L’esclavage attitude monstrueuse et irréparable.

Il n’y a pas de crise de civilisation, il n’y a que des esclavagistes immondes.

Samedi 25 février 2012 // L’Histoire

L’esclavage existe à l’époque antique, il est mentionné dans les toutes premières traces écrites, comme le Code d’Hammourabi et d’autres écrits analysés comme des transcriptions d’histoires orales. Les critères de propriété liés à l’esclavage impliquent un certain niveau d’organisation des sociétés, ce qui rend incertain l’existence de l’esclavage pour les temps préhistoriques. Les preuves sûres de l’existence de l’esclavage commencent avec les sociétés historiques possédant l’écriture, et peuvent être extrapolées, avec prudence, pour les civilisations protohistoriques qui les précèdent. Les déductions uniquement basées sur l’ampleur impressionnante de certains vestiges (pyramides, monuments, digues, etc.) restent conjecturales.

Pour Aristote, au point de départ, il y a la nature qui crée d’une part des êtres que leur intelligence destine à commander, d’autre part des êtres que leur seule force corporelle voue à l’obéissance ; en corollaire : tous deux, commandants et commandés, ont même intérêt.

Ainsi, l’esclavage est la réduction d’une personne à un état de privation de toute liberté, celle-ci allant de libertés sociales aux libertés les plus fondamentales. L’esclave est exclu de la société tout en étant dans les sociétés esclavagistes un élément moteur. Certains artistes de l’Antiquité, comme le fabuliste grec Ésope (VIe siècle av. J.-C.), étaient des esclaves affranchis. Le Latin Térence (-184,-159) était esclave, ce qui étonne Diderot. Le philosophe grec Épictète (50, vers 130) était également esclave. Articles détaillés : Esclavage dans l’Antiquité, Esclavage en Grèce antique et Esclavage dans la Rome antique.

Au Moyen Âge

Article détaillé : Esclavage au Moyen Âge.

En Europe Occidentale

Sans qu’aucune vraie révolution ne soit opérée, l’influence grandissante du christianisme amène une évolution progressive et renforce un mouvement d’émancipation en réalité entamé sous les empereurs païens de la Rome antique.

L’Église considère maîtres et esclaves comme des égaux devant Dieu, et s’oppose, en principe, à ce que des chrétiens appartiennent à d’autres chrétiens. L’esclave peut se marier, sa famille est reconnue. Il a pu aussi, à certaines époques, se faire moine, trouver asile, et donc être soutenu contre son maître. À la fin de la Rome antique correspond donc, en Occident, le passage progressif de l’esclavage à une forme "adoucie", le servage, généralisé à partir du VIIIe siècle.

Ainsi, au VIIe siècle, la reine de France Bathilde, elle-même ancienne esclave et par la suite canonisée, aurait, selon la tradition, jugulé l’esclavage dans les royaumes francs en interdisant le commerce sur ses terres. Plus tard, Louis X le Hutin, roi de France, publie un édit le 3 juillet 1315 qui affirme que « selon le droit de nature, chacun doit naître franc ». Officiellement, depuis cette date, « le sol de France affranchit l’esclave qui le touche ».

Contrairement à l’esclave qui est bien meuble, le serf jouit d’une personnalité juridique. Tout d’abord, il n’appartient pas à son seigneur ; en outre, il possède des biens, peut ester et témoigner en justice, peut contracter (mariages, contrats de vente) plus ou moins librement. Sa condition de servage peut elle-même faire l’objet d’un contrat. Mais ce qui lie avant tout le serf à son seigneur c’est une obligation de stricte obéissance : il la lui doit comme dernier étage de la pyramide féodale. Ce devoir, comme tout lien féodal, a une contrepartie : le seigneur lui doit protection. Cela distingue les statuts du serf et du vilain.

