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L’Histoire de la France : De Louis XVI à nos jours.

Lundi 12 décembre 2011 // L’Histoire

Cet écrit a pour but de démontrer que c’est la Monarchie qui a construit sans trop de victimes, avec le souci de souder nos différentes Provinces, notre Patrie la France. La royauté a souvent été parodiée, voire insultée alors qu’en 1790, la Monarchie, qui depuis l’an 987 a eu l’adhésion de son peuple, a accepté que son statut change et qu’elle devienne une institution démocratique mettant en exergue les valeurs républicaines. Notre roi LOUIS XVI renonça à la majorité de ses pouvoirs pour les remettre au peuple ce 14 juillet 1790.

Fête de la Fédération de Paris, le 14 juillet 1790

Aménagement du Champ-de-Mars


Fête de la Fédération, le 14 juillet 1790 au Champ-de-Mars

À l’imitation des fédérations régionales de gardes nationales qui avaient commencé dans le Midi dès août 1789 et s’étaient étendues à toute la France, La Fayette, commandant de la Garde nationale de Paris, fait organiser à Paris une fête nationale de la Fédération.

Dès le 1er juillet 1790, 1 200 ouvriers commencèrent les travaux de terrassement. Ils étaient nourris mais mal payés et, quand on leur reprochait leur lenteur, ils menaçaient de quitter le chantier. Il s’agissait de transformer le Champ-de-Mars en un vaste cirque, d’une capacité de 100 000 spectateurs, au centre duquel s’élevait l’autel de la Patrie. On fit appel à la bonne volonté des Parisiens. Ils répondirent en masse. Louis XVI vint de Saint-Cloud donner un coup de pioche, La Fayette, en manches de chemise travailla comme un ouvrier. Bientôt ce fut une fourmilière humaine, où les ouvriers du faubourg Saint-Antoine côtoyaient les nobles, où les moines côtoyaient les bourgeois, où les courtisanes donnaient la main aux dames des beaux quartiers. Les charbonniers, les bouchers, les imprimeurs vinrent avec leurs bannières décorées de tricolore. Les soldats se mêlaient aux gardes nationaux. On hébergeait les fédérés venus de la province ; ils étaient au moins 50 000.

Fête de la Fédération

La Fête de la Fédération eut lieu le 14 juillet 1790, pendant la Révolution française, un an jour pour jour après la prise de la Bastille. Les fédérés défilèrent avec leurs tambours et leurs drapeaux ; ils étaient 100 000, y compris ceux de Paris. Les Parisiens prirent place sur les talus que l’on avait élevés autour de l’esplanade. Louis XVI arriva de Saint-Cloud et prit place dans le pavillon dressé devant l’École militaire. La participation de la foule fut immense, très enthousiaste, malgré le mauvais temps. La messe fut célébrée par Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun. La Fayette, en grand uniforme, arriva sur un cheval blanc et monta sur l’estrade. Louis XVI prêta serment à la Nation et à la loi, la multitude le répéta et l’on entonna un Te Deum, puis on se sépara au milieu des embrassements et des vivats dont beaucoup s’adressaient à Louis XVI.

C’est le 6 juillet 1880 que le 14 juillet devint officiellement jour de la Fête nationale française, sur proposition du député Benjamin Raspail, en mémoire de la fête de la fédération.

Ce sont les SOVIETS de l’époque qui voulaient (en usant de tous les moyens) discrédité notre Roi, en allant jusqu’à commettre un horrible régicide.

Tout au long du XIX° siècles et aussi au XX° siècles, historiens ou philosophe, instituteurs ou professeurs eurent une attitude qui les déshonore ; leurs devoirs étaient d’enseigner, de dire la vérité. Pour le malheur des élèves et des étudiants nos enseignants dans leur majorité usèrent de mensonges ; Nous devons leur pardonner car eux-mêmes ne connaissaient pas la véritable l’histoire de notre Nation.

C’est à cause de ce comportement barbare que les différents évènements révolutionnaires connurent des périodes où l’homme a été torturé jusqu’à que la mort le délivre de ses souffrances. Nous souhaitons que les divers éléments que nous vous fournissons vous conduisent à une réflexion positive sur l’institution Royale, et fassent qu’elle soit le prochain régime politique d’une France fraternelle, unie, humaine, tolérante, où la liberté ne connaîtra aucune entrave. Le spectacle de guignol que donnent les élections présidentielles devra prendre FIN. Le peuple retrouvera ses droits à travers un Premier ministre ; Le roi et la famille royale devenant la mémoire de notre identité. La Monarchie Espagnole est l’exemple à suivre rapidement. VIVE les Valeurs républicaines et vive le roi.

Nous devons changer de régime politique.

Avant de préciser ce que nous souhaitons pour la France, il est indispensable de savoir que la république est née dans un bain de sang. Cette république qui s’attribue la paternité des textes magnifiant les droits de l’homme alors que c’est Louis XVI qui le signa à Versailles.

La Terreur dans l’Ouest

La sauvagerie barbare des révolutionnaires ne put se concrétiser que par la bonté et la faiblesse du roi. Le 14 juillet 1789 deux centaines de crapules s’emparèrent d’une vieille prison où étaient détenus quatre criminels en attente de jugement.Le gardien de la prison eut la tête tranchée et les vandales la portère au bout d’une pique montrant leur « trophée » à une foule titaniséé ; Ce fut le début d’un massacre qui allait se concrétiser dans le courant de l’année 1792.

Articles détaillés : Guerre de Vendée, Chouannerie, Virée de Galerne, Colonnes infernales et Insurrections fédéralistes.


Massacre des Lucs-sur-Boulogne par les colonnes infernales

Vitrail de Fournier, les Lucs-sur-Boulogne, 1902.

Le décret de destruction de la Vendée (1er août 1793) témoigne de l’exaspération de la Convention devant les victoires vendéennes :

  • Article 6 : Il sera envoyé en Vendée des matières combustibles de toutes sortes pour incendier les bois, les taillis et les genêts.
  • Article 7 : Les forêts seront abattues, les repaires des rebelles seront détruits, les récoltes seront coupées par les compagnies d’ouvriers, pour être portées sur les derrières de l’armée, et les bestiaux seront saisis.
  • Article 8 : Les femmes, les enfants et les vieillards seront conduits dans l’intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sécurité avec tous les égards dus à leur humanité[39]. »

En dépit des victoires des armées républicaines à la bataille de Cholet le 17 octobre 1793 ou à la bataille de Savenay le 23 décembre 1793, une guerre d’embuscades et de coups de main se poursuit, conduisant à l’organisation de colonnes incendiaires par le général Turreau. Certains ont parlé de « volonté génocidaire » dans la répression menée par plusieurs individus.

Louis Marie Turreau général en chef de l’Armée de l’Ouest donne à ses généraux les ordres suivant le 19 janvier 1794 : « Tous les brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfants qui seront dans ce cas. Les personnes seulement suspectes ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général l’ait préalablement ordonné.

Tous les villages, métairies, bois, genêts et généralement, tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes, après cependant que l’on aura distrait des lieux qui en seront susceptibles, toutes les denrées qui y existeront ; mais, on le répète, ces exécutions ne pourront avoir leur effet que quand le général l’aura ordonné. Le général désignera ceux des objets qui doivent être préservés de l’incendie.

Il ne sera fait aucun mal aux hommes, femmes et enfants en qui le général reconnaîtra des sentiments civiques, et qui n’auront pas participé aux révoltes des brigands de la Vendée ; il leur sera libre d’aller sur les derrière de l’armée, pour y chercher un asile, ou de résider dans les lieux préservés de l’incendie. Toute espèce d’arme leur sera cependant ôtée, pour être déposée dans l’endroit qui sera indiqué par le général »

Les colonnes infernales dirigées de janvier à mai 1794 font entre 80 000 et 150 000 morts. Les massacres commis à cette occasion sont qualifiés par certains historiens de « génocide » vendéen. D’autres estiment que la destruction de la Vendée correspond à une pratique propre aux guerres de l’époque moderne et la comparent au sac du Palatinat par les armées de Louis XIV en 1689, cependant les populations avaient eu une semaine pour évacuer les lieux avant le brûlement du Palatinat, tandis que des chariots avaient été mis à la disposition de ceux qui souhaitaient se réfugier en Alsace. Selon Adrien Carré, les atrocités de la guerre de Vendée sont sans équivalent en Europe depuis la guerre de Trente Ans. Jean-Clément Martin rappelle que le discours de Barère du 1er août 1793, qui a servi pour justifier l’idée d’un « génocide » commis par les révolutionnaires, précise qu’il faut protéger les femmes, les enfants, les vieillards, et même les hommes sans armes.


L’exécution des sœurs La Métairie, peinture de Auguste-Hyacinthe Debay, 1838.

La guillotine, place du Bouffay à Nantes fait 144 morts 24 artisans et laboureurs sont exécutés le 17 décembre 1793, parmi lesquels 4 enfants de 13 à 14 ans, ils sont suivis le 19 décembre par 27 autres victimes dont 7 femmes parmi lesquelles les sœurs La Métayrie, âgées de 17 à 28 ans. Quelques jours après, le bourreau se suicida.

La Loire-inférieure et le Maine-et-Loire sont les deux départements français où la Terreur fait le plus de victimes. La répression s’abat sur les Vendéens, les Chouans, les Fédéralistes, les Modérés et les suspects. En Loire-inférieure, à Nantes, dirigée par le représentant Jean-Baptiste Carrier, 8 000 à 11 000 prisonniers, hommes, femmes et enfants, sur 12 000 à 13 000 périssent par les exécutions par noyades, les fusillades de Nantes, et l’épidémie de typhus dans les prisons.

Dans le Maine-et-Loire, dirigé par les représentants Nicolas Hentz et Adrien Francastel, 11 000 à 15 000 personnes, hommes, femmes et enfants, sont emprisonnées, parmi celles-ci 6 500 à 7 000 sont fusillées ou guillotinées, 2 000 à 2 200 meurent dans les prisons.

Les autres départements de l’Ouest sont moins touchés mais la répression reste importante :

  • Ille-et-Vilaine : 553 personnes exécutées, dont 307 à Rennes de mars 1793 à juillet 1794.
  • Deux-Sèvres : à Niort ; 500 à 1 000 personnes emprisonnées, 107 jugées, 70 à 80 fusillées ou guillotinées, 200 meurent des maladies
  • Vendée : Fontenay-le-Comte ; 332 prisonniers sont jugés, 196 sont exécutés sur ordre de la commission militaire, au quarantaine d’autre sur celui du tribunal révolutionnaire. Aux Sables-d’Olonne, 105 prisonniers périssent dans les prisons, d’avril 1793 à avril 1794, 127 prisonniers sont exécutés contre 132 acquittés, dont une vingtaine par la guillotine, 30 femmes sont également jugées et une vingtaine guillotinées le 24 juin 1794. 1 300 personnes sont emprisonnées durant l’année 1794 dans l’Île de Noirmoutier, plusieurs prisonniers y meurent en captivité ou sont fusillés, au nombre de 128 officiellement, peut-être 400 victimes en réalité[59].
  • Charente-Maritime : La Rochelle ; 1750 à 2000 prisonniers vendéens y sont envoyés, quelques dizaines sont exécutés mais 910 meurent des épidémies[60].

La Grande Terreur (juin-juillet 1794)


L’exécution de Robespierre, le 28 juillet 1794 marque la fin de la Grande Terreur

La politique de Terreur inaugurée en juin 1793 semble porter ses fruits : les manifestations fédéralistes sont matées, les Vendéens sont écrasés, les attaques de la coalition sont repoussées. Cependant, le Comité de salut public souhaite asseoir la République. Pour ce faire, il lui faut exterminer ses ennemis, selon le mot de Couthon, dans son rapport de la loi de prairial, et développer une nouvelle classe de petits propriétaires. Les décrets de ventôse décident la confiscation des biens de ces ennemis de la République, qui doivent être distribués aux patriotes indigents ; ils prévoient la constitution de listes d’indigents par les autorités locales et la création de commissions révolutionnaires pour faire la part entre les vrais ennemis de la République et les personnes injustement emprisonnées (le tribunal révolutionnaire ne doit juger que des accusés triés, en contradiction avec le décret du 19 mars 1793) ; une partie, seulement, verra le jour. En outre, le 27 germinal (17 avril 1794), un décret ordonne la suppression des tribunaux populaires en province ; tous les suspects doivent passer devant le tribunal révolutionnaire de Paris, sauf dans le Nord et le Vaucluse, où les commissions révolutionnaires d’Orange et de Cambrai sont maintenues.

