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L’Armée d’Afrique, instrument de la Victoire.

« Par le colonel Henry d’Humières. »

Mardi 22 mai 2007, par Le colonel Henry d’Humières // L’Histoire

C’est le maréchal Pétain qui, avec le générai Weygand, prépara et permit la revanche militaire sur l’armée allemande.

Le 4 octobre 2006, après la sortie dans les salles de cinéma françaises du
film Indigènes, un hebdomadaire, afficha sur sa couverture en gros
caractères le titre suivant « L’Armée d’Afrique, c’est Pétain ». C’est en
effet le maréchal Pétain, qui avait fait reconstituer, en octobre 1940,
cette armée par le général Weygand nommé délégué général du gouvernement
pour l’Afrique française.

Dès le 19 novembre 1942, l’armée d’Afrique se battait contre les Allemands
en Tunisie, puis se distinguait particulièrement durant la campagne d’Italie
et, après son débarquement sur les côtes de Provence le 15 août 1944,
libérait un tiers du territoire métropolitain jusqu’au Rhin, poursuivant
ensuite jusqu’au Danube. Le 9mai1945, son chef, le général de Lattre de
Tassigny, signait l’acte de capitulation de l’armée allemande aux côtés
des autres chefs alliés, à Berlin.

Préparer la Revanche.

Dès le 25 juin 1940, lors qu’entra on vigueur l’armistice "sauveur" avec l’ennemi,
Pétain et Weygand avaient préparé la revanche militaire, qui se concrétisa
ainsi : Le général Weygand avait déclaré que « le premier devoir d’une armée
battue est de préparer l’encadrement et l’armement des futures unités de
combat et, plus encore, entretenir la flamme de la Revanche qu’il ne faut,
à aucun prix, laisser « s’éteindre ».

En plein accord avec le maréchal Pétain, il agissait en conséquence,
faisant camoufler du matériel militaire, préparant une mobilisation
clandestine, maintenant l’action des services de renseignements, ceux-ci
étant transmis aux Britanniques, faisant arrêter trois mille agents de l’Axe
dont quarante-deux furent fusillés. Il organisait l’armée de l’Armistice en
faisant effort sur son encadrement et sur l’instruction en vue de la
reprise du combat.

Au sujet de la formation des cadres, ancien élève de 1940 à1942 à l’École de
Saint-Cyr, reconstituée à Aix-en-Provence, je me dois de citer un passage du
livre d’or de ma promotion ; Il concerne l’inspection de l’École le 23
juillet 1941 par le maréchal Pétain ; celui-ci s’adresse à tous les
instructeurs et élèves-officiers réunis dans un amphithéâtre.

 « Ayant prié les journalistes de le laisser seul comme un grand Ancien avec
ses jeunes, le maréchal affirme que les Allemands demeurent l’ennemi ; et
que sa politique s’inspire de celle de la Prusse après léna, évoque le
traité de Tilsit, qui la laisse humiliée et amoindrie, mais non pas brisée,
et, se retournant vers le commandant de l’École, lui demande de former ses
élèves en vue de la revanche, en particulier de les rendre aptes aux combats
de guérilla qui ont conduit à la défaite des troupes impériales en
Espagne ».

Après sa dissolution en décembre 1942 du fait de l’invasion par les
Allemands de la « zone libre », l’armée de l’Armistice allait fournir des
cadres, évadés de France, à l’armée d’Afrique, ainsi qu’à la résistance
intérieure. 1 500 officiers d’active ont encadré les formations de l’O.R.A.
(Organisation de Résistance de l’Armée), qui a perdu 2 400 hommes au combat
d’autres officiers rejoignirent les formations de l’Armée secrète ou des
« francs-Tireurs et Partisans ».

Il faut souligner qu’au sein de la première Armée française, l’amalgame
voulu et réalisé par son chef, le général de Lattre, entre 137 000
maquisards des F.F.I. « Forces Françaises de l’Intérieur » et les
combattants des unités venues d’Afrique du Nord, a été facilité du fait que
là majeure partie de ces unités FFI, était encadrée par des officiers venus
de l’armée de Armistice.

Nous citerons le général de Monsabert, ancien commandant du 2e Corps de la
Armée. En arrivant en Afrique, le général Weygand trouva une situation
morale à peine ébranlée ; la confiance dans le Maréchal, chef de l’État, y
est unanime, unissant Européens et Musulmans, si grand est l’attachement
de l’homme au chef dans ces peuples guerriers. Sur cette base, Weygand va
communiquer à tous, sa foi dans l’avenir. Par une politique musulmane hardie
et généreuse, il assure le loyalisme des populations musulmanes. L’unan’imité
de la France d’Afrique va se faire derrière son armée à qui il prescrit une
consigne fort claire préparer la Revanche. Dans ce but, elle doit s’entraîner
dans la foi avec les armes qui lui restent ; on camouflera d’ailleurs tout
ce qu’on peut dissimuler d’armements supplémentaires ; l’avenir est aux
manoeuvres hardies ; Des réduits de manoeuvres sont créés dans des
terrains difficiles d’accès, et une mobilisation clandestine préparée sur l’ensemble
du territoire. Les contacts sont pris avec tous les anciens soldats jusqu’au
plus profond du bled. Le général Weygand va illustrer cette politique par
une cérémonie insigne, la célébration, en 1944, du centenaire de la
création des régiments de Tirailleur et de Spahis algériens. Cette
célébration amena un membre de la commission d’armistice à écrire : « Je
viens de voir cette armée d’Afrique qui a l’orgueil d’une armée qui n’a pas
été vaincu. »

