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Jeu trouble de Gbagbo autour de la présidentielle du 31 octobre 10.

Mardi 19 octobre 2010 // L’Afrique

Après avoir résisté pendant cinq ans (un mandat entier), le président de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, s’est résigné à accepter l’organisation de l’élection présidentielle, avant la fin de l’année 2010. Le 21 septembre, chez le médiateur, Blaise Compaoré, à Ouagadougou, où il s’est rendu en compagnie de ses deux principaux rivaux, l’ancien président, Henri Konan Bédié, et l’ancien Premier ministre, Alassane Ouattara, il a déclaré urbi et orbi que rien, sur le plan politique, ne s’opposait plus à la tenue du scrutin à la date du 31 octobre 2010.

Ayant fortement mis l’accent sur le plan politique, il fait craindre un report du scrutin à cause des problèmes techniques. Car connaissant la roublardise de celui que d’aucuns ont surnommé « le boulanger d’Abidjan ’ à cause de sa manie de rouler ses interlocuteurs dans la farine, des surprises ne sont pas exclues pour une élection présidentielle qu’il n’a aucune chance de gagner.

Sous la pression des Américains qui veillent sur sa sécurité rapprochée via le Mossad (services secrets israéliens), Laurent Gbagbo avait fini par lasser tout le monde (à commencer par ses propres compatriotes), à cause de ses reports incessants de la date des élections. Il le faisait en tenant compte ni de l’opinion publique fatiguée par le très long conflit politique que le pays n’avait jamais connu auparavant, ni de son opposition qu’il a toujours minimisée, et encore moins de la France dont il se sert pour jouer les victimes et s’éterniser au pouvoir. Un jeu très subtil mais qui, tôt ou tard, se retournera contre lui car c’est bien sa modeste personne qui a attribué des pans entiers de l’économie ivoirienne aux multinationales françaises. Les Ivoiriens ont fini par comprendre qu’il faisait semblant d’engueuler la France le jour, pour mieux la cajoler la nuit au moment où tout le monde dort.

Conclusion : sous Gbagbo, la France a obtenu ce qu’elle n’imaginait jamais avoir avec Bédié ou Ouattara au pouvoir. Un chef-d’œuvre signait « le boulanger d’Abidjan ». Si Nicolas Sarkozy refuse encore de fixer la date de la visite officielle de Gbagbo en France, c’est uniquement pour la forme. Sur le fond, les deux chefs d’Etat se sont compris : les amis de Sarkozy comme Bolloré et Bouygues (pour ne citer que ceux-là) sont rois à Abidjan. Qui l’eût cru sous Gbagbo quand il accusait Houphouët (et même Bédié d’avoir vendu la Côte d’Ivoire) aux Français ?

Il a donc fallu appuyer là où ça faisait mal : la bouche pleinne parlant pas, la France, très bien servie en Côte d’Ivoire s’accommode plutôt de la présence de Gbagbo au pouvoir Ce sont les Américains qui on fait pression sur Laurent Gbagbo et sur certains de se : proches, pour qu’il bouge sur le plan des élections. Alors qu’il est familier des Etats-Unis où il se rend au moins deux fois par an, le président du Front populaire ivoirien, Pascal AffI N’Guessan, s’est, par exemple vu refuser l’octroi d’un vise pour y aller cet été. Sans aucun motif a priori valable. D’autre part, l’épouse du chef de l’Etat, Simone Gbagbo, qui voulu séjourner en catimini au Etats-Unis pour « arranger certaines affaires » a vu sa présence chez Oncle Sam rendue publique. Par qui ? Mystère !

