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Mercredi 31 mars 2010 // Divers

Ecologie

Au retour du Sommet de Copenhague le 22 décembre dernier, le Président français Nicolas Sarkozy annonçait l’organisation d’une conférence sur les grands bassins forestiers en France pour le début 2010. Le Premier ministre norvégien ayant fait une annonce similaire le même jour (les grands esprits ou les grands communicants se rencontrent), les deux pays se sont finalement entendus pour qu’une première réunion se tienne à Paris suivie d’une seconde un peu plus tard à Oslo.

C’est donc dans la capitale française que s’est tenue le 11 mars dernier la Conférence internationale sur les grands bassins forestiers coprésidés par Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie et du Développement durable et son homologue brésilien Carlos Minc. Cinquante-quatre pays, représentatifs des grands bassins forestiers d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, ainsi que douze États bailleurs de fonds, se sont ainsi retrouvés pour approfondir et mettre en œuvre le mécanisme de réduction de la déforestation, l’un des rares acquis de l’accord de Copenhague.

Dans son discours introductif, le Président français n’a pas manqué d’insister sur le rôle joué par la France pour faire aboutir ce projet et plus généralement pour que la forêt soit une priorité internationale. De par son expertise forestière, la France veut en effet tenir une place, de premier rang dans la lutte contre la déforestation et la dégradation des forêts, compte tenu de l’enjeu que celle-ci représente dans la bataille contre le réchauffement climatique. Les experts estiment, en effet, que la déforestation constitue près de 20% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, davantage, par conséquent, que l’ensemble des transports terrestres, maritimes et aériens, pourtant jugés gros contributeurs en la matière.

En organisant cette conférence, l’objectif de la France était double : dans un premier temps, organiser une coordination efficace des financements et des actions précoces et, à plus longue échéance, engager la discussion sur un mécanisme pérenne afin de faciliter les actions dans ce domaine. À l’issue de cette réunion, on peut estimer que les buts ont été atteints. D’un côté, les pays accueillant de grands bassins forestiers, ont exposé leurs actions nationales et leurs stratégies de lutte contre la déforestation et la dégradation forestière et en faveur de la reforestation et de l’aménagement durable des forêts. De l’autre, les pays donateurs ont rappelé l’importance de la forêt dans le financement précoce pour lequel plusieurs d’entre eux ont promis d’y consacrer 20%% de leurs engagements financiers de ce type tel que prévu par l’accord de Copenhague. En outre, la France avec l’Australie, les Etats-Unis, le Japon, la Norvège et la Grande-Bretagne ont confirmé leur engagement collectif à hauteur de 3,5 milliards de dollars pour la période 2010-2012.

Et comme il n’est pas désormais de conférence internationale sans bonne gouvernance, les Etats présents ont conclu à la nécessité d’une meilleure coordination du partenariat REDD (pour réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) passant notamment par l’animation d’un groupe facilitateur de pays actifs parmi lesquels on retrouve naturellement la France, la Norvège et le Brésil et la mise en place d’un secrétariat léger chargé de recenser les besoins les plus urgents, les flux financiers, les actions existantes et les ressources disponibles. C’est donc manifestement satisfait que Jean-Louis Borloo a conclu les travaux en mettant l’accent sur cette « nouvelle solidarité Nord-Sud pour lutter contre la déforestation ».

Rendez-vous, comme promis, a donc été pris pour se retrouver en mai prochain à Oslo afin de mesurer les avancées, en matière forestière, de l’accord de Copenhague. Si l’on se fie à la géographie, les choses devraient aller bon train, car il n’y a guère de distance entre la capitale norvégienne et sa voisine danoise. Comme le disent les bûcherons, ce n’est pas le moment de jeter le manche après la cognée.

40e Anniversaire.

Instrument de diversité culturelle, la Francophonie n’est plus aujourd’hui une exception ni une marque d’exclusivité ni une machine de guerre linguistique. La journée de la francophonie le 20 mars a marqué les quarante ans de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Fondée à Niamey (Niger) sous l’égide de trois chefs d’Etat, Hamani Diori du Niger, Léopold Sedar Senghor du Sénégal et Norodom Sihanouk du Cambodge, l’Organisation a bien progressé en quarante ans. Elle s’est doté de nombreuses institutions. Elle est passée par un moment de doute, cherchant à se réfugier dans un pré carré. La convention sur la diversité culturelle a tout changé. La Francophonie, est passée du stade d’exception en voie d’extinction à la coalition d’intérêts avec tout ce qui n’est pas pensé unique dans le monde.