Cependant, l’institution de l’esclavage subsiste tout au long du Moyen Âge. Plus ou moins disparu au nord des Alpes, le nombre d’esclaves augmente en Catalogne et particulièrement en Italie entre le XIIIe et le XVe siècle. Les grandes républiques maritimes de Gênes et de Venise sont les plus grands marchands d’esclaves à cette époque. Sont réduits en esclavage surtout des individus capturés au nord de la mer Noire, où la colonie génoise de Caffa représente la plaque tournante du trafic d’esclaves.

Les esclaves mâles sont pour la plupart exportés vers l’Égypte mamelouk où ils constituent une ressource indispensable pour le recrutement de soldats, tandis que les femmes esclaves sont amenées en majorité en Italie et sur les grandes îles méditerranéennes (Crète, Sicile, Majorque, Chypre), où elles trouvent leur place dans le service domestique[2].

Article détaillé : Servage.

Au Moyen-Orient

Articles détaillés : Esclavage dans le monde arabo-musulman et Traite musulmane.

L’islam prend naissance dans un monde dont l’esclavage est une composante, et Mahomet accorde un statut aux esclaves différent de celui accordé aux esclaves chez les Grecs et les Romains avant lui Seul livre religieux établissant un plan d’état et privé d’affranchissement systématique et progressif des esclaves, comme le fait de séparer une part du budget de l’État pour l’émancipation systématique des esclaves. Le Coran n’interdit pourtant pas formellement l’esclavage en légalise en fait la pratique. Cela explique en partie le fait que le Soudan ou la Mauritanie pratiquent toujours l’esclavage des Noirs chrétiens et animistes.

Malgré les interdictions formelles concernant les musulmans, les califes et les sultans n’hésitent pas à réduire en esclavage les rebelles ou les « mauvais musulmans », notamment en Espagne au temps d’al-Andalus.

En Égypte, les enfants esclaves en provenance de la mer Noire ou des Balkans, et amenés en grande partie par des marchands italiens, ont constitué une ressource indispensable pour le recrutement des mamelouks, ces mamelouks qui furent exterminer par le Dictateur Napoléon Bonaparte.

En Egypte Napoléon fit coupé la tête de 500 Mamelouks, puis il versa les têtes sur une place du Caire, menaçant de la même sanction les Egyptiens qui ne lui verseraient pas tout L’OR qu’ils possédaient.

De la Renaissance aux Lumières

Article détaillé : Esclavage de la Renaissance aux Lumières.

Alors que l’esclavage recule en Europe du fait de l’extension du christianisme, sans toutefois disparaître, il prend son essor dans les colonies américaines. Au XVIe siècle, des compagnies d’hommes de guerre espagnols faisaient le trafic des Amérindiens revendus à Cuba ou Hispaniola[12]. La Couronne espagnole hésita sur la position à tenir face à l’esclavage. D’un côté Isabelle la Catholique réprouvait l’esclavage, mais l’autorisait lorsqu’il s’agissait des [Taïnos] anthropophages L’esclavage était possible dans le cadre d’une « guerre juste » Les bulles pontificales Sublimus Dei (29 mai 1537) et Veritas ipsa du pape Paul III (2 juin 1537) condamnent l’esclavage des Amérindiens ainsi que « toute mise en doute de la pleine humanité de ceux-ci », ou de « tout autre peuple qui pourrait être découvert dans l’avenir ».

Après la découverte de l’Amérique, les maladies ramenées involontairement par Espagnols et Portugais, ainsi que les maltraitances (travail forcé, encomienda), ont décimé les populations indiennes. D’après Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques, des couvertures de varioleux furent même parfois abandonnées sciemment sur des arbres afin que les indigènes s’en vêtent et se contaminent. Pour remplacer cette main d’œuvre disparue, les conquistadorss ont fait venir des captifs africains issus de la traite arabe. La traite négrière qui se généralise suite à la Controverse de Valladolid de 1550 et 1551, allait bientôt être pratiquée également par l’Europe.