Pour mémoire : Laurent Gbagbo, est passible de Cour pénal internationale pour avoir beaucoup fait couler le sang depuis son élection controversée le octobre 2000. D’aucuns l’accusent même d’être derrière l’assassinat du général Rober Gueï et de son épouse. On l’accuse aussi d’avoir sacrifié sans remords, son ancien Ministre de l’Intérieur Boga Doudou. Bref, il traîne énormément de casseroles alors qu’il a passé dix années au pouvoir à se donner des airs d’un petit saint-esprit. S’il perdait les élections, la justice internationale le cueillerait comme une carpe, qu’il soit en Côte d’Ivoire ou en Europe. Les Etats-Unis, jusqu’à preuve du contraire, restent sa seule planque de salut pour la simple raison qu’ils n’ont pas reconnu la CPI. Mais le paradoxe est que le pays de Barack Obama est aussi celui qui abrite les ONG et les lobbys les plus puissants du monde. Or, le couple présidentiel de Côte d’Ivoire est dans le viseur des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International. Certaines sources indiquent que le très discret voyage aux Etats-Unis de Simone Gbagbo, avait pour entre autres buts, de mettre les points sur certains « i », l’issue de la présidentielle du 31 octobre (si la date est maintenue) n’étant pas tout à fait certaine pour le candidat des Refondateurs.

Tricher pendant cette élection relèvera du parcours du combattant. Très surveillée, cette élection serait aussi parfaite qu’une élection dans un pays à la démocratie établie. Les risques de fraudes seront moindres. Mais cela n’empêche pas le pouvoir de mettre les chances de son côté en utilisant les moyens légaux qui lui sont permis. Le chef de l’Etat vient ainsi de procéder il y a quelques jours à un vaste mouvement au niveau de la préfectorale et de la sous-préfectorale. Il en est de même au sein de la police. Objectif : contrôler (en amont) les électeurs, à défaut de les influencer dans les bureaux de vote.

Après avoir expliqué, pendant plusieurs années, qu’il ne pouvait pas aller aux élections à cause du refus des Forces Nouvelles (FN) de désarmer, le président Laurent Gbagbo est aujourd’hui décidé à y aller, alors que la donne sur ce plan n’a guère sensiblement évolué. Pour certains observateurs, il y va sous la pression des Américains qui ont à leurs côtés les Nations-Unies, parce qu’il a remobilisé toutes ses milices qui lui ont permis de garder le pouvoir depuis octobre 2000. Les connaisseurs citent en vrac le Front de résistance du Grand Ouest, le Groupement des patriotes pour la paix, le Congrès panafricain des jeunes patriotes, la Fédération nationale des agoras, les parlements de Côte d’Ivoire, sans oublier, la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire.

Tous ces groupements armés ou non peuvent facilement aligner 20.000 à 30.000 personnes dont plus de la moitié d’hommes en armes. Autant dire que Laurent Gbagbo s’est donné les moyens pour devenir le « Charles Taylor » de la Côte d’Ivoire au cas où sa réélection comme peut le confirmer l’arithmétique électorale, tournerait au vinaigre. Le trésor de guerre pour financer ces mouvements politico-militaires est énorme. Il a été constitué par de gigantesques détournements de fonds publics dont certains ont alimenté les gazettes locales ces derniers temps. Cette situation pousse certains Ivoiriens à dire qu’en 10 ans, sur le plan de la mauvaise gestion, dans tous les cas, Laurent Gbagbo aurait fait pire que Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié réunis. Seul son successeur pourra précisément éclairer les Ivoiriens sur ses nombreux impairs dans sa gestion.

Pour équiper efficacement ces milices, et ces groupements armés, Laurent Gbagbo a récemment envoyé son ministre de la Défense acheter des armes aux Etats-Unis. Ces derniers ayant refusé de les lui vendre à cause de leur utilisation douteuse en ces temps d’élection, le chef de l’Etat ivoirien s’est rappelé au bon souvenir de ses amis de l’Internationale socialiste. C’est donc auprès de son vieux copain José Eduardo Dos Santos, le président angolais, avec qui il a signé des accords de défense au lendemain de son arrivée mouvementée au pouvoir en octobre 2000, qu’il tenterait de se ravitailler. Avis aux Nations-Unies et à la très pacifique opposition de Côte d’Ivoire.

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