INTERNES : « Une grève qui dure. »

Samedi 10 novembre 2007 // La France

Depuis le début du mois d’octobre, les médecins internes des hôpitaux ont engagé un mouvement de grève qui a pris vite et fort. Ce qui les a fait réagir ? Un article du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui prévoit le déconventionnement des médecins ne s’installant pas dans les zones à faible densité médicale.

Cela signifierait que les médecins s’installant là où ils ont déjà beaucoup de confrères seraient en secteur libre leurs patients ne seraient donc pas remboursés. C’est ainsi que les internes ont compris l’article 32 du PLFSS. Le projet de loi et les motifs exposés par le gouvernement ne prévoient pas exactement cela, mais dans l’esprit, c’est l’objectif recherché ; Favoriser l’implantation des jeunes médecins dans les zones où l’on en manque, en rendant moins attrayante leur installation ailleurs.

Ni le gouvernement, ni les syndicats n’avaient prévu une réaction aussi forte des internes. A lire et écouter les internes, les revendications apparaissent s’appuyer sur une frustration ancienne et persistante. Après dix années d’études difficiles, des conditions d’internat jugées peu satisfaisantes, les internes n’acceptent pas qu’on leur impose leur lieu d’installation. D’autant plus que cette nécessité est présentée sous l’éclairage culpabilisant de la nécessité publique. Tout en étant conscients du problème des déserts médicaux, ils refusent d’être la variable d’ajustement de l’inconséquence des stratégies de santé publique passées. Les besoins médicaux en zone rurale ne sont pas nouveaux, la pénurie de médecins non plus. La voie de la coercition n’est pas faite pour attirer de nouveaux candidats.

D’une façon plus large, les syndicats de médecins s’opposent au principe même du déconventionnement si l’on l’applique pour une cause déclarée juste une année donnée, rien n’interdira de l’appliquer à une autre cause, déclarée juste une autre année, et ainsi remettre en cause la médecine libérale. La pratique fiscale française leur donne implacablement raison. Et l’Etat n’est plus considéré comme un partenaire fiable.

Cependant, si la solution proposée n’est peut-être pas la bonne, le problème demeure. Alors que le temps des épreuves de force arrive, quelle marge de manoeuvre va s’autoriser le gouvernement sur ce sujet ?

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