Il y a ceux qui sont nommés, et les autres…

Jeudi 1er avril 2010, par Pierre Marie GALLOIS // Le Monde

L’Iran, cela va de soi, la Corée du Nord aussi.

Des bonnes têtes de « Méchants ».

Il faut s’en protéger coûte que coûte ! Et l’Otan est là dans ce dessein.

L’Otan qui, par la bouche de Monsieur Anders Fogh Rasmussen, en appelle au monde pour « faire front uni face à la menace commune »

En avril, ne pas se découvrir d’un fil...

 Selon l’agence de presse polonaise PAP, une batterie de missiles intercepteurs « Patriot » américains sera déployée en avril dans le nord de la Pologne avec l’unité américaine qui en aura la charge. « Le ministère de la Défense prévoit la mise en œuvre, début avril, dans la ville de Morag, de la première phase du stationnement d’une batterie anti-aérienne « Patriot » et d’une équipe d’entretien de 100 hommes ».

Précisons que Morag se situe non loin de l’enclave russe de Kaliningrad… A 35 miles…

Il ne s’agit là que de la conséquence de l’accord qui a été signé entre la Pologne et les Etats-Unis en décembre 2010, sous le nom de « Sofa », accord sur le « statut des forces »...

La Pologne déplorait qu’il n’y avait pas de grandes installations militaires américaines, ni troupes sur son sol, bien qu’ayant rejoint l’Otan depuis dix ans et été un fidèle serviteur de l’Oncle Sam en envoyant son contingent de soldats tant en Irak qu’en Afghanistan...

Pologne

L’opinion publique polonaise est très largement hostile à la participation de son armée aux opérations en Afghanistan : 75 % environ, selon les sondages successifs depuis deux ans. La même proportion se dit opposée dorénavant à la poursuite de la mission de l’OTAN dans le pays. Seuls 17 % des sondés croient que cette mission pourra aboutir à l’arrêt des combats contre les talibans, selon une enquête de septembre 2009. Le 19 décembre de la même année, lors de combats dans la province de Ghazni dont la Pologne a pris la responsabilité, le soldat Michal Kolek, 22 ans, est mort : il est la 16e victime du contingent national.

En 2010, le contingent polonais doit passer de 2000 à 2600 soldats. Ce nouvel effort se justifie par les besoins opérationnels dans cette province sensible, a expliqué en décembre le ministre de la Défense, Bogdan Klich, au cours d’un débat parlementaire. Mais le gouvernement assure qu’une première décrue des effectifs serait envisagée en 2011. http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/02/22/les-europeens-sceptiques-sur-leur-participation-a-la-guerre_1309613_3214.html

Alors qu’il y a un peu plus d’un an (janvier 2009), pour faire suite à la déclaration du président Obama qui faisait savoir ne pas être pressé d’installer les éléments d’un bouclier antimissile en Europe, la Russie suspendait son déploiement de missiles « Iskander » dans son enclave de Kaliningrad, le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov déclarait à la suite de la décision de l’établissement de la batterie de « Patriot », que son pays pourrait déployer des missiles tactiques « Iskander » dans son enclave de Kaliningrad, frontalière de la Pologne, s’il se sentait directement menacé par l’Europe... (Source : http://fr.rian.ru/world/20100223/186112902.html)


Le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov. 


Le président roumain Traian Basescu.

Cerises sur le « gâteau », le 4 février, le président roumain Traian Basescu déclarait que Bucarest acceptait d’accueillir les missiles intercepteurs à moyenne portée dont le déploiement est prévu par le nouveau système de défense antimissile américain et le 12 février dernier, c’était au tour du premier ministre bulgare Boïko Borissov de faire savoir que Washington mènerait avec Sofia des négociations sur le déploiement sur le territoire de la Bulgarie de missiles intercepteurs dans le cadre du nouveau projet d’ABM américain…


Le premier ministre bulgare Boïko Borissov.

Dans le même temps, Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’Otan, déclarait à l’Université de Georgetown (Washington), que le bouclier antimissile (ABM) devait devenir un projet international, ce qui le rendrait plus efficace et économiquement rentable, déclaration en tous points fidèles aux propos du président Obama qui avait a promis de trouver une solution "plus économe" et plus efficace pour neutraliser la menace iranienne…

Que des soucis d’économie et pour notre plus grand bien !

