L’Irak, une guerre à trois mille milliards de dollars.

Vendredi 21 mars 2008, par Marc Lemaire // Le Monde

La guerre en Irak va coûter au moins trois mille milliards de dollars aux Américains, selon le Prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz. Son coût dépasse déjà celui de la guerre du Vietnam, longue de douze ans, et représente plus du double de celle de Corée. Cette estimation ne prend pas en compte les dépenses à long terme comme les soins aux vétérans, précise le prestigieux économiste américain dans un livre écrit avec Linda Bilmes, professeur à Harvard. Elle est nettement supérieure à celle du bureau du budget du Congrès américain (CBO), qui estime que les dépenses liées aux guerres menées par les Etats-Unis atteindront entre 1200 et 1700 milliards d’ici 2017. Après cinq ans de guerre en Irak, les dépenses courantes américaines consacrées à la guerre devraient s’élever à plus de 12,5 milliards par mois en 2008, contre 4,4 milliards en 2003. Avec la guerre en Afghanistan, ce total atteint 16 milliards mensuels, soit le budget annuel de l’ONU, font valoir les auteurs.

Joseph Stiglitz et Linda Bilmes calculent que mille milliards de dollars, soit un tiers du coût total estimé de la guerre auraient pu : financer la construction de huit millions de logements, le recrutement de quinze millions de professeurs, les soins de 530 millions d’enfants, des bourses d’études pour 43 millions d’étudiants, et une couverture sociale aux Américains sur les cinquante prochaines années.

Bush oppose son veto à l’interdiction du "waterboarding"

Le Congrès a adopté en février un texte de financement dont une disposition contraindrait les services de renseignement à se conformer au manuel des règles d’interrogatoire imposées aux militaires et proscrivant le recours à la force en interrogatoire. Les agents de la CIA vont pouvoir continuer de recourir à des méthodes d’interrogatoire assimilées à de la torture, comme la simulation de noyade. Bush estimant que cette loi saperait le programme de détention et d’interrogatoire de la CIA a opposé son veto à un projet de loi interdisant de telles méthodes.

La méthode d’interrogation de noyade simulée ("waterboarding") est inhumaine.

Le lieutenant général Michael Maples a déclaré qu’il considérait la méthode d’interrogation de noyade simulée ("waterboarding") comme étant inhumaine. Ceci rendrait donc cette technique illégale, puisque depuis 2005, les lois américaines interdisent le traitement cruel, inhumain et dégradant des détenus. Lorsque cette technique est utilisée, la personne interrogée est attachée tête vers le bas et son visage est recouvert d’un tissu. On y verse alors de l’eau pour créer une sensation de noyade. Son utilisation remonte à plusieurs siècles - dont par l’Inquisition espagnole - et elle est condamnée par plusieurs pays. La noyade simulée peut être utilisée comme technique d’interrogation par la CIA , et son utilisation doit être approuvée au préalable par le secrétaire à la Justice et le président. L’administration Bush a refusé de légiférer sur la noyade simulée, ne statuant pas s’il s’agissait de torture ou non. The Associated Press 27-02

Turquie ou La guerre dans la guerre.

05-03 - Les avions turcs ont bombardé Dashti Barzji dans la province d’Irbil, à quelque 25 km de la frontière, a précisé le capitaine Saleh Ali à l’Associated Press. La zone est inhabitée et aucune victime ou destruction n’a été rapportée, a indiqué un représentant des forces de sécurité irakiennes. La chaîne de télévision privée turque NTV, citant des représentants de l’Union patriotique du Kurdistan, avait annoncé un peu plus tôt que des hélicoptères turcs avaient bombardé la région de Sidekan, à 40 km au sud de la frontière entre la Turquie et l’Irak. L’armée turque n’a pas encore confirmé l’information. (AP & Al Oufok)

05-03 - Les militaires turcs ont rejeté mardi les critiques portant sur la manière dont ils ont géré une offensive terrestre contre les kurdes du PKK dans le nord de l’Irak. Le chef du parti nationaliste MHP, Devlet Bahceli, avait peu auparavant reproché aux militaires d’avoir contribué à renforcer l’image kurdes du PKK en publiant des communiqués les dépeignant comme une force régulière. "Pour la première fois dans notre lutte de 24 ans contre le terrorisme, les forces armées turques sont devenues la cible d’attaques gratuites", "Ces attaques portent encore plus atteinte à la détermination des forces armées turques ", répond l’état-major sur son site internet. Les militaires turcs sont sur la défensive depuis la décision prise vendredi, de retirer toutes les forces turques d’Irak après huit jours de combats dans les montagnes enneigées du Kurdistan irakien. (Reuters)

