L’HÉRITAGE DE LA DETTE.

Dimanche 26 février 2012 // La France

Le déficit public c’est un peu comme le nucléaire ; on ne sait pas en sortir ! Trop de dépenses inutiles le creusent, par exemple les déplacements incessants, obsessionnels et compulsifs de nos politiques qui sautent, sans arrêt, d’un avion à l’autre. Je ne suis pas, loin delà, contre les services publics ; toutefois quand je lis dans la presse que des chercheurs travaillent à analyser le contenu de 50.000 SMS ou les photos de 100.000 sourires, je me demande si ce n’est pas avec mes impôts.

La question contient la réponse ! L’équilibre budgétaire paraît être un rêve inaccessible tant on a creusé le déficit et pris de mauvaises habitudes. Et on continue ! Récemment, en prenant l’exemple de l’hôpital de Créteil, la Cour des Comptes a dénoncé une trouvaille de la droite libérale : faire financer par le privé les investissements de l’Etat (prisons, hôpitaux, gendarmeries...), le budget de celui-ci étant exsangue. C’est le partenariat public-privé (PPP) qui s’avère encore plus onéreux que le financement direct au bénéfice du grand capital (cela n’étonne guère !).

Comme d’autres pays d’Europe, la France généreuse va verser quelques milliards pour soutenir les gouvernements issus des révolutions arabes.. Un beau geste pour la démocratie ! Toutefois, on n’oublie pas que récemment, nous faisions ami-ami avec les dictateurs. Le mécanisme est bien rodé : on prête à l’Afrique ; une partie de la manne revient dans les caisses des géants du BTP, des fabricants d’armes, etc.., une partie va enrichir certains dirigeants et quelques valises reviennent pour financer nos partis, juste avant la campagne.

Incontestablement, l’Etat français vit à crédit et au-dessus de ses moyens. Il ne dispose plus d’aucune marge de manoeuvre politique face à ses créanciers. Et d’aucuns nous disent qu’il va falloir encore porter secours aux banques dont la bonne santé était pourtant attestée en 2010. Dans quel but, si ce n’est de maintenir à leurs dirigeants et aux traders, à tous ces prédateurs, des revenus indécents ? Les spéculateurs spéculeront toujours, sur n’importe quoi. Décidera-t-on enfin de ne pas les aider et, au contraire, de les taxer de manière dissuasive ? Les patrons du CAC 40 oseront-ils encore augmenter leurs salaires de 40% comme en 2010 ?

Individuellement, chacun de nous cherche à laisser quelque héritage à ses descendants : un appartement, des petites économies... Les Français sont de véritables fourmis mais collectivement, sans réfléchir, ils risquent d’accepter le contraire. On peut craindre que nos successeurs aient à financer nos retraites, notre dépendance ; c’est déjà une lourde charge. Nous leur laisserons nos dettes budgétaire et sociale. Comment imaginer l’avenir alors que, dans le même temps, nous épuisons la planète et que la concurrence des pays émergents s’affirme ? Que penser de nos comportements irrationnels et égoïstes engendrés par un système économique qu’on sait, avec certitude, inadapté à notre temps ?

Les peuples admettront-ils encore que les intérêts de la dette enrichissent les rentiers ? Les générations futures supporteront-elles encore cet insupportable joug des puissances de l’argent qui les empêche de choisir librement leur mode de vie ?

La crise que les peuples subissent générera-t-elle un chambardement effaçant les inégalités pour créer un climat serein et de joie de vivre sur cette terre dont nous avons oublié la présence sous nos pas ?

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