La loi de prairial et les préparatifs du 9 thermidor

Enfin, la loi du 22 prairial An II (10 juin 1794), rédigée par Robert Lindet et présentée par Georges Couthon simplifiait les procédures et, appliquée sans le filtrage des commissions populaires dont la mise en fonctionnement fut sabotée par les partisans de l’exagération, instaura ce que l’on a appelé la Grande Terreur. La sentence était rendue selon l’intime conviction morale des juges et des jurés. Désormais, il n’existait que deux issues aux procès : l’acquittement ou la peine de mort[61] .

Ces décisions appliquées dans une précipitation calculée – avec l’aval de Barère de Vieuzac, Collot d’Herbois, Billaud-Varenne, les membres du Comité de sûreté générale excepté Le Bas, et Fouquier-Tinville – débouchèrent sur une accélération des procédures de jugement et une augmentation des condamnations au Tribunal révolutionnaire, en juin et juillet 1794. Pour le seul mois de juin 1794, on procède à des exécutions massives à Paris où la guillotine fonctionna presque tous les jours[62]. Le 29 Prairial an II (17 juin 1794), 54 personnes sont condamnées à mort dans le procès des chemises rouges. Au début de Thermidor, on comptait environ 8 000 suspects dans les prisons parisiennes. Les prisonniers hanovriens et anglais sont massacrés[64] et la guérilla contre les chouans se poursuit avec violence. En fait, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la loi de Prairial représentait pour ses initiateurs un moyen de ramener la Terreur aux strictes « sévérités nécessaires », en limitant les causes d’exclusion politique : l’esprit de cette loi visait à absoudre tous ceux qui avaient été entraînés dans les excès contre-révolutionnaires à cause de leur ignorance (cela concernait beaucoup de fonctionnaires qui avaient suivi les sirènes de l’hébertisme), elle remettait en cause la systématicité de la répression en rapport avec la faute reprochée. De même, elle offrait une définition plus précise des motifs d’accusation (article 6), ce qui réduisait l’arbitraire. Déjà, en avril, Robespierre avait obtenu qu’on ne poursuive pas les nobles qui avaient acheté leur noblesse. De même, les articles 10, 11 et 18 stipulaient que les comités de salut public et de sûreté générale devaient pouvoir contrôler les poursuites engagées devant le Tribunal révolutionnaire.

Pour Jacques Godechot et Jean-Clément Martin, comme autrefois pour Albert Mathiez et Olivier Blanc, la loi du 22 prairial a été sabotée par les adversaires de Robespierre pour le discréditer, ainsi le 17 juin quand Fouquier-Tinville envoya un groupe hétéroclite de 54 condamnés (dont Henri Admirat et Cécile Renault) à l’échafaud, revêtus des chemises rouges de « parricides » (laissant ainsi sous-entendre que Robespierre serait le « roi de France »), des assassins et empoisonneurs[68]. Patrice Gueniffey, de son côté, prétend à tort que Robespierre a eu un rôle central dans l’élaboration de la loi du 22 prairial rédigée en fait par Georges Couthon et Robert Lindet – conçue intentionnellement comme un moyen de destruction des « ennemis du peuple », désormais définis selon des critères moraux et non politiques, indépendamment des périls susceptibles de menacer la Révolution[70].

Depuis le printemps 1794, en effet, des dissensions naissent au sein du gouvernement révolutionnaire. Le Comité de sûreté générale est ulcéré par la création du bureau de police générale, par le Comité de salut public, qui empiète sur ses fonctions. De même, quand Robespierre reprend le dossier de l’affaire Catherine Théot, à travers laquelle Vadier moquait le culte de l’Être suprême et tentait de compromettre l’Incorruptible, Billaud-Varenne et Collot d’Herbois profitent de son départ volontaire du Comité de salut public – ne voulant pas s’associer aux crimes de la Grande Terreur – et tentent de le faire passer pour un tyran et un dictateur. Carnot et la victoire de Fleurus, le 8 messidor (26 juin 1794).

D’autant qu’en juillet, le malaise économique s’aggrave (le 9 thermidor, des ouvriers manifestent contre la décision de la Commune de Paris d’appliquer strictement le maximum des salaires).

Par ailleurs, au sein de la Convention nationale, les représentants en mission corrompus et prévaricateurs, rappelés à Paris par Robespierre pour exagération dans l’accomplissement de leurs fonctions – ainsi Lebon à Arras qui voulut faire arrêter la sœur de Robespierre – intriguaient en secret à la mise en accusation de « l’Incorruptible ». Fouché prit la tête des opérations en concertation avec Tallien et Bourdon de l’Oise qui se savaient menacés eux aussi. À son retour des armées, après Fleurus, Saint-Just tenta de rétablir une apparence d’unité au sein du Comité de salut public ; avec Barère de Vieuzac, qui feignit de se rallier à ce projet, ils organisent avec leurs collègues une réconciliation de façade qui ne dura qu’un ou deux jours (4 et 5 thermidor). Sans méfiance Saint-Just se chargea de rédiger un rapport manifestant l’unité retrouvée du gouvernement, et la création d’une seconde commission populaire (sur les quatre prévues à l’origine) fut décidée.

En fait les événements du 9 thermidor étaient programmés depuis un moment. Tout était désormais question d’opportunité. Ne croyant pas à la sincérité de ses adversaires, « l’Incorruptible » décida d’en appeler à la Convention par un de ses plus beaux discours le 8 thermidor. Bien qu’applaudi dans un premier temps, il ne convainquit pas ceux qui étaient décidés à l’abattre. Car il demandait la punition des "traîtres" (dans les différentes interventions, qu’il s’agisse de Robespierre ou de Couthon, ils sont au moins cinq ou six parmi lesquels Fouché, Tallien, Bourdon, Legendre et probablement Barras), le renouvellement des bureaux du Comité de sûreté générale, l’épuration de ce Comité lui-même, subordonné au Comité de salut public, l’épuration du Comité de salut public lui-même, l’établissement d’une réelle « unité du gouvernement sous l’autorité suprême de la Convention nationale, qui est le centre et le juge », et la fin des factions au sein de la Convention. Le soir, Robespierre relit son discours aux Jacobins, où il fut vivement applaudi, tandis que Collot d’Herbois et Billaud-Varenne étaient conspués ; le peintre David promit alors à son ami de boire la ciguë avec lui.

De retour dans les locaux du Comité de salut public, Jean-Marie Collot d’Herbois et Billaud-Varenne aperçurent Saint-Just, qui était occupé à rédiger le rapport sur les évènements au sein du gouvernement révolutionnaire, dont il avait été chargé, suite aux réunions des 4 et 5 thermidor. Convaincus qu’il rédigeait leur acte d’accusation, ils se jetèrent sur lui en l’insultant et en l’accusant de préparer leur décret d’accusation. Choqué, Saint-Just quitta la salle ; on ne le reverra plus que le lendemain, à la Convention où, contrairement à ses promesses, il commença à lire son discours sans en avoir fait une lecture préalable à ses collègues du comité. Devant ce qu’ils prennent à tort pour l’attaque décisive des « robespierristes », les membres du Comité de salut public se joignirent alors au complot, qui s’était tramé avec l’appui des anciens représentants en mission rappelés et qui redoutent d’avoir à rendre des comptes (Tallien, Legendre, Fouché, Rovère, Guffroy, etc.). Il savaient avoir l’appui des députés du Marais à qui on avait promis la fin de la Terreur. Le 9 thermidor, cette coalition hétéroclite obtint la chute de Robespierre, puis son exécution sans procès, après l’insurrection de la Commune.
Article détaillé : Chute de Robespierre.

Thermidoriens contre anciens terroristes

Après quelques semaines, cette coalition qui avait réalisé le coup de force du 9 thermidor se défit d’elle même. Elle éclata entre d’une part, les Thermidoriens, réunis autour de Tallien, Lecointre de Versailles ou encore Merlin de Thionville, etc., et les "Montagnards de l’an III", partisans d’une poursuite de la Terreur, rassemblés autour de Barère, de Billaud-Varenne et de Collot d’Herbois, les anciens terroristes comme on les appelait déjà. À l’hiver 1794, les militants des sections populaires et les Babouvistes abandonnèrent leur dénonciation de la Terreur et des Jacobins et s’unissent aux Crêtois. Dès l’été 1794, cependant, la réaction thermidorienne commence : ce fut le temps des comptes, que les sections de Paris furent les premières à réclamer.

Les Thermidoriens mettent fin à la terreur économique et réintègrent les anciens députés girondins. Les sociétés jacobines sont dissoutes. Ils gardent cependant quelques éléments de la Terreur judiciaire, comme les lois contre les prêtres réfractaires et les émigrés. Jean-Baptiste Carrier est guillotiné en novembre 1794, les membres du Tribunal révolutionnaire de Paris en mai 1795, Joseph Lebon en octobre 1795. De nombreux Jacobins sont emprisonnés et plusieurs fonctionnaires accusés de « robespierrisme » révoqués. Parmi les personnes concernées, on peut citer Louis David, Jean Antoine Rossignol ou Napoléon Bonaparte (qui est d’ailleurs vite libéré). Par divers artifices, les grands artisans de la terreur, et à leur tête Bertrand Barère de Vieuzac, bien que dénoncés et décrétés d’arrestation puis mis en accusation[75], échappent à la guillotine. Collot et Billaud-Varennes sont néanmoins déportés, l’un mourra en Guyane, l’autre deviendra négrier. D’autres terroristes, comme le riche Vadier[76] et ses collègues du sanguinaire Comité de sûreté générale, ou encore Joseph Fouché l’auteur avec Collot d’Herbois des terrifiantes mitraillades de Lyon parviennent à se faufiler entre les mailles du filet.

La loi du 10 juin 1794, 22 prairial An II, (extraits) :

  • Article 4 : Le tribunal révolutionnaire est institué pour punir les ennemis du peuple.
  • Article 5 : Les ennemis du peuple sont ceux qui cherchent à anéantir la liberté publique. […]
  • Article 6 : Sont réputés ennemis du peuple, ceux qui auront provoqué le rétablissement de la royauté, ou cherché à avilir ou à dissoudre la Convention nationale et le gouvernement révolutionnaire et républicain. […] Ceux qui auront cherché à empêcher les approvisionnements de Paris, ou à causer la disette dans la République. […]
  • Article 7 : La peine portée contre tous les délits, dont la connaissance appartient au gouvernement révolutionnaire, est la mort. […] L’accusé sera interrogé à l’audience et en public : la formalité de l’interrogatoire secret qui précède est supprimée comme superflue […] S’il existe des preuves […], il ne sera point entendu de témoins. […] »

Bilan de la Terreur : Au moins 1 million de braves et paisibles citoyens.

Mesures économiques

L’objectif principal fut, pour éviter les insurrections populaires, d’assurer le ravitaillement des armées et de Paris contre les provocations des Exagérés de la Commune. Pendant le printemps et l’été 1793, la situation est dramatique : la valeur des assignats s’est fortement dépréciée et la pénurie menace la population. Les pillages se multiplient et les sans-culottes réclament des mesures énergiques. Pour faire face, la Convention décide de limiter certains prix dès le 4 mai 1793. En juillet, les municipalités peuvent utiliser la peine de mort contre les accapareurs (Loi sur l’accaparement) À partir du mois d’août, il est interdit d’envoyer des capitaux à l’étranger. Les sociétés par action, la Bourse et la caisse d’escompte sont fermées. Le 29 septembre 1793 est passée la loi du maximum général, (extraits) : « Les objets que la Convention nationale a jugés de première nécessité et dont elle a cru devoir fixer le maximum sont : le pain, la viande, le vin, les grains, les farines, les légumes, les fruits, le beurre, le vinaigre, le cidre, l’eau-de-vie, le charbon, l’huile, le savon, le sel, les viandes et poissons, le miel, le sucre, le papier, le chanvre, les laines, les cuirs, le fer et l’acier, le cuivre, les draps, la toiles et toutes les étoffes, les soieries exceptées. Le maximum du prix des denrées et des marchandises sera le prix que chacune d’elles avait en 1790. »

Le maximum général encourage le marché noir et met en difficulté les industries du textile.

  • Taxation du prix des grains.
  • Emprunts forcés sur les riches, confiscation des terres des « ennemis du peuple » et des suspects (décret du 26 février 1794), perquisitions chez les banquiers.
  • Réquisitions encadrées par une Armée révolutionnaire et les gardes nationaux, ce qui se révèle efficace au moins jusqu’au début de 1794.
  • Émission d’assignats, emprunts extérieurs
  • La « Terreur financière » est engagée pour éviter l’hyperinflation, dès le 2 juin 1793.
  • Dirigisme économique.

Mesures religieuses et culturelles


Cathédrale de Clermont-Ferrand : « Le peuple français reconnoit l’Être Suprême » (marquage à la peinture mis au jour lors d’une restauration).