10-03 -L’armée turque a ouvert le feu depuis la ville frontalière de Cukurca, selon l’agence de presse privée Dogan. Les tirs ont duré un quart d’heure, a précisé l’agence.L’armée turque n’a pas confirmé ces opérations. (Reuters)

La résistance contre l’agresseur

10-03 - Un haut gradé US, le général John Kelly, a affirmé qu’Al-Qaïda pourrait essayer de changer de tactique en Irak en recommençant à organiser des attaques spectaculaires "susceptible d’attirer l’attention des médias".

08-03 - A Basra, jusqu’à 5.000 personnes se sont rassemblées dans les rues contre des conditions de sécurité détériorées. Selon de nombreux habitants, les meurtres, les enlèvements et autres crimes sont en hausse depuis le transfert de l’autorité des troupes britanniques aux forces irakiennes à la fin de l’année dernière. Les manifestants se sont rendus devant le siège de la police de Basra, exigeant la démission de son chef, le général Abdul-Jalil Khalaf et du commandant des opérations conjointes armée-police, le général Mohan al-Fireji. (AL-Oufok avec les agences de presse) 

Analyse & déclaration.

07-03 - La violence (lire les attaques dues à la résistance) a augmenté en février de 33% par rapport à janvier, selon des chiffres officiels. L’administration US et le gouvernement irakien s’étaient félicités de la baisse des vattaqueqs à la suite de la mise en place du plan de sécurité(Imposer la loi), lancée le 14 février 2007 à Bagdad et d’un renforcement des opérations de l’armée américaine. AFP)

2-1 - Occupation de l’Irak

2-2 - Les forces en présence

USA

06-03 - L’armée d’occupation a annoncé jeudi que 2.000 soldats de 82e division aéroportée, « ne seront pas remplacés »", La deuxième brigade de combat, 82e division aéroportée, faisait partie des 30.000 soldats envoyés en Irak en renfort en 2007, (AFP)

06-03 - Il y a actuellement 34.500 militaires déployés dans la capitale. (Reuters)

07-03 - 159.000 militaires américains sont actuellement déployés en Irak, et il devrait en rester plus de 100.000 quand le successeur de Bush prendra ses fonctions à la Maison Blanche en janvier 2009. (AL-Oufok avec les agences de presse)

06-03 - L’armée d’occupation a annoncé jeudi que 2.000 soldats de 82e division aéroportée, « ne seront pas remplacés »", La deuxième brigade de combat, 82e division aéroportée, faisait partie des 30.000 soldats envoyés en Irak en renfort en 2007, (AFP)

Politique


a) des collaborateurs Irakiens

Sur le terrain.

07-03 - Moqtada Sadr a reconnu vendredi que l’armée du Mahdi, était traversé par des divisions qui expliquaient son retrait depuis plusieurs mois. Moqtada Sadr "Les nombreuses personnes qui n’ont pas regagné leur Hawza (l’école religieuse) s’en sont séparées (...)". Elles "se sont plongées dans les méandres de la vie politique, alors que nous les croyions loyales, ce qui m’a convaincu de m’isoler.
Se montrant presque désenchanté, il a expliqué son retrait de la vie politique par les "réelles divisions" régnant au sein de la classe politique irakienne. Moqtada Sadr, qui semble avoir modéré ses positions, a reconduit pour une nouvelle période de six mois la trêve des opérations de l’armée du Mahdi, (AFP)

Politique intérieure & extérieure.

07-03 - Le président (…) Talabani s’est prononcé pour l’établissement de liens "stratégiques et solides" avec la Turquie voisin. Talabani a souhaité la promotion des relations politiques, économiques, culturelles et énergétiques afin que la coopération turco-irakienne puisse constituer un modèle au Proche-Orient.
Talabani a indiqué que la constitution irakienne ne permettait pas l’établissement sur le sol irakien d’organisations pouvant nuire aux pays voisins. "Nous sommes évidemment opposés à une organisation qui lance des attaques contre un pays voisin et nous le permettrons pas", a souligné M. Talabani, indiquant que les Kurdes qui administrent le nord de son pays avaient été sommés d’exercer des pressions sur le PKK pour qu’il quitte cette zone où il dispose de plusieurs camps. A la question de savoir si la Turquie envisageait une ouverture politique en faveur du PKK, le président Erdogan a indiquait qu’il n’était "pas question de tolérer une organisation impliquée dans le terrorisme".(…)
L’Irak a reconnu la menace que représente le PKK pour la Turquie ""Les relations entre la Turquie et l’Irak gagneront un nouvel élan. Nous entrerons dans une nouvelle période et une nouvelle page sera tournée", a-t-il encore dit. (AP & Al Oufok) 

b) Politiques des occupants. 

