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Il se dit que l’eau sera source de guerres...

Mardi 22 juin 2010, par Pierre-Marie Gallois // Le Monde

« Au Proche-Orient- La puissance de l’eau-Deux terres pour la paix »

Suite et fin. Par notre « Maître d’Ecole » le général Pierre Marie Gallois.

Toujours le rappel des grands fondamentaux...

Portemont, le 31 mai 2010

- L’Etat d’Israël a perdu une part au moins de son importance stratégique en Méditerranée. La Turquie au nord-est, les Balkans et l’implantation d’installations militaires américaines en Albanie répondent également aux calculs des stratèges d’outre-Atlantique, qui, dans un premier temps, du moins, visent le pétrole et non plus les forces du Pacte de Varsovie défunt.

La base américaine Bondsteel recouvre trois intérêts. Un intérêt d’abord géostratégique : Bondsteel est une base de redéploiement des troupes américaines qui quittent l’Italie et l’Allemagne, destinée aux théâtres d’opérations du Moyen-Orient. Elle est au cœur d’un réseau de bases américaines unique au monde : trois en Roumanie, deux en Bulgarie, une en Hongrie, et une à Tuzla en Bosnie. Le deuxième intérêt est un intérêt géopolitique. Bondsteel est à 20 kilomètres de l’intersection entre le corridor 10 pan-européen, qui couvre l’axe Budapest-Belgrade-Salonique, et le corridor 8 américain qui va de Burgas en Bulgarie à Durres en Albanie. Ce sont des corridors de transports, avec des lignes de chemin de fer, des autoroutes et un gazoduc, acheminant une partie des hydrocarbures de mer Caspienne. Enfin, Bondsteel a un intérêt économique puisqu’elle est gérée par Halliburton, la compagnie de Dick Cheney, qui fournit des bases clé en main. C’est une véritable ville, comprenant 7000 soldats, plusieurs quartiers et cinémas, des fast-foods. Cela représente des milliers d’emplois aux États-Unis et au Kosovo. http://www.lemagazine.info/?Le-Kosovo-a-une-place-strategique

La guerre du Golfe a mis en évidence, une fois de plus, l’importance énergétique des pays musulmans, qui détiennent les gisements les plus facilement exploitables. Les taux de natalité qui sont constatés dans ces pays et le tarissement de l’immigration vers Israël (l’insécurité n’y encourage pas) menacent l’avenir de ce pays.

L’immigration juive en Israël a enregistré une baisse brutale en 2008, atteignant le nombre de 16.000 immigrants sur l’année, soit son niveau le plus bas depuis près de 21 ans, selon des données publiées dimanche par le ministère de l’Intégration. L’immigration a chuté de 20% par rapport à 2007 (20.000 immigrants), alors qu’elle avait déjà baissé de 6% en 2007 par rapport à l’année précedente. En revanche, le nombre d’Israéliens partis vivre à l’étranger de retour dans le pays a quasiment doublé, s’élevant à 8.800 personnes contre quelque 4.500 en 2007, suite aux encouragements économiques donnés par l’Etat. Dans le détail, 5.331 immigrants sont arrivés d’ex-URSS, qui représente environ 35% du total, 2.910 sont arrivés des Etats-Unis et du Canada (20% du total) et 1.800 de France (12%) contre près de 2.700 en 2007. Depuis la fin de la dernière grande vague d’immigration en 2002, durant laquelle près d’un million de juifs des pays de l’ex-URSS avaient gagné Israël en l’espace de 10 ans, le mouvement d’immigration connaît une baisse constante. Ces dernières années, plus de 50% des immigrants d’ex-URSS n’étaient pas considérés comme juifs par le rabbinat. La "Loi du retour" accorde la nationalité à des juifs qui viennent s’installer en Israël. Des non juifs peuvent en bénéficier si leur conjoint ou l’un de leurs parents est juif. http://fr.islamtoday.net/node/7646

L’immigration juive en Israël a enregistré en 2009 une hausse de 17% par rapport à 2008, la première depuis dix ans. « Nous nous félicitons d’une augmentation de 17% du nombre de nouveaux immigrants en Israël », a affirmé Nathan Chtaransky, le président de l’Agence juive, lors d’une conférence de presse à Jérusalem.

Le nombre de nouveaux immigrants pour l’année 2009 s’élève à 16.244 personnes contre 13.859 en 2008, qui était le chiffre le plus bas depuis 1987. « Nous enregistrons cette année, pour la première fois depuis dix ans, une hausse dans les chiffres de l’immigration », a ajouté M. Chtaransky, un ex-dissident soviétique. Ce dernier a appelé à « renforcer l’identité juive » dans la diaspora pour favoriser les retours.
Près de la moitié des arrivants sont originaires de l’ex-URSS (7.120), le reste provenant d’Amérique du Nord, d’Europe et d’Amérique du sud. 60% ont moins de 35 ans.