On comprend que le gouvernement allemand exigeât le départ du général
Weygand. Heureusement le Maréchal lui donna pour successeur, comme
commandant en chef en Afrique du Nord, le général Juin, qui poursuivit son
oeuvre sur le plan humain comme sur le plan militaire. C’est ce qui
explique l’extraordinaire cohésion et l’esprit de corps dont fera preuve l’armée
d’Afrique tout au long de la campagne. Elle sera renforcée par une
mobilisation de caractère régional unissant dans une même toi le destin de
la Mère Patrie, chrétiens, musulmans et israélites.

En novembre 1942, quand l’Afrique du Nord française fait retour dans la
guerre, elle dispose de 225 000 hommes dont 6 700 officiers grâce à un
appel de réservistes clandestinement préparé. C’est l’occasion de souligner
l’effort exceptionnel fourni par les Français de souche européenne
(pieds-noirs). Sur 1 075 000, 175 000 hommes et femmes ont été mobilisés de
1943 à 1944 soit 16,4% de la population. Cette armée d’Afrique a compté dans
ses ranges 233 000 musulmans d’Algérie, du Maroc et de Tunisie, 70 000
Africains noirs ainsi que des unités des Forces Françaises Libres et 20 000
évadés de France.

Nombreux sont les tombes des Pieds-noirs, des Maghrébins et des Africains
noirs dans les cimetières militaires de Tunisie, d’italie et de tout l’est
de la France, alors que tous leurs sacrifices sont loin d’être exaltés,
lorsqu’on enseigne l’histoire aux jeunes générations depuis 1945. !

En Tunisie jusqu’à la victoire française de Médénine et à la capitulation
allemande du 12 mai 1943, les troupes françaises eurent un rôle primordial.
C’est devant ces Français que le redoutable Afrikakorps capitula et un chef
de peloton de chars Somua, dissimulés à la commission d’Armistice, captura,
le 12 mai, le général Von Arnim, commandant en chef de toutes les forces de
l’Axe en Tunisie. Sous le commandement du Général Juin et de chefs
prestigieux, en Italie, l’armée d’Afrique, progressivement réarmée, se
couvrit de gloire à travers les montagnes de la péninsule italienne jusqu’à
Rome et à Sienne, de telle sorte que le général américain Clark écrivit :
« C’est le corps expéditionnaire français qui d’une manière fulgurante,
nous avait, ouvert les portes de la victoire.

En ce qui concerne le domaine capital de l’action militaire, les actes du
Maréchal ont été régulièrement contraires aux intérêts et aux exigences des
Allemands, a rappelé le Général Lafargue.

Lors de la remise des palmes, le 25 mai 2006, au festival de Cannes, c’est
ce Chant des Africains qui a retenti, entonné à pleine voix par le
réalisateur et les quatre acteurs principaux du film Indigènes. Depuis 1946,
une histoire hémiplégique a été enseignée à la jeunesse française. Le film
Indigènes a eu le mérite d’informer la majeure partie de l’opinion publique
française, qui l’ignorait, du rôle primordial que « l’Armée d’Afrique, avec
ses combattants africains, y compris un bon nombre de pieds-noirs », a joué,
du 19 novembre 1942 au 9 mai 1945 pour concrétiser la revanche militaire
contre l’armée allemande. Or, ce sont Pétain et Weygand qui ont reconstitué
cette armée d’Afrique.

C’est dans le budget de 1959 préparé par le général De Gaulle, chef du
gouvernement, qu’avait été réduit considérablement le montant des pensions
de ces anciens combattants par rapport à celui des anciens combattants
métropolitains. Au bout de quarante-sept ans, est enfin prise une décision
de justice conforme aux stipulations de la loi de 1919.

Durant les guerres de 1914 à 1918, 1939 à 1945 et même jusqu’en 1962,
nombreux ont été les soldats venus d’outre-mer, notamment africains, qui se
sont battus, et pour un bon nombre jusqu’au sacrifice suprême, au sein des
armées françaises. Ce devoir de justice s’imposait..Du fait d’une meilleure
information de l’opinion publique française, s’impose aussi un autre
devoir de justice le transfert à Douaumont, auprès de ses soldats de
Verdun, des cendres du maréchal Pétain.

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