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Kirghizstan.

Vous deviez vous en doutez...

Jeudi 5 août 2010, par René Cagnat // Le Monde

Notre ami René Cagnat n’a pas déserté le Kirghizstan...

Le 10 juin au matin il était à Och, 10 heures à peine avant le déclenchement du pogrom...

Tenter d’expliquer l’inexplicable, l’indicible ? Nous sommes piètres connaisseurs de l’âme de ces peuples...

René Cagnat, nous n’en doutons pas, tentera de nous éclairer. Il nous fera partager les leçons à tirer pour nos temps, chez nous aussi, difficiles...

Afin que de tels évènements ne se produisent dans notre pays et que nos enfants ne connaissent pas « des lendemains qui brûlent et qui pleurent »...

Merci René.

« Sur le chemin du Tadjikistan, conformément à l’usage qui veut que je ne sois jamais là quand quelque chose se passe, j’ai quitté le 10 matin un Och parfaitement paisible - 10 h à peine avant le déclenchement du pogrom- et n’ai pu rebrousser chemin du fait d’une volonté contraire de mes commanditaires.

Je ne suis repassé par Och, sur le chemin du retour, que le 19 pour y trouver des ruines encore fumantes, une ville déserte parcourue à toute vitesse par les voitures de la Croix Rouge et de la Maffia. Mon chauffeur kirghize Djouma craignant les représailles, j’ai rendu visite seul, par delà les barricades, à mes amis des deux camps. Il en fut de même à Djallalabad et dans les villages détruits des environs.


Femmes ouzbèkes

J’aime trop l’Asie centrale pour ne pas avoir souffert de ce que j’ai vu et entendu. Je pensais avoir bien supporté des témoignages parfois insoutenables. Mais maintenant ils me reviennent jusqu’à l’obsession. Malgré les crimes commis, j’essaye de garder toute mon estime pour les Kirghizes.


Milicien...

Comment expliquer ce qui s’est passé ? Les réponses locales sortent de toutes nos grilles d’analyse, à nous Européens. Seuls chez nous les Corses pourraient, peut-être, comprendre ce qui est advenu.

Les esprits ici étant éminemment versatiles, j’ai l’espoir que le calme va revenir vite, que, d’ici un mois, Kirghizes et Ouzbeks vont s’entendre pour reconstruire : c’est une nécessité en prévision de l’hiver. Mais ils garderont, soyez en sûrs, dans un coin de mémoire tous les ingrédients nécessaires à la confection du prochain pogrom : dans cinq ans, dans dix ans ?

Et pourtant, ces gens là sont si gentils, si serviables, si accueillants...Ils me semblaient pouvoir se supporter...[...]

Ma Patrie, c’est le regard d’un enfant qui ne comprend pas le drame qui l’agresse...

Bien à vous tous

René Cagnat

Visitez le site géré par Alain Bertho, professeur d’anthropologie à l’Université de Paris8-Saint-Denis.

http://berthoalain.wordpress.com/2010/06/11/emeute-meurtriere-a-osh-juin-2010/

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