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L’héritier du Trône de France en visite en Pologne.

Jeudi 10 mai 2007, par Paul Vaurs // L’Histoire

Notre prince, qui est aussi le vôtre et qui est le prince de tous les Français, ne s’était pas rendu en Pologne pour y régner six mois…

Son Altesse Royale le prince Jean de France, duc de Vendôme a séjourné en Pologne pour témoigner des liens forts qui nous unissent à ce pays. Pour rencontrer et écouter aussi…

SAR le prince Jean Duc de Vendôme et Madame Maria Kaczynska, épouse du Président Lech Kaczynski.

Nous pouvons dire sans retenue : « Dziekuje ksiecia Jeana de Francja »
et Merci à tous les amis polonais qui ont œuvré pour la réussite de ce voyage en Pologne !

Portemont, le 1er Avril 2007
Un programme dense et riche en échanges !
Le monde politique, économique et universitaire étaient de la « revue ». Le monde des Arts et des Sciences n’était pas en reste et les autorités spirituelles ont honoré le descendant de Saint Louis…
Des rencontres de qualité au cours desquelles le sérieux n’étouffait pas l’émotion.
Sept jours pour découvrir une forte « tête » de l’Union Européenne…
Et à la lecture du programme, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous interroger : Un voyage ? Il tient de l’exploit !


Rencontre avec l’électricien des Chantiers navals de Gdansk : le Président Lech Walesa ;

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Rencontre avec « l’eurosceptique » président de la Diète Marek Jurek...

Rencontre avec la présidente du groupe parlementaire France-Pologne, Madame Malgorzara Maria Bartyzel, également présidente de la section polonaise du « Parlement des Parlements francophones »

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Le 14 mars 2007, à la Présidence de Pologne, Monseigneur était reçu par Madame Maria Kaczynska, épouse du Président Lech Kaczynski !


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Une épouse de Président bien présente dans la vie polonaise !

En novembre 2006, « Pani Maria Kaczynska » devenait la marraine des premiers avions de combat « états-uniens » F-16, lesquels prenaient le nom de « Jastrzab » (Epervier) et, étaient tout aussitôt bénis par des évêques militaires catholique, orthodoxe et évangélique ! Ah ! La Pologne !

Peu de temps avant l’arrivée du prince Jean, « Pani Maria Kaczynska » prenait fait et cause pour la sauvegarde de la vallée de Rospuda, coulée de marécages et de forêts presque encore vierge de toute trace de civilisation qui était menacée par un tronçon d’autoroute au grand dam de la Commission européenne, en déclarant : « Nous ne pouvons pas nous comporter en barbares ».

C’est, vous n’en douterez pas, une forte personnalité qui recevait le duc de Vendôme !

L’entrevue a porté sur les possibilités de « travailler ensemble » dans les domaines touchant les handicapés, en présence de Monsieur Maciej Morawski, président d’un « Fonds Humanitaire » et de Monsieur Marek Szypulski, directeur de la Maison de retraite « Dom Spokojnej Starosci » de Lailly-en-Val…en France ! Rencontre riche en échanges !

Et les rencontres se sont enchaînées…


Le cardinal Stanislaw Dziwisz, archevêque de Cracovie, qui fut le plus proche collaborateur du Pape Jean Paul II,

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les représentants de la Chambre de commerce française et des chefs d’entreprises polonaises ; des jeunes gens au « Collegium Civitas » ; des plus « grands » à l’Université de Varsovie, des jeunes artistes à l’Ecole de peinture sculpture et gravure…

Conférences et colloques accueillent le prince Jean : Evocation de la pétition sur « le Français, langue juridique de l’Europe » et du manifeste signé le 22 novembre 2004 sur la langue française dans l’Union Européenne…


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Problématique de l’énergie par le Professeur Jerzy Wyrozumski, Secrétaire général de l’Académie polonaise des Sciences et des Lettres.

Et le duc de Vendôme d’assumer la clôture d’un colloque historique et littéraire sur « Les relations entre la France et la Pologne au 19e siècle » qui se tenait à l’Université Catholique du Cardinal Stefan Wyszynski, université créée le 30 septembre 1999 en hommage au cardinal Stefan Wyszynski, ancien primat de Pologne qui fut un des grands apôtres du catholicisme social.

