INCULPATION D’AL-BÉCHIR.

L’Union africaine et la Ligue arabe doivent défier Luis Moreno-Ocampo.

Mardi 9 septembre 2008, par Paul Tedga. // L’Afrique

Dans le cadre de la guerre civile au Darfour, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a demandé l’inculpation et l’arrestation, pour génocide, du président soudanais, Omar Al-Béchir, pour Les crimes commis contre les civils au Darfour. L’initiative de ce procureur suscite beaucoup d’interrogations. Elle est aussi sans précédent, car jamais la justice n’avait réclamé arrestation d’un chef d’État on exercice.

Quel que soit le degré de désapprobation dont la politique menée par le président soudanais peut susciter au Darfour, au Sud-Soudan, région peuplée par des populations chrétiennes et animistes, à la frontière Tchado-soudanaise, et même ailleurs, tout Africain digne de ce nom devrait être touché dans son amour propre, sa dignité et son honneur. Personnellement, je ne suis pas un fana d’Al-Béchir qui avait cherché à instaurer la loi islamique sur toute l’étendue du Soudan, n’eût été l’opposition radicale menée par les chrétiens du Sud sous la houlette de feu John Garang. Cela dit, je me range naturellement derrière tous ceux qui, en Afrique et dans le monde, pensent que Ocampo fait une politique de deux poids deux mesures, où tous les génocidaires, selon lui, sont en Afrique tandis que sur les quatre autres continents, il n’y a RAS (Rien à signaler).

Si Luis Moreno-Ocampo voulait relancer le conflit du Darfour et réveiller les antagonismes dans d’autres régions du Soudan, qu’il ne s’y prendrait autrement. À croire qu’une Afrique constamment À FEU ET À SANG dessert ses intérêts visiblement égoïstes et à courte vue comme un Dracula qui se délecterait du sang de ses victimes nocturnes.

Au lendemain de arrestation du Congolais Jean-Pierre Bemba Gombo, en mai 2008 à Bruxelles, après avoir jugé certains anciens dignitaires de l’ex-Yougoslavie ( il y en a qui courent encore dix ans après la création de la CPI), on a l’impression que ce sont les seuls génocidaires africains qui permettent le fonctionnement normal de cette instance judiciaire internationale. N’existe-t-il pas d’autres génocidaires, ailleurs, dans le monde qui puissent intéresser le procureur Ocampo ?

A quand l’inculpation de l’Américain George Bush, responsable du génocide à grande échelle qu’il a provoqué en Irak, en l’envahissant pour destituer le pouvoir en place alors qu’il ne détenait aucun mandat à cet effet ? Ocampo est-il aveugle à ce point pour ne pas entreprendre une action judiciaire contre le locataire de la Maison Blanche ou confirme-t-il par son inaction les rumeurs de plus en plus persistantes qui font de lui l’homme des Américains. ? On se souvient par exemple que c’est sur la recommandation de George Bush secondé par l’Anglais Tony Blair que le Libérien Charles Taylor fut déféré à la CPI.

A quand l’inculpation du Syrien Bachar Al-Hassad pour le génocide qu’il ne cesse de perpétrer au Liban ? Ainsi, on aurait la preuve que le champ d’investigation d’Ocampo ne se limite pas à la seule Afrique.

A quand l’inculpation des faucons israéliens comme Binyamin Netanyaou du Likoud. Ariel Sharon et Ehud Olmert de Kadima, ainsi que les différents généraux qui furent sous leurs ordres dans la politique d’extermination du peuple palestinien ? Ainsi, on verra que les décisions du procureur de la CPI ne sont pas politisées mais motivées par des faits avérés.

A quand l’inculpation du Chinois Hu Jintao pour sa barbarie au Tibet ? Le procureur Ocampo donnerait ainsi la preuve que ses décisions ne font pas l’objet de marchandage. Je cite tous ces noms (et il y en beaucoup d’autres) à dessein pour montrer qu’il n’osera jamais franchir cette ligne jaune, au risque d’hypothéquer sa (fructueuse) carrière à la CPI managée par les Américains dont le pays n’est même pas membre, Voilà pourquoi j’en appelle à la rébellion de l’union Africaine et de la Ligue Arabe contre les décisions arbitraires et racistes de ce procureur. Ces deux instances doivent désormais considérer comme nulles et de nul effet, les décisions d’Ocampo. Car si elles prêtent le flanc et cèdent sur le cas Al-Béchir, le prochain sur la liste de ce procureur partisan, risquera d’être, avec le même soutien des Américains et des Anglais, le Zimbabwéen Robert Mugabe. Devons-nous continuer d’accepter une t’elle humiliation ?

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