L’exploit de monsieur Besson.

Nous avons d’un côté le Pays légal et de l’autre le Pays réel.

Dimanche 18 octobre 2009 // La France

Honte à la France qui va renvoyer chez eux des Afghans qui ont fuit leur Pays à cause du terrorisme. Cette terreur qui fait couler le sang de nos valeureux militaires, va retourner ses armes de tortures contre de malheureux Afghans que l’état républicain va mettre entre les mains des talibans assassins. Mais dans quel Pays vivons-nous ? Des jeunes fuient des criminels, et aspirent à rejoindre le Royaume-Uni. Nos forces de répression les transportent comme du bétail de Calais à Toulouse dans des camions, ou des autobus comme les nazis le faisaient avec les malheureux Juifs. Puis après avoir été libérés des camps Toulousains, voilà que le Pays légal va leur donner le dernier coup de grâce en les entassant dans des avions charter, direction, les abattoirs de Kaboul.

Comme Nicolas Sarkozy à Sangatte, Éric Besson a fait procéder fin septembre au nettoyage – au sens militaire - de la jungle de Calais. Le ministre sait que les mesures de ce type ne peuvent résoudre le problème posé par les réfugiés. Mais l’important est de donner l’illusion de l’action.
Quelques semaines avant l’opération quasi militaire et fortement médiatisée que
le ministre Besson avait ordonnée, nous avions reçu un message angoissé d’une de nos amies qui travaille bénévolement à France Terre d’Asile. Elle nous demandait de trouver des vêtements et des chaussures pour des adolescents qui sont recueillis par
l’association ou qui vivent dans les squares parisiens sans aucun vêtement de rechange.

Ces mineurs sont des Afghans qui ont fui leur pays, une nouvelle fois ravagé par la guerre. À Paris, à Calais, ces jeunes gens sont trop nombreux pour que les associations puissent rapidement les tirer tous de la misère. Mais ils sont un tout petit nombre par rapport à la population étrangère vivant sur le sol français et un minuscule problème au regard des possibilités de l’Etat. Or les autorités laissent les associations se débrouiller jusqu’au moment où un ministre en charge des migrants décide de frapper un grand coup... d’épée dans l’eau.

En 2002, lorsque Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait décidé la fermeture du centre de Sangatte, nous avions écrit que sa méthode était celle du ventilateur : au lieu de résoudre un problème, on disperse les gens sur la plus grande superficie possible afin que nul ne voie plus rien. Déjà, à l’époque, on invoquait les conditions de vie à Sangatte et la nécessité de lutter contre les passeurs.

Il était prévisible que les migrants dispersés reviendraient à Calais puisqu’ils veulent s’installer en Angleterre. De fait, les réfugiés sont revenus, ils ont vécu pendant des années dans des conditions pires qu’à Sangatte et ils sont à nouveau chassés par les policiers tandis que leurs misérables abris sont détruits par des engins de chantier. Trois jours après l’opération, les migrants commençaient à revenir. Eric Besson peut donc préparer de nouveaux nettoyages, qui seront comptés comme autant de gages de sa soumission et qui permettront au gouvernement de penser que ces mesures inefficaces fixent sur Nicolas Sarkozy les voix de l’extrême droite.

Quant à l’Union européenne, elle ne dit mot alors que sa politique (Dublin II) est un échec : pour diverses raisons, les réfugiés ne veulent pas être contraints de demander l’asile au premier pays dans lequel ils sont entrés. Pourtant, l’aggravation de la situation en Afghanistan et au Pakistan va augmenter le nombre de ceux qui fuient la guerre et la misère...

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