La France, elle, enregistre une très légère augmentation de 2% à 1909 juifs qui ont fait leur « aliyah » (retour en Israël) cette année. http://www.israelcommission.fr/page4.htm

Les accords d’Oslo ont affaibli stratégiquement l’Etat d’Israël face à des menaces extérieures et intérieures (importance de la population musulmane vivant en territoire israélien). Et comment ne pas redouter qu’aux 500 000 Palestiniens résidant en Cisjordanie s’ajoute une large fraction des quelques 4 millions de palestiniens réfugiés dans les pays voisins tels que la Jordanie, la Syrie,le Liban ?

Une Cisjordanie majoritairement arabe compromettrait la position stratégique de l’État d’Israël. Entre le littoral méditerranéen et la nouvelle frontière israélo-palestinienne le territoire israélien, à hauteur de Netanya et de Tel-Aviv, n’occupe qu’une bande de moins de 20 kilomètres de large, c’est dire qu’elle se trouve toute entière à portée d’une artillerie située en Cisjordanie.

  • Si, un jour, une nouvelle coalition de pays musulmans décidait de s’en prendre à l’État d’Israël, celui-ci se trouverait, dans une vingtaine d’années, en situation de très grande infériorité numérique face aux Palestiniens et à leurs alliés immédiats. De surcroît, le reliquat des implantations juives en Cisjordanie constituerait des otages paralysant l’Etat d’Israël dans l’exercice de sa contre-offensive.
  • La poursuite de l’instabilité interne créée par les attentats des kamikazes palestiniens doit non seulement tarir l’immigration, mais inciter les Israéliens qui en ont les moyens matériels à chercher refuge sur une terre moins dangereuse. I1 y a donc urgence, pour les dirigeants israéliens, de conjurer un tel péril.
  • Enfin, outre-Atlantique, politiquement et économiquement, l’Etat d’Israël commence par être considéré davantage comme une charge que comme un atout. Son sort dépendrait donc, pour une part, de l’orientation de la stratégie des Etats-Unis. Sont-ils disposés à s’en prendre à certains pays musulmans tenus pour dangereux et l’Etat d’Israël peut leur être un allié précieux ou, au contraire, les richesses énergétiques des peuples de l’Islam invitent-elles à prendre quelques distances vis-à-vis de l’Etat hébreux ? Il semblerait que la politique américaine, actuellement, passe d’une stratégie à l’autre au gré des événements, ceux de l’extérieur comme ceux de l’intérieur. Est-il raisonnable pour l’État d’Israël de dépendre à ce point d’une volonté et des intérêts d’une puissance étrangère fut-elle l’unique superpuissance, de surcroît fidèle alliée ?

D’où, devant d’aussi sévères perspectives, le recours à Ariel Sharon, avec, implicitement, la mission de revenir sur les concessions passées en rendant difficilement tenable la position des Palestiniens en Cisjordanie. Et ceux-ci ripostant de la même manière pour installer l’insécurité à l’intérieur de l’État d’Israël.

Après plusieurs années de sanglantes épreuves mutuellement infligées, comment imaginer qu’aboutissent « le dialogue », « la négociation », les pressions de 1a communauté internationale, même celles, plus spécialement, des États-Unis qui se veulent les maîtres du jeu dans la région ; comment imaginer qu’une coexistence pacifique prolongée puisse être, un jour, instaurée sur une terre âprement disputée depuis près d’un siècle ? Le drame israélo-palestinien n’est plus une affaire de négociations. Il relève, plus matériellement, de la biologie humaine et de la géographie, la première prolifique,-la seconde statique. Et toutes les deux passionnelles dans la mesure où l’accroissement de la population est, pour les deux parties, la garantie de la survie de leurs États respectifs et où l’attachement à la terre convoitée est la raison des sacrifices surhumains consentis jusqu’à maintenant.

Chacun sait, ou devrait savoir, que, dans les étroites limites territoriales à l’intérieur desquelles se dispute le conflit, dans 20 ans, il n’y aura de place que pour l’une ou pour l’autre des populations, mais pas pour les deux.

Ce serait donc, humainement, un problème insoluble. La politique britannique d’abord, celle de l’Allemagne ensuite avec l’holocauste, celle des Etats-Unis avec le texte signé à Oslo, les antagonismes résumés dans les pages précédentes sont enfin responsables de cette tragique impasse. Anglais et Américains ont ignoré la géographie et la démographie et l’Allemagne le droit à la vie de millions d’êtres humains, incitant la Communauté internationale à tolérer le non-respect des Résolutions de l’ONU.