07-03 - Plus d’un million d’Irakiens ont été tués depuis mars 2003, selon une étude publiée le mois dernier à Londres par la société de sondages Opinion Research Business (ORB). Entre mars 2003 et juin 2006, 120 Irakiens, en moyenne, sont décédés chaque jour "de mort violente", selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). (AFP)

c) Les voisins

Turquie

08-03 - Le ministre d’Etat turc chargé du Commerce extérieur, Kürsad Tüzmen, a indiqué, après avoir reçu le ministre irakien du pétrole, Hussein Chahristani, que leurs deux pays allaient finaliser fin mai un "accord de partenariat économique renforcé". Cet accord aura pour "objectif d’intégrer les économies des deux pays autant que possible pour former une zone commune de prospérité", a-t-il dit, ajoutant que "la priorité de la Turquie était d’investir dans le développement des champs de gaz irakiens, pour l’importation et pour servir de lien vers l’Europe". Le ministre turc de l’Energie, Hilmi Güler, a évoqué un projet à long terme de construction d’un second oléoduc entre l’Irak et la Turquie.

Les exportations turques en Irak ont atteint 2,82 milliards de dollars (1,83 milliard d’euros) en 2007 et les importations irakiennes en Turquie 650 millions de dollars (422 millions d’euros), selon les statistiques officielles turques. M. Tüzmen a évalué à 6 milliards de dollars le volume des échanges bilatéraux attendu en 2008 et affirmé que l’objectif pour 2010 était de 20 milliards de dollars. Les entreprises turques sont particulièrement actives en Irak dans le domaine du bâtiment. Depuis 2003, elles y ont engrangé des contrats d’une valeur de 4,2 milliards de dollars, selon ces statistiques. (AFP)

Lutte pour la libération du territoire

Pertes occupants.

07-03 - Un soldat américain a été tué lors d’opérations qui ont également blessé un autre GI, dans province de Diyala au nord-est de Bagdad, a fait savoir l’armée US. (AL-Oufok avec les agences de presse)

10-03 - Attaque kamikaze dans le quartier Mansour, dans l’ouest de la capitale, a précisé le général Qassem Ata, porte-parole de l’armée irakienne, sans donner de bilan précis. Selon des témoins, interrogés sur place par un journaliste de l’AFP, au moins cinq soldats américains ont été tués. Six Américains ont été tués,", selon ce témoin. "Trois autres soldats et un interprète irakien ont été blessés", a ajouté un porte-parole US.

"Un convoi de véhicules américains s’est arrêté et des militaires en sont descendus pour patrouiller à pied le long de l’avenue Mansour", a raconté un policier de la circulation,."Cela arrive presque tous les jours, ils viennent faire des achats dans les magasins ou prennent une glace", a expliqué ce policier, sous couvert de l’anonymat, et qui a assisté à l’attaque. "Environ dix minutes plus tard, un kamikaze s’est fait exploser au milieu d’eux. "Par peur d’une embuscade, leurs soldats ont tiré en l’air pendant quelques minutes, apparemment sans faire de victimes irakiennes. Les morts et les blessés américains ont été embarqués dans les véhicules américains et évacués par la route", a expliqué le policier.

Un soldat irakien, également témoin de l’attaque, a confirmé cette version des faits, "Nous étions en patrouille dans la zone quand nous avons entendu une explosion. Un kamikaze s’est fait exploser au milieu d’un groupe de militaires américains en train de faire du shopping", a dit ce soldat. Très nerveux, tenant en joue les passants, les soldats irakiens menaçaient d’ouvrir le feu sur quiconque se risquait à approcher ou qui n’obéissait pas immédiatement à leurs injonctions. (AFP)

10-03 - Un haut gradé US, le général John Kelly, a affirmé qu’Al-Qaïda pourrait essayer de changer de tactique en Irak en recommençant à organiser des attaques spectaculaires "susceptible d’attirer l’attention des médias". (AFP)