  • Suppression de toutes les congrégations le 18 août 1792.
  • Suppression des universités le 15 septembre 1793.
  • Suppression des académies en décembre 1793.
  • Création d’un Calendrier républicain.
  • Création d’un calendrier de fêtes républicaines, dont la fête de la Raison et la fête de l’Être suprême, fixé par décret du 18 floréal an II (7 mai 1794).
  • Une vague de déchristianisation se développe dans la capitale sous la direction de la Commune, et dans plusieurs départements de province, où elle est encouragée par des représentants en mission comme Fouché. 3 000 communes[81] changent de nom : par exemple, Versailles devient Berceau-de-la-Liberté. Dans la Nièvre, les cloches des églises sont fondues et des mascarades anticléricales sont organisées : on force les curés à parader sur un âne. Fouché fait donner une fête civique dans la cathédrale de Nevers[82]. Mais en novembre 1793, Robespierre prononce un discours aux Jacobins dans lequel il condamne l’athéisme. En 1794, alors qu’il contrôle toutes les institutions républicaines, l’Incorruptible impose le culte de l’Être suprême et proclame l’immortalité de l’âme.
  • L’archevêque de Paris, Mgr Gobel, et de nombreux prêtres démissionnent, de nombreuses églises sont désaffectées ou transformées en temples de la Raison.
  • Confusion entre prêtres réfractaires et prêtres constitutionnels, qui semblent tous suspects.
  • Censure des théâtres parisiens : le Comité de Salut Public propose que soient jouées « des pièces au patriotisme reconnu ».
  • Culte de la Raison demandé par Robespierre. Fête de l’Être suprême (juin 1794).


Calendrier républicain de 1794, dessin de Louis-Philibert Debucourt.

Dans la nouvelle organisation administrative (découpage en départements), les représentants en mission sillonnent la France pour appliquer les consignes de la Révolution.

Les mesures de déchristianisation commencent à se faire sentir, comme le culte de la Raison, à partir de 1792-1793. Les agendas étaient le principal canal d’information des campagnes, faiblement alphabétisées. Il fallait donc supprimer le calendrier grégorien, et le remplacer par un nouveau calendrier.

Des mesures de rétorsion sont prises vis-à-vis des prêtres réfractaires. Bilan de la déchristianisation : 20 000 prêtres ont abandonné leurs ministères et 5 000 se sont mariés.[]

Administration

Les prisons se multiplient à travers la France. Voir la Liste des prisons de Paris lors de la Révolution.

La déchristianisation.


Pierre-Antoine Demachy, Fête de l’Être suprême au Champ de Mars (20 prairial an II - 8 juin 1794), 1794, musée Carnavalet, Paris

La déchristianisation, déjà entamée avec le culte de la Raison, s’intensifie.

Dans le rapport du 18 floréal, Robespierre présente, au nom du comité de salut public un calendrier de fêtes républicaines devant remplacer les fêtes catholiques, à travers lequel sont affirmées les valeurs républicaines et respecté le sentiment religieux de la majorité des Français de l’époque. La Convention affirme la croyance du peuple français en l’immortalité de l’âme et en l’Être suprême. La première fête de l’Être suprême, le 20 prairial an II (8 juin 1794), est orchestrée par le peintre David.

Les révolutionnaires attaquent les symboles de la monarchie absolue : la nécropole royale de Saint-Denis est livrée au pillage et plusieurs tombes royales sont dévastées. La Sainte Ampoule, utilisée pour le sacre royal, est détruite. De nombreuses églises subissent des mutilations ou des destructions.

Le culte catholique est interdit. Les églises parisiennes sont fermées le 23 novembre 1793, pour ne rouvrir que le 31 mai 1795. Elles sont transformées en temples de la Raison, ou bien en entrepôts. Le Concordat de 1802 entérine le retour au libre accès au culte.

Les agendas sont supprimés dans les campagnes, suite à l’instauration du calendrier républicain. Le calendrier grégorien n’est rétabli qu’en 1806.

Le bilan humain


Guillotines de 1792 (à gauche) et de 1872 (à droite)

La Terreur fit de plusieurs dizaines de milliers à peut-être plus de 500 000 victimes. Géographiquement, c’est l’Ouest, à cause de la guerre de Vendée, et la vallée du Rhône, en raison de l’activisme fédéraliste, qui ont été les plus touchés, ainsi que les provinces frontalières, où se déroulaient les opérations militaires. Près de quatre condamnations sur cinq ont été rendues pour cause de rébellion ou de trahison, contre seulement 1 % pour des motifs économiques, accaparement ou faux assignats, et 9 % pour délit d’opinion.

Les historiens ont tenté d’établir le profil social des victimes de la Terreur : les études font apparaître que 41 % des condamnés à mort sont des artisans ou des compagnons, 58 % sont des paysans. Au total, 80 % des victimes appartiennent au Tiers État. La répartition géographique des exécutions révèle qu’elles sont un instrument de répression dans un contexte de guerre civile : 82 % des condamnations ont été prononcées dans l’Ouest vendéen ou chouan.

Durant cette période, de 36 000 à 77 000 personnes furent guillotinées environ 2 5 000 rien qu’à Paris : 6 300 d’entre elles reposent dans la fosse commune du cimetière de Picpus. Le Tribunal révolutionnaire de Paris a prononcé 56 % des sentences de mort, malgré la loi du 16 avril qui ordonnait que tous les suspects soient désormais déférés devant lui.

Environ 80 000 personnes furent victimes d’exécutions sommaires ou de fusillades, environ 500 000 furent emprisonnées à un moment ou à un autre, depuis le début de 1793. Parmi les exécutions les plus importantes, on relève les fusillades de Nantes (2 600 à 3 600 morts), les fusillades d’Avrillé (900 à 3 000 morts, probablement 1 500 à 2 000, les fusillades des Ponts-de-Cé (1 500 à 1 600 morts les Mitraillages de Lyon (1 687 morts), les fusillades de Savenay (2 000 morts), les fusillades de Noirmoutier (1 200 à 2 000 morts), et les fusillades de Toulon (1500 à 2000 morts).

Plusieurs massacres sont commis par l’armée républicaine en Vendée et dans l’ouest, notamment pendant la Virée de Galerne. Les 12 et 13 décembre 1793, à la bataille du Mans 180 000 à 200 000 Vendéens, hommes, femmes et enfants sont tués par les Républicains, la plupart victimes d’exécutions sommaires[95]. Les rescapés sont rattrapés le 23 décembre à la bataille de Savenay où l’on dénombre encore 15 000 à 27 000 morts de tout âge et de tout sexe. D’autres exactions sont commises, le 17 octobre les troupes du général Westermann achèvent 94 400 blessés vendéens à Beaupréau 200 000 autres, dont de nombreuses femmes, subissent le même sort à Fougères le 18 novembre.

Les colonnes infernales : du 21 janvier au 17 mai 1794, les massacres commis par colonnes incendiaires du général Turreau on fait 50 000 à 100 000 victimes civiles vendéennes].

Les Noyades de Nantes, parfois surnommés les « mariages républicains ». Elles ont lieu du 16 novembre 1793 au 27 février 1794, à Nantes, dirigée par le représentant Jean-Baptiste Carrier. Les exécutions par noyades font 1 80 000 à 190 000 morts pus probablement 200 000 à 250 000 morts.

La révolution accoucha d’un Directoire qui fut mis hors de nuire par une autre crapule nommé Napoléon Bonaparte ; Cette période eut ses jours de gloire mais surtout, elle connut, environ 20 ans de guerres, de crimes et de corruption. Le retour des Bourbons en 1815 mis un terme à la révolution et aux guerres épouvantables commises par les armées de Napoléon ; Rien qu’en Russie, le Dictateur Corse parti combattre avec 1 million de soldats, mais à peine 70 000 sont revenus vivants.

La Restauration

Au fur et à mesure des guerres napoléoniennes, et spécialement à partir de 1810, les coalisés semblent reprendre l’avantage, éveillant en lui l’espérance du retour. Après la défaite de Napoléon, en 1814, les coalisés réunis au Congrès de Vienne hésitent encore sur le successeur à choisir à Napoléon. Désireux d’installer sur le trône de France un allié, mais aussi un chef légitime, ils hésitent entre Louis XVIII, dont l’impopularité est problématique, l’« Aiglon », fils de Napoléon, mais aussi le maréchal Bernadotte ou encore Eugène de Beauharnais, voire une république. Talleyrand emporte finalement l’opinion des Alliés en faveur de Louis XVIII.


Talleyrand.

Porté par les Coalisés, le 24 avril 1814, il débarque à Calais. Octroyant une Charte constitutionnelle restaurant la monarchie à ses sujets, il devient roi de France. Les termes "octroyer" et "roi de France" sont importants en droit, puisqu’ils signifient que la souveraineté appartient au roi, et non au peuple ou à la nation (c’est lui qui octroie la Charte aux Français et non les Français qui décident d’une constitution ; contrairement à un roi des Français qui serait roi parce que les Français l’ont mis sur le trône, un roi de France est souverain de droit divin).


Une « robe à dix-huit remplis » portée par une royaliste, 1815.

Son règne est consacré à la lourde tâche de concilier les héritages révolutionnaires et napoléoniens avec ceux de l’Ancien Régime. Il défend ces derniers (il nomme ainsi, comme aumônier de la Cour, monseigneur Jean-Louis d’Usson de Bonnac, un des derniers évêques d’Ancien Régime survivants et surtout l’un des premiers à avoir refusé de prêter serment à la Révolution, ainsi qu’à avoir refusé de démissionner comme l’exigeait Napoléon), sans pour autant accéder aux excès de ses propres partisans, les ultras. Il mit un point d’honneur à toujours constituer un ministère issu de la majorité parlementaire, ce à quoi rien ne le contraignait.

Ses opposants demeurent trop faibles et divisés pour menacer en quoi que ce soit la position royale. Il dissout ainsi une première Chambre ultra en 1816 (la célèbre Chambre introuvable). Une autre vague de contestation commence avec la mort de son neveu duc de Berry, fils du comte d’Artois. Louis XVIII apparaît comme un roi modéré, menant une vie bourgeoise, sans fastes excessifs, trop fades aux yeux de certains.


Élie Decazes

Cependant, malgré cette apparente faiblesse, il a réussi non seulement à maintenir un équilibre entre ultras et libéraux, mais aussi à ramener la prospérité dans une nation épuisée par les dernières guerres napoléoniennes. Louis XVIII avait donc une certaine force de caractère et il pouvait d’ailleurs être à l’occasion capable de traits d’humour féroces, comme le montre l’anecdote suivante :

Parmi les prérogatives du roi de France, figurait la capacité d’anoblir tout sujet méritant. Louis XVIII se trouvait ainsi assiégé par une horde de quémandeurs qui estimaient à tort ou à raison être de bons candidats à l’anoblissement. Parmi ceux-ci, on a cité une anecdote concernant le publiciste Genoud, qui insistait pour être rassuré sur le fait que sa lettre d’anoblissement mentionnerait bien une particule devant son nom. Louis XVIII répondit à son entourage « Eh bien ! puisqu’il veut tant une particule, on va lui en mettre une devant et une derrière ! » et le solliciteur se fit anoblir sous le nom de « Monsieur de Genoude »[8].

Louis XVIII souffrait d’une goutte qui empira avec les années et lui rendait tout déplacement extrêmement difficile à la fin de son règne. Dans ses dernières années, le roi podagre était souvent déplacé en fauteuil roulant dans ses appartements. Vers la fin de sa vie, il était atteint d’artériosclérose généralisée, en outre la gangrène rongeait son énorme corps impotent, déjà appesanti par l’hydropisie. À la fin du mois d’août 1824, la maladie avait provoqué une large plaie suppurante en bas du dos et l’avait rendu méconnaissable. Fièrement, il refusait de s’aliter, reprenant les propos de Vespasien : « Un empereur doit mourir debout ». Mais, le 12 septembre, sa terrible souffrance l’obligea à se coucher. Il se décomposait vivant et dégageait une odeur si nauséabonde que sa famille ne pouvait rester à son chevet. Un de ses yeux avait fondu ; le valet de chambre, en voulant déplacer le corps, arracha des lambeaux du pied droit ; les os d’une jambe étaient cariés ; l’autre jambe n’était qu’une plaie ; le visage était noir et jaune.

Après l’abdication de Napoléon Bonaparte, en 1814, Louis-Philippe rentre vivre en France, confirmé dans le titre de duc d’Orléans dont il avait hérité à la mort de son père, et sa demeure, le Palais-Royal.

Sous la Restauration, les règnes de Louis XVIII et de Charles X, la popularité de Louis-Philippe grandit. Il incarne une opposition mesurée à la politique des ultras du royalisme et ne rejette pas l’intégralité de la Révolution française.