Cette décision marque le début de la traite transatlantique. Les nations européennes, en particulier le Portugal, la France, la Hollande et l’Angleterre se lancent dans le commerce triangulaire entre des ports de l’Europe, le Golfe de Guinée et les Amériques (Brésil, Antilles). La motivation première des négriers est économique et l’esclave noir est considéré comme une marchandise, sous condition que ce ne soit pas sur le sol du royaume. Le pays ayant reçu le plus d’esclaves noirs est de loin le Brésil avec environ 5,5 millions d’Africains déportés du XVIe siècle à 1850, soit 40 % du total.

Anglais et Hollandais démarrèrent la Traite à peu près au même moment, dans la deuxième partie des années 1630, après l’avoir interdite jusque là.

L’Histoire du Pernambouc brésilien montre qu’il fallut cinq ans pour achever sa conquête, en 1635 au prix de la destruction d’une large partie des moulins à sucre, un bon tiers des portugais se repliant dans le sud, selon le constat du chef de l’armée hollandaise, le polonais Christophe Arciszewski En 1635, les hollandais décident de mettre en place leur propre système de Traite négrière, une partie des planteurs portugais acceptant de coopérer. Dès 1637, une partie d’entre eux, menés par Peter Blower s’installent à la Barbade anglaise et y développent la culture du sucre.

La Barbade en quelques années un triomphe pour le sucre et pour la Traite négrière, suscitant des appétits dans les autres îles, dont la Martinique. Plus tard, alors que l’esclavagisme sur le continent américain atteint son rendement maximum au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières ébauchent la prise de conscience abolitionniste.

Le commerce triangulaire à partir de 1674

L’année 1674 est celle du grand virage, pour l’esclavage. Jusque là, depuis des siècles, des Africains sont emmenés à travers le Sahara vers les pays du monde arabe, où ils deviennent domestiques, mais le voyage, long et coûteux, et la demande modeste limitent le prélèvement sur les populations africaines.

Une des routes du commerce triangulaire. En vert, les royaumes européens où s’armaient les navires négriers. En rouge, la zone d’origine des esclaves. En bleu, la zone de destination des esclaves. Le commerce triangulaire fut la base économique du développement des plantations dans les colonies des Amériques, aux Caraïbes comme dans les États sudistes nord-américains. Le chemin des marchands d’esclaves partait des ports atlantiques ; ils échangeaient des produits manufacturés contre le bois d’ébène et les revendaient pour les plantations. Les nations principales le pratiquant étaient l’Angleterre, le Portugal, la Hollande, la France.

Les planteurs de sucre espagnols du Venezuela et portugais du Brésil achètent aussi des esclaves mais en quantité limitée, car le transport, par le système de l’Asiento est le monopole des marchands hollandais, qui se limitent aux expéditions les plus rentables, tandis que le prix élevé du sucre sur le marché mondial empêche sa commercialisation à grande échelle.

Le commerce triangulaire prend son essor à partir de 1674, l’année où les Français et les Anglais se lancent en même temps sur le marché et disputent aux Hollandais, d’abord discrètement, le monopole du transport des esclaves de la côte africaine vers les Amériques, où deux grandes îles, la Jamaïque et Saint-Domingue et trois petites, la Martinique, la Guadeloupe et la Barbade deviennent la principale zone mondiale d’importation des esclaves.

Le futur roi catholique anglais Jacques II crée en 1674 la compagnie royale d’Afrique tandis que son cousin français Louis XIV fonde la Compagnie du Sénégal la même année et dissout la Compagnie des Indes de Colbert, l’une des premières compagnies coloniales françaises, à qui il reproche son incapacité à importer des esclaves pour rentabiliser son activité et contribuer ainsi au financement du château de Versailles. L’année 1674 est celle où Louis XIV devient un monarque absolu et prend ses distances avec Colbert, pour se rapprocher de sa maitresse la Marquise de Maintenon, qui a passé son enfance à la Martinique et vient de racheter avec l’argent du roi, le château de Maintenon à Charles François d’Angennes, qui devient quelques années plus tard le plus riche planteur de Martinique.

