L’Eté en France c’est !...

Le tour de France est passé, il repassera l’année prochaine.

Mercredi 9 septembre 2009 // La France

Le 96° Tour de France cycliste vient donc de s’achever. Qu’en retiendra-t- on ? Les six victoires d’étapes, un record, de Mark Cavendish, le coureur de l’île de Man, qui n’a pas dû se contenter longtemps de faire le tour de son île pour parvenir à une telle performance, peut-être. La 3e place au classement général, de Lance Armstrong, dont le retour inattendu dans la Grande Boucle avait surpris, c’est possible. La victoire finale d’Alberto Contador, pas sûr. Qui se souvient, en dehors des spécialistes, qu’il avait déjà remporté l’épreuve il y a deux ans ? Et pourtant, le nombre de spectateurs massés le long des routes ou rivés devant leur petit écran n’a, paraît-il, jamais été aussi grand.

Alors, qu’est-ce qui fait courir, non pas les cyclistes, mais le public du Tour de France ? Indiscutablement, c’est une épreuve sportive majeure, la plus grande course cycliste sur route au monde, qui attire par conséquent les meilleurs et qui offre un spectacle sportif total, dont le scandale du dopage, secret de Polichinelle officiellement dévoilé il y a quelques années, n’a pas entamé la crédibilité. Il faut reconnaître que le cyclisme n’est certainement pas le seul sport atteint par ce fléau mais qu’il est celui qui, aujourd’hui, conduit les plus grands efforts pour l’éradiquer.

D’ailleurs, les cyclistes eux-mêmes ne sont certainement pas les plus blâmables, la responsabilité étant plutôt à chercher du côté des donneurs d’ordre, à commencer par les spectateurs et surtout les téléspectateurs toujours avides d’images spectaculaires et de sensations fortes par coureurs interposés, ce qui nous ramène, par conséquent, à l’attente du public. Pourtant, le succès du Tour de France est ailleurs. Le Tour, il n’est d’ailleurs pas nécessaire d’en dire plus pour savoir de quoi l’on parle, est plus qu’une épreuve sportive, plus qu’une course, aussi célèbre soit-elle, c’est un monument national, au même titre que la Tour Eiffel ou le Musée Grévin, c’est-à-dire une composante de notre patrimoine dans laquelle tous se retrouvent et se reconnaissent.

Il suffit de se promener sur les routes escarpées et sinueuses à cette période de l’année pour voir fleurir en nombre les cyclistes amateurs qui n’hésitent pas à revêtir shorts moulés et satinés et maillots aux couleurs éclatantes qui les dispensent de toute signalisation supplémentaire pour pouvoir être remarqués des autres usagers de l’asphalte. Mais le Tour, c’est encore plus que cela encore. Les frères Schleck, coureurs luxembourgeois qui ont été l’une des révélations de cette année (décidément, l’épreuve, partie de Monaco et qui a traversé l’Andorre, était dédiée aux petites nations) n’ont-ils pas déclaré qu’ils voulaient entrer dans la « légende » du Tour ? Dès lors, celui- ci ne peut plus être une simple traversée à bicyclette de notre pays mais devient une chevauchée fantastique à travers monts et vallées à la conquête d’un maillot jaune plus proche du Saint-Graal que d’une étoffe mercerisée. Il n’est point besoin d’être coureur soi-même pour participer à cette geste : et les noms de s’enchaîner, de Maurice Garin à Jacques Anquetil en passant par Fausto Coppi, mais aussi du col d’Aspin au sommet du Mont-Ventoux.

Le Tour, ce n’est pas seulement une histoire extraordinaire, c’est aussi une formidable leçon de géographie. Entre deux commentaires sportifs, grâce aux images plongeantes prises d’hélicoptère sur tel château ou telle abbaye, le téléspectateur prend plaisir à écouter les explications de Jean-Paul Ollivier, l’érudit du Tour, qui fait ainsi partager son goût pour le vélo mêlé à « une certaine idée de la France » qu’il tient du Général de Gaulle à qui il a consacré plusieurs ouvrages. Loin de se contenter de rester devant leur télévision, beaucoup n’hésitent pas à se faire nomades pour suivre fa + caravane. Bien sûr les grincheux, car il y en a, trouveront dans cette débauche publicitaire qui finance en partie l’épreuve, plus matière à critiquer qu’à s’extasier. Pourtant, il faut une bien grande force de caractère pour ne pas tendre la main afin d’attraper la casquette jetée dans la foule par une accorte hôtesse ou le télescope en carton qui permettra de voir passer les coureurs par dessus l’épaule du gros monsieur qui a réussi à se glisser au premier rang. Les coureurs sont donc passés cette fois encore et le mythe a, de nouveau, joué à plein, comme il jouera à plein l’année prochaine. Nos compatriotes ont communié dans une belle unanimité et qu’importe si c’est un Espagnol qui a gagné une fois de plus. C’est pour la Petite Reine qu’ils se sont rassemblés, comme quoi les Français ont besoin de couronner leurs rêves.

CARBONE. La taxe de tous les dangers.
 