Louis-Philippe prend garde à se conduire modestement et bourgeoisement, envoyant ses fils au lycée Henri-IV. Au lendemain de la mort de Louis XVIII, il obtient le rang d’altesse royale accordé par Charle X.

« Enrichissez-vous par le travail et par l’épargne ! » (François Guizot)

Roi des Français

En 1830, la révolution des « Trois Glorieuses » renverse Charles X, qui abdique (avec le contre-seing de son fils le dauphin Louis de France) en faveur de son petit-fils le duc de Bordeaux. Charles X institue le duc d’Orléans comme lieutenant-général du Royaume.

Louis-Philippe se fait proclamer roi des Français (et non roi de France) par la Chambre des députés. Ce nouveau titre, déjà porté par Louis XVI de 1789 à 1792, est une innovation constitutionnelle liant la nouvelle monarchie populaire au peuple, et non plus au pays, au territoire. Il s’agit donc d’une monarchie contractuelle fondée sur un Pacte entre le roi et les représentants de la nation Un autre symbole fort de la nouvelle monarchie, appelée « Monarchie de Juillet », est l’adoption du drapeau tricolore pour remplacer le drapeau blanc de la France éternelle. Cette arrivée au pouvoir à la faveur d’un soulèvement populaire vaut à Louis-Philippe l’hostilité des cours européennes et le surnom de « roi des barricades » ou encore « roi bourgeois ».

Règne

Les partisans d’« Henri V », qui contestent la légitimité de l’accession au trône de Louis-Philippe, font partie des légitimistes qu’on désigne comme les henriquinquistes. En effet, les « vrais » légitimistes considèrent que Charles X est toujours roi et que son abdication est nulle, Louis-Philippe étant considéré comme un usurpateur. Sa légitimité est non seulement remise en cause par le Comte de Chambord, mais aussi par les Républicains. Louis-Philippe gouvernera donc au centre regroupant la tendance royaliste (orléaniste) et libérale.

En 1832, la fille de Louis-Philippe, Louise, devient la première reine des Belges en épousant Léopold Ier.

À partir de 1842 commence l’installation en Côte d’Ivoire. Les troupes françaises s’emparent d´abord de la zone lagunaire.

En 1843, par l’intermédiaire de Rochet d’Héricourt, un traité d’amitié et de commerce est signé avec le souverain du Choa Sahlé Sellassié.

En signe d’ Entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni, le roi Louis-Philippe reçoit la reine Victoria dans son château d’Eu, à deux reprises en 1843 et 1845, tandis qu’il visite la souveraine britannique au château de Windsor en 1844.

Pendant quelques années, Louis-Philippe règne plutôt modestement, évitant l’arrogance, la pompe et les dépenses excessives de ses prédécesseurs. En dépit de cette apparence de simplicité, les soutiens du roi viennent de la moyenne bourgeoisie. Il est aimé et appelé le Roi Citoyen, mais sa popularité souffre quand son gouvernement est perçu comme trop conservateur.

Le support donné d’abord au parti du « Mouvement » dirigé par Adolphe Thiers fait place au conservatisme incarné par François Guizot. Sous sa conduite, les conditions de vie des classes populaires se détériorent, les écarts de revenus augmentant considérablement. Une crise économique en 18461848, liée aux actions du parti républicain qui organise la campagne des Banquets, amène le peuple à une nouvelle révolution contre le roi lorsque celui-ci interdit le banquet du 22 février 1848.

Abdication et exil


Abdication de Louis-Philippe Ier

Devant le déroulement de l’insurrection, Louis-Philippe abdique le 24 février 1848 en faveur de son jeune petit-fils « Louis-Philippe II » (son fils et héritier, le prince royal Ferdinand-Philippe, étant mort dans un accident à Neuilly-sur-Seine en 1842).

Craignant de subir le même sort que Louis XVI et Marie-Antoinette, il se déguise et quitte Paris. Voyageant dans une voiture banale sous le nom de Mr. Smith, il s’enfuit en Angleterre.

Cependant l’Assemblée nationale, quoique prête, de prime abord, à accepter son petit-fils comme roi, change d’avis, et suit l’opinion publique, décidant de proclamer la Deuxième République dans des circonstances controversées, à l’Hôtel de Ville de Paris le 24 février 1848.

Napoléon III

Guerre franco-allemande (1870)

Les tensions avec la Prusse ressurgissent à propos de la succession d’Espagne quand le prince Léopold de Hohenzollern se porte candidat le 21 juin 1870 au trône d’Espagne, vacant depuis deux ans[342].

Un Hohenzollern sur le trône espagnol placerait la France dans une situation d’encerclement similaire à celui que le pays avait vécu à l’époque de Charles Quint. Cette candidature provoque des inquiétudes dans toutes les chancelleries européennes. En dépit du retrait de la candidature du prince le 12 juillet 1870, ce qui constitue sur le moment un succès de la diplomatie française[343], le gouvernement de Napoléon III, pressé par les belliqueux de tous bords (la presse de Paris, une partie de la Cour, les oppositions de droite et de gauche[344]), exige un engagement écrit de renonciation définitive et une garantie de bonne conduite de la part de Guillaume Ier. Le roi de Prusse confirme la renonciation de son cousin sans se soumettre à l’exigence française. Cependant, pour Bismarck, une guerre contre la France est le meilleur moyen de parachever l’unification allemande. La version dédaigneuse qu’il fait transcrire dans la dépêche d’Ems de la réponse polie qu’avait faite Guillaume de Prusse confine au soufflet diplomatique pour la France, d’autant plus qu’elle est diffusée à toutes les chancelleries européennes[298].

Tandis que la passion anti-française embrase l’Allemagne, la presse et la foule parisiennes réclament la guerre[344]. Bien que tous deux personnellement favorables à la paix et à l’organisation d’un Congrès pour régler le différend, Ollivier et Napoléon III, qui ont finalement obtenu de leur ambassadeur la version exacte de ce qui s’était passé à Ems, se laissent dépasser par les partisans de la guerre, dont l’impératrice Eugénie, mais aussi de ceux qui veulent une revanche sur l’Empire libéral Les deux hommes finissent par se laisser entrainer contre leur conviction profonde. Même s’il est de nature pacifique Napoléon III est cependant affaibli par ses échecs internationaux antérieurs et a besoin d’un succès de prestige avant de laisser le trône à son fils. Il n’ose pas contrarier l’opinion majoritairement belliciste, exprimée au sein du gouvernement et au parlement, y compris chez les républicains, décidés à en découdre avec la Prusse, alors que quelques semaines plus tôt il avait hésité à s’opposer à la décision d’Ollivier de réduire le contingent militaire, et ce malgré les avertissements lucides de Thiers.


Napoléon III lors de la bataille de Sedan par le peintre allemand Wilhelm Camphausen


La guerre est déclarée le 19 juillet 1870. L’armée prussienne a d’ores et déjà l’avantage en hommes (plus du double par rapport à l’armée française), en matériels (le canon Krupp) et même en stratégie, celle-ci ayant été élaborée dès 1866.

Les premiers revers d’août 1870 sont imputés à Napoléon III et à Ollivier, ce qui fournit à la Chambre l’occasion de renverser le Premier ministre, à une écrasante majorité, le 9 août 1870, laissant l’empereur seul sur la ligne de front, qu’elle soit politique ou militaire. Pendant que Napoléon III cherche « la mort sur le champ de bataille »[348], l’impératrice Eugénie, régente, nomme le bonapartiste autoritaire Cousin-Montauban, comte de Palikao, à la tête du gouvernement. Sous la pression de l’impératrice, Napoléon III renonce à se replier sur Paris et marche vers Metz au secours du maréchal Bazaine encerclé[349]. Ses troupes sont elles-mêmes alors encerclées à Sedan. Le 2 septembre 1870, n’ayant pu trouver la mort au milieu de ses hommes, Napoléon III dépose les armes au terme de la bataille de Sedan et tente de négocier les clauses de la capitulation avec Bismarck près du village de Donchery.

Désormais captif, il assiste avec le roi Guillaume de Prusse à l’acte de reddition de l’armée française au château de Bellevue situé près de Frénois au sud de Sedan. Pendant leur discussion, il assure qu’il n’a pas voulu la guerre mais qu’il y a été contraint par l’opinion publique ce à quoi le roi Guillaume lui réplique que ladite opinion avait été forgée par le ministère.

Le 3 septembre 1870, l’empereur, désormais prisonnier, se rend en Belgique à Bouillon. Il prend ensuite le train pour être interné au château de Wilhelmshöhe à Kassel en Allemagne. Le 4 septembre 1870, à Paris, la foule envahit le Palais-Bourbon tandis que l’impératrice Eugénie se réfugie chez le docteur Thomas W. Evans, son dentiste américain, qui organise sa fuite vers l’Angleterre. Le gouverneur de Paris, Trochu, reste passif et le régime impérial ne trouve guère de défenseurs, les soutiens traditionnels qu’étaient l’armée et la paysannerie étant trop loin, le traumatisme lié à la capitulation et à la captivité de l’empereur trop important et la pression populaire à Paris et dans les grandes villes trop forte. Des députés (dont Léon Gambetta et Jules Simon) se rendent à l’hôtel de ville de Paris et y proclament la République. Un gouvernement provisoire qui prend le nom de Gouvernement de la Défense nationale est alors formé.

Historique des annexions

La défaite subit par les armées de Napoléon III fut une catastrophe pour la France ; Pour la première fois dans l’histoire de la France les Parisiens doivent manger des RATS ; Autant 1000 ans de Monarchie Capétienne fut bénéfique pour notre PATRIE autant les Dictatures des Bonapartes fut la pire des calamitée.


L’empereur Guillaume II en manœuvre en Lorraine, 1908

Les Trois-Évêchés, Metz, Toul et Verdun, sont annexés de facto à la France en 1552 et annexés de jure en 1648 par les traités de Westphalie. La rivalité entre la maison d’Autriche et les Bourbons aboutit aux traités de Westphalie, mettant un terme à la guerre de Trente Ans, le 24 octobre 1648. La France, grande gagnante de ce long conflit, étend son territoire à l’Est en annexant l’Alsace, à l’exception de Strasbourg. La ville n’est rattachée à la France qu’en 1681. Ce terme désigne donc aussi le rattachement à la France des décapoles alsaciennes en 1648 et 1697, après la guerre de Trente Ans. Ce terme désigne enfin l’annexion du duché de Lorraine, qui intervient de jure en 1766, à la mort du dernier duc de Lorraine, Stanislas Leszczyński, beau-père de Louis XV, son prédécesseur François III de Lorraine ayant renoncé à la couronne ducale en 1737.
L’annexion de l’Alsace-Lorraine désigne généralement l’annexion d’une partie de ces territoires par le deuxième Reich allemand, en 1871, après la Guerre franco-prussienne de 1870. Ces territoires, considérés par les Allemands comme "germaniques" (exceptés Metz et le saulnois, de tradition latine) furent annexés en deux temps. Le Traité préliminaire de paix du 26 février 1871 mit fin aux combats entre la France et l’Allemagne. Le Traité de Francfort du 10 mai 1871 fixa les conditions de la paix. Outre une forte indemnité, la France doit céder une partie de son territoire :

  • En Alsace, les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, à l’exception de l’arrondissement de Belfort.
  • En Lorraine, l’ancien département de la Moselle, à l’exception de Briey, les arrondissements de Château-Salins et de Sarrebourg appartenant à l’ancien département de la Meurthe, ainsi que les cantons de Saales et de Schirmeck appartenant au département des Vosges. Ces derniers seront rattachés plus tard au Bas-Rhin. Ces territoires correspondent à l’actuel département de la Moselle.

Pendant l’annexion, les nouveaux territoires annexés à l’Allemagne ont juridiquement le même statut que les autres länder composant l’Empire allemand. À partir de novembre 1918 et jusqu’à la signature du Traité de Versailles, le 28 juin 1919, la région est de facto ré-annexée par la France, avant de faire de nouveau partie intégrante de la nation française, conformément à l’article 27 du traité. Après la défaite des armées françaises et le départ des troupes britanniques, la signature de l’armistice de juin 1940 prévoyait l’occupation du nord de la France par les armées du Troisième Reich. L’État nazi saisit l’occasion pour remettre la main sur l’Alsace et la Moselle. Elle expulsa donc les résidents non originaires de ces régions et considéra les autres comme des citoyens allemands. La victoire des Alliés et la Libération de la France, fin 1944 et début 1945, mit fin à cette dernière annexion.
Dans la plupart des départements français, le nouveau régime républicain est souvent accueilli dans l’indifférence. Dans un premier temps, peu nombreux sont ceux qui prennent la défense de l’Empire, discrédité par la défaite. En captivité, l’empereur veut assumer sa part de responsabilité dans le déclenchement du conflit qui lui a couté le trône impérial mais pas en endosser l’entière responsabilité. Dès le 8 septembre 1870, il signe un premier récit intitulé Conduite de l’Empereur depuis le commencement de la guerre puis donne des entretiens à la presse écrite, correspond avec Émile Ollivier et publie Note sur l’organisation militaire de la Confédération d’Allemagne du Nord dans laquelle il tente de se justifier et d’expliquer l’enchainement des faits depuis Sadowa, rappelant notamment son projet militaire (la loi Niel) qui est refusée par le Corps législatif.