11-03 - "Trois militaires et leur interprète ont été tués par une bombe à l’est de la province de Diyala", a indiqué l’armée américaine."Un quatrième soldat a été blessé", ajoute simplement ce communiqué, qui ne donne aucune autre précision sur l’incident. (AFP)

Pertes de la résistance- Ville non précisée

08-03 - Les forces de sécurité irakiennes ont trouvé une centaine de corps en décomposition dans un charnier au nord de Bagdad, a déclaré un porte-parole de l’armée, le commandant Winfield Danielson. Les forces américaines et irakiennes ont dit ignorer pour l’heure qui avait creusé cette fosse commune près de Khalis, à 80 kilomètres au nord de Bagdad, et quand les victimes ont été tuées.(…) (AL-Oufok avec les agences de presse)

Les combats par provinces

Détails autorisés par la censure.

1-1 - Bagdad Opération Wolf" : et le nouveau plan de sécurité « Ordre et loi » devanant Fardh al-Qanoon ou "Imposing Law", (Imposer la loi),

25-08 - Depuis dix-huit heures, heure locale, la circulation de tout véhicule a été proscrite dans Bagdad et l’ensemble de son agglomération. Cette mesure restera en vigueur jusqu’à nouvel ordre. EuroNews

Et à Bagdad. pendant de ce temps..?

10-03 - Au nord-est de Bagdad, une femme kamikaze a tué le chef d’un groupe local de combattants qui s’était retourné contre la résistance, a indiqué un officier de police. Associated Press.

1-3 - Province de Ninive (Mossoul (capitale de la région nord du pays - à 375 km au nord de Bagdad,) Hawijah, Kassak"(70 km au nord-est de Mossoul) & Tall Afar ) La province de Nievah dont Mossoul est le chef-lieu dispose déjà de quelque 18.000 policiers mais seuls environ 3.000 d’entre eux opèrent dans la ville de près de 2 millions d’habitants, selon le porte-parole de la police Saïd al-Jubouri. La grande ville du Nord est en outre situé à un carrefour stratégique, notamment entre Bagdad et la Syrie.
Mossoul Mossoul est considérée par les militaires US comme l’épicentre de la résistance.

07-03 - Au moins quatre policiers ont été tués et 17 autres blessées vendredi dans une attaque kamikaze contre le poste d’al-Waqas, dans le quartier Ras al-Jada, dans le centre de Mossoul, a-t-on appris de source policière et hospitalières locales. Le poste de police est voisin d’un bâtiment de l’administration civile et d’une caserne de pompiers. AFP)

1-9 - Province du Ninevah, Tal-Afar (située à quelque 420km au nord-ouest de Bagdad)

06-03 - Les forces spéciales Tal-Afar américaines et irakiennes auraient tué onze résistants présumés dans un raid dans le nord de l’Irak, a annoncé le commandement Us. Trois soldats irakiens ont été tués et trois autres blessés dans l’opération. Les Américains tentent de reprendre le contrôle de la région de Ninevah. AP

1-13 - Les autres villes de l’Irak occupée,
Souleimanya ( Kurdistan irakien)

10-03 - Une attaque kamikaze a fait trois morts et une trentaine de blessés, a annoncé un médecin de la ville. L’explosion s’est produite devant l’hôtel Sulaimaniya Palace, le plus grand de la région, qui accueille les hauts fonctionnaires et étrangers, ainsi que les réunions de l’Union patriotique du Kurdistan, l’un des deux principales formations de la province autonome, dont le chef de l’Etat, Djalal Talabani, est issu. (Reuters

Médias et Manipulation de l’opinion / Vidéos

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

08-03 - Une journaliste française a été poignardée samedi dans un hôtel de la ville d’Erbil, au Kurdistan irakien, selon la police. Elle a été légèrement blessée. La journaliste, dont on ignorait dans l’immédiat l’identité et pour quel média elle travaillait, a été hospitalisée pour des blessures légères au bras, selon le chef de la police d’Erbil, Abdul-Khaliq Talat. On ignorait la raison pour laquelle elle a été attaquée. La police a précisé que le gérant de l’hôtel et dix employés ont été arrêtés, et l’établissement fermé. Aucun autre détail n’a été divulgué. AP

Ecrit par un des pionniers du mouvement contre la guerre aux Etats-Unis, ce livre est un plaidoyer clair, précis, argumenté et convaincant pour un retrait immédiat des forces américaines de l’Irak. Incluant une histoire des occupations de ce pays depuis 1917, et une critique impitoyable de l’idéologie coloniale de Washington, il analyse les motivations de M. George W. Bush en mars 2003.

