L’ARNAQUE de la dette publique.

Jeudi 27 mai 2010, par Nicolas Dupont-Aignan // La France

Nous avons payé l’an dernier, en 2008, plus de 55 milliards aux prêteurs, pour les seuls intérêts et pour une seule année, ce qu’on appelle "la charge de la dette". C’est transférer de notre travail et notre production 150 millions d’euros par jour oui, par jour : un milliard par semaine !, à ceux qui sont déjà les plus riches (qui, d’ailleurs, peuvent nous reprêter cet argent, à nouveau contre intérêt !). Mais cette monnaie qu’ils nous prêtent est presque entièrement issue de la création monétaire payante des banques privées (créée à partir d’une simple ligne d’écriture lors de "monétisation" de créances : voir le site http://monnaie.wikispaces.com/ pour les détails concernant l’émission de monnaie par les banques de second rang).

Depuis 1973, l’article 25 de la loi du 3 janvier précise que "Le trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France". Ce qui signifie que notre pays s’est interdit de permettre à la Banque de France de financer le Trésor Public, c’est-à-dire de créer la monnaie dont il a besoin pour son développement (écoles, routes, ponts, aéroports, ports, hôpitaux, bibliothèques, etc.).
Et le traité de Maastricht a entériné pour l’Europe cet état de fait par l’article 104 (repris par l’art. 123 du traité de Lisbonne) qui précise " Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées "banques centrales nationales", d’accorder des découverts ou tout autre type de crédits aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres ; l’acquisition directe, auprès d’eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite." En clair, les États sont obligés de financer leurs investissements sur les marchés financiers, en augmentant perpétuellement leur dette à cause d’intérêts iniques et non nécessaires...

Et au total, c’est plus de 1 300 milliards d’euros d’intérêts que nous avons payé entre 1980 et 2008 ! La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros, déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1 327 milliards d’euros !

Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1 088 milliards d’euros et nous avons payé 1 306 milliards d’euros d’intérêts. Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.

Nous préconisons : Soit, au niveau national, une reprise du droit de création monétaire par la Banque de France (donc sans intérêts), avec un retour au franc (ou, au minimum, l’émission d’une monnaie complémentaire sociétale telle que proposée ici : http://wiki.societal.org/tiki-index.php?page=EMS) Soit, au niveau de la zone euro, un droit d’émission monétaire par la Banque Centrale Européenne (donc sans intérêts) au bénéfice des États.

Vous trouverez plus de précisions et de justifications des affirmations de ce document sur http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque

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