"De plus en plus de pays cherchent à se doter de missiles... Aussi la défense antimissile est-elle devenu un impératif stratégique. A mon avis, un bouclier antimissile serait le plus efficace dans le contexte du partenariat" dixit Monsieur Rasmussen qui ne manquait pas d’ajouter qu’alors que des pays tels que l’Iran et la Corée du Nord ne cessent de renforcer leur potentiel nucléaire, le monde se doit tout simplement de faire front uni face à la menace commune.

Rien moins que le monde au service du « monde-Etats-Uniens » !

Un « partenariat » mondial dans la mise au point d’un bouclier antimissile qui serait alors avantageux tant sur le plan stratégique que du point de vue des finances.

Et, le secrétaire général de l’Otan- n’y voyez aucune « menace »- de préciser que cette coopération témoignerait de la disposition des Etats-Unis, de l’Otan et de l’Union européenne (UE) à se soucier de la sécurité générale, y compris de celle de la Russie !

Alors que les Russes semblent voir le mal partout, enfin la vérité est dévoilée : si bouclier anti-missile il y a, il existera aussi pour protéger la Russie…

Et « Barak Hussein » Rasmussen – c’est plus chic que Anders Fogh qui fait brumeux… de conclure : « J’aimerais beaucoup voir le système de défense antimissile américain, le système de l’Otan et un système russe avec l’objectif de coordonner un bouclier commun contre des missiles ennemis »… (http://euro-synergies.hautetfort.com/tag/balkans)

Il allait de soi que ces butés de Russes qui ne comprennent rien à rien passeraient à côté du message d’amour : « Nous avons retiré nos forces de la région de Kaliningrad (enclave russe située entre la Pologne et la Lituanie). Dans ce contexte, le déploiement du système ABM américain en Europe de l’Est est jugé inquiétant aussi bien par les autorités russes que par les Forces armées. Nous ne cachons pas que notre attitude à l’égard de ce projet est négative » dixit un « buté-chef », le chef de l’Etat-major général des Forces armées russes Nikolaï Makarov.

Faut-il vraiment voir le mal partout ? Les autorités russes seraient d’autant plus exaspérées qu’elles estiment que leur démonstration de bonne volonté dans la gestion des tensions régionales n’est pas récompensée et qu’au contraire, les USA tentent d’en profiter pour pousser leur avantage et renforcer drastiquement leur présence, et donc leur influence, aux portes de la Russie. http://fr.novopress.info/49595/le-deploiement-des-missiles-americains-en-europe-inquiete-l%E2%80%99etat-major-russe/

Des « Patriot » en Bulgarie ?

Cette affaire de « bouclier s’est installée durablement dans l’espace européen, débordant au-delà…

Dès septembre 2007, après une réunion des ministres de la Défense des Etats membres de l’Organisation du traité sur la sécurité collective (OTSC), qui se tenait à Bichkek, capitale du Kyrghyzstan, le ministre bélarusse de la Défense, Leonid Maltsev, déclarait que le projet américain de construire un bouclier anti-missile en Europe pourrait entraîner des conséquences imprévisibles… que ce déploiement en Europe bouleverserait l’équilibre des puissances dans la région et que les pays devaient considérer les traités internationaux applicables et les inquiétudes des pays concernés, avant de décider de l’installation du bouclier… et de conclure que les pays ayant consenti au projet américain risquaient de devenir les principales cibles d’attaques. (source : http://www.spyworld-actu.com/spip.php?article5757)

Réponse du berger à la bergère, un responsable de la marine russe annonçait en janvier 2010 que la Russie allait renforcer sa flotte de la Baltique en réponse au projet américain de déployer ses missiles en Pologne : « Les unités de surface, les unités sous-marines et l’aviation de la flotte de la Baltique seront renforcées »… Flotte basée dans l’enclave de Kaliningrad, ex-Königsberg, dans l’ancienne Prusse orientale, et à Kronstadt, près de Saint-Pétersbourg dont le navire-amiral est le destroyer Nastoïtchivi, en service depuis 1993.


