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Diversion.

Jeux de guerre 2012.

Vendredi 10 février 2012, par Yves LA MARCK // Le Monde

Le Golfe a-t-il une valeur électorale ?on nous ressert le plat à chaque année électorale américaine. On joue à se faire peur. Mais un accident est vite arrivé.

Nous avons vécu il y a quatre ans une veillée d’armes à suspense. George W. Bush allait-il frapper l’Iran pendant la fenêtre de quelques mois ni trop avant ni trop tard dans la campagne des Primaires américaines ? Déjà le président Sarkozy récemment élu jouait avec le feu en agitant la menace. Quatre ans plus tard, nous sommes rendus aux même jeux de guerre.

Une grave crise internationale avec l’Iran, doublée d’un choc pétrolier, serait vraisemblablement favorable au président français sortant. On ne change pas de capitaine pendant la tempête. Mais c’est le sujet qui unit les opposants républicains à Obama, divisés sur à peu près tout, hors Israël et l’Iran. Le président américain sortant a soigneusement refermé la fenêtre de risque en réaffirmant sa solidarité avec le cabinet de Jérusalem, en se repliant d’Irak et en restant ferme face à l’Iran : finie la politique de la main tendue. Mais s’il était réellement mis au pied du mur, il aurait fort à faire pour se défendre de ne pas intervenir, ce dont il n’a nulle intention, car ce serait évidemment catastrophique.

Ahmadinejad le sait qui pousse à la faute sûr de voir ses menaces non suivies d’effet. Ainsi peut-il rester lui même en position de tête au sein des cercles de pouvoir iraniens. Le Golfe, comme le nucléaire, c’est la chasse gardée des Pasdarans, les Gardiens de la Révolution, qui ont leur propre marine, leur armée, comme leur police. Les amiraux de la Marine, les généraux de l’Armée, les politiques des élections législatives sont prévues dans quelques mois - peuvent faire vivre les institutions officielles. Ahmadinejad, lui, repose sur d’autres réseaux, parallèles. La stratégie de la tension est au coeur des enjeux de pouvoir. Et ses adversaires, rivaux ou concurrents, ne peuvent que suivre.

La montée des tensions côté occidental répond certes aux impasses du dialogue avec les autorités iraniennes. Il ne saurait en aller autrement dans cette conjoncture encore incertaine à Téhéran pendant les quelques mois à venir. Mais elle tente également de contenir les va-t-en guerre israéliens. Le dernier rapport de novembre de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) ne contenait rien de nouveau mais était opportun. Les États-Unis et l’Union européenne disposeraient ainsi d’une base légale pour accroître les sanctions, notamment financières et pétrolières, contre Téhéran. Grâce à quoi Israël se tiendrait encore coi jusqu’à la prochaine alerte.

En menaçant de fermer le détroit d’Ormuz, Téhéran n’a pas fait preuve d’une grande
imagination (1). L’argument n’a pas été beaucoup renouvelé depuis Le Secret de l’Espadon (tome 3) et plusieurs polars à succès des dernières années. La guerre Irak-Iran (1980-1985) avait déjà mis plusieurs des menaces à exécution dont l’explosion de pétroliers et le minage. La guerre sous-marine et aérienne dans ces confins figure déjà dans l’album d’Edgar P. Jacobs. Seules les étoiles ont changé.

La plupart des analystes militaires relativisent le danger, essentiellement en comparant le nombre de journées probables de guerre (jusqu’à deux mois) et celui des réserves stratégiques de pétrole dans les pays consommateurs. Quoi qu’il en soit, le simple fait d’entrer dans ce jeu accrédite le pouvoir d’influence iranien.

Comme pour la dissuasion, il ne faut pas raisonner en termes de bataille mais de non bataille. Espérons qu’en France, aux États-Unis et en Iran, chacun face à ses propres échéances électorales se préoccupera des problèmes réels de sa société respective et ne cherchera pas des dérivatifs pour égarer les opinions.

La comparaison que l’on lit ici et là avec le blocage du détroit de Tiran par Nasser en 1967 donnant lieu à la guerre des Six Jours est inappropriée. Elle dénote l’idée que l’enjeu serait, ici encore comme alors, l’État d’Israël, ce qui est tomber dans le piège tendu par Ahmadinejad.

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