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ÉCONOMIE ET BOURSES INTERNATIONALES.

L’Amérique à la croisée des chemins.

Lundi 20 octobre 2008, par Stéphane Bleus // Le Monde

Personne n’osait l’espérer mais depuis la mi-juillet, le cours de l’or noir fléchit. Après le plafond atteint le 3juillet (le baril de Brent de la mer du Nord se négociait alors à 146 dollars), le prix du pétrole a baissé de près de 30 % et oscille actuellement autour de 100 dollars. Les autres matières premières ont également suivi cette tendance. La baisse du prix des matières premières est une bonne nouvelle pour les ménages et les entreprises, mais s’agit-il aussi d’un signal positif pour les Bourses ? Et cette baisse, sera-t-elle durable ou plutôt temporaire ?

LA CHUTE du prix des matières a-t-elle mis un terme à la baisse constante du dollar ?

Ou en est le
Dollar ? Qui a amorcé une baisse de prix sur les marchés des matières premières ? C’est en quelque sorte la question de l’oeuf ou de la poule. Le dollar a effectivement pris pour modèle quelques indicateurs meilleurs que les prévisions relatives à économie américaine. Les nouvelles économiques de la zone euro, en revanche, se sont dégradées. Qui plus est, Jean-Claude Trichet, président de La Banque centrale européenne (BCE), a explicitement fait référence à la détérioration plus rapide que prévu de l’économie européenne et l’impact potentiellement plus marqué de la crise du crédit. Raisons de plus pour que l’euro courbe l’échine.

Les spéculateurs se couvrent contre une baisse du dollar en effectuant des achats sur le marché des matières premières. Comme le dollar s’apprécie, cette couverture n’est plus nécessaire, et les positions en matières premières sont liquidées. Et malgré le degré élevé de spéculation qui était (ou est toujours) présent dans le cours actuel des matières premières, nous ne pouvons pas ignorer la réalité économique. La crise américaine se propage au reste du monde, et la demande en pétrole et en métaux comme l’argent, le cuivre le nickel et l’aluminium, est sensible à la conjoncture.

RÉCESSION OUTRE-ATLANTIQUE ?

Le renforcement du dollar nous semble davantage résulter de l’affaiblissement des économies des principaux partenaires commerciaux des États-Unis que de la vigueur de l’économie américaine. Même si les Etats-Unis ne sont pas entrés dans une phase de récession (soit deux trimestres de croissance négative), l’économie américaine n’en demeure pas moins en proie à une période difficile. La consommation intérieure piétine. L’Américain moyen est confronté une baisse des prix immobiliers (son hypothèque est dès lors souvent plus élevée que la valeur actuelle de son habitation), à une hausse du chômage et au prix exorbitant du pétrole. Pas étonnant, donc, qu’il regarde de plus en plus à la dépense.

Le « cadeau » fiscal accordé par l’État sous la forme de chèques envoyés entre mai et juillet n’a sans doute pas été entièrement dilapidé et a été partiellement mis de côté. En témoigne l’augmentation du taux d’épargne. Le secteur automobile est, lui aussi, lourdement sanctionné, et voit son chiffre d’affaires fondre comme neige au soleil. Au cours des dix-huit derniers mois, Général Motors a perdu pas moins de 57,7 milliards de dollars. De nouveaux licenciements ne sont pas à exclure. On peut dès lors s’attendre à ce que le taux de chômage augmente encore. Tant qu’il est en hausse, la Fed ne relèvera sans doute pas son taux d’intérêt. Une nouvelle baisse de taux est pourtant hautement improbable. En effet, le taux officiel s’élève à seulement 2% alors qu’en juillet, l’inflation a grimpé jusqu’à 5 %.

La croissance actuelle est entièrement liée aux exportations. En juin, les Etats-Unis ont en effet exporté 21 0/o de plus que l’année précédente. Le dollar bon marché a donné des ailes aux multinationales américaines. En stabilisant simplement leurs prix de vente en dollar, ils ont sensiblement amélioré leur compétitivité. Convertis en euros, les produits américains sont devenus en un an, 13% meilleur marché.

Des entreprises telles que Mc Donalds ou les groupes pharmaceutiques Johnson &Johnson et Pfizer ont vu leur chiffre d’affaires grimper en flèche à l’étranger, alors qu’ils progressent à peine sur leur marché domestique, Le moteur des exportations va cependant perdre en puissance, car les principaux partenaires commerciaux (Zone euro, Royaume-Uni et Japon) sont également confrontés à un net ralentissement de croissance. De plus, le dollar semble avoir atteint un plancher. Merit Capital s’attend dès lors a ce que, tant pour 2008 que pour 2009, la croissance américaine ne dépasse pas 1,6%, ce qui est franchement médiocre, étant donné que la population américaine augmente chaque année de 1%.

UN MONDE CORRÉLÉ AUX ETATS-UNIS ?

