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L’Empire ne renonce pas.

Mercredi 27 juillet 2011 // L’Europe

Comme certains annoncent régulièrement la fin du monde, on nous annonce pour demain 2012 la chute brutale de l’empire américain. Mais attention, ceux qui jouent ainsi les Cassandre se répartissent en deux camps : ceux qui s’en réjouissent et veulent l’accélérer en sapant la confiance, et ceux qui s’en inquiètent et veulent précipiter un sursaut. Le débat est en tout cas lancé et pèsera sur l’issue de l’élection présidentielle américaine de 2012.

Face aux statistiques les plus sombres de la crise de la dette aux États-Unis, le président Obama et ses opposants républicains rivalisent non seulement de mesures de redressement budgétaire, objet d’une commission conjointe, mais surtout d’incantations à l’exceptionnalisme américain. On l’a vu lors du voyage d’Obama en Europe début juin, destiné à redonner confiance aux dirigeants européens qui commençaient à afficher leur vulnérabilité, et à certains d’entre eux en particulier. Les États-Unis sont en réalité à l’affût dans l’hypothèse de la crise de l’euro.

Ils sont prêts à ramasser les morceaux, à travers l’alliance privilégiée anglophone, Londres, Dublin, et peut-être saxonne en y ajoutant Berlin. Washington, en vrai liquidateur, reprendra à bon prix les branches encore saines de l’entreprise européenne, laissant les autres pour le franc symbolique.

Car cette attention subite pour la vieille Europe est un leurre. La seule question qu’il importe à Washington de résoudre est celle de sa relation avec Pékin, la Chine détenant désormais la moitié des bons du trésor fédéral et hésitant à poursuivre ses engagements sans se compromettre. Les États-Unis doivent donc trouver un moyen de fidéliser Pékin, ne serait-ce qu’en lui démontrant que l’économie chinoise souffrirait plus que l’américaine d’une grande déflation - à distinguer d’une grande dépression.

Hors l’Europe et la Chine, qui ne peuvent ou ne veulent pas exercer la responsabilité de l’imperium mondial, l’Amérique n’a pas de rival. Empire d’Occident, elle ne connaît pas d’Empire d’Orient. Il n’y a pas d’alternative. La nouveauté de la situation est que la multipolarité souhaitée à l’envi par le président Chirac, les tentatives de son successeur pour faire monter un G 20 au détriment du G 8 et élargir le Conseil de sécurité des Nations unies, n’a pour le moment pas donné ses fruits.

Les Nations unies s’effacent, la preuve est que personne n’était candidat pour la succession de son secrétaire général, Ban Ki-Moon, qui est transparent. Les BRICS dont on pouvait attendre un rôle de direction des pays émergents n’ont aucune unité. Inde, Chine et Russie ayant trop d’intérêts nationaux disparates, Brésil et Afrique du Sud ne jouant pas dans la mêmedivision que les trois autres, n’ont pas été capables d’opposer un candidat à la tête du FMI face à Mme Lagarde.
Le déclin américain n’ouvrirait donc pas la voie à un monde multipolaire mais à un monde apolaire, atomisé, caractérisé par un déficit voire un vide de puissance, pour ne pas dire une impuissance généralisée. Les recettes éprouvées de l’équilibre, chères à la vieille realpolitik bismarckienne et kissingerienne, ne serviraient plus à rien.

Le critère retenu pour affirmer cela est le pourcentage de dépenses militaires. Les Etats-Unis dépensent plus pour la défense que les quatre autres membres permanents du Conseil de sécurité (Russie, Chine, Grande-Bretagne et France) réunis. Un tel déséquilibre est sans précédent. Au temps de sa plus grande gloire, l’Empire britannique s’efforçait de disposer d’une flotte supérieure à ses deux principaux rivaux réunis. Il régnait sur les vagues, comme disait la chanson, et dépendait à terre de troupes auxiliaires. C’est ce que vient de rappeler le secrétaire d’État à la Défense dans sa tournée d’adieu, Robert Gates, un Républicain conservé par Obama, en demandant à nouveau aux alliés de l’Otan de partager le fardeau. Le risque est en effet que les budgets de la défense soient la première victime de tout redressement budgétaire.

Le président de la Commission des Finances de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, républicain de grand avenir, tient, lui, un autre discours : sans règlement du déficit budgétaire et traitement de la dette, l’Amérique ne saurait tenir son rang international. Il est conseillé par le nouveau gourou du néo-néo-conservatisme, l’historien économique britannique Niall Ferguson, désormais professeur à Harvard. Selon celui-ci, les Empires périssent de l’intérieur. Sans parler de l’Empire romain et de la mona !chie française, ce fut le cas de l’Empire britannique qui avait sacrifié au désarmement dès le lendemain de la Première Guerre mondiale au profit de dépenses sociales, erreur aggravée après la Seconde Guerre mondiale, l’Empire (des Indes) ayant été liquidé sur l’autel de la Sécurité sociale.

Le même professeur vient de s’illustrer dans une chargé véhémente contre l’abandon de Moubarak par Obama, son inaction en Libye et l’absence de stratégie au Moyen-Orient. Visiblement obsédé par l’ancien protectorat britannique sur l’Égypte et la Mésopotamie, et convaincu de la prise de pouvoir au Caire par les Frères Musulmans, tout comme de l’invasion musulmane de l’Europe. occidentale (Eurabia), Ferguson y voit le début du renoncement volontaire à la puissance. Il répondait ainsi à certaines voix au sein du parti républicain qui pensent désormais à tourner Obama par la gauche (expression de son ancien adversaire McCain) en prônant un retrait plus rapide d’Afghanistan et d’Irak pour faire des économies. Dans tous les cas de figure, ce sont les dépenses sociales et les stimulus keynésiens pour la relance de l’économie qui seront sacrifiés par les Républicains.

Entre la fuite en avant unilatéraliste du cavalier seul impérial et le partage des rôles proposé par Obama aux derniers velléitaires de l’Europe-puissance blottis à Paris et à Londres, il nous faut donc, comme disait le général de Gaulle, choisir la troisième solution. C’est la voie de crête où le chef est seul.

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