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L’Algérie et ces difficultés à devenir le Pays prospère que la France avait laissé.

Lundi 12 février 2007, par Paul Vaurs // Le Monde

Dans perspective de travail et de mieux-être, le populisme
politico-religieux restera un recours. Il ne s’agit pas ici d’une
indignation morale, mais du caractère irréel, dans un tel contexte, du
discours officiel, qui parle de paix et de réconciliation. L’évidence est
que l’état du pays redonne force et légitimité au discours politique et
religieux qui rejette radicalement cette société.

Il ne suffira pas d’une politique de justice sociale pour relever les défis
politiques. Mais, sans une telle politique, ces défis sont perdus d’avance.
Or il n’y a même pas de connaissance réelle de l’état de la société. La
quasi-totalité des statistiques, données diverses et chiffres rendus publics
sur l’état du pays, de ses populations et de son économie ne reposent sur
aucune base vérifiable et sont, au mieux, approximatifs et le plus souvent
fantaisistes. L’estimation du chômage et des créations d’emplois en donne
un exemple caricatural. Ils s’efforcent, contre toute évidence, d’escamoter
les réalités d’un chômage de masse et donc une pauvreté souvent extrême,
dans laquelle survivent de larges pans de la société, dans toutes les
régions du pays.

Quant à la politique de santé publique, elle a pris en Algérie un tournant
décisif dès 1963. D’emblée, du chef de l’Etat au chef de bureau qui donnait
telle ou telle autorisation précieuse, ainsi qu’à leurs « parents et
alliés », il a paru aller de soi de se faire soigner, notamment en France,
les frais étant pris en charge par la Sécurité sociale et, dans certains
cas, sur les budgets de l’Etat. La nécessité, souvent, de ces soins n’est
pas en cause, mais les conséquences n’en sont pas secondaires. Le caractère
dérisoire de la protection sanitaire et sociale des populations accentue une
précarité trop largement partagée. En 2005, il a été dépensé 321 milliards
de dinars pour la Sécurité sociale - contre 209 milliards en 2005, mais
aucune indication n’est donnée sur la nature de ces dépenses et sur les
coûts, considérables, des soins à l’étranger.

La situation du logement, le quasi-abandon des transports publics, urbains
et interurbains, ne sont pas de nature à faciliter la vie quotidienne. D’autant
que les prévisions sont peu crédibles. Il en est ainsi des prévisions de
création d’emplois, qui n’ont rien à faire dans un ministère de la
Solidarité. Il en est de même du million de logements en quatre ans... Pour
le transport, des prêts de banques publiques pour l’achat de voitures neuves
importées sont censés remédier au quasi-abandon des transports publics. Ceux
et celles qui ne peuvent s’offrir ces emprunts devront se débrouiller dans
la mêlée des minibus privés, des taxis improbables et subir l’état
lamentable d’un réseau ferré squelettique, lui aussi à l’abandon.

La question majeure des salaires et des prix est évacuée. Les salaires sont
de fait bloqués, mais les prix restent libres. Cela est vrai aussi de ceux
de l’électricité, du gaz, des carburants, de l’eau ou des transports
aériens, qui relèvent du monopole d’entreprises publiques. Il est toujours
dit, à juste titre peut-être, que les prix et tarifs de ces sociétés les
handicapent. Le problème est que ces prix, comme la gestion de l’ensemble,
restent dans une totale opacité. Sonelgaz, par exemple, estime que les
Algériens paient leur électricité 35 % au-dessous de sa valeur et demande
une augmentation substantielle. Selon le responsable concerné, « la facture
d’électricité ne représente que 10% du SMIC », pour autant que cela veuille
dire quelque chose... Il est dit par ailleurs que cette entreprise détient
25 milliards de créances impayées, dont 70 % sont le fait des
administrations et entreprises publiques, mais elle annonce un résultat net
de 100 milliards de dinars. Les augmentations prévues sont peut-être
nécessaires, encore faut-il le démontrer, notamment par des audits.

2,2 MILLIONS D’ENFANTS ONT ABANDONNÉ L’ÉCOLE.

L’état auquel a été réduit le système d’éducation et de formation en a fait
le pourvoyeur du chômage et l’un des obstacles majeurs d’une politique de
développement économique et social. Le quart de la population est
analphabète ou illettrée, des centaines de milliers de jeunes renvoyés à la
rue sans la moindre qualification. Tout a été dit, débattu et proposé depuis
une trentaine d’années, et tout continue comme si de rien n’était, dans un
Etat absent et des ministres chargés de gérer le quotidien. La corruption et
le fonctionnement de la justice, dont le chef de l’Etat dénonce, dans un
réquisitoire public, « l’incompétence, la médiocrité et la corruption » à l’occasion
de l’ouverture de l’année judiciaire, appellent aussi à un véritable plan
Marshall national. Ces secteurs sont devenus, faute d’abord de volonté
politique et aussi de moyens, des obstacles à toute politique de
développement. La situation prix libres et salaires bloqués ne peut
plus, durer longtemps.

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