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Homosexualité et religion.

Samedi 14 juillet 2007, par Paul Vaurs // La Religion

Qu’est-ce que la morale ? Que sont les moeurs ? Sont-elles figées dans le temps ? Evoluent-elles ? Voilà toute une série de questions auxquelles l’individu se trouve confronté dans sa vie, surtout lorsque celui-ci peut avoir l’impression de transgresser les « lois » de la société. Car les moeurs devraient d’abord être vues comme des lois, des lois non écrites mais créées par l’homme et intériorisées par celui-ci. Les moeurs se font passer pour des lois. Essentiellement transmises de manière orale et surtout de manière inconsciente la plupart du temps, les moeurs encadrent les sociétés, leur donnent des repères. Mais ces repères qui sont vite assimilés à des lois naturelles, en raison de l’ambiguïté du statut de « loi » que l’on peut leur prêter, ont tendance à nuire à des minorités qui ont existé de tout temps mais qui n’ont jamais été assimilées par ces moeurs.

De hors la loi, certaines minorités ont basculé vers un statut plus trouble. La minorité comme la loi se fond dans la nature, non pas dans la Nature mais dans la nature humaine. Des comportements « déviants » sont ainsi rejetés par la société humaine sans être pour autant incompatibles avec la nature. Ces minorités sont-elles « morales ou immorales », vont-elles à l’encontre des sociétés qui ont érigé durant des millénaires toute une série de codes inconscients dont le but ultime était de préserver l’intégrité de ces sociétés-mêmes ? Les comportements dits « déviants », et nous nous référerons ici uniquement à l’homosexualité car c’est elle qui est ici l’objet de notre étude, sont-ils une menace pour les sociétés ? Dans la mesure où ces comportements s’attaquent aux moeurs, et donc aux fondements de la société et de ses structures, ils ne peuvent que heurter les consciences collectives et éveiller par là un sentiment de société en danger ou en cours de désagrégation.

L’alerte sonne, les minorités s’effondrent. Mais les minorités, si elles ne sont pas conformes aux lois humaines établies par les moeurs, demeurent fortement ancrées cependant dans le milieu naturel. Si une minorité existe, s’il y a des homosexuels, c’est que l’homosexualité est naturelle. Sinon les homosexuels ne pourraient pas vivre. Tout ce qui existe ne peut être dit « contre-nature » puisque chaque chose qui existe, existe par nature, c’est à dire en soi. En prenant le principe de raison suffisante de Leibniz, Dieu est la cause du monde et ce monde a été créé dans l’optique d’atteindre la perfection. Chaque chose existe-donc conformément à la volonté de Dieu. Leibniz tempère cependant ses propos, et il le fait à juste titre : « La raison qui a fait exister les choses par lui (Dieu), les fait dépendre de lui en existant et en opérant : et elles reçoivent continuellement de lui ce qui les fait avoir quelque perfection ; mais ce qui leur reste d’imperfection, vient de la limitation essentielle et originale de la créature. Il suit de la perfection suprême de Dieu, qu’en produisant l’univers il a choisi le meilleur plan possible, où il y ait la plus grande variété, avec le plus grand ordre.(…) Car tous les Possibles prétendant à l’existence dans l’entendement de Dieu, à proportion de leur perfection, le résultat de toutes ces prétentions doit être le monde actuel le plus parfait qui soit possible. Et sans cela il ne serait pas possible de rendre raison, pourquoi les choses sont allées plutôt ainsi qu’autrement."

