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L’Université, lieu majeur de création du savoir.

Jeudi 27 septembre 2007, par Jean-Robert PITTE // La France

La nouvelle loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités peut-elle assurer un gouvernement efficace et libre des établissements universitaires ? Dans leur gestion ? Dans leurs enseignements ? Dans le choix et la désignation de leurs enseignants ? Dans la sélection et l’orientation des étudiants ?

Cette loi va nous faciliter le mode de gouvernement des universités. Nos conseils seront de taille réduite (20 à 30 membres) et dotés de davantage de pouvoirs. Nous allons pouvoir créer des fondations qui nous permettront de rechercher des mécènes dont les dons seront mieux défiscalisés. Néanmoins, comme le gouvernement n’a pas souhaité modifier la loi concernant la participation financière des usagers, les droits d’inscription demeureront ridiculement faibles ; (165 euros cette année) et nous continuerons à dépendre en grande partie du bon vouloir de l’État De mon point de vue, il n’existe pas d’autonomie pour les universités sans financement propre majoritaire ou, en tout cas, sans financement très diversifié (État, collectivités territoriales, entreprises, mécènes divers, usagers). Actuellement, un étudiant français revient à 6 500 euros en moyenne, ce qui est très faible par rapport à la situation internationale. Il n’existe aucun autre pays dans lequel un lycéen coûte plus cher : 8 500 euros !
Croire que la quasi-gratuité est une garantie de démocratie est une grave illusion. Ce qui est gratuit est considéré comme sans valeur. C’est ce qui explique le grand nombre de faux étudiants dans les universités (10 à 20 %) qui prennent une inscription administrative, afin de bénéficier de la sécurité sociale et de quelques autres avantages, mais ne viennent jamais prendre une inscription pédagogique et encore moins assister aux cours. Des droits d’inscription significatifs, du type de ceux de Sciences Politique (5 000 euros), éventuellement modulés selon les revenus des familles, et assortis de bourses, ainsi que de prêts d’honneur, permettraient un engagement mutuel des étudiants et des universités. Nous aurions des moyens décents, nous pourrions mieux assurer la réussite et l’insertion professionnelle de nos étudiants. Nos étudiants seraient également beaucoup plus motivés et attentifs au choix de la filière dans laquelle ils s’engagent. Nous éviterions une grande partie des choix d’impulsion.

Naturellement, l’autonomie consiste aussi pour un établissement d’enseignement supérieur à choisir ses étudiants. La loi ne nous l’autorisera toujours pas. Nous serons toujours le choix par défaut des lycéens et nous devrons toujours accepter tous les bacheliers. La seule nouveauté qui est un vrai progrès, c’est l’obligation pour les lycéens de se préinscrire pendant l’hiver précédant leur baccalauréat et leur inscription éventuelle à l’université. Nous pourrons les faire bénéficier d’une orientation et d’un test de niveau, de manière à les informer clairement sur leurs chances de réussite et d’insertion professionnelle.

Etait-il juste de la part des opposants d’invoquer les grands principes constitutionnels pour contrer les nouvelles dispositions sur la composition des conseils d administration, et les libertés données aux présidents, en particulier dans les recrutements pour les postes d’enseignants-chercheurs ? La collégialité anonyme et perpétuelle, le syndicalisme abusif, ont-ils pas déjà annihilé, les tentatives passées de redressement ?

Vous avez totalement raison. Nous perdons depuis 1968 énormément d’énergie à débattre des moindres détails de la vie universitaire dans des conseils pléthoriques et dont une minorité des membres ne songent qu’à s’opposer à toute innovation et à ouvrir des débats sur des sujets politiciens qui n’ont aucun rapport avec la vie universitaire. Les nouveaux conseils et l’accroissement du pouvoir des présidents devraient faciliter la modernisation des universités, mais il faudra beaucoup de volonté et d’énergie pour sortir des mauvaises habitudes.

Que faudrait-il en plus pour donner aux universités une plus grande liberté d’action et mieux les responsabiliser ?

J’ai envie de dire : une véritable autonomie. Que le gouvernement nous fasse confiance. Il y a 25 ans, les hauts fonctionnaires ne croyaient absolument pas à la capacité des collectivités territorial d’assumer la décentralisation. La loi a été votée ; les collectivités ont parfois commis des erreurs, mais globalement le bilan est largement positif et il faudra aller plus loin encore.

Plus profondément, selon vous, quelle est la finalité de l’enseignement universitaire ? Traditionnellement, bien sûr. Mais particulièrement aujourd’hui ?

L’Université est d’abord le lieu majeur de création du savoir. Les enseignants sont aussi des chercheurs et le plus souvent, ils trouvent. On ne peut pas en dire autant de tous les organismes de recherche où l’on n’enseigne pas, surtout en sciences humaines. L’Université doit ensuite transmettre ce savoir vivant et en constante évolution à des étudiants en formation initiale et en reprise d’études ou en formation continue. Le but de cet enseignement est de former des têtes bien faites, capables de se poser des questions et d’innover, d’où l’importance du lien enseignement recherche. Enfin, nous avons une troisième mission qui sera de plus en plus prenante et dévoreuse d’énergie : aider nos étudiants à exercer un métier, à trouver un emploi aussi adapté que possible aux études qu’ils ont suivies, à leurs capacités et à leurs goûts. Nous avons beaucoup de pain sur la planche, mais pour cela il nous faut aussi plus d’autonomie, plus de lien avec le monde du travail et de l’entreprise. Je garde confiance, mais la tâche qui nous attend est immense, tant nous avons pris de retard depuis des décennies. Voir ce qui se passe dans beaucoup de pays étrangers permet de mesurer le chemin qui reste à parcourir pour être au niveau de la compétition internationale.

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