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L’hésitation de François Hollande.

Mercredi 8 février 2012, par Bertrand RENOUVIN // La France

François Hollande, avez-vous lu, compris et appris par coeur les analyses de Christophe Guilluy ? Nous avions souligné l’importance de son premier ouvrage, publié voici huit ans, et du deuxième beaucoup plus récent tout en faisant écho à d’autres travaux ou enquêtes qui soulignaient l’abandon des classes populaires par les partis dominants et le basculement des classes moyennes dans la contestation radicale de l’oligarchie.

Si nos articles vous ont échappé, si vous n’avez pas le temps de lire ou de relire les livres conseillés, vous pouvez trouver sur la Toile le résumé de ce qu’il vous faut savoir pour présenter un projet politique salutaire. Le 9 janvier, Christophe Guilluy expliquait sur Mediapart (2) pourquoi et comment « il faut parler aux classes populaires » qui ont été assez largement séduites par le discours de Nicolas Sarkozy en 2007 – sur tout par la thématique d’Henri Guaino – et qui ont tendance à se reporter massivement sur Marine Le Pen.

Cela vous indigne, mais c’est le Parti socialiste qui est responsable de cette évolution. Devenu un parti d’élus, d’apparatchiks, de bourgeois des centres urbains, libéré de la pression communiste qui le contraignait à rester fidèle au socialisme, il s’est désintéressé des classes populaires et des classes moyennes en voie de paupérisation. Et c’est le Front national qui est devenu le principal parti protestataire, Jean-Marie puis Marine Le Pen succédant à Georges Marchais dans la fonction de tribun de la plèbe.

Paradoxe : le peuple de gauche ne vote plus à gauche et c’est quand il s’abstient de voter aux régionales, aux européennes que les socialistes l’emportent ! Cette situation est d’autant plus inquiétante que le peuple de gauche n’est plus là où vous le rencontriez, dans les banlieues proches et dans les grandes usines : la spéculation immobilière et la mondialisation l’ont relégué à la périphérie urbaine, où il subit les emplois précaires et le chômage.

La jeune gauche qui se rêvait au pouvoir avec Dominique Strauss-Kahn affirme qu’il faut laisser tomber ces beaufs racistes et bas du front. Ce mépris de fer pour des millions de Français délaissés se double d’une insondable bêtise engendrée par les préjugés de classe. Les ouvriers et les employés ont compris depuis longtemps que la mondialisation provoque les délocalisations et le chômage de masse ; ils ne croient plus aux bienfaits du libre-échange et de la « forteresse euro ». Christophe Guilluy montre bien que cet électorat n’a pas basculé à droite : il défend les services publics, l’intervention de l’État, la laïcité, la République et, face à la crise, il écoute de plus en plus attentivement ceux qui réclament le protectionnisme et la sortie de l’euro. La gauche soi-disant morale peut bien ressortir toute la panoplie de la vigilance antifasciste : elle ne parviendra pas à impressionner ce peuple humilié et appauvri qui est engagé dans la guerre de classes et qui ne trouve personne d’autre que Marine Le Pen pour exprimer sa haine des oligarques. Personne d’autre, parce que Jean-Luc Mélenchon et les chefs de l’extrême gauche n’ont toujours pas compris que le peuple français était patriote, donc allergique au fédéralisme européen, au mythe de l’Europe sociale, aux complaisances vis-à-vis d’une Chine devenue dangereusement impérialiste.

François Hollande a senti qu’il fallait reconquérir la classe ouvrière puisque qu’il va dans des usines pour la rencontrer. Mais il ne suffit pas de serrer des mains et de s’indigner d’une délocalisation. On ne peut vouloir à la fois la relance de la politique industrielle et le libre échange. On ne peut afficher à la fois son souci du peuple français et accepter les insupportables contraintes de l’euro. Entre la bourgeoisie de gauche qui trouve son confort dans la mondialisation et la révolte des classes populaires rejointes par une fraction croissante des classes moyennes, il est urgent que le candidat socialiste choisisse.

Dans la guerre sociale menée par le capitalisme financier et la sarkozie, il n’y a pas de compromis possible.

Cf. Christophe Guilluy, Atlas des nouvelles fractures françaises, Éditions Autrement , 2004 ; Fractures françaises, François Bourin, 2010.

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