Emblème de la Flotte de la Baltique.

Et la Russie de se réserver aussi le droit de faire pousser quelques missiles chez ses amis…

Nous pouvons d’ores et déjà entendre les bonnes âmes d’une Europe « otanisée » et servile s’écrier : « Que les Russes sont méchants ! alors que nous voulons simplement les protéger… »

Les bons « docteurs » ne manqueront pour nous dire pourquoi l’Europe est muette…

Portemont, le 8 mars 2010

Lire : http://www.fr.rian.ru/infographie/20081113/118288444.html

En 2007…

Des livraisons de systèmes de missiles opérationnels tactiques russes Iskander à la Biélorussie représentent une des variantes possibles de réponse asymétrique de la Russie au déploiement d’éléments de la défense antimissile américaine (ABM) en Europe. "Dans les conditions actuelles et compte tenu de la position adoptée par la Biélorussie, pourquoi pas ? Toute action provoque obligatoirement une réaction", estime le général Vladimir Zaritski, commandant des Troupes de missiles et d’artillerie des forces armées russes.

Il s’agit certainement d’une réaction naturelle du responsable militaire russe face aux questions des journalistes sur les caractéristiques opérationnelles des missiles « Iskander ». De plus, il a eu raison de souligner que cela se ferait sous réserve que des conditions appropriées soient réunies et en fonction de la position adoptée par la Biélorussie.

De quelles conditions s’agit-il ? Le fait est que la portée du missile « Iskander-E », version destinée à l’exportation et qu’on s’apprête à livrer à la Biélorussie, ne dépasse pas 280 km. Comme l’a déclaré Minsk, la brigade de missiles qui en sera dotée est stationnée dans la région de Moguilev, limitrophe avec la Russie, par conséquent, une portée de 280 km ne suffira pas pour atteindre les intercepteurs américains déployés en Pologne. Cette portée sera insuffisante même si les missiles « Iskander » sont redéployés dans la région de Brest, frontalière de la Pologne.

Il en serait autrement si la Biélorussie recevait une version modernisée du système de missiles « Iskander », dont la portée dépasserait les 500 km, limite mentionnée dans le Traité sur l’élimination des missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée (FNI). Mais l’apparition d’une telle version d’ « Iskander » signifierait la résiliation du traité FNI par la Russie.

Cette possibilité reste cependant envisageable, entre autres, en raison de la création par les Etats-Unis en Europe de la troisième zone de positionnement de l’ABM américain. Le déploiement du bouclier antimissile à proximité de la Russie irrite en effet beaucoup Moscou, d’autant que cela ressemble bien à une provocation à l’égard de la Russie.

Selon Alexeï Arbatov, directeur du Centre de la sécurité internationale de l’Institut de l’économie mondiale et des relations internationales, le déploiement du bouclier antimissile américain en Europe ne doit pas être négligé, malgré son potentiel insignifiant par rapport aux forces russes de dissuasion nucléaire. Tout d’abord, parce que, comme le reconnaissent eux-mêmes les experts américains, il s’agit d’un programme de défense antimissile qui va être poursuivi. Cela signifie que ni les Etats-Unis, ni leurs alliés ne peuvent garantir que tout cela se bornera à un radar en République tchèque et une base avec 10 intercepteurs de missiles en Pologne. Autrement dit, Washington ne garantit pas que le nombre de ses missiles ne sera pas 10, 15 ou 100 fois plus grand. Cependant, Alexeï Arbatov juge nécessaire d’analyser minutieusement tous les "pour" et les "contre" de la résiliation du FNI par la Russie et de prendre en considération les éventuelles conséquences militaires stratégiques, financières, économiques et politiques. Selon l’expert, la Russie dispose actuellement de moyens efficaces pour faire face à la défense antimissile américaine en Europe. Moscou pourrait déployer à moindres frais plusieurs régiments supplémentaires de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) « Topol-M » sans dépasser le cadre du FNI.

Alexeï Arbatov admet qu’en réponse à un déploiement de missiles russes à portée intermédiaire, les Etats-Unis reprendraient leur programme de missiles à portée intermédiaire Pershing-2, de missiles de croisière basés en mer, et qu’ils créeraient de nouveaux systèmes, perfectionnés, de missiles de portée moyenne qu’ils déploieraient en Europe.