L’arrivée des Français et des Anglais en 1674 sur les côtes d’Afrique fait brutalement monter le prix des esclaves, entraînant le développement de nouveaux circuits d’approvisionnement à l’intérieur du continent, qui affaiblissent les sociétés africaines traditionnelles.

L’arrivée en masse de nouveaux esclaves aux Antilles fait parallèlement baisser leur prix d’achat par les planteurs de canne à sucre, tandis que la production de sucre progresse très vite, ce qui a pour effet d’abaisser le prix de cette denrée sur le marché mondial, et de favoriser sa consommation en Europe.

Pour laisser la voie libre aux planteurs de sucre, Jacques II et Louis XIV tentent d’étouffer financièrement les petits planteurs de tabac des Antilles, par ailleurs soupçonnés de collusion avec les flibustiers et autres Frères de la Côte. En France, la ferme du tabac est un monopole créé en 1674. Le prix d’achat aux planteurs est abaissé et le prix de vente au contraire relevé. Du coup, les producteurs sont découragés et la plupart des consommateurs préfèrent s’approvisionner en tabac de Virginie et du Maryland, où Jacques II vient justement d’octroyer à des aristocrates catholiques des terres pour créer d’immenses plantations de tabac qui fonctionnent elles à base d’esclaves.

Le commerce triangulaire se développe encore, côté français, à la fin des années 1680 avec le renforcement de la communauté des Irlandais de Nantes, des réfugiés religieux jacobites qui vont créer de puissantes sociétés commerciales comme la Compagnie d’Angola.

Abolitions de l’esclavage

Image d’une campagne abolitionniste britannique

Articles détaillés : Abolition de l’esclavage et Chronologie de l’abolition de l’esclavage.

Une longue bataille

Le servage disparaît progressivement en Europe occidentale à la fin du Moyen Âge ; au XVIIIe siècle, il avait quasiment disparu en France. Mais il faudra attendre la fin du XIXe siècle pour qu’il disparaisse de l’Europe orientale et sera aboli en 1861 en Russie. Dès 1759 les Quakers de Pennsylvanie sont les premiers Blancs à condamner l’esclavage.

En Suède, une forme répandue de servage dès le XVIIIe siècle était le statut de statare (ou voir Wiki suédois), lesquels étaient des ouvriers agricoles qui recevaient quelques vivres et le logis comme salaire. Leurs conditions de vie étaient généralement très dures. Des écrivains suédois du XXe siècle issus de ces milieux ont décrit les conditions de vie de ces derniers serfs européens.

Le 16 mars 1792 une ordonnance du Roi du Danemark et de Norvège prévoit l’interdiction de la traite négrière pour les sujets de son royaume et l’interdiction de l’importation d’esclaves sur son territoire à compter de 1803[19]. Le 2 mars 1807 Britanniques et Américains s’interdisent la traite négrière puis sous leur pression en 1815 au congrès de Vienne ils sont suivis par la plupart des autres puissances européennes. La traite se poursuivit de façon clandestine et il fallut attendre une succession d’abolitions de l’esclavage pour que ce trafic cesse au cours du XIXe siècle.

En France

Proclamation de Victor Hughes à la Guadeloupe le 1er novembre 1794

En 1789, les villages et villes de France eurent à rédiger leurs cahiers de doléances pour la convocation des États Généraux. Les habitants de Champagney mettent dans leur cahier un article unique en son genre (l’article 29), dit Vœu de Champagney qui condamne avec énergie la traite des Noirs et réclame fermement son abolition.