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« Le cardinal de fer »

Un voyage ? Un exploit !
Sept jours ? Des jours qui comptent bien plus…

Le prince poursuit, visite la maison de retraite Helclow, « sœur » de la maison de Lailly-en-Val déjà citée, et rencontre le Président de l’Association Polonaise des Chevaliers de Malte, le comte Juliusz Ostrowski, Association des plus dynamiques au secours des blessés de la vie – Plus de 10 000 prescriptions médicales en 2002, soutien d’un centre de soins palliatifs, centres médicaux, formation au secourisme de plusieurs milliers de bénévoles en dix ans-…

Et c’est au Palais Sobanski, rénové par « Wejchert Investments », membre du Groupe ITI, groupement de médias et Internet le plus important de Pologne, que le prince est reçu par la noblesse polonaise : Fort symbole de l’alliance entre l’histoire et la tradition et notre temps !

Un voyage de sept jours ? Bien plus !

Allocution de S.A.R. le prince Jean de France lors de la clôture du colloque historique et littéraire sur « Les relations entre la France et la Pologne au 19e siècle » à l’Université Catholique du Cardinal Stefan Wyszynski.

« Nous avons beaucoup de choses à nous dire »
« Je me souviens, l’année dernière, visitant la Bibliothèque polonaise de Paris, si superbement restaurée, d’avoir dit qu’il nous fallait cultiver l’amitié multiséculaire franco polonaise pour la rendre actuelle car, culturellement, nous avons toujours beaucoup de choses à nous dire. J’ajoutais que c’était la raison même qui me faisait souhaiter de me rendre en Pologne. Comment, aujourd’hui, devant vous, ne pas confirmer ce propos, qui, vous le voyez, était bien un ferme propos. C’est avec un mélange de joie du cœur et de passion de l’intelligence que je réponds à votre invitation de dire quelques mots au terme de ce colloque sur les relations entre la France et la Pologne au XIXe siècle. Un colloque riche et divers, à l’image de ce que furent ces échanges entre nos deux pays.

Le souvenir de Chopin.
Pour bien des Français, s’il est un nom qui les évoque mieux qu’aucun autre, c’est celui de Frédéric Chopin. Au point qu’ils le considèrent bien souvent comme un Français d’origine polonaise, alors que c’est l’inverse qui est vrai. Son patriotisme polonais, on le sait, est irrécusable : en voyage au moment de l’insurrection de 1830, il ne devint un exilé que par sa décision propre. Mais sa présence en France fut celle d’un génie qui non seulement marqua profondément la création musicale, mais en fit un ami ou une relation pour tout ce qui comptait dans la vie culturelle parisienne de cette époque. Sa grande aventure avec George Sand, même si elle ne se termina pas très bien, ou peut-être à cause de cela, est restée une des expressions les plus populaires de la passion romantique. Après son décès place Vendôme, ses funérailles à l’église de la Madeleine constituèrent un juste hommage rendu par les Parisiens qui depuis n’ont jamais cessé de visiter sa tombe au Père Lachaise.

Hommage à Adam Mickiewicz.
Parmi les amis du couple, où l’on ne comptait quasiment que des célébrités, un nom retient particulièrement notre attention : Adam Mickiewicz, gloire de la poésie polonaise, gloire également de l’émigration polonaise à Paris. C’est là qu’il écrira sa grande épopée de dix mille vers, « Pan Tadeusz », avant de se voir confier, pendant de nombreuses années, la chaire de littérature slave au Collège de France. Son « Livre de la nation et du pèlerin polonais », le premier qu’il écrivit à Paris, fut traduit en français par Montalembert, ami de Lamennais et Lacordaire, une figure de la vie intellectuelle catholique de l’époque, qui ne cessa sa vie durant de défendre la cause polonaise. Un hommage justifié a aussi été rendu à Mickiewicz par la ville de Paris, qui lui a consacré un monument, l’ultime chef-d’œuvre d’Antoine Bourdelle, érigé place de l’Alma.