Ce scénario décrit par Alexeï Arbatov est tout à fait réaliste compte tenu de la déclaration du commandant des Troupes russes de missiles selon laquelle "toute action provoque une réaction".
http://www.armees.com/Iskander-vs-ABM,26304.html

Quelques considérations… plus actuelles…

En accord avec les États-Unis, le ministre polonais de la Défense, M. Bogdan Klich, a annoncé que les unités de défense aérienne américaines « Patriot » seront placées dans une base militaire polonaise située à 35 miles de la frontière de l’enclave russe de Kaliningrad, qui se trouve à proximité de Morag, dans le nord de la Pologne. Les unités de défense aérienne américaines « Patriot » sont un système de défense terminale par missile qui engage et détruit les missiles dans l’atmosphère et sont spécifiquement conçues pour les missiles tactiques et avions de courte portée sur une zone tactique réduite.

Cette décision peut être appréhendée par la Russie comme étant une provocation, étant donnée que les unités de défense aérienne américaines « Patriot » qui vont être déployées ne peuvent défendre qu’une très petite zone qui se composera de forces militaires polonaises opposant directement les forces militaires russes de l’autre côté de la frontière, à Kaliningrad. Ce système de défense, tenu par environ 100 soldats de l’armée de terre américaine, sera capable de défendre la Pologne contre les missiles nucléaires tactiques russes « Iskander », que les Russes ont menacé de déployer autour de Kaliningrad, si ce n’est déjà fait, et aussi de défendre contre d’autres missiles et avions russes à courte portée.

Contrairement à la décision de l’administration américaine, le nouveau plan de défense anti-missile du président et sa sensibilité par rapport à la Russie qui l’a conduit à retirer les sites de défense anti-missiles balistiques longue portée de Pologne et de la République tchèque pour défendre l’Europe et les États-Unis contre l’Iran, cette décision donne directement à la Pologne la capacité, avec ces troupes américaines déployées, de défendre l’armée polonaise face à la Russie sans aucune intention par rapport à la menace future de l’Iran envers l’Europe.

Le nouveau plan de défense anti-missile du président, annoncé le 16 septembre 2009, fait appel à une approche adaptive et en phases de la défense de l’Europe, commençant par les systèmes de défense anti-missile américains actuels pour défendre contre la prolifération de menaces de missiles à courte portée provenant d’Iran. Il semblerait logique que les actifs de défense anti-missile américains, aussi précieux que limités, tels que les missiles « Patriot », soient déployés dans des positions plus utiles que la défense de la Pologne contre la Russie.

Cette décision semble également aller à l’encontre de la bonne volonté et des bonnes intentions, dont a fait preuve l’administration, et qui se traduit par l’adoption avec la Russie du nouveau traité START visant à réduire les armes nucléaires stratégiques et les plates-formes de distribution. La Russie pourrait être un allié important des États-Unis en matière de défense anti-missile en ce qui concerne les capacités de l’Iran, allant même jusqu’à accueillir favorablement des systèmes de défense anti-missile américains potentiellement déployés dans un ou plusieurs pays ou régions telles que la Géorgie, l’Azerbaïdjan, la Turquie, la Mer Noire ou les Balkans. Il est donc essentiel pour le nouveau plan de défense anti-missile du président de faire ce qu’il a promis de faire. http://www.generation-nt.com/deploiement-par-pologne-missiles-americains-patriot-newswire-949241.html

Bientôt des missiles russes en Transnistrie ?

La région sécessionniste moldave de Transnistrie est prête à abriter sur son territoire un système russe de défense antimissile si Moscou en fait la demande, a déclaré lundi son dirigeant Igor Smirnov. Ce dernier a déclaré que cette offre était liée aux projets américains de déploiement d’un système antimissile en Europe de l’est, rapporte l’agence Interfax. Moscou maintient des troupes en Transnistrie depuis 1992, année où la Moldavie a tenté d’en reprendre le contrôle aux séparatistes. http://www.lejdd.fr/International/Europe/Depeches/Bientot-des-missiles-russes-en-Transnistrie-172683/

Répondre à cet article