L’Union africaine contre toute opération visant de hauts responsables.

Lundi 30 mai 2011 // L’Afrique

L’Union africaine a appelé le 27 avril à cesser toute opération militaire visant de hauts responsables libyens, après un bombardement de l’Otan contre le bureau de Mu’ammar al Kadhafi, et entend accélérer ses démarches en vue d’un cessez-le-feu en Libye. « L’Union africaine demande instamment à tous les acteurs impliqués de s’abstenir d’actions, y compris des opérations militaires visant de hauts responsables libyens et des infrastructures socio-économiques, qui risquent d’aggraver davantage la situation et de rendre plus difficile un consensus international sur la meilleure voie à suivre ». L’organisation continentale « souligne la nécessité pour tous les pays et organisations impliqués dans la mise en oeuvre de la résolution 1973 (autorisant le recours à la force en Libye) d’agir d’une manière pleinement conforme à la légalité internationale et aux dispositions de cette résolution », poursuit le texte.

Ce communiqué a été publié au nom du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, qui s’est réuni au niveau ministériel. Le bureau de Mu’ammar al Kadhafi, situé dans son immense résidence du secteur de Bab Al-Aziziya à Tripoli, a été totalement détruit par une frappe aérienne de l’Otan. Les ministres américain et britannique de la Défense, Robert Gates et Liam Fox, ont jugé « légitime » le choix de cette cible, lors d’une conférence de presse. Le CSP a également demandé d’engager les consultations pour réunir prochainement un sommet extraordinaire de l’UA « pour passer en revue l’état de la paix et de la sécurité sur le continent, à la lumière des nouvelles crises et menaces à la paix et à la sécurité en Afrique ».

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelati Obeidi, avait demandé à l’UA la tenue d’un tel sommet, afin selon lui, de permettre « à notre continent de mobiliser ses capacités pour faire face aux forces extérieures qui nous agressent ». L’UA a engagé une délicate médiation en vue d’obtenir en Libye un cessez-le-feu dans les meilleurs délais, un acheminement de l’aide humanitaire et l’instauration d’une période de transition et de dialogue conduisant à des élections démocratiques.

Le régime de Mu’ammar al Kadhafi, confronté à une rébellion armée depuis la mi-février, a accepté les propositions de l’UA mais le Conseil national de la transition (CNT), au nom des rebelles, pose comme préalable un départ du colonel Kadhafi et de ses fils.

Le CSP de l’UA a également décidé d’accélérer ses consultations « en vue d’ouvrir la voie à la tenue rapide sous les auspices de l’UA, de la Ligue des Etats arabes, de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), de l’Union européenne et des Nations-Unies, de négociations sur un cessez-le-feu et les autres aspects de la crise libyenne ,. Le CPS « exhorte les parties libyennes à. apporter la coopération nécessaire » et « souligne qu’il ne doit pas y avoir de préalable pour le commencement des négociations ». La rébellion libyenne avait accueilli avec méfiance la médiation de l’UA, en soulignant les liens étroits et anciens qui unissent cette organisation au colonel Kadhafi, dont il est également l’un des principaux bailleurs de fonds. Les rebelles avaient rejeté cette proposition de cessez-le-feu lors d’une visite en Libye d’une délégation de présidents africains mandatés par l’UA.

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