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ISRAËL VA-T-IL BOMBARDER L’IRAN ?

Jeudi 8 décembre 2011 // Le Monde

La Knesset a publiquement débattu le 31 octobre d’une attaque israélienne contre l’Iran. Un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique apporte de l’eau au moulin.

L’AIEA ne semble plus douter que les activités nucléaires de l’Iran ne sont pas seulement ci- viles et sous-entendent une volonté de se doter de l’arme atomique. Moscou et Pékin ne voient rien de nouveau dans ledit rapport. De fait, il n’y a rien que nous ne sachions déjà. Mais il y a confirmation. La communauté internationale est placée devant ses responsabilités.

La question est récurrente depuis les premières révélations qui datent de 2002, confirmées par un premier rapport de l’AIEA en 2003. A l’été 2007, le président Sarkozy nouvellement élu en fait son cheval de bataille. Jusqu’à l’élection d’Obama en novembre 2008, on a craint une initiative du président Bush, avec cette fois l’accord de la France. Il n’es a rien été. En 2009, une étude stratégique américaine, largement débattue en Isjaël, tendait à écarter toute attaque directe. Le dossier est à nouveau sur la table du cabinet israélien, avec deux person- nalités en faveur d’une solution militaire : le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Ehud Barak. La haute hiérarchie de l’armée et du renseignement semble être opposée.

En juin 1981, il y a trente ans, le gouvernement Begin avait décidé et accompli le bombardement d’un réacteur nucléaire irakien Osirak, construit par la France. Israël avait agi seul. L’opération n’était pas très compliquée. On sait ce qu’il advint ensuite des armes de destruction massive de Saddam Hussein, ce qui fait réfléchir certains, peu sûrs de leurs sources et de leurs capacités. Mais surtout, Begin, débarrassé de l’hypothèque irakienne, sut faire la paix avec l’Egypte, ce que personne n’a fait après lui.

S’agissant de l’Iran, il s’agit de tout autre chose. Les Américains doivent être impliqués dans les opérations. Obama a fait marche arrière par rapport à ses velléités de soutien des Palestiniens. Cela ne signifie pas qu’il ira jusqu’à suivre les faucons en Iran. Le soutien à Israël, oui, l’aventure, non. On se souvient de Suez, du Liban. On soutient Israël dans ses frontières, mais pas plus loin.

Certes, Ahmadinejad n’est pas Nasser. Les sunnites seront trop heureux de voir démoli leur rival détesté. La bombe verte (islamique) existe déjà : elle est au Pakistan. Or ni Washington, ni Tel-Aviv ne semblent s’en offusquer outre-mesure. Alors pourquoi l’Iran ? En rappelant en passant que l’on n’aurait jamais eu d’objection à un Iran nucléaire sous le régime du Chah déjà surarmé par les Américains. Ce que l’on reproche au pouvoir iranien actuel, c’est sa volonté affichée d’éradication de l’Etat d’Israël.

Acceptons-en la prémisse. Mais celle-ci passe-t-elle par une frappe atomique directe ? On ne voit pas trop techniquement et pratiquement. Une frappe nucléaire israélienne en Iran paraît beaucoup plus crédible, quoique politiquement suicidaire. L’argument nucléaire iranien est donc indirect, ll est calculé pour pousser à la faute : le déclenchement, à la faveur d’une ou plusieurs actions offensives, d’une nouvelle guerre générale au Moyen-Orient. La faiblesse présente de l’Egypte et de la Syrie, sans parler de la Jordanie et de l’Irak, joue actuellement en faveur d’Israël. En revanche, un sondage israélien nous apprend que 23% des Israéliens penseraient émigrer au cas où l’Iran acquerrait la bombe. Là est le véritable enjeu que veut relever Netanyahu. Mais il est plus culturel et politique que militaire.

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