La Monarchie et LOUIS XVI abolit l’esclavage le 4 février 1794, sur l’exemple de l’affranchissement décrété à Saint-Domingue. De ce fait, on peut dire de la France qu’elle fut la première nation dans le monde à abolir l’esclavage dans ses colonies. À l’occasion du traité d’Amiens du 26 mars 1802, qui restitue à la république la Réunion et la Martinique, où les Britanniques ont maintenu l’esclavage, cette situation est confirmée par Napoléon Bonaparte, avec la Loi du 20 mai 1802 Elle ne concerne ni la Guadeloupe, ni Saint-Domingue, territoires où l’esclavage a été aboli Par transgression de cette loi, entre juillet et août 1802 l’amiral Jean-Baptiste Lacrosse, le préfet Daniel Lescallier et le général Antoine Richepance rétablissent progressivement l’ancien "code noir" et l’esclavage en Guadeloupe. Ce qui ranime la guerre à Saint-Domingue où l’esclavage ne sera jamais rétabli, l’indépendance étant acquise le 1er janvier 1804.

Le 29 mars 1815, Napoléon Ier décrète l’abolition de la traite négrière, en application du premier traité de Paris[3].

Il faut cependant attendre l’aube du XXIe siècle pour voir se développer un travail de mémoire autour de l’esclavage. Le 10 mai 2001, le Parlement Français vote la loi Taubira qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité. Suite à cette loi et au comité pour la mémoire de l’esclavage, présidé par l’écrivain guadeloupéen Maryse Condé, Jacques Chirac annonce le 30 janvier 2006 la création d’une journée annuelle de la mémoire de l’esclavage, qui se tiendra tous les 10 mai.
Cette commémoration s’ajoute aux dates de commémoration de l’abolition de l’esclavage en vigueur depuis 1983 dans les départements d’outre-mer : le 22 mai en Martinique, le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 20 décembre à La Réunion, le 27 avril à Mayotte.

L’exception haïtienne

À Saint-Domingue, il y eut plusieurs révoltes dont celle de 1702. Mais c’est en 1791 que profitant des troubles issus de la Révolution française de 1789 et galvanisés par les idées de liberté, d’égalité et de fraternité, François-Dominique Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Henri Christophe, Alexandre Pétion et André Rigaud ont dirigé la seule rébellion d’affranchis et d’esclaves noirs qui ait été menée à terme.

En 1791 le roi de France Louis XVI proclame l’abolition de l’esclavage mais celui-ci est rétabli en 1802 par Napoléon 1er, dont l’épouse Joséphine de Beauharnais vient d’une famille de planteurs esclavagistes. Napoléon envoie contre Saint-Domingue plusieurs flottes de répression représentant un total de 45 000 hommes dont plus de la moitié vont périr des maladies tropicales.

En 1804, l’ancienne colonie française de l’île Saint-Domingue est devenue Haïti. Elle n’obtiendra plus tard son indépendance du Roi de France Charles X au prix de 30 millions de francs-or.

Esclavage au XXe siècle

Article détaillé : Esclavage au XXe siècle.

Soit par survivance du phénomène esclavagiste traditionnel, soit à travers de nouvelles formes dites "modernes", l’esclavage est resté une réalité au XXe siècle. De nombreux comportements systématiques (camps de concentration ou de travail, proxénétisme, domestiques dont les papiers sont confisqués...) ont ainsi progressivement été analysées comme de nouvelles formes d’esclavage.

Dans les colonies, les colonisateurs ont préféré astreindre les populations locales au travail forcé. Dans les faits, le travail forcé constituait souvent des conditions analogues pour les Africains à celles en vigueur dans les plantations : surexploitation, punitions corporelles, statut d’infériorité, répressions violentes pouvant aller jusqu’au meurtre, le tout sous la pression de l’impôt - ou des objectifs de production fixés par les métropoles - aux colons. Sous Léopold II une importante campagne d’information et de réprobation fut lancée au Royaume-Uni contre l’attitude des colons du Congo Belge (Zaïre). Mais il faut aussi rappeler qu’en arrivant sur ce territoire, les Belges avaient combattu et neutralisé les négriers arabes qui y opéraient depuis des siècles en accord avec les souverains indigènes.