Sans le principe de raison suffisante, sans Dieu, on ne peut trouver d’issue à l’affirmation « rien n’est sans raison ». L’idéologie catholique nie le principe de raison naturelle (et donc de raison suffisante, - et donc Dieu ?) en ce qui concerne les homosexuels dans la mesure où l’homosexualité est pleinement un choix pour ces derniers. Le principe qui verrait l’homosexualité comme étant une chose naturelle est nié. L’homosexualité est rattachée à la sphère de la raison par l’intermédiaire du principe du « choix », c’est-à-dire de la volonté. On retombe donc selon une pensée qui verrait l’homme comme un être pur à son origine, et qui s’est corrompu à partir du péché originel. Par ses actes l’homme s’est rendu mauvais. Cette assertion n’est pas fausse. L’homme, par ses actes ne peut être parfait. Ces actes ne peuvent être parfaits. Mais que peut l’homme contre sa nature ? Est-il coupable, responsable de ce qu’il est imparfait ? Choisit-on d’être homosexuel ? L’homosexualité ne peut être un choix (pourquoi penser au suicide alors ?). La manière de la vivre, par contre, renvoie aux actes et donc ouvre la porte à la critique de l’action humaine et à ses dérives perverses. Si les hétérosexuels agissent selon leur nature (procréation) les homosexuels, qui ne sont pas des dégénérés (puisqu’ils existent), agissent aussi selon leur nature. C’est alors que revient la question de la morale et la question de la norme. L’homosexualité est-elle immorale, est -elle mauvaise ?

Des homophobes pourront rétorquer que les homosexuels ne sont pas naturels et qu’ils sont donc mauvais, dans la mesure où beaucoup de ces derniers sont frappés par le suicide, qu’ils ne sont pas viables. Un homosexuel qui se suicide donne ainsi la preuve qui permet d’affirmer que l’homosexualité n’est naturellement pas viable, comme ne le sont pas aussi, les êtres nés avec des maladies génétiques ou frappés par des myopathies. On ne peut mettre sur le même plan des maladies aussi graves, tels que les cancers ou les myopathies et l’homosexualité. Si les deux peuvent conduire à la mort, elles n’y conduisent pas pour les mêmes raisons. Dans le premier cas, l’individu disparaît en raison de critères physiques : la maladie. Dans le deuxième cas, celui du suicide, l’individu disparaît en raison de critères sociaux. Mais dans les deux cas, l’individu vient au monde, il existe malgré ses faiblesses : il est donc Naturel et existe selon la volonté de Dieu. La mort des premiers serait-elle liée à la volonté de Dieu ? On ne peut connaître la volonté de Dieu. Ce serait donc une faute grave que de vouloir prétendre que Dieu a voulu la mort d’un tel ou d’un tel. L’Eglise est revenue sur ces propos qui disait que le SIDA était une maladie imposée par Dieu aux homosexuels. Leibniz ne critique en rien Dieu. Les faiblesses de l’homme appartiennent à l’homme. Dieu a tout fait pour avoir le meilleur des mondes. Ses créatures et leur devenir ne dépendent pas de lui. Ainsi tous les individus qui naissent différents de la norme sont naturels.

Cependant leur évolution ne suit pas toujours le même cours. Marginalisés, sans cesse représentés par des images négatives, les homosexuels intègrent le rejet que la société leur manifeste. Rejet, haine de soi conduisant à l’immobilisme complet et à une perte d’intérêt pour la vie… de tels comportements conduisent au suicide. De nombreux homosexuels se suicident parce qu’ils n’ont pas, une bonne image d’eux-mêmes. La société ôte aux homosexuels leur liberté d’agir selon leur nature. Ce qu’ils sont, ils ne peuvent l’exprimer. Quel est donc le sens de la vie ? La religion catholique, et plus largement, les sociétés influencées par des conceptions du monde trop hétéro, ne critiquent pas la nature de l’homosexuel mais le fait que celui-ci vive selon cette dernière. En niant sa volonté, ces groupes (il ne faut pas non plus généraliser) nient l’existence-même de ces êtres. Hypocrisie profonde ? Le rejet, la perte de repères pour les homosexuels engendre la haine et le repli sur-soi. Et la haine est une spirale sans fin lorsqu’elle est enclenchée. A qui la faute ? Aux moeurs. D’amoral, l’individu se sent anormal et la métaphore filée se poursuit jusqu’à la dégénéressence complète.

Les moeurs, les normes de la société, se sont créées à partir de l’intériorisation de cycles naturels. Le mâle et la femelle doivent procréer. C’est à cette logique issue de la nature qu’appartiennent la majorité des sociétés. En dehors de la procréation, toute autre union est immorale car contre-nature selon Benoît XVI (Congrégation pour la doctrine de la foi, LETTRE AUX ÉVÊQUES DE L’ÉGLISE CATHOLIQUE SUR LA PASTORALE À L’ÉGARD DES PERSONNES HOMOSEXUELLES, 1986).

