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L’Avenir de la crise ? Cela c’est passé au mois d’Août.

Vendredi 11 septembre 2009 // Le Monde

La sortie de crise aura-t-elle lieu dans le courant de l’année 2010, ou bien la situation va-t-elle s’aggraver à l’automne.? Cette question fait l’objet de débats animés entre économistes et dépasse l’opposition entre leurs différentes écoles. Economique, financière, monétaire par certains aspects, la crise mondiale n’est pas une fatalité et est contraire l’occasion pour les politiques de faire face à leurs responsabilités. Certains économistes n’y voient qu’un accident fâcheux, provoqué par des banquiers trop audacieux. D’autres ont repris le thème de l’agonie du capitalisme, qui avait fait la fortune intellectuelle et politique du marxisme-léninisme dans les années trente du siècle dernier. Le débat se situe généralement en dehors de ces thèses extrêmes et a gagné en rigueur sans rien perdre de son âpreté. Il importe de le suivre dans les grandes lignes, car la situation matérielle et morale des Français, comme de tant d’autres peuples, dépend des analyses qui sont actuellement faites et des conclusions qui en seront tirées par les dirigeants des principaux pays affectés.

L’analyse optimiste souligne, pour ce qui concerne la France, l’efficacité des « stabilisateurs automatiques » (salaires des fonctionnaires, dépenses des retraités) qui permettent de maintenir un niveau positif de consommation. Le plan de relance gouvernemental devrait faire sentir ses effets à la rentrée et notre pays, comme toute l’Union européenne, devrait bénéficier dans quelques mois des prolongements positifs et dynamisants des plans de relance américain et chinois. La reprise du commerce international, l’assainissement des banques américaines (causes immédiates de la crise) et les diverses mesures prises par le gouvernement français notamment les dépenses induites du grand emprunt national, devraient restaurer la confiance, réamorcer le système du crédit et nous faire peu à peu retrouver le chemin de la croissance. Ces hypothèses sont pertinentes et le fait de préparer la sortie de crise est en lui-même un facteur dynamisant.

Mais des scénarios noirs circulent : l’augmentation du chômage pourrait déprimer encore la demande des ménages, une nouvelle vague de faillites bancaires est probable et les déficits publics anglais et américains pourraient devenir insupportables. D’autres annoncent la conjonction à l’automne de la crise financière toujours latente, de la crise économique et d’une violente crise monétaire marquée par l’effondrement du dollar.

Ces catastrophes annoncées se heurtent heureusement aux politiques anti-crise évoquées plus haut. Il importe cependant de noter les signes inquiétants qui ont été relevés par les autorités monétaires et par l’INSEE.

L’augmentation du chômage est un facteur important de récession et de déséquilibres financiers. Comme nul ne prévoit un retour massif à l’emploi dans les prochains mois, le niveau de la consommation des ménages restera faible, qu’ils soient. touchés par le chômage ou qu’ils constituent de l’épargne de précaution. En Europe, à la différence des Etats-Unis, il n’y a pas eu d’assainissement des banques et il est possible que leurs comptes réservent des mauvaises surprises. Le Fonds monétaire international s’inquiète de cette situation.

Le mode de rachat de certaines entreprises (par la technique de l’achat par effet de levier) est intéressant pour l’acheteur, qui met peu de fonds, très rentable pour les banques, mais peut devenir désastreux en période de récession et de faiblesse boursière. Beaucoup d’entreprises sont menacées, en France et dans le reste du monde.

Le plan Obama est très inférieur dans ses investissements au New Deal de Roosevelt et le chômage continue d’augmenter massivement aux Etats-Unis.

Malgré la prudence des Chinois, qui n’ont pas intérêt à la chute des dollars qu’ils détiennent en grande quantité, une situation chaotique peut se développer sur le marché des changes et compromettre la reprise du commerce international. Il est encore trop tôt pour discerner les facteurs qui l’emporteront. Une seule chose est sûre : contrairement à ce qui se passe pour la grippe, il n’y a pas de vaccin.

Ce pourrait bien être la bombe de cet été

Voici que la Commission européenne exige de l’Etat français qu’il fasse rembourser aux producteurs de fruits et légumes près de 500 millions d’euros de subvention versés indûment durant la période 1992-2002. Plus précisément, il s’agit de quelque 330 millions versés qui, selon les instances européennes, auraient faussé la concurrence, et auxquels il faudrait ajouter environ 150 millions d’intérêts. Des astreintes pourraient être exigées de la France, en cas de retard dans les remboursements.

