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L’aveu

Jeudi 3 mai 2007, par Politique Magazine // La France

Miracle ! dans sa brève allocution destinée à annoncer sa décision forcée - de ne pas briguer un troisième mandat, Jacques Chirac s’est senti obligé de prononcer vingt-et-une fois le mot « France » C’était rompre là avec un vieux choix sémantique qui lui avait toujours fait préférer le mot « République » quand il s’agissait de désigner notre patrie. Avant que lui soit résilié son bail, le locataire de l’Élysée aura prouvé ainsi qu’il connaissait ses compatriotes mieux que n’auraient pu le laisser supposer ses douze années d’un règne calamiteux. En politicien retors, il a bien compris qu’au moment de partir, rien plus, qu’un hommage vibrant à « la France magnifique » n’était propre à émouvoir les Français et à lui valoir leur indulgence en dépit de ses échecs innombrables. Pari gagné ! Au lendemain de son discours, l’opinion du pays pouvait se résumer en une formule, d’une cruauté toute involontaire « Il a bien parlé ! Tant il est vrai que c’est là, de nos jours, la qualité primordiale exigée d’un dirigeant français par nos médias.

Au moment de juger une présidence, les chiffres, eux, ne mentent pas. Ils sont implacables :Il y a vingt ans, la richesse par habitant des Français n’était inférieure que de 20% à celle des Américains. L’écart est aujourd’hui de 36%. La comparaison avec nos partenaires européens n’est pas plus réconfortante. Cette même richesse par habitant est à présent de 12% inférieure à celle des Britanniques et de 20% à celle des Irlandais. Autant dire que, sous Jacques Chirac, le grand déclin entamé sous François Mitterrand s’est accéléré. Mais l’entêtement de nos deux derniers présidents à s’accrocher à un prétendu modèle économique et social archaïque, inefficace et injuste, n’explique pas seul cette irrésistible glissade vers l’abîme.

Il suffit de tourner le regard vers le grand large et de méditer les exemples que nous ont offerts les redressements spectaculaires du Royaume-Uni et des États-Unis avec Margaret Thatcher et Ronald Reagan, celui de la Russie de Poutine, après l’épouvantable affaissement des années Eltsine, de considérer aussi la manière dont le Japonais Junichiro Koizumi a remis en marche le grand vaisseau nippon et les recettes par lesquelles le Chinois Hu Jintao hâte le formidable retour en puissance de l’ancien Empire du Milieu pour en tirer une aveuglante leçon. Pour un grand pays, il n’est pas de renaissance sans un réveil de la ferveur et de la fierté nationales.
Tout le contraire de cette idéologie de la honte du passé et de la repentance poussée sous la présidence de Jacques Chirac à une dimension proprement ubuesque. On ne fabrique pas impunément une nation de pénitents et de flagellants.

Dans ces conditions, combien apparaît grotesque la prétention de ce président dévalorisé à imposer une feuille de route à ses successeurs Jacques Chirac a entraîné au contraire le régime tout entier dans un tel discrédit qu’il n’est pas un candidat qui ne proclame désormais la nécessité d’une rupture profonde n’épargnant pas même les institutions. Ségolène Royal et François Bayrou ne craignent plus de se faire les chantres dune VI° République dont ils se gardent bien de définir les contours, mais dont on devine qu’elle ressemblerait comme une petite soeur à la défunte IV° ; Nicolas Sarkozy lui-même se sent obligé de clamer sa volonté de « revisiter » la Constitution sitôt après son éventuelle élection. Voilà justifié et amplifié le diagnostic que Politique magazine n’a cessé de poser avec constance. Pas de salut pour la France sans institutions nouvelles. Nos candidats eux-mêmes en font l’aveu, même s’ils feignent d’ignorer qu’on ne sauve pas un régime en se contentant de changer son numéro.

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