Bien que discrédité par la défaite, il garde une réelle popularité dans les campagnes où beaucoup de paysans tentent de s’opposer au remplacement de leurs maires en septembre et octobre 1870. Des manifestations bonapartistes ont aussi lieu dans plusieurs départements et provinces, notamment en Normandie, en Charentes, dans le Puy-de-Dôme, dans le Limousin et en Corse. Napoléon III compte en fait sur la réunion des conseils généraux, élus en août 1870, et qui pourraient voter, selon ses espérances et ses renseignements, pour la restauration de l’Empire. Cependant, Gambetta met fin à ses illusions en décrétant la dissolution de ces conseils.

Une troisième Restauration

En août 1870, alors que la France de Napoléon III connaît de graves défaites dans la guerre contre la Prusse, le comte de Chambord quitte Frohsdorf dans l’intention de s’enrôler. Il lance le 1er septembre 1870 un appel à « repousser l’invasion, sauver à tout prix l’honneur de la France, l’intégrité de son territoire[12]. » Le 4 septembre 1870, le Second Empire s’effondre après la défaite de Sedan. Bismarck exigeant de négocier le futur traité de paix avec un gouvernement issu du suffrage des Français, des élections législatives sont organisées en février 1871. La nouvelle Assemblée compte 240 républicains contre 400 monarchistes, divisés entre légitimistes et orléanistes. Réunie à Bordeaux le 18 février, l’Assemblée nomme Adolphe Thiers « chef du pouvoir exécutif de la République française ». Elle s’investit en même temps du pouvoir constituant, mais annonce qu’elle ne l’exercera qu’ultérieurement. Elle ne veut envisager la restauration de la royauté que lorsque la France sera libérée de l’occupation allemande.
Le 8 juin 1871, l’Assemblée abolit les lois bannissant de France les Bourbons. Le comte de Chambord revient alors en France pour quelques jours, en juillet 1871. De son domaine de Chambord, il lance le 5 juillet un manifeste dans lequel il déclare :
« Je ne puis oublier que le droit monarchique est le patrimoine de la nation, ni décliner les devoirs qu’il m’impose envers elle. Ces devoirs, je les remplirai, croyez-en ma parole d’honnête homme et de roi. […...] Je suis prêt à tout pour relever mon pays de ses ruines et à reprendre son rang dans le monde ; le seul sacrifice que je ne puis lui faire, c’est celui de mon honneur. […] je ne laisserai pas arracher de mes mains l’étendard d’Henri IV, de François Ier et de Jeanne d’Arc. […] Je l’ai reçu comme un dépôt sacré du vieux roi mon aïeul, mourant en exil ; il a toujours été pour moi inséparable du souvenir de la patrie absente ; il a flotté sur mon berceau, je veux qu’il ombrage ma tombe. »

Pour le prétendant, refuser de renoncer au drapeau blanc est une question de principe, qui concerne l’idée même qu’il se fait de la monarchie : il ne peut accepter le drapeau tricolore, qui flottait sur le lieu de l’exécution de Louis XVI. Il précise sa pensée le 25 janvier 1872, par un nouveau manifeste, dans lequel il proclame : « Je n’ai pas à justifier la voie que je me suis tracée. [...] Je ne laisserai pas porter atteinte, après l’avoir conservé intact pendant quarante années, au principe monarchique, patrimoine de la France, dernier espoir de sa grandeur et de ses libertés. [...] Je n’arbore pas un nouveau drapeau, je maintiens celui de la France [...]. En dehors du principe national de l’hérédité monarchique sans lequel je ne suis rien, avec lequel je puis tout, où seront nos alliances ? [...] Rien n’ébranlera mes résolutions, rien ne lassera ma patience, et personne, sous aucun prétexte, n’obtiendra de moi que je consente à devenir le roi légitime de la Révolution. »

En mai 1873, le président de la République, Adolphe Thiers, déclare que « la république est préférable. La majorité royaliste de l’assemblée le remplace aussitôt par le maréchal de Mac Mahon, favorable à la restauration de la royauté.

Le 5 août 1873, le comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, se rend à Frohsdorf pour rencontrer le comte de Chambord et saluer en lui le « seul représentant du principe monarchique. » Il ajoute que si la France veut revenir à la monarchie, « nulle compétition ne s’élèvera dans notre famille. » Cette réconciliation des Bourbons et des Orléans doit en principe inciter les députés orléanistes à se joindre à leurs collègues légitimistes pour voter le rétablissement de la royauté.

Le 4 octobre, les députés royalistes nomment une commission chargée de s’entendre avec le comte de Chambord sur un projet de future constitution, préalable au vote de la restauration de la monarchie. La commission désigne le député des Basses-Pyrénées Charles Chesnelong pour rencontrer le prétendant. Le 14 octobre 1873, à Salzbourg, le comte de Chambord approuve le projet constitutionnel que lui expose Chesnelong. Au sujet du drapeau, les deux hommes conviennent d’un texte indiquant que le comte de Chambord « se réserve de présenter au pays et il se fait fort d’obtenir de lui par ses représentants, à l’heure qu’il jugera convenable, une solution compatible avec son honneur et qu’il croit de nature à satisfaire l’Assemblée et la Nation. » Le comte de Chambord n’a cependant pas caché à son interlocuteur qu’il n’accepterait jamais le drapeau tricolore.

L’accession au trône du comte de Chambord paraît très proche d’aboutir.Cependant, les parlementaires, relayés par la presse, interprètent les entretiens de Salzbourg dans un sens libéral : le drapeau tricolore est maintenu ; certains vont jusqu’à dire que le comte de Chambord l’accepterait. Le prétendant décide alors de démentir cette interprétation dans une lettre du 27 octobre 1873, qu’il fait publier dans le journal légitimiste L’Union. Il y constate que « l’opinion publique, emportée par un courant que je déplore, a prétendu que je consentais enfin à devenir le roi légitime de la révolution. [...] Les prétentions de la veille me donnent la mesure des exigences du lendemain, et je ne puis consentir à inaugurer un règne réparateur et fort par un acte de faiblesse. »

Le comte de Chambord réaffirme son attachement au drapeau blanc. Ne pouvant plus espérer obtenir une majorité, la commission qui préparait la restauration de la monarchie met fin à ses travaux le 31 octobre.

Le comte de Chambord, qui ne s’attendait pas à ce résultat, fait alors une démarche pour ressaisir ses chances : il se rend incognito en France le 9 novembre 1873 et s’installe à Versailles, 5 rue Saint-Louis, chez un de ses partisans, le comte de Vanssay.

Le 12 novembre, il fait demander par le duc de Blacas à rencontrer le maréchal de Mac Mahon, président de la République. Il songe sans doute entrer à la chambre des députés, appuyé au bras du président, et obtenir des parlementaires enthousiastes la restauration de la monarchie. Mais Mac Mahon se refuse à rencontrer le comte de Chambord, en estimant que son devoir de chef de l’exécutif le lui interdit. Dans la nuit du 20 novembre, l’Assemblée vote le mandat présidentiel de sept ans, prolongeant ainsi les pouvoirs de Mac Mahon. Pour les monarchistes, ce délai doit permettre d’attendre la mort du comte de Chambord, après laquelle son cousin, Philippe d’Orléans, comte de Paris, petit-fils de Louis-Philippe, pourrait monter sur le trône, en acceptant le drapeau tricolore. La République n’était alors envisagée que comme un régime temporaire.

Henri IV avait estimé que « Paris valait bien une messe » Le Comte de Chambord n’eut pas le même regard ; Il commit une faute quasi irréparable en renonçant au Trône pour une question de drapeau ; La France est devenue, pour son malheur une république, alors que le peuple souhaitait une Monarchie parlementaire mettant en exergue les valeurs républicaines.

La troisième république fut durant la majorité de sa durée, un régime antisémite, colonialliste, avec un de ces plus véhéments défenseurs le ministre Jules Férry. Ce régime fut vengeur au point de commettre une faute impardonnable, celle d’avoir tout fait pour que se déclenchent la plus horrible des guerres celle de 1914-1918. Des millions de soldats Français ou étrangers périrent sur le front des combats, dans des tranchées où régnaient le spectre de la mort. Clemenceau aurait pu arrêter le massacre en 1917 s’il avait accepté la proposition de l’empereur d’Autriche Charles II de signer un armistice. Mais le « tigre » refusa tout compromis.

Le traité de paix fut signé à Versailles en 1919, si ces conditions furent très dures pour l’Allemagne, il a cependant été bafoué par Hitler 10 ans après sa signature. Nous accusons les démocraties occidentales de s’être couchées face au dictateur nazi ; Ce sont ces démocraties qui sont les principales responsables du conflit de 1939-1945.

La première partie établit une charte pour une Société des Nations. Elle reprend l’idéal wilsonien d’une diplomatie ouverte, et régulée par un droit international. La treizième partie pose les principes du Bureau International du Travail. Le reste du traité est essentiellement consacré aux conditions de la paix en Europe. Un principe, énoncé à l’article 231, structure l’ensemble : l’Allemagne et ses alliés sont déclarés seuls responsables des dommages de la guerre (que l’Allemagne et l’Autriche-Hongie avaient effectivement déclarée en 1914). Ce principe justifie les exigences très lourdes des vainqueurs à l’égard de l’Allemagne. Les principales dispositions du traité sont :

Remaniements territoriaux

La seconde partie du traité définit les frontières de l’Allemagne, mais dans plusieurs régions, le tracé définitif est remis à plus tard. L’indépendance des nouveaux États de Pologne et de Tchécoslovaquie est également affirmée. L’indépendance de l’Autriche est également protégée : il est interdit à l’Allemagne de l’annexer (art. 80).
L’Allemagne se voit amputée de 15% de son territoire et de 10% de sa population au profit de la France, de la Belgique du Danemark, et surtout de la Pologne, nouvellement recréée. Il s’agit essentiellement de régions qu’elle avait naguère conquises par la force. Les principales transformations territoriales sont :

  • l’annexion par la France de l’Alsace-Lorraine (art. 27) ;
  • l’intégration à la Belgique des cantons d’Eupen et de Malmedy, dont la Vennbahn (art. 27) ;
  • la possibilité pour le Danemark de récupérer certains territoires du Nord de l’Allemagne où se trouvent des populations danoises. La décision doit être soumise à un vote de la population locale. (art. 109 à 111). Le référendum est mené en 1920. Les villes d’Aabenraa, Sønderborg et Tønder, et leurs environs passent alors au Danemark
  • Le Territoire du Bassin de la Sarre est placé sous administration internationale pour 15 ans. Son statut définitif doit être soumis à référendum.
  • D’importants territoires qui se trouvaient dans l’est de l’Allemagne sont attribués au nouvel État polonais (art.28). Dans certaines régions, le statut définitif n’est pas décidé. Il doit être déterminé par une commission ou par un référendum dans la zone concernée (art 87 à 93). Dantzig devient une ville libre, ce qui garantit l’accès de la Pologne à la mer mais a aussi pour effet de séparer la Prusse orientale, restée allemande, du reste de l’Allemagne.

Dispositions militaires

De nombreuses mesures sont prises pour limiter le pouvoir militaire de l’Allemagne, et protéger ainsi les États voisins. Les causes militaires forment la cinquième partie du traité.

  • L’Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 avions, ses quelques blindés et toute sa flotte (qui se sabordera dans la baie écossaise de Scapa Flow).
  • Son réarmement est strictement limité. Elle n’a plus droit aux chars, à l’artillerie et à l’aviation militaire.
  • Son armée sera limitée à un effectif de 100 000 hommes et le service militaire aboli.

Article détaillé : Occupation de la Rhénanie après la Première Guerre mondiale.

Dispositions économiques et financières



Page couverture de la version en anglais du traité. (Document publié vers le 28 juin 1919)

Suite aux dommages de guerre causés pendant toute la durée de la guerre dans le Nord de la France et en Belgique, l’Allemagne - considérée comme seule responsable de la guerre -, doit payer de fortes réparations à ces deux pays. Le montant à payer est fixé par une commission en 1921. Il s’élève à 132 milliards de marks-or, une somme très élevée. Le montant total des dommages causés par la guerre aux alliés a toutefois été estimé à 150 milliards de marks-or.