L’exemple de Marie Curie.
Sautons un demi-siècle. Nous sommes en 1891. Arrive à Paris une jeune polonaise du nom de Maria Sklodowska. Elle vient suivre des études scientifiques à la Sorbonne. C’est un génie. Deux ans plus tard, elle est reçue première à la licence ès sciences physiques. Encore deux ans, et elle est reçue 2ème à la licence de mathématiques. Et encore deux ans, la voilà reçue première à l’agrégation de physique. Entre-temps, elle a rencontré un autre physicien surdoué, Pierre Curie, qu’elle épouse. Ensemble, ils font des découvertes fondamentales dans le domaine de la radioactivité, qui leur valent en 1903 le prix Nobel de physique. Après la mort accidentelle de Pierre, elle devient la première femme à enseigner à la Sorbonne, et reçoit en 1911 le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le radium. Se rendant aux Etats-Unis, elle suscite une souscription qui financera l’achat d’un gramme de radium. Quand elle obtiendra l’équivalent pour un second gramme, elle l’offrira aussitôt à l’Institut du radium de Varsovie : magnifique témoignage de la profondeur de son enracinement polonais. On sait qu’elle mourra de la leucémie contractée à la suite de ses travaux : Maria Sklodowska et son mari Pierre Curie reposent désormais au Panthéon. Foudroyant itinéraire d’une polonaise exceptionnelle qui a adopté la France et que la France a adoptée.

L’apport des Polonais à la France.
Frédéric Chopin, Adam Mickiewicz, Marie Curie : trois génies, sans doute. Mais combien d’autres, parfois fort connus, ou plus obscurs, ont contribué à tisser ce lien mystérieux mais puissant qui relie les cultures française et polonaise ? De Ian Potocki à Witold Gombrovicz dans les lettres, Roman Polanski ou Andrzej Seweryn dans le spectacle, nombreux sont les noms polonais familiers aux oreilles françaises. Et si, en France, Paris semble se tailler la part du lion, il n’est pas de région française qui n’ait été, d’une manière ou d’une autre, touchées par la Pologne. Je ne saurais omettre d’en citer une : la Lorraine. Il suffit aux Nancéens de traverser la place Stanislas pour savoir tout ce que, depuis l’époque des Lumières, ils doivent à Stanislas Leczczynski qui, après avoir régné sur la Pologne, fut duc de Lorraine pendant plus d’un quart de siècle, après avoir donné, avec sa fille Maria, une reine à la France.
Comment oublier aussi qu’au XXe siècle, après que Paris eut accueilli la revue de l’émigration « Kultura » dès la mainmise soviétique sur la Pologne, c’est de cette même Pologne qu’est parti le grand mouvement de révolte, illustré par Solidarnosc, qui, en France même, allait si puissamment contribuer à renverser une autre mainmise, celle de la culture marxiste sur notre classe intellectuelle. C’est à la Bibliothèque polonaise de Paris, vous ne l’ignorez pas, qu’est réuni un fonds exceptionnel de documents sur cette glorieuse époque.

L’Europe se doit de respecter ses nations.
J’aimerais dire, pour conclure ces quelques mots, que dans cette relation entre la France et la Pologne, s’il y a une dimension qui m’échappe moins que toute autre, c’est la dimension européenne. Je suis un prince d’Orléans, c’est à dire membre d’une famille qui n’a pas d’autre histoire que celle même de la France. Mais si, au fond de ce que je suis, je trouve la France, cela n’a pour moi rien d’une fermeture. C’est au contraire une ouverture au monde, qui commence par tout ce qui m’est le plus proche : dès que je regarde au-delà de la France, ce que je vois aussitôt, c’est l’Europe, ses cultures, sa civilisation. Je connais l’Europe presque aussi bien que mon propre pays. Et quand je pense à la Pologne et à la France, je n’oublie rien des liens que nous entretenons respectivement avec les autres pays européens, à commencer par l’Allemagne, et aussi la Russie. Et comment ne verrais-je pas que tous, chacun à sa manière, sont d’abord l’Europe ? Une Europe qui se doit de respecter les nations qui la constituent, forte de toutes leurs cultures, qui sont ses cultures, et ainsi plus réelle que les comportements qui tendent à enfermer notre continent dans des règles qui ne lui conviennent pas toujours. L’Europe, nous devons la construire tous les jours, non sur le sable, mais sur le roc de la fidélité à son être profond. C’est ce à quoi je m’attache, avec tout ce que je représente, et en y associant mes amis réunis dans l’association « Gens de France ».