La plupart des grands Etats membres de la Francophonie sont multilingues : la Belgique, la Suisse, qui accueillera à Montreux le prochain sommet de la francophonie à l’automne 2010 le Canada, le Liban, le Cameroun. Aux batailles linguistiques, ont peu à peu succédé la paix civile et la tolérance, parce que la langue française n’a plus été comprise comme une contre-culture mais comme vecteur de dialogue et de compréhension.

On a glosé sur l’adhésion du Rwanda au Commonwealth en laissant croire que ce pays s’était retiré de la Francophonie. Le Rwanda a toujours participé à tous les som- mets de la Francophonie. Et de nombreux autres pays dits francophones sont membres du Commonwealth comme le Canada ou le Cameroun. L’intégration dans son environnement est-africain, l’entrée dans la Communauté constituée du Kenya, de la Tanzanie et de l’Ouganda, valorise non pas la pseudo conversion du Rwanda à l’anglais ; Mais le bilinguisme qui est sa politique officielle, trait d’union entre Afrique de l’Est majoritairement anglophone et Afrique centrale majoritairement francophone. Le danger pour la Francophonie n’est pas là, mais dans deux faiblesses d’ailleurs reliées entre elles. La première a été rappelée par le drame d’Haïti : de nombreux pays francophones figurent parmi les plus pauvres du monde. Or l’O1F n’est pas équipée pour assurer une présence au plan international en cas de catastrophe naturelle ou de conflit armé. Plus de la moitié des casques bleus sont engagés dans des pays francophones mais à peine 15%o d’entre eux parlent le français.

La seconde faiblesse est le recul de l’usage de la langue et surtout de la pensée française dans les grandes organisations multilatérales. Nous sommes parvenus à ce stade paradoxal que grâce à un effort volontariste, la France a imposé plusieurs des siens et des collègues francophones à la tête des institutions comme le FMI, l’OMc, la FAo, le Fonds mondial Sida, la présidence de l’Union européenne, celle de la Banque centrale européenne ; le chef des opérations de maintien de la paix à l’ONU est français. Et tout ce beau monde s’exprime en anglais et fait tout pour ne pas apparaître trop frenchie, notamment en prenant soin de s’entourer d’anglophones comme adjoints. La réciproque est rarement vraie.

Francophones du monde, encore un effort ! La promotion des langues locales, pour ceux qui, dans la majorité des cas, ne comprennent ni ne parlent ni l’anglais ni le français, dans des pays réputés anglophones ou francophones et qui ne le sont qu’à 15 ou 25%, n’est pas contradictoire avec celle des grandes langues véhiculaires. Il reste encore beaucoup de place pour, chacun dans sa zone, faire progresser sur la surface de la planète, le français tout autant que l’anglais.

Qui peut crier Victoire ?

Malgré une participation en hausse, le second tour des élections régionales a confirmé la forte poussée des trois types d’opposition mis en exergue au premier. D’abord, demeure à peu près un Français sur deux à ne s’être pas déplacé, manifestant ainsi un désintérêt teinté d’hostilité. Ensuite, la gauche fourre-tout entraînée par le Ps s’est sérieusement ragaillardie. Enfin, le Front national a montré que son éclipse présidentielle n’était que momentanée et qu’un électeur sur six se reconnaissait en lui ; Même s’il y a des régions où il reste faible, notamment sur la façade atlantique, il montre une réelle implantation du nord au sud, en passant par la Bourgogne et Rhône-Alpes.