Plusieurs sanctions commerciales et des livraisons en nature complètent ce volet économique : l’Allemagne perd la propriété de tous ses brevets (l’aspirine de Bayer tombe ainsi dans le domaine public). Les fleuves Rhin, Oder et Elbe sont internationalisés et l’Allemagne doit admettre les marchandises en provenance d’Alsace-Moselle et de Posnanie sans droits de douane. En outre, le pays doit livrer aux Alliés du matériel et des produits.

Renoncement de l’Allemagne à son empire colonial

Dans la quatrième partie du traité, l’Allemagne, toujours à titre de compensations, est sommée de renoncer à son empire colonial. Il s’agit pour les puissances victorieuses d’agrandir leurs empires coloniaux aux dépens de l’Allemagne mais aussi de punir moralement l’Allemagne. L’Allemagne, responsable de la guerre, a fait acte de barbarie. En ce sens, elle est incapable d’assumer la mission civilisatrice que les contemporains attachent au colonialisme. C’est ainsi que, au sein des Alliés, les puissances coloniales riveraines des possessions allemandes en Afrique (Grande-Bretagne, France, Belgique et Union sud-africaine) se partagent ces dernières : le Cameroun, le Togo, l’Afrique-Orientale allemande (actuels Tanzanie, Rwanda et Burundi) et le Sud-Ouest africain (actuelle Namibie). Cette dernière colonie allemande a déjà été conquise militairement en 1914-1915 par l’Union sud-africaine, qui la reçoit en mandat par la SDN en 1920. Dans la foulée, l’Allemagne devra également renoncer à ses intérêts commerciaux (ses comptoirs et ses conventions douanières) de par le monde (Chine, Siam, Maroc, Égypte, Turquie, etc.).

Marianne troisième du nom a eu contibué à positiver la vie du peuple en votant une loi séparant l’Église de l’état, ; C’est aussi la troisième république qui grâce au front populaire vota des lois protégeant l’ouvrier en offrant au peuple qui souffre les premiers congés payés.

Ce régime commis des fautes impardonnables qui devaient nous conduire au cataclysme de 1939. Nous pouvons écrire qu’il y a eu trahison des dirigeants des démocraties occidentale. Ces nations ont laissé Hitler bafouer les accords du traité de 1919.

Celui qui ne devait disposer que d’une armée de cent mille hommes, c’est retrouvé, en 1939, à la tête d’une puissance militaire jamais égalée depuis le début des temps. HONTE à L’OCCIDENT !

Le 30 janvier 1933, Adolf Hitler est appelé à la Chancellerie (un poste équivalent à celui de Premier ministre).

Le président de la République, le vieux maréchal Paul von Hindenburg (86 ans), demande à Hitler (43 ans), chef ou Führer du parti national-socialiste allemand (le NSDAP, en abrégé nazi), de former le nouveau gouvernement allemand.

Tractations indignes

La nomination surprenante de Hitler fait suite à des tractations entre les dirigeants conservateurs, notamment l’ancien chancelier Franz von Papen, et les sympathisants nazis représentés par le docteur Hjalmar Schacht. Celui-ci est un financier réputé, à l’origine du redressement spectaculaire de l’économie allemande après la crise monétaire de 1923, « l’année inhumaine ».

Les conservateurs veulent se servir de Hitler pour enrayer la menace communiste et ils ne croient pas que les nazis représentent un réel danger pour la démocratie allemande.

Le parti nazi est en effet en perte de vitesse depuis les élections législatives du 6 novembre 1932 qui lui ont valu 33,1% des suffrages au lieu de 37,3% en juillet. Il a perdu deux millions de voix sur un total de 17 millions en quatre mois !

C’est ainsi qu’une rencontre est organisée le 4 janvier 1933 entre von Papen et Hitler dans une villa mise à disposition par le banquier Kurt von Schröder. Chacun se partage les rôles.

Le gouvernement que forme Hitler de la façon la plus légale est largement ouvert aux représentants de la droite classique. Il ne compte que trois nazis, Hitler compris. Von Papen est lui-même vice-chancelier.

Faute de majorité absolue au Parlement, Hitler paraît loin de pouvoir gouverner à son aise. Personne ne prend au sérieux ses discours racistes. Beaucoup d’Allemands pensent par contre qu’il peut redresser le pays en proie à la crise économique.

Course à la dictature

Avec une rapidité foudroyante et par des moyens tout à fait illégaux, Hitler va asseoir sa dictature en dépit de la faible représentation de son parti au gouvernement et au Reichstag.

Dès le lendemain de son investiture à la Chancellerie, Hitler dissout le Reichstag et prépare de nouvelles élections pour le 5 mars 1933. Dans le même temps, il trace ce que son chef de la propagande, Josef Goebbels, appelle « les grandes lignes de la lutte armée contre la terreur rouge ».

Hitler salue Hindenburg à Postdam le 21 mars 1933

Les miliciens de son parti, les Sections d’Assaut (SA), terrorisent l’opposition en guise de campagne électorale (ils commettent pour le moins 51 assassinats).

Ils bénéficient de la position-clé de l’un des principaux acolytes de Hitler, à savoir Hermann Goering,

Celui-ci est ministre de l’Intérieur du principal État allemand, la Prusse, et il en profite pour manipuler la police, révoquer les fonctionnaires hostiles, placer des nazis aux postes essentiels...

Hitler fait planer le spectre de la « révolution bolchevique » mais celle-ci tardant à éclater, il décide de l’inventer. Le 24 février, une descente de police au siège du Parti communiste allemand permet à Goering d’annoncer la saisie de documents annonçant ladite révolution... Mais ces documents ne seront jamais publiés.

Comme toute cette agitation ne semble pas suffire à rallier une majorité de suffrages aux nazis, ces derniers décident en conséquence de brûler le Reichstag.

L’acronyme « nazisme » est la contraction de « national-socialisme » (Nationalsozialismus en allemand). En effet, le « national-socialisme » se veut distinct du « socialisme international », c’est-à-dire des mouvements socialistes internationalistes, d’inspiration marxiste ou non, tels que l’Internationale socialiste ou l’Internationale communiste, dont la vocation « antipatriotique » était à l’opposé du nationalisme pangermaniste hitlérien. L’idéologie nazie se distingue également d’autres doctrines nationalistes de l’époque comme, en France, le « socialisme national » de Maurice Barrès, qui disait combiner nationalisme et « socialisme », mais rejetait les théories racistes du nazisme allemand.

Le fameux Programme en 25 points, programme politique du nazisme, fut exposé pour la première fois dans une réunion publique le 24 février 1920 à la Hofbräuhaus de Munich (célèbre brasserie pourvue d’une vaste salle propice aux réunions politiques et qui existe toujours) par Adolf Hitler lui-même. Dans ce programme, Hitler exige l’abrogation du traité de Versailles et il exclut les juifs de la citoyenneté allemande. Suite à cette assemblée fondatrice, le DAP (Deutsche Arbeiter Partei, Parti ouvrier allemand) prendra désormais le nom de NSDAP (National Sozialistische Deutsche Arbeiter Partei, Parti national-socialiste des travailleurs allemands) : le parti nazi est né.

En 1925 (soit, plus de quatre ans après, un coup d’État manqué et plusieurs séjours en prison après la proclamation initiale), Adolf Hitler publie Mein Kampf (Mon Combat) (à la fois autobiographie, idéologie et programme politique), ouvrage écrit en prison, et qui deviendra le texte de référence du nazisme. La thèse selon laquelle le national-socialisme n’était rien d’autre, en somme, qu’un hitlérisme[1], est fort discutée. Néanmoins l’opportunisme politique sera, dès le début de sa carrière, une constante dans les discours et écrits d’Adolf Hitler. L’historien britannique Ian Kershaw, auteur d’une imposante biographie d’Hitler montre ainsi que l’apparition de certaines expressions ou concepts pourtant propres au discours hitlérien (par exemple le slogan Lebensraum, soit : espace vital) sont assez tardives. Et c’est Hitler lui-même qui rappellera que ce n’est qu’en juin 1919 que les cours d’économie de Gottfried Feder sur « l’esclavage par l’intérêt » fournirent le levier qui lui manquait pour animer un véritable parti politique : « Après avoir écouté le premier cours de Feder, l’idée me vint aussitôt que j’avais trouvé le chemin d’une condition essentielle pour la formation d’un nouveau parti. »

Peu après l’accession d’Hitler à la Chancellerie le 30 janvier 1933, les autres partis politiques sont progressivement éliminés ou interdits. Le 14 juillet 1933, le NSDAP devient un parti unique en Allemagne et le restera jusqu’à la chute du Troisième Reich en mai 1945.

Idéologie


Ghetto de Varsovie, mai 1943

Pour les nazis, les pays et territoires germanophones avaient vocation à dominer le reste du monde. Ils alléguaient à cette fin l’appartenance des peuples germaniques à une « race supérieure », les « indo-européens » (Indo-Germanisch) ou encore « aryens », dont auraient été issus tous les génies de l’humanité. Les peuples désirant survivre devaient ainsi s’incliner devant la « race des seigneurs ».

En conséquence, cette idéologie, du reste clairement évoquée dans Mein Kampf, prône le recours systématique à la force. Pour Hitler, la diplomatie ou la négociation ne sont que des leurres : « Les territoires opprimés [c’est-à-dire les Sudètes et l’Autriche] ne sont pas réincorporés à la patrie commune par des protestations enflammées, mais par les coups victorieux qu’assène le glaive. Forger ce glaive, telle est la tâche de la politique intérieure du gouvernement ; permettre au forgeron de travailler en toute sécurité et de recruter des compagnons d’armes, telle est celle de la politique étrangère. »[2],[3]

Les nazis étaient clairement xénophobes, demandant par exemple « que tous les non-Allemands établis en Allemagne depuis le 2 août 1914 soient immédiatement contraints de quitter le Reich », et que « tous les directeurs et collaborateurs de journaux paraissant en langue allemande soient des citoyens allemands »[4]. Ils s’opposaient à la « conception matérialiste du monde », et se revendiquant d’un « Christianisme positif »[5].

Le programme national-socialiste prétendait également avoir une dimension sociale, symbolisée par le rouge dans le drapeau nazi, qu’il imposa à l’Allemagne[6]. D’après les travaux de l’historien Götz Aly, les nazis témoignaient d’un réel souci des classes populaires[7] : ils réorganisent les professions, créent des mutuelles et des prestations sociales, luttent contre le chômage, favorisent des loisirs et des fêtes pour les couches populaires, etc. Pour Aly, c’est d’ailleurs là l’une des clés de la popularité du régime.

La tendance « socialisante » de la doctrine nazie fut cause de dissensions graves entre les dirigeants du parti. À ses débuts, Joseph Goebbels qualifiait ainsi le nazisme de « bolchévisme national ». Cependant, Hitler, par pragmatisme et opportunisme politique, sera conduit à accepter les financements d’industriels inquiétés par la montée du communisme et à abandonner certaines revendications et à éliminer sans pitié les courants par trop « socialisants » (les frères Strasser, Röhm, etc).

Des étudiants nazis brûlent les livres jugés dangereux par les nazis en public le 10 mai 1933. C’est un autodafé .

Le nazisme prétend être une idéologie totalitaire, cherchant à dominer et à contrôler tous les aspects de la vie des citoyens, embrigadés dès l’enfance dans toutes sortes d’associations maîtrisées par le Parti qu’ils étaient destinés à servir : Napolas, Jeunesses hitlériennes, Association des jeunes filles allemandes, Association des femmes allemandes, Association des Allemands de l’étranger, Secours populaire du parti nazi, Secours d’Hiver du peuple allemand.

Le régime nazi, proche du fascisme, duquel il a pris le caractère démonstratif que celui-ci a initié, assurant le culte du chef et le respect de la doctrine du Parti par l’usage systématique de mise en scènes théâtrales, et aussi de la violence. Le culte de la personnalité est sans doute un élément central du nazisme, en ce qu’il permet au chef du mouvement d’exercer un pouvoir sans limite. Mais il s’inspire aussi du bolchévisme, adoptant le principe d’un parti unique constitué de militants professionnels, parmi lesquels il recrute des milices privées, les SA et les SS, enfin en organisant la toute puissante Gestapo dès la prise de pouvoir.


Procès des principaux dirigeants nazis, Nuremberg, 1946.