En Union soviétique, Chine (et autres pays communistes) règnent la déportation brutale vers des camps de travaux forcés (Goulag ou Laogai) où l’individu est assujetti à un travail gratuit et dans des conditions qui l’écrasent, pouvant aller jusqu’à la mort. Parfois sa famille subit le même sort.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les envahisseurs (Allemands et Japonais) et leurs dictatures militaires criminelles ont organisé l’esclavage de masse dans les pays conquis, et même en partie au sein des leurs, avec les détenus politiques issus de leur propre population. L’Allemagne nazie a exploité environ 12 millions de personnes, principalement originaires de l’Europe de l’est [24], alors que le Japon shōwa en a exploité plus de 18 millions en Extrême-Orient[25] »

Ce quasi-esclavage poussé parfois jusqu’à l’extermination, s’est exercé au sein de camps de travail, de camps de concentration et aussi de camps d’extermination spécialisés. Les cas de prostitution forcée sont aussi fréquents, particulièrement dans le cas du Japon shōwa qui enrôla environ 200 000 femmes de réconfort. Un exemple européen est celui du camp de Dora, où des prisonniers de guerre montaient des V2 jusqu’à épuisement de leurs forces et remplacement par de nouveaux prisonniers. La fabrication des V2 tua deux fois plus de personnes que les bombardements que ceux-ci effectuèrent. Wernher von Braun ne fut cependant pas inquiété.

Enfin, plusieurs pays anciennement colonisateurs, notamment des pays arabes, ont maintenu l’esclavage jusqu’au milieu du XXe siècle : Arabie saoudite et Oman mais également chez les Maures de certaines colonies françaises, en Mauritanie et au Soudan français, et ce malgré sa suppression officielle. La Mauritanie n’a supprimé l’esclavage des Haratins, noirs des oasis du Sahara, en 1980. Aujourd’hui, l’esclavage traditionnel résiste dans de nombreux pays d’Afrique et d’Asie.

En Côte d’Ivoire, on nommait cependant "esclave" un jeune homme (souvent sénégalais) acheté à sa famille pauvre[26], qui travaillait, mangeait et dormait avec les enfants d’une maison, mais qui à la différence de ceux-ci n’héritait pas.

Esclavage contemporain

Article détaillé : Esclavage moderne.

L’esclavage n’a cependant pas totalement disparu dans certaines régions du monde, comme la péninsule arabique ou le sous-continent indien. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 25 millions le nombre de personnes vivant actuellement dans des conditions assimilables à de l’esclavage, d’où le terme d’ « esclavage moderne ». Selon l’ONU, chaque année, deux millions de personnes sont réduites en esclavage.

L’esclavage réapparaît actuellement au Soudan. Les Musulmans du nord ont rétabli la Charia lors de la décolonisation et l’appliquent de force aux noirs chrétiens et animistes du sud qui se sont rebellés. Ceux-ci, repoussés dans la Province Équatoriale, la plus insalubre, ont résisté de leur mieux depuis l’indépendance. Aussi les forces gouvernementales ont-elles massacré les populations civiles de nombreux villages et continuent à y enlever de nombreux enfants pour les convertir à l’islam et les utiliser comme esclaves à Khartoum.

Dans les pays développés, par extension et suite à l’évolution des points de vue, le politiquement correct considère d’autres situations assimilable à de l’esclavage moderne.

En 2000, l’UNICEF estimait que 200 000 enfants étaient retenus en esclavage en Afrique centrale et occidentale. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) quelque 200 000 femmes et enfants sont victimes de l’esclavage. La pratique des enfants soldats peut également être assimilée à une forme d’esclavage, d’autant qu’à l’emprise psychologique mise en œuvre sur des enfants, s’ajoute la dépendance physiologique obtenue par l’usage de drogues fortes.

Répondre à cet article