Bien entendu, les Ministres français concernés, à commencer par Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, ont tenté de calmer le jeu en assurant qu’aucun remboursement ne serait exigé des agriculteurs en situation « fragile voire désespérée ». Mais ces paroles rassurantes n’ont pas calmé l’inquiétude des syndicats qui craignent à bon droit pour l’avenir de leur filière.

La décision de la Commission européenne risque de se heurter à des obstacles difficilement surmontables, à commencer par la difficulté de procéder au recouvrement des sommes. Parmi les bénéficiaires des subventions, beaucoup d’exploitants ont mis la clef sous la porte, d’autres sont décédés, d’autres enfin sont insolvables. Le processus d’identification et de recouvrement devra en outre faire face à une mauvaise volonté bien excusable - et même légitime - des agriculteurs concernés. Les menaces d’été et d’automne chauds doivent être prises très au sérieux.

Surtout, l’appel de la Commission européenne à une concurrence non faussée, prend aujourd’hui une saveur étrange. Après tout, depuis la crise économique, les Etats ont dû prendre des mesures qui faussent systématiquement la concurrence et il faut s’en féliciter. Serait-il donc plus grave de soutenir les producteurs de fruits et de légumes que les banques ?

Enfin, l’exigence d’une concurrence loyale se heurte à une autre exigence que l’on ne peut plus ignorer. Celle d’un environnement sain. Rappelons tout de même que le transport sur de longues distances de fruits et de légumes, certes produits à moindre prix, devient de plus en plus coûteux en termes de gaspillage d’énergie et de production de carbone. Encourager une production plus proche du consommateur, préserver les exploitations économes en énergie est aujourd’hui une nécessité. Il ne semble pas que la Commission européenne ait pris cette réalité en compte.

Non, décidément, la libre-concurrence ne justifie pas tout.

La France assure sa présence en Océanie de diverses manières.

D’abord, elle y possède un certain nombre de territoires et, ensuite, elle est engagée dans une vaste coopération régionale. C’est ce que vient de rappeler le 3e sommet France-Océanie qui vient de se tenir à Nouméa le 31 juillet. Le choix de la Nouvelle-Calédonie est révéla- teur des apaisements auxquels on est parvenu une vingtaine d’années après les tra- giques affrontements qui s’y étaient produits. D’abord, un modus vivendi est intervenu entre les diverses communautés, d’ailleurs loin d’être homogènes, et un équilibre institutionnel permet au territoire de fonctionner, non sans accrocs par rapport aux. règles communément admises ailleurs et non sans mouvements syndicaux plus ou moins téléguidés. Ensuite, certains pays étrangers qui regardaient la France comme une puissance appelée à « décoloniser » ses’ ,possessions du Pacifique ont su devenir ses partenaires, en traitant soit directement avec Paris soit avec les capitales de ces « collectivités d’outre-mer » auxquelles des autonomies à géométrie variable ont été reconnues - et qui peuvent se voir encore accrues.

En laissant de côté l’îlot de Clipperton qui, au large du Mexique, fait partie des propriétés domaniales de l’Etat français, ces communautés sont au nombre de trois la Nouvelle-Calédonie, régie par le titre XIII de la Constitution remaniée en 2003 et qui constitue une collectivité sui generis simplement appelée par son nom ; son statut a été défini en 1999, sur la base de l’Accord de Nouméa de 1998 ;- la Polynésie française, qui a la dénomination particulière de pays d’outre-mer ; - Wallis-et-Futuna, ex protectorat (depuis 1887) puis territoire d’outre-mer (1961), composé de trois royaumes reconnus par la République.

Il convient enfin de rappeler l’importance stratégique, militaire et économique, de cet ensemble océanien. Avec ses autres appendices en Amérique - Martinique, Guadeloupe et Guyane - et dans l’océan Indien - Mayotte, Réunion et Terres australes et antarctiques françaises - la France dispose d’une zone économique exclusive de 11.035.000 km2, qui la situe au deuxième rang mondial tout juste après les Etats-Unis ; le droit d’exploitation des ressources de la mer, halieutiques, du sol et du sous-sol constitue en effet une extraordinaire source de richesse. C’est pourquoi on regrettera que, comme l’Afrique, ce continent attire moins l’attention du président Sarkozy que celle de ses prédécesseurs : sa présence a été décommandée il y a un mois, donc avant son malaise du dimanche matin - et François Fillion a également renoncé à s’y rendre. Heureusement, « la présence de Bernard Kouchner, ministre des Affaires Etrangères et Européennes, et celle de Marie Luce Penchard, la secrétaire d’Etat chargée de l’outre-mer, exprimaient la pérennité de sa présence. »

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