Fin de l’année passée, la presse financière menait encore pleinement le débat sur la « déconnexion  » entre les Etats-Unis et le reste du monde, Certains analystes ont pensé que la crise américaine affecterait surtout l’économie locale, mais que le reste du monde serait peu touché. La demande des pays émergents, principalement, préserverait le reste du monde d’une récession. La théorie de la déconnexion a toutefois été avancée de manière prématurée.

Le Japon, l’Allemagne, l’Italie, la France et la Grande-Bretagne ont enregistré une croissance négative au deuxième trimestre. La cherté de l’euro, le niveau élevé des taux courts dans la zone euro, le ralentissement de la croissance aux Etats-Unis et la crise du secteur financier forment un cocktail auquel la croissance économique de la zone euro n’est pas capable de résister. La pression exercée sur la BCE afin de faire fléchir son taux directeur va sans doute s’accentuer. Le 3 juillet, celle-ci a augmenté le taux court officiel de 0,25 % pour le porter 4,25 %, afin de juguler l’inflation.

Les pays émergents commencent également à montrer les premiers signes de ralentissement. A Singapour, par exemple, la croissance a fléchi au deuxième trimestre. Singapour constitue un indicateur avancé important, Car le pays dispose d’un grand port par lequel toutes les marchandises asiatiques sont acheminées vers l’Occident. En Chine également, la croissance ralentie, mais elle fluctue encore aux alentours de 10%. Bien que la théorie de la déconnexion semble prématurée, les pays émergents résistent bien mieux qu’auparavant aux crises économiques qui secouent les pays occidentaux. La consommation intérieure y augmente considérablement, entre autres, grâce à l’apparition d’une classe moyenne plus aisée, par exemple en Chine ou en Russie. Entre-temps, le commerce entre les pays émergents arrive également au même niveau que la demande des Etats-Unis !

OSERAIT-ON DÉJÀ PARLER DE RELANCE BOURSIÈRE  ?

Le pétrole meilleur marché se révèle un élément positif pour les Bourses. Depuis la mi-juillet, la Bourse tant européenne qu’américaine a grimpé de quelque 5%. La relance s’accompagne néanmoins de nombreux soubresauts. Il serait, selon nous, prématuré d’évoquer un revirement définitif. Les investisseurs continuent en effet à suivre attentivement les nouvelles du secteur financier. Et même si, début juillet, plusieurs institutions financières américaines et européennes ont dévoilé des résultats moins mauvais, le climat a de nouveau changé vers la mi-août. Des déclarations pessimistes, entre autre, de l’ex-économiste en chef du FMI concernant les pertes entraînées par la crise du crédit, des rumeurs relatives une faillite imminente d’une banque d’affaires américaines, l’annonce de nouvelles pertes au troisième trimestre, notamment pour JP Morgan, pourraient amener la Bourse à replonger durablement.

Le volet en actions reste sous-pondéré dans les portefeuilles types de Merit Capital. La baisse du cours du pétrole et des matières premières ne contrebalance pas encore, selon nous, les risques actuels (graves problèmes dans le secteur financier, pertes considérables chez Général Motors, mauvaises données macroéconomiques dans la zone euro). Personne ne pouvant prédire l’avenir, nous continuons à recommander un étalement des achats sur les marchés d’actions, avec une légère préférence pour les secteurs défensifs, tels, que la pharmacie, les entreprises d’utilité publique ou l’énergie. De plus, vu le niveau élevé des taux courts européens, les produits à taux fixe à durée limitée constituent toujours une alternative de choix en attendant de voir comment la situation évolue.

Peu de changements ont été apportés dans la partie en actions. La pondération du secteur financier européen, a certes été relevée au niveau neutre, mais il ne s’agit pas encore d’un signal d’achat. Le secteur financier peut encore s’attendre à quelques trimestres difficiles. Même si divers analystes préfèrent les actions américaines, aux européennes, nous estimons qu’il serait prématuré de formuler une quelconque préférence. Le risque accru ( problèmes du secteur financier américain, Général Motors, secteur immobilier) ne contrebalance pas l’éventuel rendement supplémentaire. La pondération des pays émergents et des matières premières est également maintenue au niveau neutre, parce que ces investissements sont potentiellement rentables à long terme. Il n’empêche que ces marchés peuvent être relativement volatils à court terme, La pondération du Japon a été relevée au niveau neutre, car les valorisations sont attrayantes, le yen présente encore une marge d’appréciation et la Bourse japonaise a su se maintenir au-dessus du seuil de mars.

CONCLUSION

Le prix plus abordable du pétrole et des matières premières offre une bouffée d’oxygène à l’économie. Cela suffira-t-il pour empêcher le ralentissement mondial de la croissance ? Nous ne le pensons pas. Tant que la crise bancaire n’aura pas été digérée par l’économie mondiale, seules des stratégies très défensives permettront une navigation paisible des portefeuilles au sein des marchés, Un mot d’ordre : liquidités !

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