Les ennuis de santé de Nicolas Sarkozy auront presque fait oublier une annonce à vrai dire peu réjouissante pour les contribuables, celles de la prochaine « Taxe carbone » sur laquelle a réfléchi Michel Rocard.
La perspective d’une telle taxe n’est pas vraiment surprenante. Le Grenelle de l’environnement la mentionnait déjà. Mais les chiffres avancés par l’ancien Premier ministre de Mitterrand, avant la remise officielle de son rapport, ne sont guère rassurants. Il s’agit en effet de taxer les énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz) au prorata de leurs émissions de CO2. Pour l’année 2010, cette taxe se limiterait à 32 euros par tonne de carbone, pour atteindre 110 euros vers 2030. Plus concrètement, cela signifie un prélèvement de 7,7 centimes d’euro par litre d’essence sans plomb et 8,3 centimes par litre de gazole. Si l’on en croit le quotidien économique « Les Echos », cela se traduirait l’année prochaine par une ponction de 4,3 milliards d’euros sur le budget des ménages.

Ces chiffres paraissent difficilement supportables, surtout en période de crise. Ils le sont d’autant moins que les premiers touchés seront ceux qui peuvent difficilement se passer d’automobile, comme les habitants des zones rurales. La taxe, qui touchera aussi bien le carburant de la voiture que celui des engins agricoles, sans oublier le fioul pour le chauffage. Les catégories les plus fragiles seront forcément les plus touchés. Et l’on ne parle pas des entreprises, déjà fragilisées. Voilà un nouvel impôt né sous de bien mauvais auspices.

Pleinement conscient du problème, Michel Rocard envisage des compensations, sans toutefois donner un dispositif vraiment précis. C’est du reste compréhensible. De telles compensations impliquent des mécanismes complexes qui débordaient le cadre de sa mission.

En fait, le problème de la taxe carbone est celui de toute fiscalité écologique. Tout le monde est d’accord sur la nécessité de changer les comportements et de diminuer les émissions de gaz carbonique. A ce point de vue, la taxe carbone est pleinement justifiée. Mais l’utilisation de la taxation aura toujours pour effet mécanique de pénaliser d’abord les plus modestes et les plus vulnérables, quelles que soient les compensations mises en oeuvre. Nous n’échapperons pas à la nécessité de repenser entièrement la fiscalité de l’environnement.

Vacances et Patrimoine vernaculaire.

Les vacances, les petites routes, les chemins détournés, sont autant d’occasions de découvrir le petit patrimoine de proximité, celui des villages et hameaux. Ce patrimoine souvent vernaculaire plus que d’exception est aussi celui des témoignages de vie et de savoir-faire.

Patrimoine au sens large et actuel du terme, c’est-à-dire à la fois des éléments individualisés (des bâtiments, des équipements... ) et des ensembles, des tissus constitués, des formes et des trames urbaines caractéristiques. Avec les uns et les autres, alors que les villages sont confrontés partout à une certaine croissance, il s’agit de « composer avec » plutôt que de reprendre, ce qui a été la tentation par le passé et qui l’est encore parfois, une politique de « table rase » ou de seule conservation comme elle s’impose, néanmoins, en matière de monuments historiques protégés. Ainsi la connaissance et le diagnostic patrimonial reposant notamment sur un inventaire, sont au cœur de toute démarche d’aménagement du territoire. Les touristes aussi ont tout bénéfice à découvrir les dossiers si bien faits des services régionaux de l’inventaire. Ils sont publics.
Le patrimoine bâti n’est pas le fruit du hasard mais, celui d’un espace ordonné, ayant ses particularités. Certaines structurelles, d’autres conjoncturelles, mais, les unes comme les autres marquent l’espace de leur empreinte. Il a évolué selon les époques et les échelles spatiales par rapport auxquelles on se place. Les contingences ont joué un grand rôle et continuent de le faire. Il y a des temps divers qui parfois se chevauchent ou se succèdent. Il faut savoir replacer chaque village dans des contextes qui évoluent, créant autant de strates de patrimoine.

La période actuelle, avec ses problèmes (densification, croissance démographique mais aussi désertification, vieillissement de la population, perte de vitalité de nombre de villages) apparaît donc comme un temps parmi d’autres plus que comme une rupture. Ainsi, comprendre les évolutions du passé, les changements d’usage et de modes d’occupation des sols, permettra de donner des clefs pour la période actuelle.

Le patrimoine est intrinsèquement lié au rapport qu’ont eu les hommes avec le territoire et l’espace, comment ils l’ont occupé et adapté à leurs besoins à mesure que ceux-ci évoluaient. Ainsi, afin de maintenir son unité et son identité et de faire évoluer un territoire au moment où il est naturellement en mutation socio-économique, le patrimoine est un élément à prendre en compte dans l’aménagement. Le patrimoine bâti c’est-à-dire l’existant et le visible, est un vecteur de développement par l’attractivité qu’il donne au territoire, et un vecteur de lien social, en renforçant son identité qui donne a chacun, habitant permanent ou touriste les repères qui lui manquent...

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