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L’Egypte, fille du climat.

L’histoire de l’Afrique révèle ce que le « miracle » égyptien doit aux changements climatiques.

Mardi 28 août 2007, par Paul Vaurs // L’Afrique

Pas davantage que l’histoire le climat n’a un sens inéluctable ni universaliste. Ce sont même ses changements qui ont conditionné l’occupation de l’espace par les hommes. L’histoire climatique de la vallée du Nil explique ainsi directement le « miracle » égyptien.

Le peuplement de la vallée du Nil a étroitement dépendu des variations du niveau du fleuve. La vallée s’est en effet peuplée ou au contraire vidée de ses habitants selon cinq grands épisodes successifs et répétitifs de sécheresse ou d’humidité.

a) Il ya 30 000 ans, le Nil débordait régulièrement de son lit actuel en raison de l’abondance des pluies équatoriales. Il inondait toute sa vallée, provoquant le départ des chasseurs cueilleurs qui y nomadisaient.

b) Entre + 27 000 et + 18 000 ans par rapport à nos jours, la tendance fut totalement inversée et la région connut un épisode aride durant lequel le Nil se rétracta. Son étroite plaine alluviale devint alors un refuge pour les populations fuyant la sécheresse du Sahara oriental. Entre ± 18000 et ± 15000 ans par rapport à nos jours, est identifiée la période dite de l’Adaptation nilotique durant laquelle les chasseurs pêcheurs cueilleurs vivant dans la vallée furent contraints de s’adapter à des espaces limités qu’ils se mirent à « gérer » afin d’en tirer le maximum de subsistance. L’économie de prédation et de ponction évolua alors vers un début d’économie de gestion.

c) Entre ± 15 000 et ± 9 000 ans par rapport à nos jours, les pluies équatoriales redevinrent abondantes et le Nil déborda à nouveau de son lit, provoquant un nouvel exode des habitants de la vallée qui trouvèrent refuge dans les Sahara redevenu habitable. Entre ± 9 000et ± 6 000 ans, toujours par rapport à nos jours, le désert du Sahara se réduisit considérablement et la forêt de la cuvette congolaise doubla sa superficie,formant même une véritable barrière coupant le continent en deux.

Cette période est celle du grand humide holocène durant laquelle éclosent les grandes cultures pastorales sahariennes. Quant la vallée du Nil, vidée de ses populations durant les phases de grande humidité, elle commença être repeuplée il y a environ 8 000 ans, par l’apport de groupes berbères sahariens pratiquant l’élevage des bovins et des ovicapridés. La « naissance » de l’Égypte est due à la rencontre entre ces « néolithiques sahariens » et les lointains descendants des hommes de l’Adaptation nilotique.

c)  Il y a environ 7 500 ans, donc vers 5 500 avant notre ère, débute le prédynastique qui est la période formative de l’Egypte.

d) Entre ± 4 500 et ± 1 500 avant notre ère, l’aride post néolithique provoque une nouvelle cassure. Le Sahara s’étend à nouveau, mais les hommes étant devenus éleveurs et produisant donc leurs propres ressources, ils ne sont plus condamnés à suivre le repli dc la faune sauvage. Le désert devient alors le domaine quasi exclusif d’une population blanche protoberbère, tandis que les pasteurs noirs qui auparavant occupaient le Sahara méridional et une partie du Sahara central se replient vers le Sahel au sud.

Plus au sud, en Nubie, l’aride de la période ± 4 500 ± I 500 av. J-C. eut également de très importantes conséquences. Elles furent cependant différentes de celles de l’Egypte—au nord du 22° parallèle —où, dès la Première dynastie, soit entre ± 3200 et ± 2890 av. J-C, la population, en quelque sorte enfermée dans la vallée et piégée par la crue annuelle, était dans la nécessité d’en tirer parti par manque d’espace. Les conséquences furent alors politiques et économiques. Politiquement, l’unification étatique apparut comme la seule alternative aux défis du milieu et, économiquement, l’élevage devint rapidement secondaire par rapport à l’agriculture.

Entre la 3° et la 4° cataracte — c’est-à-dire en Haute Nubie —, puis entre les confluences du Nil Bleui et de l’Atbara, la situation était différente. Ces régions étant plus vastes, plus ouvertes, en un mot moins « coincées » que la vallée égyptienne du Nil, il était donc possible d’y poursuivre l’élevage des bovins.

Au nord, en Égypte, les pasteurs berbères sahariens « blancs se sont fondus dans la population de la vallée, abandonnant l’élevage. Au sud, les pasteurs sahariens « noirs » purent continuer leur mode de vie après avoir trouvé refuge dans la vallée du Nil et ses marches. Ils y demeureront jusque vers environ 1 500 av. J . C, ; période à partir de laquelle une nouvelle péjoration climatique contraindra certains d’entre eux à abandonner à leur tour le pastoralisme pour devenir agriculteurs, cependant que d’autres migrèrent vers le sud à travers les hautes terres bordières de la vallée du Rift. Avec ces derniers groupes, nous sommes là aux origines directes du peuplement pastoral de l’Afrique orientale et inter-lacustre.

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