Contrairement à ce que prétend l’administration Bush, l’occupation a alimenté les courants politiques réactionnaires en Irak, accru la probabilité d’attaques terroristes sur le sol américain ou dans les pays alliés des Etats-Unis, et sapé le potentiel de développement démocratique au Proche-Orient. Le célèbre historien américain dissident Howard Zinn a rédigé une belle postface, qui raconte, en quelques pages, l’histoire de l’« exceptionnalisme américain », cette idéologie cherchant à justifier l’expansionisme – depuis le massacre des Indiens du Far West jusqu’aux guerres actuelles – par une « mission divine » ou par une prétendue « promotion de la liberté » dans le monde. — Michaël Löwy - Le Monde diplomatique de janvier 2008
Irak, retrait immédiat d’Anthony Arnove Demopolis, Paris, 2007, 186 pages, 19,50 euros Al-Oufok.

Les brèves

Ndlr : la publication des articles ou analyse ne signifie nullement que la rédaction partage les analyses ou point de vue des auteurs, mais doit être vu comme information 

1 - Les Usa veulent que l’Irak double presque sa production de pétrole en deux ans. Le ministre du pétrole Hussein Chahristani a confirmé jeudi que l’Irak allait doubler sa production de pétrole d’ici deux ans en la faisant passer à 4,5 millions de barils par jour (mbj). Chahristani a expliqué que cet objectif pourra être atteint grâce aux appels d’offres pour les contrats de soutien techniques et s’est dit optimiste quant aux résultats du premier appel d’offres lancé par le gouvernement.

Selon lui, plus de cent compagnies pétrolières ont répondu à la première étape du plan de soutien technique et les résultats de la première phase de cet appel d’offres devraient être connus dans le courant du mois. Ces premiers contrats devraient permettre à l’Irak d’augmenter sa production de 0,5 mbj la première année et concernent cinq champs dont le gisement géant de Rumaila dans le sud du pays. M. Chahristani a ajouté que le gouvernement irakien va lancer le deuxième appel d’offres d’ici un mois, ce qui va permettre à l’Irak d’augmenter sa production à 4,5 mbj dans deux ans. Les compagnies sélectionnées seront privilégiées pour la recherche et l’exploitation de nouveaux champs. Selon le ministre, le pétrole extrait ne sera pas partagé.

Les ambitions de Bagdad sont ensuite d’augmenter sa production à 6 mbj pour les cinq à dix ans à venir, a ajouté le ministre. Selon les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’Irak produit actuellement environ 2,2 mbj. Source : AFP / 06 mars 2008)

2 - Le gouvernement irakien nie la validité des contrats pétroliers signés par les Kurdes d’Irak. Le gouvernement irakien empêchera l’application des contrats signés entre des compagnies pétrolières étrangères et des autorités régionales irakiennes, a déclaré samedi le ministre irakien du pétrole Hussein Chahristani, faisant référence aux Kurdes d’Irak.

« Tous les contrats seront gérés par le gouvernement central », a déclaré M. Chahristani lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue turc Hilmi Güler. "Aucun des contrats signés par des régions de l’Irak ne sera reconnu par le gouvernement de l’Irak". "Les compagnies ne seront pas autorisées à travailler sur le territoire irakien à moins que leur contrat ait été approuvé par le gouvernement central à Bagdad", a-t-il poursuivi. Les déclarations de M. Chahristani interviennent alors qu’une controverse fait rage entre le gouvernement central irakien et les autorités de la région autonome kurde du nord de l’Irak. En novembre, le ministre a affirmé avoir annulé une quinzaine de contrats pétroliers signés récemment par les autorités du Kurdistan irakien. En réaction, le Premier ministre kurde Nechirvan Barzani a affirmé que les contrats seraient mis en oeuvre, estimant que "personne ne peut annuler des contrats signés par le Kurdistan". Le même mois, les autorités du Kurdistan irakien ont approuvé la signature de sept nouveaux contrats pétroliers. Au total, quinze blocs ont été attribués à ce jour par le gouvernement kurde depuis l’adoption en août 2007 par la région d’une loi sur le pétrole et le gaz. Une vingtaine de compagnies étrangères opèrent désormais au Kurdistan. Le ministre Chahristani a déjà déclaré à plusieurs reprises considérer ces contrats comme "illégaux", menaçant les compagnies concernées de ne plus avoir « l’opportunité de travailler avec le gouvernement irakien ». Ces menaces sont restées sans effet à ce jour.

Répondre à cet article