La doctrine nazie se fondait sur une classification raciale des hommes selon la « qualité de leur sang ». Les Tziganes, les Asiatiques et les Noirs étaient classés au plus bas dans l’échelle des races, juste avant les Juifs et après les Slaves et les Méditerranéens. Elle aboutit à pousser les applications de l’eugénisme dans ses conséquences extrêmes, en particulier, l’élimination des malades et handicapés du Programme Aktion T4, l’expérience des lebensborns, et surtout la Shoah. Elle incitait à expulser hors d’Allemagne les hommes des « races inférieures », en particulier les Juifs envers lesquels elle a immédiatement pris des mesures vexatoires, favorisant l’émigration des plus riches et des plus déterminés vers d’autres pays, avant d’enfermer progressivement les autres dans des camps de concentration, avec les opposants politiques et religieux et les « asociaux » de tous ordres.

Pour Ian Kershaw, « étant donné sa nature, sa composition et ses forces dominantes, le mouvement nazi ne pouvait avoir qu’une conception du changement social négative (liquidation des organisations de la classe ouvrière, discrimination accrue contre les minorités) » Les Aryens

Les nazis utilisèrent le terme d’Aryen pour définir la race humaine qu’ils considéraient la plus pure, la plus supérieure et la plus noble, qui était appelée « race nordique » par certains scientifiques de cette époque. Les idéologues nazis prétendaient que cette théorie aurait été confirmée par l’Histoire, l’expérience pratique, et les traits uniques de l’Aryen (notamment les cheveux blonds et les yeux bleus).

Objectifs[modifier]


Antisémitisme en Allemagne en 1933. Sur la pancarte : « Allemands, défendez-vous ! N’achetez pas chez les Juifs ! »

Le nazisme prône la supériorité de la « race aryenne » sur toutes les autres « races » humaines. Ce qu’il nomme « race aryenne » est en fait une notion à la fois morphologique, culturelle et religieuse. Le « véritable » aryen est celui qui est physiquement proche du canon germanique. La croyance commune fait correspondre cette « race aryenne » à l’image d’un homme pâle, blond aux yeux bleus et de culture germanique. En réalité, les critères, bien que restreints, étaient sensiblement plus larges (notamment au niveau des couleurs des yeux et des cheveux). D’après Hitler, cette race aryenne est l’unique source de tous les progrès de l’Humanité. Seuls ceux qui ont une trace de sang aryen peuvent avoir du génie. Les autres « races » ne font qu’imiter voire, comme les Juifs, spolier ou détruire le génie humain. A ce titre, la race aryenne doit conserver la pureté de son sang pour concentrer le génie humain dans une race qui dominera le monde. Pour la survie de l’Humanité, les nazis se doivent d’éliminer les races et « peuples inférieurs » qui en polluant la génétique humaine, l’amènent à sa perte. Les nazis classèrent ainsi les populations en fonction de ce qu’ils appelaient les « races à éduquer » (les Latins, les Japonais par exemple), les « races à réduire en servitude » (les Slaves, les Asiatiques, les Noirs) et les « races à exterminer » (les personnes de confession ou d’ascendance juive et le peuple tzigane).

Hiérarchie des « races »

La doctrine raciale nazie se basait surtout sur l’œuvre d’Hans Günther, professeur de « science raciale » à l’Université d’Iéna dont les idées étaient fortement soutenues par le gouvernement allemand[9]. Selon Günther tous les Aryens partagent un type nordique idéal qui crée un contraste avec les Juifs, qui constituent plutôt un mélange de plusieurs races. La lignée généalogique, les mesures anthropologiques de crânes et les évaluations de l’apparence physique étaient tous des outils utiles à la détermination de la race. Pour Gunther, même si l’apparence physique était la chose observée, « le corps est l’enveloppe de l’âme » et « l’âme est primaire. » Toutefois dans la doctrine raciale nazie les catégories de « sang allemand » et de « sang étranger à l’espèce » ne furent jamais clairement définies, et entre le pôle aryen et le pôle juif se trouvait toute une nébuleuse de races qu’il était parfois malaisé de situer sur une échelle. Concernant les races européennes Gunther les divisait en race nordique (nord de l’Europe), méditerranéenne (sud de l’Europe et Afrique du Nord), dinarique (Balkans), alpine et est-baltique[10].

Lutte des races

Alfred Rosenberg, théoricien du nazisme dont l’influence fut également importante, qui développa ses théories raciales dans Le Mythe du vingtième siècle (1930), où il réduit l’Histoire à une lutte des races et met en valeur l’homme nordique menacé par le métissage, les juifs et les valeurs judéo-chrétiennes, considérait également les Berbères d’Afrique du Nord comme descendants des peuples Aryens atlanto-nordiques : « Les Berbères, dont une partie conservent encore la peau claire et souvent même les yeux bleus, ne remontent pas aux raids ultérieurs des Vandales, mais bien à la très ancienne vague atlanto nordique. De nombreux chasseurs Kabyles, par exemple, sont aujourd’hui encore irréfutablement d’origine nordique[11]. »

Moyens utilisés


Libération du camp de Buchenwald, 16 avril 1945

Les nazis éliminèrent, stérilisèrent ou emprisonnèrent ceux qu’ils considéraient comme malades, ou ceux qui étaient considérés comme atteints de maladies héréditaires (cécité, alcoolisme, schizophrénie, etc.), ou de maladies mentales, en s’appuyant sur une lecture particulière des théories eugéniques du Britannique Francis Galton (cf. L’Eugénisme sous le nazisme). En septembre 1939 Hitler donna son assentimment à la mise en œuvre d’un programme d’euthanasie, sans distinction d’âge, des personnes handicapées ou atteintes de certaines maladies incurables. Ce programme appelé Aktion T4 fut mené par un petit nombre d’hommes triés sur le volet et sous le contrôle de médecins. Au total au moins 200 000 personnes en furent victimes entre 1940 et 1945[12],[13].

Après avoir conquis le pouvoir absolu, les nazis éliminèrent selon des procédés systématiques et par cercles concentriques entre 5 et 6 millions de Juifs (notamment, mais pas uniquement, à l’aide de chambres à gaz) ainsi que de nombreux Tziganes, entre 500 000 et 1 million, dont 23 000 ont été recensés dans le seul camp d’Auschwitz. Ils stérilisèrent aussi 400 000 Allemands et incarcérèrent tous les opposants au pouvoir dans des camps de concentration.
L’extermination des Juifs est appelée la « Shoah », ce qui signifie « catastrophe » en hébreu.

Prologue : la défaite de 1940 et l’invasion allemande

En réponse à l’invasion de la Pologne par les troupes d’Adolf Hitler, la France et le Royaume-Uni déclarent la guerre au IIIe Reich. Adoptant alors une stratégie défensive, les deux alliés, au lieu d’envahir l’Allemagne dont l’armée est occupée en Pologne, laissent passivement son armée détruire les troupes polonaises. Les Français restent donc derrière la ligne Maginot et temporisent, en espérant pouvoir s’appuyer sur un blocus maritime, comme celui qui provoqua l’effondrement allemand en 14-18. C’est la « drôle de guerre ». Mais le 10 mai 1940, Hitler attaque en envahissant les Pays-Bas, le Luxembourg et la Belgique. Le commandement français s’y attendait et lance ses troupes à la défense de la Belgique, comme prévu. Utilisant à plein les concepts des novateurs français de 1918, ignorés par leur propre commandement (choc et rapidité, couple char-avion, concentration), le fer de lance de l’armée allemande (une dizaine de divisions blindées) traverse le massif des Ardennes, jugé impénétrable par les généraux français (et donc mal défendu, et mal soutenu lorsque l’attaque apparut évidente) et encercle du sud vers le nord l’armée franco-britannique engagée en Belgique.

Début juin, défendu autour de Dunkerque par quelques divisions françaises qui se sacrifient, le contingent britannique regagne l’Angleterre lors de l’opération Dynamo. Le gouvernement quitte Paris le 10 juin pour Bordeaux. Les réfugiés qui fuient la Belgique et le Nord de la France sont alors rejoints par deux millions de réfugiés de la région parisienne. Selon l’historien Jean-Pierre Azéma, entre le 15 mai et le 10 juin, au moins six millions de Français abandonnent leur domicile. Participant à l’« exode » de 1940, ils se retrouvent sur les routes sous les attaques de la Luftwaffe, et ruinent la logistique militaire française. La bataille de France est perdue, en dépit de la résistance héroïque de nombreuses unités. La campagne militaire cause 120 000 morts côté français (100 000 militaires et 20 000 civils) et 40 000 militaires côté allemand ; les Allemands font plus de deux millions de prisonniers.

Le 10 juin 1940, Mussolini, allié d’Hitler, déclare la guerre à la France (sa démarche étant qualifiée de « coup de poignard dans le dos »[11],[12],[13]), mais ne parvient pas à faire avancer ses troupes à travers les Alpes bien défendues par l’armée des Alpes du général Olry. Franco, sollicité, refuse d’entrer en guerre contre la France, même lorsque l’effondrement français est patent.

La demande d’armistice

C’est la panique en France dans le monde politique et militaire. Certains veulent poursuivre la lutte alors que d’autres veulent demander l’armistice. Paul Reynaud, bien qu’étant pour la poursuite de la guerre, est trop timoré et n’agit pas de manière ferme. Pourtant appuyé sans réserve par le ministre de la Marine et des Colonies, le ministre de l’Armement et le sous-secrétaire d’État à la Guerre Charles de Gaulle, et soutenu de façon relative par le président de la République Albert Lebrun, la majorité du Conseil des ministres et quelques militaires, il ne parvient pas à constituer un « cabinet de guerre » à l’anglaise.

C’est le deuxième camp, soutenu par le général Weygand, le maréchal Pétain, Pierre Laval et l’amiral Darlan, qui l’emporte. Le général de Gaulle, partisan de la poursuite de la guerre, rejoint Londres pour chercher du soutien auprès des Alliés. D’autres personnalités se réfugient en Amérique. Le président du Conseil Paul Reynaud, qui voulait continuer la lutte, choisit finalement de démissionner le 16 juin 1940.

Le président de la République Albert Lebrun nomme alors le maréchal Pétain président du Conseil. Le lendemain (17 juin), ce dernier forme un nouveau gouvernement à Bordeaux, puis annonce à la radio que la France doit cesser le combat et demander l’armistice. Suite à quoi, le général de Gaulle prononce depuis Londres son « Appel du 18 Juin » devenu célèbre (mais passé relativement inaperçu dans le chaos ambiant). Le mouvement de la France libre s’organise au Royaume-Uni avec d’autres volontaires français.

Le 22 juin 1940, la délégation française doit aller signer l’armistice, dans la clairière de Rethondes, dans le wagon qui avait servi de cadre à l’armistice de la Première Guerre mondiale et devant le monument qui parlait de l’« orgueil criminel de l’Empire allemand vaincu par les peuples qu’il voulait asservir ». Hitler fait ensuite exploser le monument sous les caméras. Quant au wagon il est envoyé en Allemagne, où il sera détruit en 1945. L’Allemagne entend ainsi effacer la défaite de la Première Guerre mondiale et humilier la France.

L’armistice

Article détaillé : Armistice du 22 juin 1940.

Les conditions de l’armistice sont motivées par les préoccupations d’Hitler à cette époque. Il faut bien sûr, empêcher de façon durable que la France ne redevienne une grande puissance militaire, mais à court terme, il faut veiller à ce que sa flotte ne rejoigne pas le Royaume-Uni qui reste le dernier pays à vaincre ou à séduire, car un accord de paix avec le Royaume-Uni reste souhaité en cette fin du mois de juin. Enfin, il ne faut froisser ni l’allié italien, ni le potentiel allié espagnol. Ce sont toutes ces considérations complexes qui vont déterminer le contenu de la convention d’armistice, un texte bref de vingt-quatre articles, qui contient notamment les clauses suivantes.