Ce que nous devons au plus illustre des Polonais.
La Pologne et la France : comment ne pas évoquer, in fine, un autre nom, celui du plus illustre des Polonais, Karol Wojtyla, le pape Jean Paul II. Sans doute la France perd-elle là tout lien privilégié à l’égard de la Pologne, tant le message de ce pontife est universel. Mais comment oublierait-elle, notre France, qu’en 1996, 1500 ans après le baptême de Clovis, c’est un Polonais qui vint à Reims et, à la face du monde, de cette voix où l’on entendait rouler les cailloux de la Vistule, l’interpella rudement : « France, qu’as-tu fait des promesses de ton baptême ? » D’un bout à l’autre de l’Europe, c’était comme un arc qui était tendu vers le ciel. »
Varsovie, le 12 mars 2007

Intervention de Monseigneur le duc de Vendôme lors de la réception organisée par la noblesse polonaise au Palais Sobanski :

« Vive la Pologne ! »
« L’attachement des Français pour votre pays ne saurait aller sans une admiration profonde, et sans ombre, pour ceux qui, tout au long de l’Histoire, ont le plus contribué à l’édification – et au maintien, au milieu des vicissitudes – de cette nation au destin unique, un destin qui vraiment ne ressemble à aucun autre.

C’est aux approches de l’an Mil, au moment même où nous, Français, donnions un élan décisif à la construction de notre Etat, que, des sources de la Vistule à la Baltique, a commencé le grand élan de l’unité de votre peuple.

Une volonté commune de construire l’Unité national.
« Comparaison n’est pas raison », comme on le dit chez nous, et les chemins suivis par nos deux peuples furent bien différents. La géographie ne nous a pas servie de la même manière, c’est le moins qu’on en puisse dire. Un point commun me frappe, cependant, et je tiens à le souligner ce soir : c’est que la volonté de construire l’unité nationale, dès lors qu’une expression politique efficace se trouvait en mesure de l’exprimer, a toujours rencontré des énergies neuves, surgies des profondeurs de la nation, aptes à s’adapter aux circonstances, aussi difficiles ou tragiques fussent-elles, et de les rassembler pour répondre à l’appel de la collectivité. L’influence bienheureuse et bénéfique de l’Eglise, les vertus de l’éducation, de la transmission dans les familles ; Non seulement du savoir et de l’expérience, mais aussi de la conscience collective et de la grandeur qu’il y a à servir le bien commun, voilà ce qui a fait qu’aujourd’hui comme hier, ce pays dispose non seulement de bras et de mains mais aussi, et surtout, de têtes et de cœurs capables de lui construire un avenir. Une force qui a maintenu l’idée polonaise.

Vous tous, qui êtes ici, incarnez cette force qui, pendant déjà plus d’un millénaire, a maintenu sans faiblir l’idée polonaise. Non pas une idée désincarnée, mais au contraire un principe vivant, qui a su traverser les moments les plus difficiles. Depuis le XVIII° siècle,
l’Histoire ne vous a pas épargnée. Elle a même parfois réussi à faire que vous paraissiez ne plus exister, ou ne plus avoir de voix, car on vous avait bâillonné. C’est le cœur serré que je pense à ces moments-là. Comment oublier les images terribles de cette terre déchirée par les guerres, traversée par des envahisseurs successifs qui, même opposés, ne s’entendaient que pour tenter de vous écraser, pour vous déporter dans des lieux d’horreur, pour assassiner froidement d’une balle dans la nuque les meilleurs de vos fils.

J’ai le cœur serré, et pourtant, je ne peux m’empêcher, moi, Français, de penser que c’est ainsi que j’ai appris à vous aimer. Car c’est avec fierté que moi, Français, je me rappelle avoir crié à un souverain étranger qui prétendait nier votre droit à l’existence : « Vive la Pologne, Monsieur ! » C’est aussi avec une légitime fierté que je pense au roi Louis-Philippe qui a tenu à vous accueillir en amis, en frères. Pour l’exilé, le départ n’est qu’une première épreuve. L’adaptation à une terre étrangère en est une autre, qui n’est acceptée que dans l’espérance du retour, et ne peut-être adoucie que par la chaleur d’un accueil. Avons-nous, nous Français, répondu comme il convenait ? La seule chose dont je suis sûr, c’est que nos sentiments pour la Pologne, déjà si anciens, en ont été profondément et durablement bouleversés.

Je n’ai pas manqué d’y penser lors de ma visite, l’an dernier, à la Bibliothèque polonaise de Paris, haut lieu s’il en est de l’émigration polonaise. Une admiration profonde, je suis heureux de le redire ce soir à ceux qui ont reçu la charge de cet exceptionnel héritage, et la si lourde mission de le transmettre aujourd’hui – dans des conditions matérielles dont je sais à quel point elles sont difficiles – aux générations à venir.

Je vous remercie »

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