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Israël - Etats-Unis.

Lundi 3 mai 2010 // Le Monde

Invité à Washington, le Premier ministre israélien pensait que la Maison-Blanche céderait à ses exigences. L’accueil froid que lui a réservé Obama devrait l’amener à revoir sa politique.

Le Premier ministre israélien a commis une erreur en s’envolant vers le Etats-Unis le 22 mars. Présentée comme une tentative pour raccommoder les liens distendus entre Benyamin Nétanyahou et le président américain Barack Obama, cette visite n’a fait que creuser le gouffre qui sépare les gouvernements américain et israélien. Le Premier ministre a quitté les Etats-Unis plus isolé et plus affaibli qu’à son arrivée sur le sol américain. Une véritable disgrâce. Loin de fixer l’agenda diplomatique, il en a perdu le contrôle. Au lieu de laisser de côté la question palestinienne et de se concentrer sur l’Iran, comme il en avait l’intention, Nétanyahou se retrouve aujourd’hui à lutter pour affirmer la légitimité du contrôle israélien sur Jérusalem-Est un sujet aussi sensible qu’insoluble, qui avait conduit il y a dix ans à l’implosion du processus de paix et au lancement de la deuxième Intifada. Le voici qui nous est maintenant servi en guise d’apéritif.

Nétanyahou a cru pouvoir se laisser bercer par l’accueil chaleureux que lui a réservé la conférence de L’AIPAC [lobby juif américain], devant laquelle il a prononcé un discours vibrant sur Jérusalem, invoquant, comme Menahem Begin jadis, non pas l’Etat d’Israël, mais le peuple juif tout entier et son histoire millénaire. Certes, sa rhétorique de droite aurait pu être plus extrême. En lisant entre les lignes, on a pu percevoir une certaine volonté de renoncer aux implantations [colonies] de Cisjordanie à condition que l’armée israélienne puisse y maintenir une zone tampon dans la vallée du Jourdain.

Mais, à la Maison-Blanche, le discours prononcé par le Premier ministre sous les applaudissements de milliers de militants pro-israéliens et de plusieurs centaines d’élus du Congrès a été perçu comme une tentative de remobiliser des canaux politiques contre le président américain. Obama et les siens ont tendu un piège de miel à Nétanyahou. Dans un premier temps, ils ont ostensiblement multiplié les gestes d’apaisement après le fiasco de la visite du vice-président Joe Biden [le 9 mars, les Israéliens avaient provoqué sa colère en annonçant pendant sa visite la construction de nouveaux logements dans les colonies]. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton a qualifié d’ « utile » la réponse de Nétanyahou à l’ultimatum de Washington, et l’envoyé spécial George Mitchell a invité Nétanyahou à la Maison-Blanche.

L’impression était que l’administration américaine avait passé l’éponge. Sûr de lui, le Premier ministre a même déclaré publiquement que, si les Palestiniens continuaient d’exiger un gel de la colonisation de peuplement, cela équivaudrait à repousser d’un an la reprise des pourparlers de paix. Bref, c’était lui qui allait imposer le rythme du ballet diplomatique.

Les Etats-Unis ont minimisé l’importance de cette visite

Mais, ô malheur, lors de la rencontre à la Maison-Blanche, Obama a clairement fait savoir à son hôte que la lettre que Nétanyahou lui avait envoyée était insuffisante et devait faire l’objet de corrections. Alors qu’il se croyait l’invité d’honneur, Nétanyahou a été traité comme un élève turbulent, voire comme un troufion obligé de faire dix fois le tour de la caserne au pas de course pour avoir manqué l’appel. Comment expliquer cette volte-face américaine ? Le 21 mars, Obama appréhendait encore avec anxiété le vote de la Chambre des représentants sur la réforme des soins de santé, et la dernière chose qu’il voulait, c’était un désaccord de dernière minute avec Ies députés sur la question des relations israélo-américaines. Dès l’instant où son projet de loi a été adopté, c’est un Obama victorieux qui, le 23 mars, s’est senti les coudées franches pour affronter son hôte israélien.

Les Américains ont tout fait pour minimiser l’importance de cette visite. Comme en novembre dernier, Nétanyahou a été invité à la Maison-Blanche à une heure tardive, sans conférence de presse. Comme si cela ne suffisait pas, le porte-parole de la Maison-Blanche s’est empressé de contester la déclaration de Nétanyahou devant L’AIPAC, expliquant que Jérusalem [n’était] pas une colonie. Les Américains n’ont pas attendu que Nétanyahou quitte les Etats-Unis pour manifester leur désaccord. Washington ne le considère plus comme un allié, mais comme un obstacle.

Rendue publique juste avant sa rencontre avec Obama, l’annonce de la reconversion de l’hôtel Shepherd [dans le quartier palestinien] de Sheikh Jarrah en immeuble pour colons a pris Nétanyahou par surprise. De toute évidence, le comité interministériel spécial mis sur pied pour éviter un nouveau couac a raté son premier test. Nétanyahou sait désormais qu’Obama ne lâchera pas prise, et exigera de lui qu’il choisisse définitivement son allié : l’Amérique ou leYesha [Conseil des colons de Cisjordanie].

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