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Islamophobie.

Samedi 23 avril 2011 // Le Monde

Le débat public sur l’Islam en Europe et aux Etats-Unis intervient à un moment de grande effervescence dans le monde arabe, proche (Afrique du Nord) ou lointain (Moyen-Orient).

Lislamophobie existe. Elle s’est installée, voire incrustée dans nos sociétés occidentales. Elle est là pour durer comme à d’autres périodes de notre longue Histoire. Le mouvement est en marche. Il aurait pu être arrêté ou du moins freiné par des actes politiques clairs. Il ne l’a pas été. Il poursuit désormais sa course, hors de tout contrôle. Il n’est pas propre à la France ni à une république laïque. L’Allemagne, les Iles britanniques, les Pays-Bas, l’Italie, les États-Unis quel que soit le système religieux ou les relations entre religion et politique sont concernés. Partis les derniers, les Américains ont déjà fait très fort avec des auditions de la commission de la sécurité nationale de la Chambre des représentants.

Les arguments sont connus de part et d’autre. Ils n’évolueront pas puisqu’ils relèvent de l’idéologie. En revanche, s’ils ne sont guère susceptibles de changement à l’intérieur, ils sont sensibles à l’actualité extérieure. L’islamophobie étant devenue internationale, la conjoncture dans les pays musulmans, les conflits, le terrorisme, ne sont pas sans avoir un impact. Celui-ci est néanmoins difficile à décrypter.

Les dernières révoltes populaires en Tunisie, en Libye, en Égypte et ailleurs, marquées du sceau de la démocratie, des réformes, des droits, et non de l’islamisme militant, n’ont pas arrêté les auditions du ongrès américain ni les débats de l’UMP. Au contraire, elles ont pu servir d’encouragement pour vilipender les structures de pouvoir de type califal encouragées par l’Islam. En Afrique du Nord, l’appétit de réformes s’étend à la vie civile, et donc là aussi la critique de l’Islam est bienvenue, à travers ses dispositions juridiques jugées archaïques et barbares (Charia).

Débarrassé dans les pays qui auront fait leur révolution de ses aspects institutionnels et juridiques les plus contestables, l’Islam sera-t-il plus assimilable ? C’est passer à côté de l’essentiel, qui est l’état de guerre non déclaré au plan international entre Islam et Occident. Si à l’Ouest, c’est l’immigration que l’on redoute des troubles survenus au Maghreb, problème récurrent, qui changerait de dimension mais non de nature, à l’Est, c’est la crise pétrolière sans doute, mais aussi la prise de pouvoir à La Mecque par de nouveaux guerriers ennemis. On dit souvent que les révoltes arabes de cette fin 2010/début 2011 n’avaient pas été prévues par les chancelleries occidentales.

En revanche, celles-ci ont bien en tête ce qui se passerait en Arabie saoudite si la dynastie saoudienne venait à être renversée. Il y a quelques années déjà, un hebdomadaire britannique influent avait projeté cet événement en 2011, sans doute pour le dixième anniversaire des attentats de ew York. Si des changements devaient intervenir dans le Royaume wahhabite, ce ne serait pas, contrairement au pourtour de la Méditerranée, dans un sens plus éclairé ou plus ouvert, mais notoirement intégriste, inspiré d’Al-Qaïda. La Djihad deviendrait alors une réalité étatique.

L’intervention de l’armée saoudienne à Bahreïn au nom du Conseil de Coopération du Golfe vise une révolte chiite, plus de 80% des habitants de l’îlot étant chiites. L’Arabie saoudite ne se prive d’ailleurs pas depuis longtemps de réprimer étroitement son importante minorité chiite riveraine du Golfe et des principaux champs pétrolifères. La menace ici est iranienne.

Le Royaume a toujours su habilement jouer des deux tableaux, iranien et intégriste, pour se présenter aux yeux du monde occidental comme le moindre mal. Les musulmans du monde entier, qui se tournent cinq fois par jour en principe vers La Mecque et s’efforcent de s’y rendre au moins une fois dans leur vie, ne peuvent être indifférents à ce qui s’y passe. Les uns et les autres ont tenté d’ouvrir un dialogue. Il n’a jamais vraiment progressé en dépit des discours de Sarkozy, d’Obama ou du prince Charles d’Angleterre, et de ceux en retour du roi Abdallah. La réévaluation actuelle de l’Islam en Occident fourmille de calculs politiciens. Mais il est aussi la conséquence de cela : rien n’a jamais avancé au plan international. Pourquoi ? Suite au prochain numéro.

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