Tout rapport sexuel doit être tourné vers la procréation, sinon il pousse à « une inclination sexuelle désordonnée, foncièrement caractérisée par la complaisance de soi. » L’acte sexuel est-il purement égoïste ? Il faut redéfinir la sexualité. Certaines personnes ne voient pas les rapports sexuels comme des choses égoïstes. Quand un lien de confiance et d’amour unit deux êtres, l’acte sexuel peut être le symbole d’un don de soi. Partage et enrichissement dans le respect de l’autre. Ouverture à l’autre. On touche ici à une question cruciale car deux conceptions de la Nature se confrontent, imposant ainsi une redéfinition de ce qu’est la Nature. L’homme a t-il le pouvoir de dire ce qu’est la Nature, de saisir dans son entier l’oeuvre du Créateur ? La réponse est mitigée pour Leibniz. L’homme perçoit, certes, une oeuvre immense, mais pour lui, tout est flou, tout se mélange. Il ne pourra jamais saisir le monde dans toute sa clarté. Pour l’Eglise catholique, le Pape et l’Eglise sont inspirés par la vision de Dieu. On peut aussi ériger le dogme de l’infaillibilité pontificale pour accroître la vérité de ce lien entre Dieu et les hommes.

On peut croire aux miracles. On peut croire en Dieu. Mais si l’on croit en Dieu, c’est une croyance en un Dieu d’amour. Lorsque l’on naît homosexuel, que l’on ne demande rien à personne et que l’on finit à la porte, on peut s’interroger quant à l’exactitude des fondements de l’Eglise catholique. Dans la présente démonstration, la démarche qui consiste à court-circuiter l’Eglise catholique sera abordée afin de donner des éléments plus rationnels qu’une simple "illumination" qui autoriserait toute dérive : « Dieu a dit…donc… » ; « Allah a dit, faites la guerre contre les juifs, exterminez-les tous… » On connaît ces phrases et leur conséquences. On ne peut dire « Dieu a dit…donc » sans savoir de quoi l’on parle. L’Eglise catholique semble avoir du mal à clarifier ses positions sur la question homosexuelle : elle accepte les homosexuels tout en interdisant leurs pratiques - Traduisez : on vous accepte mais renoncez à ce que vous êtes. Il faudra de nombreux arguments pour essayer de détruire ce qui paraît comme un paradoxe. Le débat reste ouvert.

Mais revenons aux conséquences d’une vision hétéronormée du monde. L’interprétation des phénomènes naturels par l’entendement conduit à l’élaboration de structures préconçues du monde qui finissent par assimiler la nature humanisée à la Nature. Les homosexuels se retrouvent donc rejetés non pas par la Nature mais par la nature humanisée. L’homosexualité ne peut donc être considérée, objectivement parlant, comme étant une chose immorale puisqu’elle ne relève pas à l’origine du domaine de la morale. C’est dans la mesure où l’individu homosexuel doit s’intégrer dans la société dans laquelle il se trouve que celui-ci va se trouver marginalisé et que donc ses actes vont devenir immoraux. Le débat entre homosexualité et moralité reste ouvert dans la mesure où il impose une relecture complète des rapports qui lient chaque société à la Nature. Repenser les fondements n’est-ce pas, au fond, attaquer une structure ? A ce titre on peut bien dire que l’homosexualité est un phénomène destructurant et destabilisateur pour une société. L’homosexualité est donc une menace pour les sociétés qui n’ont jamais pris en compte l’aspect naturel et originel de l’homosexualité. Les homosexuels pourront-ils finalement parvenir à se faire passer, non pas pour des étrangers, mais pour des individus normaux au sein de leur société ? Mais là encore, qu’est-ce que la norme ? Le débat est sans fin, mais reste ouvert. Dans tous les cas, l’homosexualité ne peut être considérée comme immorale en soi. C’est de fait que l’homosexualité est immorale.

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