubira, a dénoncé au contraire « le jeu de la peur » qui aurait faussé le débat.

Toujours est-il que les résultats sont nets : le « non » l’a emporté par 69,8% en Guyane et par 78,9% en Martinique. Malgré une participation limitée respectivement à 48,16% et 55,35%, les électeurs ont manifesté leur refus d’une autonomie qui apparaissait, telle qu’elle a été présentée, comme un prélude à l’indépendance. Il s’agissait d’approuver, ou non, « la transformation » de la Martinique, ou de la Guyane, « en une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution ». Une autonomie qu’expérimentent déjà plusieurs territoires français, comme la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie. La loi prévoit que ces deux « pays d’outre-mer » se gouvernent « librement » au moyen d’un président et d’un gouvernement. L’Assemblée peut ainsi adopter des « lois de pays » en matière de droit civil ou de droit du travail, des mesures de préférences locales pour l’emploi étant possibles. Si le « oui » l’avait emporté en Guyane et en Martinique, la question cruciale du transfert de compétences de Paris aux élus locaux n’aurait été tranchée qu’après coup par le Parlement chargé en pareil cas d’élaborer une loi organique.

Cette incertitude a pesé sur le débat. C’est dire le désaveu pour les élus locaux autonomistes et indépendantistes, largement majoritaires aujourd’hui. Ce sont eux qui, dans le cadre des « États généraux de l’outremer » - « convoqués » par Nicolas Sarkozy suite au conflit social qui a ébranlé les Antilles l’année dernière - avaient demandé au gouvernement l’organisation des référendums. Ils réclamaient des compétences aussi étendues que possible, exprimant notamment leur volonté d’instituer une « préférence locale » en matière d’accès à l’emploi privé. Les électeurs ne les ont pas suivis. De son côté, si Nicolas Sarkozy n’avait pas pris officiellement position sur le statut d’autonomie proposé, l’Élysée était persuadé que le « oui » l’emporterait. Il est curieux de constater finalement comment le gouvernement s’est félicité de l’échec des référendums qu’il avait lui-même organisés.

REFUS D’UNE IDÉOLOGIE

Ainsi, alors qu’une majorité de Français métropolitains est désormais favorable à l’indépendance des départements et territoires d’outre-mer, les Martiniquais et les Guyanais ont réaffirmé leur attachement à la France. Comme si le « non » martiniquais et guyanais était aussi un « non » à l’idéologie des indépendantistes. Il est bien connu que les difficultés sociales et les faiblesses de l’économie locale sont imputables, par nature, à l’État colonisateur et raciste dont les Békés, ces descendants des premiers colons, sont les insupportables suppôts. Cette idéologie commode masque bien souvent les méthodes claniques et l’incompétence d’une certaine classe politique et syndicale. Est-ce un hasard si l’appel à la grève et aux manifestations lancé par le LKP de Domota, au moment même ou se décidait le statut de la Martinique et de la Guyane, n’a pas été suivi d’effets ?

Certes la France, tant villipendée il y a un an encore, sait être généreuse. Un statut d’autonomie aux contours incertains pèse peu face aux exonérations fiscales, aux emplois subventionnés, aux billets d’avions à tarif réduit et autres allègements de cotisations. Mais cette façon toute jacobine de maintenir les possessions d’outre-mer à flots, ne peut résoudre des problèmes structurels notoires. Les îles caribéennes produisent trop peu pour ne pas dépendre dramatiquement des importations. Leur organisation économique dite « de comptoir », qui les oblige à dépendre de Paris et, de plus en plus, de l’Union européenne, engendre des déficits commerciaux abyssaux que l’État compense, toujours et encore. Sans compter les lourdeurs administratives, cette maladie française, qui a des milliers de kilomètres de la métropole, ne faiblit pas.

Or, conformément à ce que le gouvernement avait décidé en cas de refus d’une plus large autonomie, un second référendum, dimanche 24 janvier, a vu les Martiniquais et les Guyanais approuver « la création d’une collectivité unique exerçant les compétences dévolues au département et à la région, tout en demeurant régie par l’article 73 de la Constitution ». C’est-à-dire qu’au lieu d’être gérés par un conseil régional et un conseil général, ces régions mono-départementales seront bientôt administrées par une seule collectivité avec les mêmes règles juridiques que la métropole. L’efficacité politique devrait en être renforcée et Nicolas Sarkozy n’a pas manqué de saluer « ce choix, qui place la Guyane et la Martinique en avance sur la métropole, allant un pas plus loin que la réforme des collectivités locales actuellement en examen au Parlement ». Aux élus locaux de démontrer que les territoires ultra-marins peuvent montrer la voie à la métropole.

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