Or, la combinaison de l’argent, de la technique et de la géographie pourrait offrir une solution à un problème apparemment insoluble : Sur moins de 400 kilomètres carrés vivent, dans des conditions très difficiles, sinon humainement inacceptables, plus de 800 000 Palestiniens.


PALESTINE 1948, GAZA 2009

La bande de Gaza jouxte le Sinaï, quasi désertique et qui s’étend sur des dizaines de milliers de kilomètres carrés et appartient à l’Egypte. Ne pourrait-on, ainsi que l’a fait le président Khadafi en Libye, ou le gouvernement de Riyad en Arabie saoudite***, mettre€ une portion de ce territoire en valeur à l’aide d’une irrigation obtenue par des stations de dessalement de l’eau de mer ?

Et ainsi y rendre habitable les quelques 10 000 kilomètres carrés, qui, avec la bande de Gaza et un accès à un secteur de Jérusalem suffiraient aux Palestiniens pour posséder enfin une terre ? L’Égypte, guide moral de l’Islam par sa civilisation et sa prodigieuse histoire, démontrerait que la solidarité des peuples musulmans n’est pas dépourvue de signification. Mais il faudrait pour cela que soient bouleversées les mentalités, les Palestiniens n’étant guère soutenus par les « peuples frères », à commencer par les Egyptiens.

S’ils le veulent, les Etats-Unis ne manquent pas d’arguments - y compris financiers - pour modifier la carte dans cette région du monde. Au lieu de vendre des armes, mieux vaudrait mettre en place des stations de dessalement et irriguer une terre aussi riche de promesses que la Palestine occidentale.

La communauté internationale devrait intervenir massivement, dédommager l’Égypte grâce à d’importants investissements, une aide à la mesure de ce peuple à la population augmentant rapidement et dont la seule vallée du Nil ne suffit plus à irriguer les terres nécessaires à l’alimentation de ses habitants.

Les démographes estiment que les États des rivages méridionaux de la Méditerranée, même en tenant compte du ralentissement de la natalité dû à l’amélioration des conditions économiques, verront leur population augmenter d’une centaine de millions d’ici à 2025.

Des quelques 204 millions qu’i1s comptent actuellement, ils dépasseraient les 350 millions. Ces Etats sont adossés au désert ou comme la Libye ou l’Égypte, leurs territoires désertiques s’étendent jusqu’au littoral méditerranéen. Il leur faudra fertiliser une portion de ces terres et la technique le leur permet. Incapables de renouveler seulement leurs populations,les pays du nord de la Méditerranée deviennent un Eldorado pour celles des pays du sud, où les sols sont ingrats et où une modeste aisance est quasi impossible à conquérir. Plus développés, plus fortunés, ils ont également intérêt à investir au delà de la Méditerranée, à y accroître la fertilité des sols, pour contribuer à l’indépendance alimentaire,- au développement économique et social afin d’y fixer leurs voisins du sud.

Domaine de 100 000 hectares offert par le Mali à la la Libye dans la zone de l’Office du Niger. Nous avons pu constater que les travaux (confiées à une entreprise chinoise) avancent rapidement, tant du côté des canaux d’irrigation que de la route de 40 km qui traversera ce domaine large de 2 à 3 km. http://togo-presse-liberte.over-blog.com/categorie-11016743.html

L’élargissement, l’extension de la bande de Gaza d’une part, la fertilisation d’une large fraction de l’Égypte occidentale d’autre part s’imposent par leur urgence.

Voici un demi-siècle que deux peuples s’affrontent cruellement en se disputant la même terre chacun d’eux brandissant à juste titre des droits millénaires. Compte tenu des taux de natalité constatés sur les rives méridionales de la Méditerranée il faut leur faire place et commencer à fertiliser des portions de désert. Les Politiques qui entendent gérer l’effroyable crise du Proche-Orient devraient enfin cesser de se contenter de mots tels que « dialogue », « négociation », « entente », etc., qui n’ont guère de sens devant deux impératifs : la géographie et la démographie. L’argent et la technique peuvent concilier, au Proche-Orient, ces deux impératifs : l’homme et la terre où il veut vivre. Et où il pourrait vivre si une fraction de l’immense fortune des plus riches remédiait comme elle le peut aux carences locales de la nature.

Général Pierre Marie Gallois

***. En Arabie Saoudite, où 24 stations de dessalement de l’eau de mer ont été installées, plus d’un million d’hectares sont irrigués.

Petit « fascicule » de 16 pages édité par « L’Age d’Homme »-2002
Réflexions du général Pierre Marie Gallois, sollicité par Madame Marie-France Garraud

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