Le centre a été laminé, victime de la perte d’identité de Beyrou et abandonné autant par les votants que par les autres partis, dont aucun n’a entamé de danse du ventre devant lui. Du coup, ceux qui ne voulaient que s’en servir l’ont vite quitté, telle Corinne Lepage, éternelle navigante entre la droite et la gauche. Cantonné à une seule figuration, en Aquitaine, il en est réduit à se loger ailleurs,. chez les alliés de l’Ump regroupés dans le Nouveau Centre ou dans des formations plus ou moins vampirisées par les écologistes nouvelle formule. On peut d’ailleurs faire confiance à Daniel Cohn-Bendit pour tenter d’en récupérer la frange la plus libertaire, notamment derrière le paravent de l’Europe, dans la ligne de ses propositions formulées dès le lundi 22 mars. En tout cas, la mort, le 22 août dernier, d’Adrien Zeller, le président de l’Alsace, a marqué la fin de l’époque où la démocratie chrétienne pouvait s’affirmer, même ralliée à Nicolas Sarkozy auquel elle est restée fidèle en faisant passer beaucoup plus nettement que prévu la liste dirigée par Philippe Richert, pourtant encore peu connu.

Affichant un profil bas et jouant le fair-play, les responsables de la majorité présidentielle vont certes se déchirer un peu sur les raisons d’une défaite tout compte fait habituelle au milieu d’un mandat de gouvernement, de gauche comme de droite. Mais le chef de l’Etat, après son remaniement « technique », sifflera la fin de la récréation afin que ses troupes soient disposées en ordre de bataille pour préparer sérieusement la présidentielle de 2012. Mais, d’ici là, les aléas économiques et sociaux procureront des occasions de rebondir et ménageront quelques surprises.

Sur les trois régions conservées par la droite, deux se situent dans l’outre-mer, gagnées avec dix points d’avance. Or, la Guyane et la Réunion apparaissent beaucoup moins agitées que la Guadeloupe et la Martinique, où la gauche manifeste quelque proximité avec les indépendantistes.

Maintenant, avec des écologistes déjà très divisés notamment par rapport aux propositions de Daniel Cohn-Bendit mais passés de 168 à 280 conseillers régionaux, mais aussi avec la présence d’éléments du Front de gauche où les communistes voudront se faire entendre, le Parti socialiste va devoir diriger autrement ses régions. On verra alors qui pourra crier victoire pendant les quatre années avant la mise en place de la nouvelle organisation territoriale. Sans oublier la pression de la rue, qui se manifeste déjà par le retour des grèves dans les services publics.

L’étrange succès du Front National

On avait sans doute enterré un peu vite le Front national. Laminé lors des législatives de 2007, le parti de Jean-Marie, Le Pen semblait depuis condamné à un déclin inexorable. Les résultats du second tour des régionales confirment son retour sur la scène politique. Mieux, dans l’ensemble, il progresse en nombre de voix entre le premier et le deuxième tour. En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Jean-Marie Le Pen obtient 22,5% des suffrages, tandis que sa fille Marine arrive à 22,2% dans le Nord-Pas-de-Calais.

On peut sans doute voir dans ce succès un échec de Nicolas Sarkozy. La rhétorique adoptée pour siphonner les voix du parti d’extrême-droite ne fonctionne plus. Faut-il aller plus loin et mettre en cause le débat sur l’identité nationale. ? Ce n’est pas si sûr, surtout si l’on considère les zones où le Front national obtient ses plus hauts scores, et qui sont avant tout marquées par la pauvreté et la crise des activités traditionnelles.

Ce regain du Front national est une victoire pour Jean-Marie Le Pen, et surtout pour sa fille qui prend aujourd’hui une option sérieuse pour la succession de son père, âgé de 82 ans et dont c’était sans doute la dernière campagne. A ce titre, ces régionales marquent sans doute le début d’une nouvelle période. Le Front national cesse peu à peu, d’être le parti des anciens militants de l’Algérie française et des catholiques « intégristes ». Les dérapages verbaux et les nostalgies pour le moins douteuses disparaissent pour offrir un visage plus présentable et des habits neufs au vieux courant national.

Cette évolution est due pour l’essentiel à Marine Le Pen elle-même. Le pari est d’ailleurs risqué. Les vieux courants de l’extrême droite classique ont longtemps fourni ses cadres et ses thématiques au Front national. La fille de Jean-Marie Le Pen devra chercher ailleurs. Surtout, elle devra trouver des idées qui ne se limitent pas à des formules sommaires et à des propositions inapplicables, ce qui n’est pas évident.

Il demeure cependant hautement improbable que le Front national puisse même faire figure de parti "comme les autres". On imagine mal l’UMP nouant des alliances avec lui, même à longue échéance.

Le succès du Front national aux régionales n’est une bonne nouvelle pour personne, pas même, sans doute pour le Front national lui-même.

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