Il y a Grèce et Grèce...

Lundi 24 mai 2010, par Alain Bournazel // L’Europe

Mais nous n’oublions pas ce que nous lui devons.

Et Alain Bournazel, secrétaire général du rassemblement pour l’indépendance de la France, le rappelle.

Sans omettre d’inviter nos « Chers amis grecs » à sortir de l’euro...

De la difficile voie pour retrouver les indispensables « outils » de la souveraineté...

Dans le grand jeu de dupes, quel avenir pour la Grèce ?

Amis GREC, SORTEZ DE L’EURO.

Alain Bournazel Secrétaire général du Rassemblement pour l’indépendance de la France (RIF)
Mes chers amis grecs, l’Europe vous doit beaucoup. C’est sur votre sol qu’ont surgi plusieurs siècles avant notre ère la civilisation et les embryons de la démocratie. Lors de deux guerres mémorables, au 5e siècle avant JC, vous avez résisté victorieusement à l’empereur des Perses, qui voulait asservir vos cités. Au cours de votre longue histoire, vous avez connu des malheurs épouvantables. Pendant plusieurs siècles vous avez subi l’occupation ottomane et vous avez lutté dur pour préserver votre identité.


« To krifó scholió » (« L’école secrète ») de Nikolaos Gyzis, peinture à huile, 1885/86.

Ma petite lune brillante
Chanson enfantine

Ma petite lune brillante,
Éclaire mon chemin
Quand je vais à l’école
Pour apprendre à lire.
À lire et à étudier
Les choses de Dieu.

Cette chanson se réfère aux écoles secrètes où allaient les petits garçons grecs, la nuit, durant l’occupation ottomane entre les 15ème et 19ème siècles. Ils y apprenaient la langue grecque et la religion chrétienne alors interdites. http://www.mamalisa.com/?t=fs&p=2229&c=8

Vous avez une nouvelle fois fait preuve d’un héroïsme admirable, en 1941, lorsque l’Italie fasciste, puis l’Allemagne hitlérienne vous ont agressé.


« Bataille du viaduc de Gorgopotamos »

Votre résistance acharnée a retardé de plusieurs semaines l’invasion programmée de l’Union soviétique par les troupes du Führer, et ce retard a eu des répercussions heureuses sur l’issue du Second Conflit mondial.

Un passage douteux à l’euro.

Le 1er janvier 1984, vous avez rejoint la Communauté Européenne où vous pensiez que vous aviez légitimement votre place, par votre géographie et votre histoire. A la suite du traité de Maastricht, vous avez choisi, comme onze autres pays, le passage à la monnaie unique, l’euro, en janvier 1999.

L’affaire n’était pas évidente. Soyons francs, chers amis, vous avez manipulé vos comptes pour faire accroire que vous répondiez aux critères du passage à l’euro, alors que ce n’était pas les cas. Vous avez eu tort de vous livrer à cet exercice dangereux, et vous vous en rendez compte aujourd’hui. A votre décharge, je note que vous ne portiez pas seuls la responsabilité de cette manipulation. A Bruxelles en effet, les hauts responsables de l’Union européenne ont fermé les yeux pour pouvoir comptabiliser le maximum de pays dans la zone euro. Quitte à jouer, quelques années plus tard, les dignités offusquées, en feignant de découvrir une réalité qu’ils connaissaient parfaitement.

Avec légèreté, vous vous êtes donc lancés dans l’aventure de l’euro. Vous avez cru au discours répété des sommités de Bruxelles que l’euro allait créer une vaste zone de croissance et d’emplois. Vous avez cru que l’euro vous protégerait ; vous avez cru également à la solidarité des pays de la zone. Chers amis, parce que vous êtes bons, vous avez été naïfs. Vous constatez aujourd’hui que la zone euro est un espace de basse croissance et de chômage élevé ; vous réalisez également que l’euro ne vous protège pas. Et vous prenez conscience de la situation humiliante dans laquelle vous êtes. Les commissaires européens vous toisent. Et la considération dont vous honore la Chancelière allemande, Mme Merkel n’est pas supérieure à celle que portait naguère l’empereur d’Allemagne à un paysan de Poméranie.

Retrouver sa souveraineté

Bien sûr, un plan de sauvetage sans précédent vous a finalement été consenti : cent- dix milliards d’euros, pris en charge pour quatre-vingt milliards par la zone euro et pour vingt milliards par le Fonds monétaire international (FMI). Mais ce plan ne vous a pas été accordé au nom de la solidarité, mais par la crainte que la situation de la Grèce ne fragilise davantage une zone qui déjà se fissure. Est-ce que cette aide vous permettra de rétablir votre situation financière ? C’est très douteux. Ces prêts malgré leurs taux préférentiels viendront accroître votre dette déjà trop lourde (trois cent milliards d’euros). Les mesures de retour à l’équilibre que vous impose Bruxelles sont tellement draconiennes qu’elles accroîtront les maux dont souffre votre économie. Le plan permettra-t-il au moins de sauver la zone euro ? Rien n’est moins sûr. Cette zone monétaire n’a pas de cohérence économique, et il est absurde de soumettre aux mêmes règles des pays aux structures disparates. Après vous, d’autres pays connaîtront les mêmes crises. Le Portugal est déjà menacé et d’autres ne sont pas loin de l’être.

Vous constatez aujourd’hui que l’euro est un piège. En perdant votre monnaie, vous avez perdu un élément d’ajustement en cas de crise. De ce fait, la crise devient encore plus grave. Soyons clairs, l’euro qui vous a plongé dans la crise vous empêche d’en sortir. Vous ne pourrez trouver de solution à vos problèmes qu’en retrouvant votre souveraineté, c’est-à-dire votre monnaie qui vous permettra d’adopter une politique monétaire adaptée aux besoins de votre économie. Il faut donc au plus vite vous dégager de la zone euro. Cette audace, chers amis, peut vous effrayer. Mais rassurez-vous, vous ne resterez pas longtemps seuls, car vous serez rapidement rejoints par d’autres pays qui sont dans une situation analogue à la vôtre. Et vous rendrez, de nouveau, un grand service à tous les pays d’Europe, en rappelant ce grand principe, hélas oublié, que chaque peuple doit rester maître de sa monnaie.

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