Zones d’occupation en France de 1940 à 1944 :

  • initialement en juillet 1940, le pays est coupé en quatre : zone occupée, zone libre (séparées par une ligne de démarcation), Alsace-Moselle annexée par le Reich, et deux départements du Nord sous l’administration militaire allemande de Bruxelles ;
  • en novembre 1942 la zone occupée allemande s’étend : à la zone initiale (dite « zone Nord ») s’ajoute la majeure partie de la zone libre (dite « zone Sud » à partir de nov. 1942) ; simultanément l’Italie occupe la plupart des territoires à l’est du Rhône et la Corse.
  • en octobre 1943 les Italiens se retirent, la zone occupée allemande s’étend à tout le pays, mais simultanément la Corse se libère.
  • durant l’été 1944, à partir du 6 juin, la plus grande partie du territoire est libérée par les forces Alliées et celles de la Résistance.
  • Les prisonniers de guerre (plus de 1,8 million d’hommes) restent en captivité jusqu’à la signature d’un accord de paix.
  • La moitié nord, ainsi que la côte atlantique, passent sous occupation allemande : c’est la zone occupée, qui couvre à peu près les trois cinquièmes du territoire. Le reste constitue la zone libre (c’est-à-dire « non occupée »), regroupée essentiellement au sud de la Loire. Les deux zones sont séparées entre elles par la ligne de démarcation.
  • La France doit pourvoir à l’entretien de l’armée d’occupation. Il s’avéra que le montant de ces indemnités allait être fixé de façon quasi-discrétionnaire par les Allemands, et leur montant s’élèvera, en moyenne, à 400 millions de francs par jour.
  • Dans la zone libre, l’armée française est limitée à 100 000 hommes et les troupes sont désarmées.
  • La souveraineté française s’exerce sur l’ensemble du territoire exceptées l’Alsace et la Moselle : elle s’exerce donc en zone occupée, mais dans celle-ci, il est stipulé que l’Allemagne exerce « les droits de la puissance occupante[15] », ce qui implique que l’administration française doit collaborer avec elle d’une « manière correcte[15] ».
  • L’Empire colonial français reste également sous l’autorité du Gouvernement français.
  • Les bâtiments de la flotte de guerre française rejoignent leurs ports d’attache du temps de paix, Cherbourg, Brest et Lorient se trouvant en zone occupée. (« La désignation de ces ports sera faite d’après les ports d’attache des navires en temps de paix »).
  • La France doit livrer les réfugiés politiques allemands ou autrichiens présents sur son sol.

Le choix d’Hitler de laisser à la France vaincue son empire peut paraître aujourd’hui tout à fait contestable. À l’époque, dans une lettre au Duce, Hitler a justifié ce choix (ainsi que celui de maintenir une zone non occupée), par le souci de ne pas pousser la France et sa puissante flotte à continuer la guerre à partir de ses colonies, la marine allemande n’étant pas en mesure de conquérir le vaste empire colonial Outre-Méditerranée, et l’envoi de troupes dans des contrées éloignées n’entrant pas dans la stratégie d’Hitler. Dans les faits, à l’exception de l’Afrique équatoriale française, de la Polynésie française (alors désignée sous le nom d’Établissements français de l’Océanie) et de la Nouvelle-Calédonie, les colonies françaises ne se rallieront ni à de Gaulle ni aux Alliés dans les mois qui suivront l’armistice.

De son côté, Churchill, face au risque de voir la flotte française rejoindre ses ports d’attaches maintenant occupés par l’ennemi, conformément aux conventions d’armistice envoie le 3 juillet 1940, dépêche une escadre britannique pour sommer l’escadre française de Mers el-Kébir de se joindre à elle, ou de rejoindre les Antilles françaises[16]. L’amiral français Marcel Gensoul rejeta l’ultimatum, sans informer Vichy de toutes les possibilités ouvertes par celui-ci, dont celle de rejoindre les Antilles françaises pour se mettre à l’abri des Allemands. Il s’ensuivit un combat naval à Mers el-Kébir, au cours duquel trois des six navires de ligne que possède la marine française sont détruits ou mis hors de combat.

En outre, l’Italie bien que revendiquant l’ancien comté de Nice et la Savoie, dont elle n’est pas parvenue à s’emparer, doit se contenter d’une partie de Menton et de Fontan (ses seules prises de guerre). Les autres territoires revendiqués (dont la Corse) ne seront occupés par l’armée italienne qu’ultérieurement, le 11 novembre 1942, lors de l’invasion de la zone antérieurement non occupée.

Le fondement législatif du régime de Vichy

Articles détaillés : Loi constitutionnelle du 10 juillet 1940 et Vote des pleins pouvoirs à Philippe Pétain le 10 juillet 1940.

Le nouveau gouvernement et l’Assemblée nationale s’installent en juillet à Vichy, ville calme et disposant de grandes capacités hôtelières. Une propagande est mise en place, destinée à justifier les choix politiques dont celui de la nouvelle « capitale ». Le culte de la personnalité du maréchal, appelé aussi « maréchalisme » en est le principal moteur.

Le 10 juillet 1940 est soumise à l’Assemblée nationale, réunion de la Chambre des députés et du Sénat (réunie pour l’occasion dans la salle de l’Opéra du Grand Casino de Vichy), une proposition de révision de la Constitution permettant d’attribuer les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, président du Conseil. Sur 649 suffrages exprimés, sur les 907 parlementaires de l’époque, 57 députés et 23 sénateurs votent « non », 20 autres parlementaires s’abstiennent (dont 3 après demande de rectification de leur vote) et le reste approuve. La séance fut présidée par Jules Jeanneney.

Appel du 18 Juin

L’appel du 18 Juin est le premier discours prononcé par le général de Gaulle[1] à la radio de Londres, sur les ondes de la BBC, le 18 juin 1940, dans lequel il appelle à ne pas cesser le combat contre l’Allemagne nazie et dans lequel il prédit la mondialisation de la guerre. Ce discours – très peu entendu sur le moment mais publié dans la presse française le lendemain et diffusé par des radios étrangères – est considéré comme le texte fondateur de la Résistance française, dont il demeure le symbole.

Historique

De Gaulle arrive à Londres le 17 juin 1940 avec l’intention de négocier avec les Britanniques, alliés de la France, la poursuite de la guerre, après avoir exposé son plan à Paul Reynaud. Il rencontre le Premier ministre britannique, Winston Churchill, dans l’après-midi. De Gaulle expose son projet de maintenir la France dans le combat même en cas de capitulation du gouvernement installé à Bordeaux. Il émet le souhait de pouvoir s’exprimer à la radio dès que la nouvelle de la capitulation tombera. Churchill donne son accord de principe et met à disposition la BBC.

Dans la soirée du 17, l’écho du discours du maréchal Pétain, nouveau chef du gouvernement français, parvient à Londres. Ce dernier annonce son intention de demander à l’ennemi la signature d’un armistice. Churchill et de Gaulle conviennent dès lors que le second s’exprimera dès le lendemain sur les ondes mais le Premier Ministre devra écarter les réticences de certains membres du cabinet, notamment Lord Halifax.

De Gaulle lit son discours sur les antennes de la BBC à 18 heures, heure locale, le 18 juin 1940. C’est un appel à la poursuite du combat aux côtés des alliés britanniques. Pour le général de Gaulle, la bataille de France, qui vient certes d’être gagnée par les Allemands, ne signifie pas la fin de la guerre. Car « cette guerre est une guerre mondiale » et la France pourra s’appuyer sur la force industrielle de ses alliés et notamment celle des États-Unis. S’adressant aux soldats français, ce message d’espoir se termine par un appel à la « résistance », dont la flamme « ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas », faisant entrer le terme dans le vocabulaire politique du XXe siècle.

Pour autant, contrairement à une idée courante, l’appel du 18 Juin n’est pas une invitation à constituer des réseaux de résistance sur le territoire français. En militaire, de Gaulle s’adresse avant tout, et de manière explicite, aux militaires (officiers et soldats) et aux spécialistes des industries de l’armement (ingénieurs et ouvriers).

Par ailleurs, l’appel n’a été entendu que par peu de Français. En effet, les troupes étaient prises dans la tourmente de la débâcle, quand elles ne poursuivaient pas le combat, tout comme la population civile. Les plus avertis n’en entendent parler que les jours suivants, dans la presse britannique en particulier, ou par ouï-dire. L’information est également reprise dans certains journaux français (Le Petit Marseillais, Le Progrès de Lyon) et étrangers[2],[3]. Ce n’est donc qu’ultérieurement, après avoir lancé d’autres appels encourageant les Français de la métropole, de l’empire et du monde entier à résister, que ce discours sera notoirement connu. Par sa médiatisation, la condamnation à mort du général de Gaulle par le tribunal militaire permanent de la 13e Région, séant à Clermont-Ferrand, le 2 août suivant, a largement contribué à le faire connaître en France ; l’information paraît ainsi en une de Paris-Soir et du Figaro.

L’appel du 18 Juin marque néanmoins le début de la France libre qui, formée uniquement de volontaires (au début très peu nombreux), poursuit le combat sur terre, sur mer et dans les airs auprès des Britanniques et représente, face au régime de Vichy, la France qui se bat. L’évasion la plus impressionnante fut celle de l’Île de Sein au nombre de 133 pêcheurs. Le général de Gaulle[4]fut venu rendre hommage à l’épopée patriotique des Sénans[5]en 1940.

Plusieurs précisions sont à apporter au sujet de l’appel du 18 Juin 1940 :
Si le texte du 18 Juin est connu, nous ne disposons en revanche d’aucun enregistrement sonore. Les documentaires lui substituent souvent l’appel du 22 Juin (dont l’enregistrement, lui, nous est parvenu) mais sans toujours préciser qu’il ne s’agit pas (et qu’il ne peut s’agir) de celui du 18. Si la teneur des deux textes est assez proche, le général de Gaulle présente un argumentaire plus solide, le jour même de l’armistice franco-allemand.


L’affiche « À tous les Français », à ne pas confondre avec l’appel du 18 Juin.

Par ailleurs, l’appel du 18 Juin est très souvent confondu avec le texte de l’affiche « À tous les Français » qui fut placardée sur les murs du Royaume-Uni, début août 1940. L’un et l’autre textes ont été publiés en première page du no 1 du Bulletin officiel des Forces françaises libres le 15 août 1940.

Enfin un notaire français, Jacques Fourmy, et l’historien suisse Christian Rossé ont retrouvé les retranscriptions de l’appel réalisées par les services d’écoute de l’armée suisse. Cela constitue sans doute le seul enregistrement papier original. « Dans les archives fédérales suisses de Berne, le compte-rendu du discours du général du Gaulle apparaît dans le Bulletin n° 153 publié par le Gruppe Ohr (Service écoute de la Division Presse et Radio de l’État-major suisse) à 6 h 00 le 19 juin 1940, à la page 3[6]. »

Le général de Gaulle a en outre été filmé, le 2 juillet 1940, prononçant une version légèrement différente de son appel, pour les actualités cinématographiques[7].

Après avoir déjeuné le jour même avec Duff Cooper, ministre britannique de l’information, le général de Gaulle doit rendre son texte plus neutre, le cabinet de guerre britannique voulant ménager Philippe Pétain, le nouveau chef du gouvernement français[8]. Toutefois, c’est la version originale qui a été publiée le lendemain dans la presse britannique, puis dans le Bulletin officiel des Forces françaises libres du 15 août 1940, le premier numéro du Journal officiel de la France libre le 20 janvier 1941 et l’ensemble des recueils de discours du général de Gaulle.

Mémoire


Monument élevé en 1963 à Jersey par les Français libres, remerciant les habitants de l’île pour l’aide qu’ils leur ont apportée, lorsqu’ils ont franchi la Manche pour rejoindre de Gaulle suite à son appel


Plaque commémorative avec le texte du discours de De Gaulle à Vienne (Isère).

Le 18 juin 2005, l’appel du 18 Juin a été classé par l’Unesco sur le registre international Mémoire du monde, où sont recensés depuis 1992 les documents du patrimoine documentaire d’intérêt universel, en vue d’assurer leur protection. L’inscription, proposée conjointement par l’Institut national de l’audiovisuel (INA, France) et la BBC, concerne quatre documents considérés comme les témoignages clés de l’événement : le manuscrit du texte de l’appel radiodiffusé du 18 juin, l’enregistrement radiophonique de l’appel du 22 Juin, le manuscrit de l’affiche « À tous les Français » du 3 août et l’affiche elle-même. L’exactitude du dossier remis à l’Unesco à cette occasion est néanmoins contestée par l’historien François Delpla.

La IV° république s’effondra le 13 mai 1958 suite au coup d’État fomenté par le général de Gaulle. L’armée sous l’impulsion des amis du général fit pression sur le Général SALAN commandant en chef de nos armées en Algérie. La république s’effondra rapidement ; Le général de Gaulle fut appelé par le Président René Coty pour former un gouvernement. Le Général ne put tenir sa promesse de maintenir notre département d’Algérie au sein de la Métropole ; Il s’en suivit des hordes de crimes que de Gaulle réussit à mater au prix de drâmes rarement atteints depuis la révolution de 1792.

Par la suite de Gaulle devint chef de l’État et fit voter une nouvelle constitution ; Cette dernière ne peut continuer à servir la France vu le système quasi dictatorial qu’elle exerce. De Gaulle avait une autorité relevant de l’histoire de notre Patrie ; Ses successeurs n’avaient , et ont aucune légitimité à gouverner, ils étaient et sont des autocrates dont nous devons, nous débarrasser. Changer de régime, voilà une nécessité. Une véritable démocratie où le pouvoir est au Palais Bourbon.

Une démocratie Royale imbibée des valeurs républicaines.

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